Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte

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Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte
Image illustrative de l'article Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte
L’abbaye Saint-Sauveur actuelle (2007)
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Ordre Bénédictin jusqu'à la Révolution,

Congrégation des Sœurs de Sainte Marie-Madeleine Postel depuis le XIXe siècle

Début de la construction 1067
Fin des travaux XIXe siècle
Site web www.mmpostel.com/indexx.htm
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Commune Saint-Sauveur-le-Vicomte
Coordonnées 49° 22′ 56″ N 1° 31′ 33″ O / 49.382222, -1.525833 ()49° 22′ 56″ Nord 1° 31′ 33″ Ouest / 49.382222, -1.525833 ()  

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Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte

L’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, située à Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans le département de la Manche a été fondée au XIe siècle par Néel de Néhou, vicomte de Saint-Sauveur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la Révolution[modifier | modifier le code]

L’abbaye fut construite à partir de 1067[1] par les moines de l’abbaye de Jumièges. Le vicomte de Néhou souhaitant remplacer le collège de clercs séculiers qui officiaient dans la chapelle de son château. Aux environs de 1180, le premier moulin à vent y a été installé[2]. De cette époque, l’église abbatiale garde encore un mur latéral (mur sud) qui présente des arcades en plein cintre, surmontées d’un triforium. D’autres éléments peuvent encore se voir dans le transept nord. La consécration de l'abbatiale eut lieu « dans les premières années de la seconde moitié du XIIe siècle » par l'évêque Algare[1]. Toutefois, elle n'était pas encore terminée en 1198, lors du mariage de la fille de Raoul Tesson, Mathilde Tesson, avec Richard d'Harcourt[1]. La construction de l'abbatiale dura plus de trente ans et fut l'œuvre de trois familles: les Saint-Sauveur, La Roche-Tesson et les d'Harcourt[1].

Lors de la Guerre de Cent Ans, Geoffroy d'Harcourt ayant dû céder son château aux Anglais, le commandant des troupes anglaises, Jean Chandos, fit raser le chœur de l'abbatiale, obligeant les moines à s’exiler. Les moines se sont réfugiés à Cherbourg puis dans leurs possessions de Jersey[1]. En 1375, Jean de Vienne y installe des canons pour le siège de la forteresse[1]. Ces derniers durent attendre 1422 pour revenir[1]. Les travaux de restauration sont entrepris après la bataille de Formigny et l'expulsion des anglais, avec l'élection en 1451 de l'abbé Jean Caillot[1]. Le chœur, arasé, a dû être reconstruit au XVe siècle[1].

Mais une partie des bâtiments conventuels disparut, à cause du régime de la commende qui empêchait d’avoir les moyens d’en assurer un entretien suffisant.

Jacques Le Febvre du Quesnoy, évêque de Coutances et abbé de Saint-Sauveur, meurt à l'abbaye et est inhumé dans le chœur de l'abbatiale[1],[3].

Un décret interdit les vœux monastiques le 13 février 1790, le 14 septembre suivant, c'est au tour du port de l'habit religieux[1]. L’abbaye fut vendue comme bien national à la Révolution le 4 juin 1791[1]. Le bailli Louis Hector Amédée Ango, grand-père de Barbey d'Aurevilly, pensait sauvegarder l'abbatiale en y transférant le service paroissial, mais il rencontra l'opposition du curé constitutionnel Nigault de Lecange[1]. L’église est achetée pour 8 525 livres le 23 mai 1793 par Desmares, Marie Thion et Deshayes[1]. Elle servit de carrière de pierres par intermittences, les matériaux se vendant difficilement et à bas prix[1].

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Ruines de l’abbaye Saint Sauveur

Gerville note qu'en 1825 « la démolition des bâtiments est avancée »[1]. En 1831, la démolition continue comme le mentionne l'antiquaire anglais Gally-Knight (en)[1]. C’est en 1832 que Mère Marie-Madeleine Postel put acheter les ruines de l’abbaye dont elle voulait faire la maison mère de la congrégation qu’elle venait de fonder à Cherbourg. Il ne subsistait alors que deux petites maisons basses, à gauche de l’église, ainsi que le porche d’entrée et la partie basse du bâtiment qui servit longtemps de cellier et de remise.

En 1842, le clocher reconstruit s’effondra, suite à une violente tempête, sur le transept et les premières travées du chœur. Pas découragée, Mère Marie-Madeleine Postel, malgré son grand âge, entreprit de reconstruire la totalité de l’édifice en confiant les travaux à François Halley, architecte et sculpteur local. Afin de financer ces travaux, elle envoya la sœur Placide Viel demander des subsides jusqu’auprès de la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe Ier, roi des Français.

Article détaillé : Placide Viel.
Chapelle des reliques de la cathédrale de Coutances

La reconstruction sera achevée en 1855, neuf ans après la mort de son instigatrice. Dans le transept nord, ses reliques sont conservées, et dans la même chapelle se trouvent les reliques de la bienheureuse Placide Viel et celles de la bienheureuse Marthe Le Bouteiller. Le tombeau de sainte Marie-Madeleine Postel est une œuvre de François Halley.

Article détaillé : Marie-Madeleine Postel.

Après la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

La chaire, œuvre de Halley

Durant les combats de la Libération, en juin 1944, l’abbaye fut bombardée et incendiée. Sa restauration fut assurée par les Services de la Reconstruction et des Monuments Historiques, sous la direction de Y. M. Froidevaux. La chaire, œuvre inachevée de Halley fut alors déplacée. Elle se trouve actuellement au bas de la nef latérale nord, à gauche en entrant.

Dans le chœur, on peut voir un autel sculpté du XVe siècle illustrant des scènes de l’enfance de Jésus. Les vitraux qui ornent le chœur, l’abside, le transept et les verrières de la façade sont l'œuvre de Adeline Bony-Hébert-Stevens.

Une petite maison, appelée la Gloriette conserve les souvenirs de sainte Marie-Madeleine Postel, à l’endroit où se trouvait la bibliothèque du temps des moines bénédictins, et où la sainte vécut entre 1832 et 1846.

Armes de l'abbaye[modifier | modifier le code]

écartelé au 1er d'azur à trois fleurs de lys d'or, au 2e de gueules à trois léopards d'or, au 3e de gueules à trois tourelles d'or, au 4e palé d'argent et d'azur[4].

Privilèges et possessions[modifier | modifier le code]

Bailliage avec haute, moyenne et basse justice; siège d'un doyenné de 14 paroisses; droit de présentation dans 19 cures; possession en 1665 de 8 prieurés:

  • Notre-Dame de Selsouef. Fondé en 1080 par Létice de Saint-Sauveur, à 2 km de l'abbaye;
  • Saint-Pierre de la Luthumière ou Saint-Jouvin. Fondé en 1106 par Adam de Bruis, à Brix;
  • Saint-Michel de Clitourps. En 1120, Simon donna le manoir de Torgistorps qui devint prieuré;
  • Notre-Dame de la Couperie, à La Colombe. Fondé en 1188 par Raoul Tesson;
  • Sainte-Croix de Virandeville. Fondé en 1197 par Roger de Teurthéville;
  • Estoublon, à Bricquebosq,
  • Bonne-Nuit, à Jersey;
  • Lecq, à Jersey.

Abbés et Mères Supérieures[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

L’abbaye est ouverte toute l’année aux pèlerins et aux visiteurs tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 17h.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Pierre Leberruyer, L'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) (des origines à nos jours), Coutances: Éditions Notre-Dame, 1959, 36 p.
  2. La vie quotidienne des religieux au Moyen Âge - Léo Moulin - 1981
  3. Ses cendres sont déplacés en 1810, sur décision de l'évêque Dupont de Poursat, dans la chapelle Saint-Pierre Saint-Paul de l'église paroissiale.
  4. Armes de l'abbaye, p. 230.
  5. Fils naturel de Charles Ier, duc de Bourbon et d’Auvergne, il eut 2 enfants dont Charles, évêque de Clermont de 1489 à 1504.
  6. Il est le fils de Louis Bretagne de Rohan-Chabot, prince de Léon, duc et pair de France, mort en 1738, et de Françoise de Roquelaure, morte en 1741. Il est le frère d’Armande de Rohan-Chabot, prieure perpétuelle de Notre-Dame du Bon-Secours.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Monographie - Guide du pèlerin de l’Abbaye de Saint-Sauveur-Le-Vicomte.
  • Pierre Le berruyer, L'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) (des origines à nos jours), Éditions Notre-Dame, Coutances, 1959, 36 p.
  • Auguste Lerosey, Histoire de l’abbaye bénédictine de Saint-Sauveur-le-Vicomte, C. Paillart, Abbeville, 1894.
  • Frère Albert-Bruno, L'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Études normandes, 1971, no 239, 20 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]