Abbaye Notre-Dame de Bonport
| Abbaye Notre-Dame de Bonport | |||
| Présentation | |||
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| Culte | Catholique romain | ||
| Type | Abbaye | ||
| Début de la construction | XIIIe siècle | ||
| Protection | |||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | Haute-Normandie | ||
| Département | Eure | ||
| Commune | Pont-de-l'Arche | ||
| Coordonnées | |||
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Géolocalisation sur la carte : France |
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L'abbaye Notre-Dame de Bonport est une abbaye cistercienne, située dans le département de l'Eure, au bord de la Seine, environ 3 km en aval de Pont-de-l'Arche.
L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 juillet 1942[1].
Sommaire |
Histoire[modifier]
La légende raconte qu'en juillet 1189, au cours d'une partie de chasse, Richard Cœur-de-Lion faillit se noyer en poursuivant un cerf qui avait malencontreusement décidé de traverser la Seine. Richard fût ainsi emporté par un fort courant et voyant sa vie en danger, aurait fait vœu à Dieu de fonder une abbaye à l'endroit où son cheval reprendrait pied sur la terre ferme, c'est-à-dire s'il arrivait à bon port.
En réalité, le « bon port » est plus sûrement le port du Christ sur Terre.
L'abbaye a été effectivement fondée par Richard à la fin de 1189, dix ans avant sa mort. Elle est sise à un endroit dépendant anciennement du territoire des Damps dénommé Maresdans[2]. Une charte originale de Richard mentionne l'installation de moines cisterciens le 22 juin 1190. Douze moines, un prieur et des convers investissent les lieux en provenance de l'abbaye Notre-Dame du Val (Mériel), près de Pontoise. Ils commencent par défricher. Les travaux de constructions débutent peu de temps après. La charte fait état d'un don de Richard à Ardouval. Deux jours plus tard, il affranchit la congrégation de tout droit de coutume. En 1198, une charte supplémentaire de confirmation donne aux moines non seulement les terres de Bonport, mais aussi de nombreuses autres aux alentours, ainsi que des portions de la forêt d'Eawy, en vue d'y prélever du bois de charpente. Après le rattachement de la Normandie au Royaume de France, Philippe-Auguste, puis les rois suivants confirment l'abbaye dans ses possessions et privilèges. Au début XIIIe siècle, une bulle du pape Innocent III prend sous sa protection l’abbaye de Bonport. L'apogée du monastère se situe vers le XIIIe - XIVe siècle grâce à des revenus réguliers et l'action de ses moines copistes qui portent sa renommée au-delà des terres normandes et de l'Île-de-France. En 1244, le Pape Innocent IV accorde une indulgence de vingt jours aux fidèles qui visiteront les lieux. La réputation grandissante de l'abbaye lui vaut la venue de nombreux pèlerins.
Comme ailleurs, la guerre de cent ans provoque des pillages et des dommages, causés tout autant par le parti français que par le parti anglo-navarrais qui la menacent de ruine. Le roi Charles VI de France octroie des subsides importants aux moines pour qu'ils puissent réparer le cloître et l'église fortement endommagés. Après son second débarquement en Normandie et sa campagne victorieuse, le roi Henri V d'Angleterre accorde une sauvegarde aux moines pour les dédommager de l'avoir hébergé pendant le siège de Pont-de-l'Arche en 1418. Trente et un ans plus tard, les ambassadeurs de France et d'Angleterre se rencontrent au monastère en vue d'établir la paix entre les deux royaumes. En 1465, c'est au tour du roi Louis XI de dédommager financièrement l'abbaye pour les dégâts occasionnés lors des troubles de la Ligue.
Le régime de la commende est instauré à partir du XVIe siècle, système qui va entamer un long déclin des monastères. Les nouveaux abbés ne résident plus sur place et l'un d'entre eux acquiert cette charge à l'âge de deux ans. Quatorze abbés vont se succéder avant la révolution française. Les moines engagent d'importants travaux pour moderniser et rendre plus confortables des bâtiments vétustes, dont le confort spartiate ne correspond plus aux mœurs de l'époque, en outre, il faut pouvoir accueillir les hôtes prestigieux qui s'y succèdent encore. La raréfication des vocations et l'absence de revenus importants, liés pour partie au système de la commende, engendrent une diminution de la communauté de près de moitié et la révolution ne va qu'accélérer une lente décadence entamée depuis deux siècles. La vente aux enchères publiques comme Bien national en 1791 marque la fin de toute activité monastique, ainsi l'abbaye est-elle cédée pièce par pièce à différents propriétaires : deux sieurs deviennent propriétaires des bâtiments et des terres. Les meubles sont achetés par différentes personnes. L'église Notre-Dame de Louviers hérite des orgues et de la clôture du chœur, où ils seront déduits. Les cloches sont fondues pour soutenir l'effort de guerre. Quant au chapier, un autel et les stalles, ils sont déposés à l'église Notre-Dame des Arts de Pont-de-l'Arche. L'église abbatiale est transformée, comme ailleurs, en carrière de pierre par son nouveau propriétaire, ce qu'elle restera jusqu'au milieu du XIXe siècle. Lorsque la famille Lenoble se porte acquéreur des lieux en 1874, il ne reste plus que la ferme, le colombier, le dortoir, le refectoire et la cuisine.
Les bâtiments et l'église abbatiale sont construits dans les premières années du XIIIe siècle.
Le poète Philippe Desportes y meurt le 5 octobre 1606.
Après une histoire mouvementée, l'abbaye fut vendue comme bien national à la Révolution française et en grande partie démolie. Elle appartient toujours aujourd'hui à des propriétaires privés qui la restaurent. Les stalles en bois du XVIIe siècle de l'église abbatiale sont visibles dans l'église de Pont-de-l'Arche.
Armes de l’abbaye[modifier]
Parti au premier d’azur, semé de fleurs de lis d’or, au deuxième de gueules à trois léopards d’or, l’un sur l’autre, la couronne fleurdelisée[3]
Liste des abbés[modifier]
Abbés réguliers :
- Clément 1190-
- Gérard
- Pierre Ier
- Pierre II
- Germand
- Robert Ier
- Blaise
- Robert II
- Nicolas Ier 1262-
- Richard
- Jean Ier
- Guillaume Ier
- Simon de Louviers
- Nicolas II
- Jean II
- Philippe
- Richard de Lingos 1383, moine de Clairvaux.
- Guichard -1415
- Pierre III Barbiti, docteur en théologie.
- Jean Hamon
- Jean
- Guillaume Lenfant -1482, évêque de Chrysopolis.
- Jean Sanguin 1620-, moine de Bonport, abbé de Mortemer.
Abbés commendataires :
- Jacques d'Annebault, évêque de Lisieux, cardinal, abbé du Mont-Saint-Michel (peut-être de la même famille que Marie d’Annebaud, abbesse de Saint-Amand).
- Henri de Clermont
- François de Boulliers -1590, évêque de Fréjus.
- Du Roulet
- Philippe Desportes. Abbé commendataire de Josaphat, Tiron et Val-Cernai. Il est le seul abbé commendataire mort à Bonport et à y être enterré.
- Henri II de Bourbon, duc de Verneuil, évêque de Metz. Il se résigne.
- Jean Casimir, roi de Pologne, jésuite, cardinal, abbé de Saint-Germain-des-Prés.
- Henri III de Bourbon 1673-1675, comte de Clermont.
- Louis-Henri de Bourbon, comte de la Marche. Il est le frère du précédent abbé.
- Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne 1677-1692
- Louis Colbert
- Melchior de Polignac 1693-1741, archevêque d’Auch, cardinal.
- Gilbert Blaise de Chabannes 1745- , vicaire-général de Langres, abbé de Saint-Mévenne, député à l’Assemblée générale du clergé de France en 1745, dernier abbé de Bonport.
Notes et références[modifier]
- Notice no PA00099519, base Mérimée, ministère français de la Culture
- François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3) (OCLC 9675154), p. 99-100.
- Léon de Duranville, Essai historique et archéologique sur la ville du Pont-de-l'Arche et sur l'abbaye N-D de Bonport, Rouen et Paris, 1856. p. 194
Bibliographie[modifier]
- Les Dossiers d'archéologie, no 234, 1998
- Jacques Tanguy, L'abbaye de Bonport : Criquebeuf-sur-Seine, Martot et leurs associations caritatives, PTC, 2008
- Frédéric Épaud, De la charpente romane à la charpente gothique en Normandie, CRAHM, 2007 (ISBN 978-2-902685-39-4) p. 497-516
- Léon de Duranville, Essai historique et archéologique sur la ville du Pont-de-l'Arche et sur l'abbaye N-D de Bonport, Rouen et Paris, 1856. p. 161-231
- J. Andrieux, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port de l'ordre de Citeaux au diocèse d'Evreux, Evreux: imprimerie d'Auguste Hérissey, 1862
- Jean-Sébastien Vanot : « L'abbaye cistercienne de Notre-Dame de Bonport » in Patrimoine normand no 35 octobre-Novembre 2000, p. 58 - 65.
- Armand Launay : « Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire » in Patrimoine normand no 79, pages 31-41, automne 2011.