Abbaye de Saint-André-de-Gouffern

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Abbaye de Saint-André-de-Gouffern
Image illustrative de l'article Abbaye de Saint-André-de-Gouffern
Présentation
Culte Catholique
Type Abbaye
Protection Logo monument historique Classé MH (1932)
Géographie
Pays France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Commune La Hoguette
Coordonnées 48° 51′ 52″ N 0° 08′ 59″ O / 48.86444, -0.14972 ()48° 51′ 52″ Nord 0° 08′ 59″ Ouest / 48.86444, -0.14972 ()  

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Abbaye de Saint-André-de-Gouffern

L'abbaye de Saint-André-en-Gouffern est une abbaye cistercienne située à La Hoguette dans le Calvados.

Suivant les époques, on trouve Saint-André-en-Gouffern ou Saint-André-de-Gouffern qui figure sur le sceau de l'abbé Simon en 1174[1]. Elle ne doit pas être confondue avec l'abbaye de Silly-en-Gouffern.

Histoire[modifier | modifier le code]

Elle est classée Monument historique depuis le 22 septembre 1932[2].

Sixième fille de l'abbaye de Savigny, elle est mère de l'abbaye d'Aunay[3].

L'abbaye a conservé ses chartes, des documents historiques et plus de 200 sceaux et contre-sceaux dans un bon état depuis le XIIe siècle[4].

En 1271, à la demande de l'abbé de Cîteaux, l'abbaye reçoit un os de la spatule de saint André et un morceau de bois de la vraie croix[5].

Fondation[modifier | modifier le code]

Blason de l'abbaye

Guillaume Talvas, comte d'Alençon et de Ponthieu, fils de Robert de Bellême, en jette les premiers fondements vers 1127 mais elle est réellement fondée en 1130. La dédicace est de 1143. En 1291, Jean d'Harcourt confirme les donations de ses ancêtres[6].

Les armes des Harcourt : De gueules à deux fasces d'or sont repris dans le blason de l'abbaye de 1696[7].

Les abbés[modifier | modifier le code]

Le premier des abbés, Raoul, vient de l'abbaye de Savigny. Suivent Roger et Simon dont le sceau ovale de 1174 représente un moine debout tenant une crosse et un livre dans la main gauche. Guillaume obtient le droit de prendre du bois dans la forêt de Gouffern. Robert, Richard, Garnier précèdent Renault qui commence en 1241 la belle église gothique qui est dédiée sous Jean de Ballou qui devient abbé de Savigny en 1261. Matthieu d'Eraines, Pierre Dondaine, Raoul de Joé-Dubois, Jean Gantée, Jean Brundos, Nicolas Le Bel, Olivier Myée, Gui Nivelle nous amènent au XVe siècle. En 1400, Jean Gosselin scelle le reçu d'une rente que l'abbaye prélève sur la recette de Falaise. Son sceau ovale : une main tenant une crosse[8]. Jean Groignet, bachelier en théologie, le suit.

Denys Victon accueille le roi Charles VII dans son abbaye en juillet 1450, la ville de Falaise venant d'être reprise aux Anglais. En 1456, il scelle la rente sur la recette de Falaise avec un sceau rond composé d'un écu portant deux fasces avec onze fleurs de lys (4, 4, 3) posé sur une crosse[9]. Suivent Godefroy et Michel. Godefroy Fromont de Sérent est tué en 1495 en défendant son église. De nombreux abbés se succèdent dans cette première moitié du XVIe siècle : Matthieu Bouillie qui est déposé, Raoul de Sainte-Marie, Jean Postel, Thomas Blanchet en 1504, Jean en 1510, Fralin de Coulbœuf, Jean Fortin, Thomas Forbarbe, Pierre de Silly et Julien Le Maître, prêtre du Mans en 1556.

François Rouxel de Médavy

François de Rabodanges, abbé commendataire, se montre peu soucieux de ses devoirs, néglige les réparations à faire aux bâtiments et s'oppose à la coupe des bois du domaine. Renaud de Beaune et Claude Robine précèdent Jean Malingre qui voit en 1588, son monastère pillé par les soldats de Henri IV qui assiègent Falaise[10].

L'illustre famille des Médavy[11] fournit trois abbés : François Rouxel de Médavy, évêque comte de Lisieux, décède en 1617. Son neveu Guillaume Rouxel de Médavy de Grancey, comte de Marey prend possession à douze ans[12] de l'abbaye puis résilie entre les mains de son frère François Rouxel de Médavy de Grancey, archevêque de Rouen en 1593. Les revenus de l'abbaye sont alors de 24 000 livres.

En 1691, c'est un membre de la famille Colbert, Charles Maurice Colbert de Villecerf, fils d'Édouard Colbert de Villacerf, qui devient abbé puis N. d'Albergotti protonotaire apostolique. Après lui, le monastère est administré par des prieurs. À la Révolution, il ne reste que le prieur et six moines[13].

Le temporel[modifier | modifier le code]

Les religieux ont conservé 1 224 chartes entre la fondation de l'abbaye et 1600. Cette source rare permet de connaître l'origine et l'évolution du patrimoine composé de :

  • Terres : La Hoguette, Crocy, Montgaron, Beaumais, Bray, Eraines, Renémesnil, Bailleul, Combray, Courcelles, Samelle à l'exception des mines et des terres près des mines dont l'abbaye se réserve la moitié des profits, Bretteville-le-Rabet, Jael, Habloville, Sainr-Ouen, Culey, Perteville, Fresnay-le-Buffard, Chenesec, Saint-Célerin, Saint-André-de-Montgomery, Maizerets, Potigny, Coulandon, Mery, Martigny, Acqueville, Pierrefitte, Ners, Sammais, Cauvicourt, Gouvix, Breteuil, Mortagne, Galery, Centilly, Moulines, Chaumont, Bellou, Serceaux, Ouilly, Coupigny, Giberville, Livarot, Garcelle, Prairie, Moncey, Anglesqueville, Versanville, Blocqueville, Rabondanges, Routours, Sacy, Saint-Martin-du-Busq, Chancery, La Courbe, Falaise, La Bazoche, Sainte-Foix-de-Montgomery, Ronay.
  • Bois en forêt de Gouffern et Montgomery, une rue à Falaise, une saline[14], une pêcherie au Goulet, des loges et places de marché à Falaise et Séez, des maisons, des manoirs, des fiefs, des tènements, des rentes, des moulins à Crocy et Chênesec.
  • Vignes : Airan, La Ferté, Puit-sur-Dives, Perrières, Coupigny, Piray.
  • Patronage d'église : Villy, Chancery, Mesnil-Guillaume, Vieux-Vignast, Rye, Pierrefitte, Moulins, Routours, Pont-Ecrepin, Vesqueville, Fresnay-la-Mère.
  • Dîmes ou traits de dîmes : Montgaron, Grand-Mesnil, Fresnay, Montgomery, Foligny, Fresnay-en-Mer, Culey, Villy, Mesnil-Renouard, Sammais, Rye, Vesqueville, Fresnay, Bellou, Olandon, Poussy, Joé-du-Plan, Chancery, Pierrefitte, Bavent[15].

Sous le régime de la commende, en 1620, les revenus de l'abbaye sont répartis en un tiers pour les religieux et deux tiers pour les abbés qui sont tenus de payer les charges claustrales et les réparations des bâtiments.

En 1620, sur un produit annuel de 12 400 livres et sur le domaine non fieffé, la terre de Montgaroult vaut 4 000 livres, les dimes et bois 2 500 livres, les fermes de Saucey, Rougefort et Saint Leuse : 1 340 livres, les dîmes de Champcerie, Abloville et Guibray : 729 livres plus les revenus des terres défrichées et une tuilerie[16].

Les bâtiments claustraux[modifier | modifier le code]

Le classement de 1932 protège un mur avec arcature, un contrefort et une fenètre à meneau. Vers l'est, deux bâtiments, étable, écurie, grenier des XIIe et XIIIe siècle; ils sont séparés par une courette; l'un d'eux a été remanié au XVIIe siècle. Au sud-est existe un vieux pressoir du XVe siècle à deux nefs voutées d'arêtes[17].

Un document nous donne les dimensions en pieds des bâtiments: église: 262 x 100, cloître: 116 x 112, dortoirs: 192 x 26, logis abbatial: 70 x 27, chauffoir: 26 x 18, réfectoire: 126 x 28, chapelle Saint André: 38 x 17, dortoirs des convers: 122 x 28, les annexes de fonctionnement, les accès et les jardins mais il est difficile de reconstinuer le plan de l'Abbaye avec certitude[18].

Les sceaux[modifier | modifier le code]

Plus de 200 sceaux et contre-sceaux sont appendus aux chartes de l'Abbaye: Impératrice Mathilde, échiquier d'Alençon, archevêque de Rouen, évêques de Lisieux et Séez, abbés de Troarn, du Bec, Savigny, chapitre de Saint Jean de Falaise.

Familles: Giberville, Bailleul, Subligny, Saint-Célerin, Perteville, Corbet, Cosserville, Gouvix, Beaummais, Montgommery, Alençon, Mombray, Coucy, Garcelles, Samerville, Cully, Rosel, Carouges, Valognes, Harcourt, Bretteville, Villy[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Musset: L'Abbaye de Saint-André-en-Gouffern
  • Vincent Juhel: L'Abbaye de Saint-André-en-Gouffern

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Germain Demay : Inventaire des sceaux de Normandie, page 314.
  2. « Abbaye de Saint-André-de-Gouffern », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, t. 2, Caen, Hardel,‎ 1850 (lire en ligne), p. 425
  4. L'Échaudé d'Anisy dans : Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, 1834, page: 407.
  5. L'Échaudé d'Anisy.
  6. Gallia Christiana, tome 11
  7. Armorial général, Normandie, Alençon, page 254.
  8. Gaignieres : Recueil des titres originaux, copies, extraits consernant des Abbayes et Prieurés de France, page 105.
  9. Gaignière, page 106.
  10. R. de Brébisson, Les Rabodanges.
  11. Victor des Digueres, Études historiques et généalogiques.
  12. Chrolologie historique et militaire, page 256.
  13. Arcisse de Caumont et Gallia Christiana.
  14. AD 14 H 6688
  15. L'Échaudé d'Anisy
  16. R. Gobillot dans Bulletin de la société historique de l'Orne, tome XXVIII, 1909.
  17. Base Mérimée
  18. R. Gobillot dans: Bulletin de la société historique de l'Orne, tome XXVIII, 1909
  19. Mémoires de la société des antiquaires de normandie, 1834, Atlas et Germain Demay, Inventaire des sceaux de normandie