Étienne Ier de Hongrie

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Étienne Ier de Hongrie
Image illustrative de l'article Étienne Ier de Hongrie
Titre
Grand-Prince de Hongrie
9971000
Prédécesseur Géza de Hongrie
Roi de Hongrie
10001038
Successeur Pierre de Hongrie
Biographie
Dynastie Árpád
Nom de naissance Vajk Árpád
Date de naissance entre 967 et 975
Lieu de naissance Esztergom
Date de décès 15 août 1038
Lieu de décès probablement Esztergom
Père Géza de Hongrie
Mère Sarolt
Conjoint Gisèle de Bavière
Enfant(s) Émeric de Hongrie

Premier roi de Hongrie de la dynastie Árpád, Étienne Ier de Hongrie ou Szent István, né en 975 et décédé le 15 août 1038 à Esztergom (Hongrie), est le fondateur du royaume de Hongrie. Baptisé à l'âge de 10 ans, il est sacré roi apostolique de Hongrie avec une couronne envoyée par le pape Sylvestre II et contribue beaucoup à l'évangélisation de son peuple, pour lequel il fonde le sanctuaire d'Esztergom. La couronne du saint roi Étienne est devenue le symbole national de l'identité hongroise. Remarquable homme de gouvernement pour l'attention qu'il portait à son peuple il est canonisé par Grégoire VII en 1083 et, comme saint Étienne de Hongrie, est liturgiquement commémoré le 16 août.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vajk ou « Vaïk » de son vrai nom, fils de Géza, « grand-prince des Magyars », se convertit au christianisme avec son père vers l’âge de dix ans (985) et prend au baptême le nom d’Étienne' (István en hongrois). Il est éduqué par Adalbert de Prague et ses disciples qui organisent l’Église hongroise. Il épouse la fille du duc Henri II de Bavière, Gisèle, également considérée comme sainte, fin 995 ou début 996, puis devient « grand-prince des Magyars » à la mort de son père en 997.

Couronnement comme roi de Hongrie[modifier | modifier le code]

La couronne de saint Étienne, avec sa croix penchée, symbole de la Hongrie

Après avoir maté une révolte de l’aristocratie magyare païenne conduite par le chef Koppany (998), Étienne est sacré roi de Hongrie le jour de Noël de l'an 1000 avec une couronne envoyée par le pape Sylvestre II (d'où son titre de roi apostolique) et avec le consentement de l’empereur germanique Otton III. La couronne est apportée par le légat Astericus, ou Anastase, futur archevêque d’Esztergom. Un autre prélat, Domonkos, premier évêque hongrois, participe à la cérémonie.

Étienne défend l’indépendance de la Hongrie contre les Bulgares voisins et l’empereur germanique Conrad II le Salique (il se déclare vassal du Saint-Siège). Ses sœurs épousent l’une, un prince bulgare, l’autre, le doge de Venise Ottone Orseolo (leur fils Pietro Orseolo succèdera à Étienne).

Christianisation[modifier | modifier le code]

Le duc Géza est baptisé Etienne par Saint Adalbert de Prague

Il impose le christianisme en Hongrie: il accueille des missionnaires et doit fréquemment combattre les Magyars païens comme lors de la révolte conduite par le chef Ajtony (v. 1003). Il crée les archidiocèses de Kalocsa et Esztergóm et huit autres diocèses. Il abolit le système tribal de son peuple et transforme les territoires des clans en comtés (megye), basés autour d’une place forte et ayant à leur tête un ispan. Les deux tiers de la population et des terres dépendent ainsi directement du roi, qui fait de grandes donations aux églises et aux monastères. Le roi et sa cour se déplacent dans les résidences royales, en particulier les forteresses d’Esztergom (Gran) et Székesfehérvár (Stuhlweissenburg). Étienne gouverne avec l’aide d’un Conseil, composé entre autres de l’archevêque d’Esztergom et du palatin (nádor).

La christianisation du pays est lente et rude: les Hongrois doivent abandonner leur chamanisme primitif, accepter le baptême, et des décrets royaux les obligent à construire des églises, à se rendre aux offices et à nourrir les prêtres. Pour ce travail Étienne fait venir des moines de Cluny et des ecclésiastiques tel Gellert de Venise, précepteur du roi et évêque de Csanad, écrivain célèbre et créateur d’écoles pour les Grands du royaume. L’influence byzantine se maintient en Transylvanie jusqu’au XIIIe siècle, quand les moines basiliens seront latinisés. Par ailleurs, à l’occasion de leurs mariages avec des princesses russes ou byzantines, les rois hongrois n’hésitent pas à fonder des monastères byzantins, ce que fait Étienne à l’occasion des noces entre une fille du Basileus et son fils Émeric (Imre en hongrois), qui meurt avant lui.

Conquêtes[modifier | modifier le code]

Étienne réunit la Transylvanie au royaume (1003-1006).

Succession[modifier | modifier le code]

Statue équestre de saint Étienne dans la vieille ville de Buda. Érigée en 1906, elle porte sur son piédestal des scènes en bas-relief de la vie du premier souverain chrétien de Hongrie

À la mort de son fils et unique héritier Émeric (1031), il fait crever les yeux et plomber les oreilles de son cousin Vazul, prince aîné de la dynastie arpadienne, et exiler ses fils en Pologne pour les évincer de la succession. Il désigne comme héritier Pierre, le fils vénitien de sa sœur.

Il meurt le 15 août 1038. La Hongrie connaît alors un demi-siècle de troubles provoqués par la lutte pour le pouvoir, les différents prétendants au trône faisant appel aux empereurs byzantins ou aux empereurs germaniques. Pierre Orseolo, fils du doge de Venise, dispute le trône à son cousin Samuel Aba, fils d’un prince bulgare.

Sainteté[modifier | modifier le code]

Époux d’une sainte, père d’un saint (Émeric), il est lui-même reconnu comme saint et honoré le 16 août. L’impératrice Marie-Thérèse Ire de Hongrie institua en son honneur, en 1764, l’ordre de Saint-Étienne.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, le navire le plus puissant de la flotte austro-hongroise se nommait SMS Szent István. Il a été coulé vers la fin du conflit (le 10 juin 1918).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Gyula Kristó Histoire de la Hongrie Médiévale Tome I le Temps des Arpads Presses Universitaires de Rennes (2000)(ISBN 2-86847-533-7).