Odilon de Cluny

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Saint Odilon de Cluny
Image illustrative de l'article Odilon de Cluny
Statue de Saint-Odilon de la Basilique Saint-Urbain de Troyes.
abbé
Naissance v.962
probablement Saint-Cirgues, (Haute-Loire)
Décès  
Souvigny, (Allier)
Nationalité Flag of France.svg (française)
Vénéré à Souvigny (Allier)
Vénéré par l'Église catholique
Fête les 31 décembre ou 1er janvier

Saint Odilon de Cluny (parfois connu comme Odilon de Mercœur) (vers 962-1048), fut le cinquième abbé de Cluny. On situe son lieu de naissance au château de Mercœur près de Saint-Cirgues (Haute-Loire) ou sur la butte de Mercœur près d'Ardes-sur-Couze (Puy-de-Dôme). Il est mort le 31 décembre 1048 - on donne aussi les dates du 1er janvier 1049 ou du 2 janvier - au cours d'une visite au prieuré de Souvigny, où il a été enterré[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est un fils de la famille seigneuriale de Mercœur en Auvergne, branche de la famille des comtes d'Auvergne[2], dont les terres se trouvaient sur les plateaux situés de part et d'autre de l'Allier entre Brioude et Langeac[3]. Il commence ses études comme chanoine à l'église Saint-Julien de Brioude. En 991, Mayeul, quatrième abbé de Cluny l'attire à l'abbaye où il enseigne les novices. Il devient son coadjuteur peu avant sa mort.

Il devient le cinquième abbé de Cluny en 994, à la mort de Mayeul. Il va terminer entre 1002 et 1018 l'église Saint-Pierre-le-Vieil ou Cluny II[4]. En fait, il a été élu abbé vers 990, du vivant de l'abbé Maïolus (Mayeul), en présence de l'archevêque de Lyon, Burchard, de l'évêque de Genève, Hugues et de l'évêque de Grenoble, Isarn[5].

Il est le principal instigateur de l’empire religieux de Cluny, avec ses monastères affiliés. Avec l’appui du pape, il étend l’ordre clunisien au-delà des Pyrénées et du Rhin.

Cet accroissement de la puissance de l'ordre de Cluny et le rattachement de l'abbaye directement au Saint-Siège va créer un conflit avec les évêques au moment où Odilon va tenter de rattacher l'abbaye de Vézelay à l'ordre clunisien. Au cours du concile d'Anse en 1025, les évêques rappellent que les abbayes dépendent de l'évêque du diocèse où elles sont situées conformément aux décisions du concile de Chalcédoine. Le pape rappelle sa primauté dans l'église en 1027. Adalbéron de Laon raille le "roi Odilon". Sur les conseils de Guillaume de Volpiano, Odilon a abandonné le rattachement de l'abbaye de Vézelay à celle de Cluny. Finalement ce rattachement a été fait vers 1058 par Hugues de Semur.

Le 14 septembre 1025, il fonde avec sa famille le prieuré Sainte-Croix de Lavoûte-Chilhac.

En 1027, il est présent au couronnement impérial de Conrad II à Rome.

À la mort d'Odilon, l'ordre de Cluny compte environ 70 prieurés et abbayes.

On lui attribue des pouvoirs thaumaturges, avec la guérison d’un aveugle, et d'autres miracles comme la transformation de l’eau en vin[6]. Ces miracles suscitent de nombreuses vocations et de nombreux dons, à l'avantage de Cluny. Il est à l’un des promoteurs de la Paix de Dieu et de la Trêve de Dieu ainsi que de la fête des morts, célébrée au lendemain de la fête de la Toussaint, le 2 novembre (cette fête est célébrée pour la première fois le 2 novembre 998[7]). Pour secourir les pauvres, il n'hésite pas à sacrifier une partie du trésor de son ordre, déjà bien pourvu à l'époque. Il refuse en 1031 l’archevêché de Lyon. Sa pensée théologique a laissé, à Cluny, une empreinte importante même après sa mort, en 1049. Hugues de Semur lui succéda à la tête de l'abbaye. Odilon est décrit comme

« un petit homme maigre et nerveux [...] Peu éloquent, aimant l'autorité et ne le cachant pas, jaloux de ses prérogatives, il fut un chef très énergique et un organisateur inégalable. Mais il sut aussi être doux et charitable et il lui arriva souvent de comprendre, mieux que ses contemporains, les problèmes de son époque[3]. »

Il repose aujourd'hui dans l'église prieurale de Souvigny où il gît aux côtés de saint Maïeul de Cluny (son prédécesseur, quatrième abbé de Cluny, mort en 994). Les sondages et les fouilles archéologiques menés entre novembre 2001 et janvier 2002 ont mis au jour leurs sépultures oubliées depuis les déprédations de la Révolution.

Fêté les 31 décembre ou 1er janvier (date retenue au martyrologe romain)[8],[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. P. Jardet, Odilon de Cluny. Sa vie, son temps, ses œuvres.
  2. MSM éditions : abbatiat d'Odilon
  3. a et b Marcel Pacaut, Les ordres religieux au Moyen Âge, Nathan, 1970, p.57
  4. Encyclopédie universelle : Cluny - l'abbatiat d'Odilon
  5. Archives de Genève
  6. Agnès Gerhards, L'abbaye de Cluny, éditions Complexe, 1992, (ISBN 2-87027-456-4), p.19
  7. Ambroise Guillois, Les Saints Evangiles des Dimanches et principales fêtes de l'année, Fleuriot, 1840.
  8. Voir saint Odilon de Cluny sur Nominis
  9. (it) Sant' Odilone di Cluny sur SantiBeati

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]