Waskaganish (terre réservée crie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Waskaganish
ᐧᐋᔅᑳᐦᐄᑲᓂᔥ
Waskaganish (terre réservée crie)
Maison du directeur et autres bâtiments, Waskaganish (Rupert House), QC, 1921(?), Captain George E. Mack
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Québec Québec
Région Nord-du-Québec
Subdivision régionale Eeyou Istchee
Statut municipal Terre réservée crie (Terre 1-A)
Chef Gordon Blackned[1]
Code postal J0M 1R0
Démographie
Gentilé Waskahiganishiwi Iyiyou
Population 2 326 hab. ()
Densité 4,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 51° 29′ nord, 78° 45′ ouest
Superficie 49 243 ha = 492,43 km2
Divers
Code géographique 99806
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Canada
Voir sur la carte administrative du Canada
City locator 14.svg
Waskaganish
ᐧᐋᔅᑳᐦᐄᑲᓂᔥ
Géolocalisation sur la carte : Nord-du-Québec
Voir sur la carte administrative du Nord-du-Québec
City locator 14.svg
Waskaganish
ᐧᐋᔅᑳᐦᐄᑲᓂᔥ
Géolocalisation sur la carte : Nord-du-Québec
Voir sur la carte topographique du Nord-du-Québec
City locator 14.svg
Waskaganish
ᐧᐋᔅᑳᐦᐄᑲᓂᔥ
Liens
Site web (en) Site officielVoir et modifier les données sur Wikidata

Waskaganish (en cri : ᐧᐋᔅᑳᐦᐄᑲᓂᔥ ou Wâskâhîkaniš) est une terre réservée crie située en Eeyou Istchee, dans la région administrative du Nord-du-Québec, au Québec[2]. Elle comprend un milieu urbanisé et y vivent les Cris de la Première Nation de Waskaganish.

Comme plusieurs autres entités autochtones, Waskaganish est composée d'une terre réservée de catégorie 1-A, de juridiction fédérale ainsi que d'un village de catégorie 1-B (voir Waskaganish), de juridiction provinciale. Malgré son nom, la terre de catégorie 1-A est celle où est situé le milieu villageois (zone urbanisée) de Waskaganish.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la terre réservée crie de Waskaganish est constitué de deux sections et doit être distingué du territoire de la municipalité de village cri homonyme. Une première section de la terre réservée est limitée au nord par la rivière Rupert et au sud par la rivière Broadback, à l'est de la baie de Rupert. Elle s'étend jusqu'à environ 25 kilomètres à l'est du littoral.

Une deuxième section est située au sud de la rivière Broadback et est limitée à l'ouest par la confluence de la rivière Nottaway avec la baie de Rupert. Elle suit le rivage de la rivière Broadback sur une distance d'environ 25 kilomètres et s'étend vers le sud sur une distance variant entre 1,5 et neuf kilomètres.

Quant à elle, la municipalité de village cri de Waskaganish est limitrophe du territoire de la terre réservée crie au coin nord-ouest de la première section, au nord de la rivière Rupert, et sur la face sud de la deuxième section, limitée au sud-ouest par la rivière Nottaway, qui suit une trajectoire ouest-sud-est. Un territoire non organisé (terres de catégorie II), dont le toponyme n'a toujours pas été déterminé, limite la totalité de la terre réservée crie sur sa face est.

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Baie de Rupert Waskaganish (municipalité de village cri) Territoire non organisé 99916 Rose des vents
Eeyou Istchee Baie-James, Territoire non organisé 99916 N Territoire non organisé 99916
O    Waskaganish (terre réservée crie)    E
S
Waskaganish (municipalité de village cri) Territoire non organisé 99916

Toponymie[modifier | modifier le code]

Waskaganish signifie « petite maison »[3]. Il s'agit d'une appellation générique pour parler des installations de la Compagnie de la Baie d'Hudson sur les territoires cris.[4]

Historique[modifier | modifier le code]

Groupe avec un canot de la Compagnie de la Baie d'Hudson à Waskaganish, 1921.

Ce qui est connu comme la communauté de Waskaganish aujourd’hui était autrefois un territoire fréquenté par les chasseurs cris et un possible lieu de rassemblement estival.[5]

Les Européens s’y rendent pour la première fois en 1668 à bord du Nonsuch. Le Fort Charles est construit la même année. Il s’agit du premier poste de traite de la région[6],[4]. En 1670, le nom est changé pour Rupert’s House ou encore Fort Rupert en français[4]. Le fort s’appellera également Fort Saint-Jacques à un certain moment sous le contrôle français[4]. Le traité d'Utrecht, en 1713, confie la gestion du poste à la Compagnie de la Baie d'Hudson qui l’exploite jusqu’en 1755[7],[4]. Il est pendant longtemps abandonné avant d’être rénové en 1822[4]. À partir de ce moment, il prend plus d’importance dans le commerce des fourrures.

À l'hiver 1928-1929, seulement quatre castors sont apportés au poste, les populations ayant grandement chuté des suites de la trappe intensive[8]. En 1932, une aire de protection du castor de plus de 18 600 km2 est créée entre les rivières Rupert et Eastmain allant de la Baie jusqu’au lac Nemiscau. L'initiative a un grand succès[9],[8].

Le Gouvernement du Canada impose la Loi sur les Indiens sur les territoires cris au début des années 1940, ce qui change la structure politique locale. Le premier Chef élu de Rupert House est Frank Moar en 1947[10]. À cette même époque, les enfants cris sont envoyés dans les pensionnats autochtones principalement à Fort George[11], mais également à Amos et à La Tuque[10].

Incorporé en municipalité de village cri en 1978, elle possède les noms de Fort Rupert en français, de Rupert House en anglais et de Waskagheganish en cri. En 1986, son nom officiel devient Waskaganish[4].

Depuis 2001, le village est accessible par route, via la route Billy-Diamond (auparavant la route de la Baie-James). Le village est un des neuf villages du Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee) et du Gouvernement de la nation crie.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de Waskaganish s'élève à environ 2 200 habitants, dont presque tous sont Cris. En dépit des appellations officielles des entités territoriales de Waskaganish, c'est la terre réservée crie (de catégorie 1-A) qui accueille de manière permanente la très grande majorité, voire fort probablement la totalité des Cris des environs. La population cumulée des deux territoires est d'ailleurs comptabilisée sur le territoire de catégorie 1-A.


Le recensement de 2006 y dénombre 1 864 habitants, soit 9,7 % de plus qu'en 2001.

Évolution démographique
2001 2006 2011 2016
1 6991 8642 2062 196

Langues[modifier | modifier le code]

À Waskaganish, selon l'Institut de la statistique du Québec, la langue la plus parlée le plus souvent à la maison en 2011[14] sur une population de 2 205 habitants, est le cri à 92,06%, le français à 0,91% et l'anglais à 6,58%.

Éducation[modifier | modifier le code]

La Commission scolaire crie administre deux écoles à Waskaganish: l'École primaire Memorial Annie Whiskeychan (ᐋᓃ ᐧᐄᔥᑲᒑᓐ ᒋᔅᑯᑕᒫᒉᐅᑲᒥᒄ) et l'École Wiinibekuu (ᐧᐄᓂᐯᑰ ᒋᔅᑯᑕᒫᒉᐅᑲᒥᒄ)[15],[16].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Personnalités originaires de Waskaganish :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Première Nation de Waskaganish », sur http://www.aadnc-aandc.gc.ca, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada, 15 septembre 2010 (dernière modification)
  2. Répertoire des municipalités : Terre réservée crie (1-A) de Waskaganish (Hors MRC (autochtones)) sur le site des Affaires municipales, régions et occupation du territoire.
  3. Toponymie : Waskaganish
  4. a b c d e f et g « Fiche descriptive », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le )
  5. (en-US) « Ancient territorial occupation », sur Cree Nation of Waskaganish (consulté le )
  6. (en-US) « Initial European contact », sur Cree Nation of Waskaganish (consulté le )
  7. (en-US) « The Fur Trade », sur Cree Nation of Waskaganish (consulté le )
  8. a et b « Angels of Hudson Bay - Ottertooth », sur www.ottertooth.com (consulté le )
  9. « HBC Heritage — James et Maud Watt », sur www.patrimoinehbc.ca (consulté le )
  10. a et b (en-US) « Industrialization of the region », sur Cree Nation of Waskaganish (consulté le )
  11. (en) Author's Name, « Québec | HBC Fur Trade Post Map | Hudson's Bay Company Archives | Archives of Manitoba », sur www.gov.mb.ca (consulté le )
  12. « Statistique Canada - Profils des communautés de 2006 - Waskaganish, TC » (consulté le )
  13. « Statistique Canada - Profils des communautés de 2016 - Waskaganish, TC » (consulté le )
  14. Institut de la statistique du Québec. Population selon la langue parlée le plus souvent à la maison, municipalités et TE du Nord-du-Québec et ensemble du Québec, 2011
  15. "Annie Whiskeychan Memorial School." Conseil scolaire Crie. Consulté le 23 septembre 2017.
  16. "École Wiinibekuu School and École Annie Whiskeychan Memorial Elementary School ." Conseil scolaire Crie. Consulté le 23 septembre 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]