Rivière Rupert

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Rivière Rupert
Illustration
Les rapides Kaumwakweyuch
Carte.
Caractéristiques
Longueur 763 km
Bassin 43 253[1] km2
Bassin collecteur Baie d’Hudson
Débit moyen 885 m3/s
Régime Nivo-pluvial
Cours
Source Lac Mistassini
· Localisation Eeyou Istchee Baie-James
· Altitude 372 m
· Coordonnées 50° 57′ N, 73° 42′ O
Embouchure Baie James
· Localisation Waskaganish (municipalité de village cri)
· Altitude m
· Coordonnées 51° 29′ 00″ N, 78° 46′ 00″ O
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche (à partir de l'embouchure) Ruisseau Kaupuschun, ruisseau Chikaskutakanich, ruisseau Gaulier, ruisseau Nastimistech, ruisseau Kaipeyach, ruisseau Tordu, ruisseau Wapamiskushish, ruisseau Kaumwakweyuch, décharge du lac Mézières, décharge du Lac du Détour, ruisseau Kawaiskamichisi, rivière La Marte, décharge d'un ensemble de lacs non identifiés, décharge d'un ensemble de lacs non identifiés.
· Rive droite (à partir de l'embouchure) Ruisseau Chikaskutckanish, ruisseau Kaneusteko, ruisseau Kaneusteko Takutachun, ruisseau Papimichunich Kamachisteweyach, ruisseau Papimichun Takutachun, ruisseau Kapapimichun Takutachun, ruisseau Puysh (via le Bras Sipastikw), ruisseau Itahunan (via le Bras Sipastikw), ruisseau Kapisiyatiwakamiuch, rivière Jolliet, rivière Némiscau (via le lac Némiscau, ruisseau Kawasachuck, rivière Lemare, décharge du lac Kawaskekamach, ruisseau Kayechischekaw.
Pays traversés Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région administrative Nord-du-Québec, Jamésie
Municipalité Eeyou Istchee Baie-James

La rivière Rupert est un affluent de la rive Est de la baie de James, coulant vers l'Ouest dans la municipalité de Eeyou Istchee Baie-James, dans la région administrative du Nord-du-Québec, au Québec, au Canada. Elle est l’une des dix plus grandes rivières du Québec.

Le village cri de Waskaganish se trouve à l'embouchure de la rivière.

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle prend sa source dans le lac Mistassini et se déverse 600 km plus à l’ouest dans la baie de Rupert, qui fait partie de la baie James. Le bassin de drainage de la rivière Rupert couvre une superficie de 43 400 km2 et le débit moyen de la Rupert est environ 900 m3/s. Elle est composée de plusieurs rapides puissants, dont les Rapides Kaumwakweyuch situés à proximité de la Route de la Baie-James et communément appelés les Rapides d’avoine.

Principaux rapides, portages, baies, ponts, rochers, lacs et îles[modifier | modifier le code]

  • Rapides Chikaskutakan Emitapeyach
  • Rapides Chikaskutakan
  • Petit portage Kachikaskushimushich
  • Portage Nastimistech
  • Portage des Quatre Chutes
  • Coude Kachiwepayich Nipi
  • Portage Kawipuskasich
  • Petit portage Kaipeshimushich
  • Portage Kaipeshimushich
  • Portage Miyachistech
  • Rapides Wapamiskush
  • Pont de la Rupert
  • Rapides Kaumwakweyuch
  • Rocher Kapaschisikanuch
  • Île Peat et Bras Sipastikw
  • Rapides Metutikwanu
  • Rapides Wepischekau

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

Expéditions sur la rivière à l’époque de la Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

En 1663, le gouverneur Pierre du Bois d'Avaugour nomma Guillaume Couture, coureur des bois et interprète, à titre de commandant d'une expédition qui avait pour but de découvrir l'emplacement de la mer du Nord. Il était accompagné de deux Français (Pierre Duquet et Jean Langlois) et de plusieurs Amérindiens qui prendront place dans 44 canots. Couture est le premier européen qui fit la découverte du lac Mistassini au Saguenay. Le groupe poursuivit son exploration et arriva à une rivière « qui se jette dans la mer du nord » (la rivière Rupert). Les guides amérindiens refusèrent d'aller plus loin et l'expédition reprit la route du sud. Cependant, Couture établit des contacts avec les peuples amérindiens du Nord, qu'il trouva beaucoup plus pacifiques que les Iroquois et les Hurons du Sud.

En 1668, une expédition menée par l'explorateur Médard Chouart des Groseilliers s’est rendue jusqu’à l’embouchure de la rivière Rupert dans le but de contourner le fleuve Saint-Laurent contrôlé par les Français et ce, en vue de rompre l’emprise des Français dans le domaine de la traite des fourrures. Le cours d’eau fut nommé en l’honneur de l’instigateur de cette expédition, le prince Rupert. Un fort fut fondé à l’embouchure de la rivière et devint plus tard le poste de traite Rupert House, le plus vieux poste de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson. À partir de ce moment et jusqu’au début du XXe siècle, la rivière Rupert a toujours joué un rôle vital en permettant d’approvisionner en vivres les commerçants de fourrures des postes de traite situés plus à l’est, à l’intérieur des terres (comme Nemaska (municipalité de village cri) et Mistissini (municipalité de village cri)) et en facilitant la traite de fourrures.

Aujourd’hui, la rivière Rupert ne constitue plus un couloir crucial pour la traite des fourrures, mais représente depuis plusieurs années une destination très prisée pour les amateurs de canot-camping et de canot en eaux vives.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme "Rivière Rupert" a été officialisé le 1 février 1991 à la Commission de toponymie du Québec[2].

Développement hydroélectrique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet de la Baie-James.
Les rapides de la rivière Rupert

Le , les travaux de construction des centrales hydroélectriques Eastmain-1A et Sarcelle ainsi que les ouvrages nécessaires à la dérivation du cours supérieur de la rivière Rupert ont été officiellement lancés lors d'une annonce à laquelle participaient le Premier ministre du Québec, Jean Charest, le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, et le Grand Chef des Cris du Québec, Matthew Muskash. Le projet nécessitera un investissement d'environ 5 milliards de dollars canadiens d'ici 2012.

La dérivation de la rivière Rupert a été autorisée par les gouvernements du Québec et du Canada à la fin de 2006 malgré l'opposition de certains Cris des communautés affectées (Waskaganish (municipalité de village cri), Nemaska (municipalité de village cri) et Chisasibi (municipalité de village cri)) et de plusieurs groupes écologistes du sud du Québec. Les évaluations environnementales du projet de dérivation de la rivière Rupert, menées conjointement par les gouvernements du Québec et du Canada et des représentants du Grand Conseil des Cris du Québec, furent complétées en 2006. Les deux rapports d'évaluation étaient favorables au projet de dérivation.

Le projet hydroélectrique a été rendu possible en 2002 par l’entremise d’un accord historique conclu entre le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris, La Paix des Braves. Les deux parties sont convenues alors d’autoriser la réalisation d’un premier projet hydroélectrique sur la rivière Eastmain, au nord de la rivière Rupert; la centrale Eastmain-1 entre en service en 2007. Un autre accord signé en avril 2004 a mis fin à tous les litiges qui opposaient les deux parties et a ouvert la voie à la réalisation de l'évaluation environnementale de la dérivation d'environ 50 % du débit total de la rivière Rupert (70 % au point de la dérivation) vers la rivière Eastmain et le Complexe La Grande. Le Grand Chef des Cris du Québec, Matthew Muskash[1], s'est opposé par le passé au projet de dérivation de la rivière Rupert.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Couture, Pierre. Guillaume Couture, le roturier bâtisseur, Montréal, Éditions XYZ, 2005, 161 p.
  • Roy, J.-Edmond. Guillaume Couture, premier colon de la Pointe-Lévy Lévis, Mercier et Cie, 1884 (réédité en 1947 et 1986), 164 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]