Vodka

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Vodka
Image illustrative de l’article Vodka

Pays d’origine Russie, Pologne, Ukraine, Finlande, etc.
Conditionnement Bouteille en verre
Type Spiritueux
Degré d'alcool Entre 32° et 97°
Couleur Incolore
Pays traditionnellement consommateurs de vodka.
Une bouteille de 50 ml de vodka suédoise du commerce.

La vodka (du polonais : wódka, russe : водка, bulgare : водка) est une boisson alcoolisée incolore titrant environ 40 degrés. L'origine de cette eau-de-vie se situerait en Russie ou en Pologne[1] selon les sources.

La vodka peut être issue de la transformation de quantités de produits agricoles : les plus usités sont les céréales (blé, orge, sarrasin), mais d'autres produits agricoles peuvent être utilisés[2], parmi eux, les betteraves, les pommes de terre[3], les châtaignes, le sucre ou le riz mais également les fruits (pommes, poires, cerises…).

Elle est devenue l'alcool national de nombreux pays (Russie, Pologne, Ukraine, Finlande, etc.)[4]. Aujourd'hui, on fabrique de la vodka dans de nombreux pays, à la fois dans les pays traditionnellement fabricants, mais aussi dans la plupart des pays consommateurs d'alcool.

La vodka se retrouve dans la composition de nombreux cocktails.

Pour ce qui concerne le commerce, entre quatre et cinq mille marques de vodka sont présentes sur le marché; la vodka étant le plus consommé des alcools forts commercialisés dans le monde avec un peu plus de cinq cents millions de caisses de neuf litres en 2005[5].

Une bouteille de vodka polonaise du commerce, avec deux verres à vodka.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme francisé « vodka » peut se traduire littéralement par « petite eau ». Dans les langues slaves, le mot « eau » se dit « voda » (dont l'orthographe en russe et en bulgare est « вода », et en polonais « woda »), le ka ayant une valeur hypocoristique[6]. Le terme apparaît pour la première fois dans un manuscrit de Sandomir en 1405.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le musée de la vodka de Verkhnie Mandrogui (au nord de la Russie).

Les Génois qui sont présents au Pont-Euxin (mer Noire) introduisent en Russie une eau-de-vie, mais à base de raisin au XIVe siècle. Il faut attendre deux siècles pour que des eaux-de-vie à base de seigle ou d'autres céréales soient consommées en Russie. Très vite, cet alcool connaît un grand succès auprès de la population russe. La première mention officielle du terme vodka apparaît en 1701 sous le règne de Pierre le Grand. Auparavant, il était fait mention d'eau-de-vie, ou d'eau d'esprit, ou d'euphémismes divers. Cette époque marque le début du fléau de l'alcoolisme en Russie et dans les pays de l'ex-URSS, comme il l'est en Pologne ; celui-ci se perpétue de nos jours[7]. Elle est distillée dès le XIVe siècle, mais un siècle plus tard, le prince Ivan III (1462-1505) interdit toute production de boissons fortement alcoolisées. La boisson nationale est alors le kvas. Le tsar Ivan IV (1533-1584), dit Ivan le Terrible, construit une première taverne (kabak, en alphabet cyrillique : кабак) et instaure le principe des distilleries et lieux de distribution d'État. La couronne avait donc le monopole sur la production et la vente de vodka, ce qui permet à l'État d'engranger des profits substantiels. Durant cette période, la vodka joue un rôle très important dans la culture et l'économie russe. On ne la trouve en effet que dans les tavernes (du XVIe siècle au XIXe siècle) qui deviennent des lieux importants de socialisation. La consommation de vodka se répand au XVIIIe siècle en Scandinavie, jusqu'au nord de l'Allemagne.

Une légende folklorique russe prétend que Dimitri Mendeleïev serait « l'inventeur de la vodka », ou pour être exact que c'est lui qui aurait déterminé le degré idéal d'alcool de la vodka à 38° qui aurait par la suite été fixé à 40° pour faciliter le calcul de taxes sur l'alcool11, 12. Cette légende s'appuie entre autres éléments sur le fait que Mendeleïev fut nommé directeur du bureau des poids et des mesures de Saint-Pétersbourg en 1893 et sur le fait que sa thèse doctorale portait sur la combinaison de l'alcool et de l'eau. Si l'histoire reste très populaire, elle est contredite par les faits, le degré alcoolique normalisé de la vodka à 40° ayant été introduit en Russie dès 1843 (alors que Mendeleïev n'avait que 9 ans) et sa thèse portant sur des combinaison eau/alcool pour des titres beaucoup plus élevés (de l'ordre de 70°).

Les bolcheviks interdisent la fabrication de vodka, ce qui provoque une forte augmentation des vodkas frelatées distillées à domicile (samogon). Ils lèvent cette interdiction en 1925. L'émigration russe après la révolution de 1917 favorise entre les deux guerres la diffusion de la consommation de la vodka en Europe et en Amérique du Nord, comme l'histoire de la vodka Smirnoff le démontre.

Une bouteille de la Żubrówka polonaise.

Parmi les musées de la vodka, celui de Verkhnie Mandrogui, dans l'oblast de Léningrad en Russie, où l'on rapporte le rôle de Mendeleïev sur la formulation de la véritable vodka. Ce rôle participe d'une mythologie de la vodka. On y insiste sur le fait que la véritable vodka est russe et qu'elle titre 40°. Lorsque la vogue des cocktails se répand dans le monde dans les années 1950, la vodka devient une boisson à la mode à l'échelle mondiale.

En URSS, la vente et les volumes de fabrication de vodka sont sérieusement limités de l'époque d'Iouri Andropov jusqu'à Mikhaïl Gorbatchev. Elles redeviennent libres sous Boris Eltsine et en 1992, peu après la disparition de l'Union soviétique, le monopole de l'État soviétique sur la fabrication de vodka prend fin et l'importation d'alcool est alors autorisée dans la nouvelle Russie. En raison de la grande consommation de cette boisson dans le pays (elle représente 91 % de l'alcool consommé, pour en 1998 atteindre 14,5 litres d'alcool pur consommé par Russe), ce secteur de la distillation est alors infiltré par la mafia (à laquelle il rapporte 1,5 milliard de dollars en 1997) et d'autres fabricants clandestins (qui représentent 50 % des volumes). La fin du monopole entraîne également une chute de rentrée de devises pour l'État russe. Trois gouvernements russes essayèrent de rétablir ce monopole, en vain, l'État russe était à l'époque trop faible face au crime organisé[8].

Transformation[modifier | modifier le code]

Les vodkas à base de céréales sont surtout issues de Russie, de Biélorussie et d'Ukraine ; celles à base de céréales et de pommes de terre, surtout de Russie, et enfin celles à base de pommes de terre sont surtout issues de Biélorussie, de Pologne et d'Allemagne (depuis le XIXe siècle).

Elle titre entre 37,5 et 97 degrés d'alcool, mais plus classiquement entre 40° et 45°. Il existe des vodkas à 32° en Finlande.

Commerce[modifier | modifier le code]

Selon la réglementation européenne, la vodka destinée au commerce est une eau-de-vie qui peut être transformée à partir de n'importe quel produit agricole, fermenté puis distillé ou rectifié. Cependant, le contenant doit indiquer la production agricole utilisée, lorsque ce n'est pas une céréale ou la pomme de terre[2]. Les produits agricoles couramment employés sont les grains de céréale (blé, seigle…) et la pomme de terre; l'utilisation d'un autre produit agricole (betterave, raisin…) devant faire l'objet sur l'étiquette d'une mention précisant le ou les végétaux utilisés (dans la réglementation européenne).

Contrôle de qualité[modifier | modifier le code]

Vodkas de différentes marques au musée de la vodka de Verkhnie Mandrogui

Le contrôle de qualité et de la sécurité s'effectue par la chromatographie et des dégustations.

Consommation[modifier | modifier le code]

Selon l'étude entreprise par le professeur Richard Peto de l'université d'Oxford en Grande-Bretagne : « Actuellement, la consommation d'alcool en Russie recule. Sous Mikhaïl Gorbatchev dans les années 1980, grâce aux restrictions, elle avait diminué de 25 % et la mortalité avait suivi cette tendance à la baisse, avant d'augmenter à nouveau à la chute du communisme. Depuis 2006, la consommation et le risque de décès ont chuté d'un tiers grâce notamment à la hausse du prix de la vodka et à l'interdiction de la publicité. Les taux de décès des Russes ont beaucoup fluctué au cours des 30 dernières années, les restrictions sur l'alcool et le climat social ayant beaucoup varié sous les présidences de Gorbatchev, Eltsine et Poutine. Et l'élément principal qui guide ces fluctuations, c'est la vodka »[9].

Arômes[modifier | modifier le code]

La vodka est fréquemment aromatisée car les nombreuses distillations font d'elle un alcool blanc au goût peu prononcé. On note d'ailleurs que les rares études de dégustation en aveugle révèlent l'incapacité des participants à distinguer de façon significative différentes vodka simplement à leur goût[10],[11] ce qui reste contesté par les amateurs de cette boisson.

En ce qui concerne les vodka aromatisées, la Żubrówka polonaise ou biélorusse utilise l'herbe aux bisons, qui lui donne une légère coloration et un arôme caractéristique, et est récoltée durant une courte période de l'été (la plus chaude possible) pour ensuite servir lors de la distillation de l'eau de vie de grain. Il y a plusieurs autres arômes traditionnels : piment (souvent avec du miel, surtout en Ukraine), bouleau, airelles, baies de sorbier, noix de cèdre, orties, poivre.

D'autres arômes sont plus récents : citron, cerise, caramel, voire dans certains cas cannabis[12].

La vodka non aromatisée est préférée pour certaines dégustations, dont celle du caviar.

Vodka frelatée[modifier | modifier le code]

En Russie, depuis quelques années[Quand ?], de nombreux kiosques vendent des produits bon marché (1,5 euro) sur lesquels sont apposés des étiquettes « vodka ». Il s'agit en fait de produits souvent toxiques, qui ont causé durant les dix premiers mois de l'année 2006 environ 17 000 décès selon le président de la Douma Boris Gryzlov[13].

Pour empêcher ce trafic, le gouvernement russe prévoit de prendre des mesures. En novembre 2006, rien n'était encore décidé, mais deux solutions se profilaient[13] :

Les transformateurs se sont opposés à ces deux mesures.

La fabrication de vodka frelatée existe en Russie depuis longtemps, mais elle n'avait jamais causé autant de morts auparavant. La situation s'explique par le fait que le gouvernement russe a récemment légiféré afin d'augmenter la concentration de divers produits toxiques dans les alcools industriels qui servent à la fabrication de vodka frelatée, dans le but de décourager cette utilisation. La fabrication de vodka de contrebande s'est néanmoins poursuivie, avec les produits désormais toxiques[13].

La vodka dans les arts[modifier | modifier le code]

En littérature[modifier | modifier le code]

En musique[modifier | modifier le code]

  • Zaza Fournier a écrit une chanson, Vodka fraise, dans l'album Regarde-moi.
  • Constance Verluca a écrit une chanson, Les trois copains, dont les paroles sont : « Vive le chocolat, l'héroïne et la vodka ».
  • Sonata Arctica, groupe de metal finlandais, a pour tradition de finir ses concerts par une « Vodka Song », reprise aux paroles modifiées du Hava Nagila.
  • Kult, groupe polonais, a composé une chanson nommée Wódka.
  • La chanson la plus connue et la plus célèbre du groupe de folk metal finlandais Korpiklaani est une chanson nommé Vodka.
  • TJR a produit une chanson nommée Funky Vodka.
  • Le groupe suédois Diablo Swing Orchestra a composé la chanson Vodka Inferno dans l'album Sing Along Songs for the Damned & Delirious.
  • La Fouine, Redbull & vodka album Drôle de parcours (2013).
  • Водка de Ноггано ft. QП album Teplyi (2011).
  • Le groupe français Paris Violence a écrit une chanson intitulée De la Vodka et du Sang.
  • Le chanteur Keen'V chante la chanson Génération Sexe Drogue et Vodka en 2009.
  • Kaaris, Ciroc sur l'album Or Noir en 2013.
  • Jope Ruonansuu, un musicien finnois, a composé une chanson intitulée Juodaan Vodkaa, ce qui signifie littéralement « Buvons de la vodka », en 1990.
  • Le groupe de Celtic Folk Metal espagnol, Mägo de Oz, a composé et interprété en 2010 un titre intitulé Vodka and Roll.
  • Le groupe Odezenne a écrit une chanson intitulée Vodka dans son album Dolziger Str.2 en 2015.
  • Le groupe Da-Tweekaz a écrit une chanson chanson intitulée Wodka en 2015.
  • Le groupe Soviet Suprem a repris la chanson Sexe, Accordéon & Alcool du groupe Java pour en faire Sexe, Accordéon & Vodka en 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Rayons de bouteilles de vodkas dans un supermarché en Ukraine
  1. Encyclopédie des vins & des alcools, article « vodka », p. 767, Paris, Bouquins, 1988.
  2. a et b Règlement (CEE) 110/2008, concernant la définition, la désignation, la présentation, l'étiquetage et la protection des indications géographiques des boissons spiritueuses.
  3. Alain Huetz de Lemps, Eaux-de-vie et spiritueux, Editions du Centre national de la recherche scientifique, , 496 p. (ISBN 2222034655).
  4. Comité gastronomique présidé par Joël Robuchon, Larousse Gastronomique, Larousse, , 1216 p. (ISBN 2-03-507300-6).
  5. Le marché mondial du vin profite de l’apport de la Chine et de la Russie, de Christian Charcossey le .
  6. (en) Joseph Scott et Donald Bain, The World's Best Bartender's Guide, HPBooks, , 272 p. (ISBN 1557882967, lire en ligne), p. 27.
  7. Galia Ackerman. GeoHistoire. pages 22 et 23. N°M 01839. no 4. août-septembre 2012.
  8. Elena Pavel, « Les divers degrés de la vodka », Regard sur l'Est, (consulté le 30 janvier 2010).
  9. http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/01/31/21928-faible-esperance-vie-russie-attribuee-vodka.
  10. (en) Dirk W. Lachenmeier, Fotis Kanteres et Jürgen Rehm, « Is It Possible To Distinguish Vodka by Taste? Comment on Structurability: A Collective Measure of the Structural Differences in Vodkas », Journal of Agricultural and Food Chemistry, vol. 59,‎ , p. 464–465 (DOI 10.1021/jf104087e, lire en ligne).
  11. Cynthia R. Fagen, « Post taste test reveals drinkers can’t tell good from cheap vodka », sur New York Post (consulté le 25 février 2016).
  12. Les marques utilisant la feuille de cannabis dans leur recette sont interdites en France.
  13. a b et c (fr) Prémisses de campagne anti-alcool.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Hivon, Payer en liquide : L'utilisation de la vodka dans les échanges en Russie rurale, Ethnologie française, vol. 28, no 4, Presses universitaires de France, Paris, 1998, p. 515-524. (ISSN 0046-2616)
  • N. Rhalem, Gh. Jalal et R. Soulaymani, Intoxication à l'alcool frelaté / Poisoning with Vodka, Espérance médicale, vol. 10, no 90, Espace santé, Casablanca, Maroc, 2003, p. 9-11.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]