Rakı

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Rakı
Image illustrative de l’article Rakı
Raki Chirag, élaboré en France.

Pays d’origine Empire ottoman
Degré d'alcool 40–50 %
Couleur Transparent (blanc crémeux lorsqu'il est mélangé avec de l'eau)

Le raki (du turc : rakı, dérivé de l'arabe : عرق, araq, cf. arak)[1] est essentiellement une eau-de-vie de vin aromatisée à l’anis[2]. Elle est consommée en Turquie, où elle est la boisson nationale[2], en Albanie, au Kosovo dans les Balkans, en Arménie et au Proche-Orient.

En Crète, la tsikoudiá est une boisson alcoolisée souvent appelée rakı. Elle est utilisée pour fabriquée du rakomelo.

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis longtemps, une boisson alcoolisée incolore est produite et bue chaque année dans toute la Méditerranée. Elle est connue sous différents noms : tsípouro, raki, arak, grappa. Elle est distillée à partir des sous-produits du vin, comme si l'Homme voulait exploiter le vignoble au maximum.

Dans l'Empire ottoman, jusqu'au XIXe siècle, les meyhanes tenus par des Rûm (Grecs) et Albanais[3] servaient principalement du vin accompagné de mezzé, en raison des restrictions religieuses imposées par les différents sultans. À cette époque, le rakı était produit par distillation du marc de raisin.

Usages[modifier | modifier le code]

Consommation[modifier | modifier le code]

Il est consommé le plus souvent allongé d’eau, parfois sec. En turc, il est appelé familièrement aslan sütü, « lait de lion ». Le service est fait généralement dans deux verres de forme cylindrique, l’un contenant le raki, l’autre l’eau et la glace, ou parfois, comme dans la région d'Adana, du şalgam suyu, du jus de betterave pimenté. N’étant pas sucré, il se boit en apéritif, mais aussi au cours du repas.

Production[modifier | modifier le code]

La région de production la plus fameuse est Tekirdağ, en Thrace. La production de raki en Turquie a fait longtemps l’objet d’un monopole détenu par la société d’État Tekel (« monopole »), privatisée en 2004.

Variétés[modifier | modifier le code]

Les différentes qualités sont :

  • le yeni rakı (raki nouveau) titrant 45 %, dont l’alcool doit provenir à 65 % de la distillation du raisin ;
  • l’altınbaş rakı (tête d’or) et le kulüp rakı (club) titrant 50 %, dont l’alcool provient entièrement de la distillation du raisin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Autres boissons anisées du pourtour méditerranéen :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « raki » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. a et b (en) « How to drink raki: A crash course in Turkey's signature drink - CNN Travel », sur CNN
  3. (en) Music of the Sirens, Inna Naroditskaya, Linda Phyllis Austern, Indiana University Press, p. 290

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Georgeon, Au pays du raki. Le vin et l’alcool de l’Empire ottoman à la Turquie d’Erdogan, Paris, CNRS Éditions, , 300 p. (ISBN 978-227-113120-1)