Boisson spiritueuse

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Une boisson spiritueuse servie en cocktail

Une boisson spiritueuse est une boisson alcoolisée obtenue par distillation, suivie éventuellement d'une macération ou d'une infusion de matières premières agricoles. Ces procédés de fabrication distinguent les spiritueux des boissons alcoolisées produites par fermentation (bière, vin, cidre).

Les boissons spiritueuses se divisent en deux grandes familles :

  • les boissons spiritueuses « simples », plus couramment appelées eaux-de-vie, dont le goût provient directement du processus de distillation (cognac, vodka, rhum, whisky, tequila, etc.) ;
  • les boissons spiritueuses « composées », dont le goût est issu de substances végétales, sucre ou arômes, ajoutées à un alcool neutre ou à une eau-de-vie (liqueurs, anisés, etc.).

Certaines sont vieillies en fût. Elles se consomment seules ou en mélange (cocktails).

Selon la législation européenne[1], une boisson spiritueuse présente un titre alcoométrique volumique minimal de 15 % vol.

Origines[modifier | modifier le code]

La production de boissons spiritueuses remonte au Moyen Âge, avec la mise au point de l’alambic par les alchimistes arabes et l’apparition, au Xe siècle, des premières eaux-de-vie issues de la distillation du vin. Leur usage était avant tout médical : les savants prêtaient alors aux aqua vitae des vertus thérapeutiques[2].

En France, la plus ancienne eau-de-vie est l’Armagnac, dont les premières preuves d’existence remontent à des écrits datant du XIVe siècle[3].

Le terme spiritueux, dérivé du latin spiritus, désigne le produit de la distillation qui, à l'origine, était perçu comme l'âme de la boisson alcoolisée. De cette « essence spirituelle » proviendraient les vertus supposées de l'eau-de-vie[4].

Fabrication[modifier | modifier le code]

Distillation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Distillation.

La distillation est un procédé qui consiste, à partir d’un liquide alcoolisé, à séparer l’alcool des autres composants.

Cette opération est rendue possible par la différence de température d’évaporation entre l’eau (100 °C à pression atmosphérique normale) et l’alcool (78,5 °C). À température intermédiaire, celui-ci s’évapore puis se condense pour former un distillat liquide, base de la boisson spiritueuse. Une partie des éléments présents dans le mélange originel, notamment les composés aromatiques, participent de ce même processus pour donner son caractère gustatif au produit final.

Macération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Macération.

Dans ce cadre, la macération consiste à laisser macérer un certain temps une substance (plante, fruit…) dans de l'alcool distillé ou dans une autre boisson spiritueuse, pour en extraire les principes actifs ou l'en imprégner.

Par extension, la macération désigne le liquide dans lequel la substance a macéré et qui contient ses principes et son essence.

Infusion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Infusion.

L’infusion consiste à extraire les principes actifs ou les arômes d’un végétal par dissolution dans un liquide (eau, alcool, huile) initialement bouillant amené à refroidissement. L’infusion diffère ainsi de la macération qui s’opère dans un liquide froid.

Grandes catégories[modifier | modifier le code]

Il existe 46 grandes catégories de boissons spiritueuses[réf. nécessaire]. Le terme alcool fort n'a aucun fondement scientifique. L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) rappelle que les verres standards de bière (25 cl à 5°), de vin (10 cl à 12°) ou encore de whisky (3 cl à 40°), contiennent tous la même quantité d'alcool, à savoir 10 grammes d'alcool pur par verre standard.

Boissons spiritueuses simples[modifier | modifier le code]

La distillation sépare l’alcool aromatisé de l’eau et de substances plus volatiles indésirables (méthanol, esters).

Boissons spiritueuses composées[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

La consommation de boissons spiritueuses en France atteignait 371 millions de litres en 2008. Le whisky représentait 37,8 % des ventes et les anisés 29,7 %, soit à eux seuls plus des deux tiers de la consommation totale de spiritueux[5].

Le secteur a exporté environ 381 millions de litres en 2009, pour un chiffre d’affaires de 2,25 milliards d’euros. Le secteur des vins et spiritueux représente le 3e contributeur net à la balance commerciale de la France[6].

La somme des emplois agricoles, de l’industrie, du commerce et de la distribution porte à plus de 100 000 le nombre de personnes dont l’activité est directement liée à la production des boissons spiritueuses[5][réf. incomplète].

Spiritourisme[modifier | modifier le code]

Le spiritourisme, contraction des mots spiritueux et tourisme, est une forme de tourisme de découverte économique développé autour de la filière des boissons spiritueuses. Le spiritourisme, à l'instar de l'œnotourisme, repose sur une coopération entre les acteurs du tourisme, de la culture, des structures hôtelières et de la filière des spiritueux pour permettre aux visiteurs de découvrir les sites de production, le savoir-faire et les boissons spiritueuses constitutifs d’un patrimoine local ou national.

Plus d’un million de personnes visitent chaque année les entreprises productrices de boissons spiritueuses en France. Au 12 juillet 2010, plus de soixante-douze entreprises artisanales ou industrielles sont référencées comme sites ouverts au public, en métropole et en Outre-mer, par la Fédération française des spiritueux[7],[8]. Outre la visite des domaines et la dégustation des produits, plusieurs exploitations proposent également la découverte de musées consacrés à la production locale (Armagnac, Cognac, Calvados, etc.)[9].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]