Chouchen

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Des bouteilles de chouchen.

Le chouchen (en breton : chouchenn ou mez, d'après les dictionnaires Catholicon de 1464 et An Here), historiquement proche mais pourtant différent de l'hydromel, est une boisson alcoolisée obtenue à partir de la fermentation du miel dans du jus de pomme, rejoignant ainsi la catégorie des œnomiels[réf. nécessaire]. Il se fabriquait autrefois plus particulièrement à partir de miel de sarrasin, jadis très présent en Bretagne, qui lui donnait sa couleur foncée et son goût prononcé[1].

Le terme chouchen est très récent (début XXème s.) et trouve ses origines à Rosporden en Bretagne, où Joseph Postic, un producteur local, déposa la marque commerciale "chouchen".

Élaboration et utilisation[modifier | modifier le code]

En Bretagne, cette fermentation est déclenchée par l'introduction de jus de pommes fraîchement pressées. La fermentation peut aussi être déclenchée par l'apport de levures comme pour la bière. Un litre de chouchen nécessite environ un tiers de son volume en miel pour atteindre un degré alcoolique suffisant.

Boisson traditionnelle de Bretagne, le chouchen est une boisson liquoreuse alcoolisée (14° environ) comparable à l'hydromel. Dans les années 1830 déjà, Alexandre Bouët signalait que « quelques-uns, dans les années où le cidre manquait, faisaient de l’hydromel, cette boisson des anciens temps ». Toujours est-il que, dans une partie de la Basse Cornouaille, le chouchen semble, au lendemain de la Première Guerre mondiale, concurrencer le cidre et les autres boissons alcoolisées. De nombreux faits divers évoquent les « méfaits du chouchen », témoignant à l’évidence qu’il était consommé par les couches sociales les plus modestes, ce qui ne l’empêcha pas d’être servi lors de la réception de la fête des reines de Cornouaille de 1928 à Quimper. Un négociant rospordinois, Le Moal, fut le premier à employer le mot chouchen (qu'il écrit d'ailleurs souchen) dans un article daté du de l'Union agricole et maritime où il présente sa nouvelle liqueur comme efficace pour lutter contre l'influenza ; l'appellation fut officiellement déposée vers 1920 par Joseph Postic, négociant et futur maire de Rosporden[2].

Cet alcool se consomme bien frais (toujours sans glaçon, cela masque le goût du miel), généralement en apéritif, pour agrémenter le melon (comme le porto) ou parfois en hiver comme un vin cuit. On trouve en Bretagne différents types de chouchen dont certains sont réalisés avec un mélange d'eau et d'eau de mer, sans oublier le miel.

Selon la légende, les effets du chouchen auraient été autrefois très violents[réf. nécessaire]. Après extraction du miel, rien n'était perdu : les rayons naturels étaient disposés dans le fût de fermentation. Des abeilles se trouvaient mélangées au miel et leur venin se diffusait dans la boisson[réf. nécessaire]. Le chouchen pouvait alors avoir un effet assommant. En effet, le venin d'abeille[3] attaque le cervelet (organe servant à garder l'équilibre). Toujours selon la légende, quelques verres auraient suffi pour tomber à la renverse.

Plus vraisemblablement, il s'agissait en fait du moût de pomme ajouté à la préparation de miel pour en accroître la fermentation, le venin des abeilles empêchant celle-ci. L'explication serait donc l'effet habituel de l'alcool.

Le chufere[modifier | modifier le code]

Il existe une autre boisson proche du chouchen, le chufere, qui est à base de miel et de cidre. Il est en général moins fort que le chouchen, environ 8 à 9°. La production de chufere est devenue moins courante, ainsi que le chouchen [4].

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Marchenay et Laurence Bérard, L'homme, l'abeille et le miel, Editions de Borée, 2007, ISBN 2-84494-533-3, p.202
  2. http://www.bretania.bzh/EXPLOITATION/Bretania/le-chouchen.aspx?_lg=en-GB
  3. Article sur le venin d'abeille
  4. De la spécificité des chouchen, chufere… , sur le site kirikino.biz