Ahmadou Kourouma
| Naissance | Boundiali (Côte d'Ivoire) |
|---|---|
| Décès | (à 76 ans) Lyon (France) |
| Activité principale | |
| Distinctions |
Grand prix Jean-Giono (2000)
Prix Renaudot (2000) Prix Goncourt des lycéens (2000) Prix du Livre Inter (1998) |
| Langue d’écriture | français |
|---|
Œuvres principales
Ahmadou Kourouma, né le à Boundiali en Côte d'Ivoire et mort le à Lyon en France, est un écrivain ivoirien.
Sommaire
Biographie[modifier | modifier le code]
Ahmadou Kourouma est d’origine malinké, une ethnie présente dans plusieurs pays d’Afrique de l'Ouest. Son nom signifie « guerrier[1] » en langue malinké. Élevé par un oncle, il suit une scolarité à Bamako au Mali.
De 1950 à 1954, (pendant la colonisation française), il est envoyé comme tirailleur sénégalais en Indochine, à titre disciplinaire, avant de rejoindre la métropole pour suivre des études de mathématiques et d'actuariat (Institut de science financière et d'assurances) à Lyon en France. En 1960, lors de l’indépendance de la Côte d'Ivoire, il revient vivre dans son pays natal mais est très vite inquiété par le régime du président Félix Houphouët-Boigny. Il connaît la prison avant de partir en exil dans différents pays, en Algérie (1964-1969), Cameroun (1974-1984) et Togo (1984-1994) avant de revenir vivre en Côte d'Ivoire.
En 1968, son premier roman, Les Soleils des indépendances, porte un regard très critique sur les gouvernants de l’après-décolonisation. En 1972, il tente de faire représenter sur scène Tougnantigui ou le Diseur de vérité. En 1988, son deuxième roman, Monnè, outrages et défis, retrace un siècle d’histoire coloniale.
En 1998, son troisième roman, En attendant le vote des bêtes sauvages, raconte l’histoire d’un chasseur de la « tribu des hommes nus » qui devient dictateur. À travers ce roman, qui obtient le Prix du Livre Inter, on reconnaît facilement le parcours du chef d'État togolais Gnassingbé Eyadema et diverses personnalités politiques africaines contemporaines.
En 2000, son quatrième roman, Allah n'est pas obligé, raconte l’histoire d’un enfant orphelin qui, parti rejoindre sa tante au Liberia, devient enfant soldat. Ce livre obtient le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens. La même année, il est récompensé par le grand prix Jean-Giono pour l'ensemble de son œuvre[2].
Lorsqu’en septembre 2002, la guerre civile éclate en Côte d'Ivoire, il prend position contre l’ivoirité, « une absurdité qui nous a menés au désordre » et pour le retour de la paix dans son pays.
Au moment de sa mort, il travaillait à la rédaction d’un nouveau livre, Quand on refuse on dit non, une suite d’Allah n'est pas obligé : le jeune héros, enfant soldat démobilisé, retourne en Côte d’Ivoire à Daloa, et vit le conflit ivoirien. Ce roman est publié à titre posthume en 2004.
Kourouma était marié et père de 4 enfants. Onze ans après sa mort, en novembre 2014, sa dépouille a été transférée de Lyon en Côte d'Ivoire[3],[4].
Œuvre[modifier | modifier le code]
Théâtre[modifier | modifier le code]
- Tougnantigui ou le Diseur de vérité, pièce censurée après quelques représentations à Abidjan en 1972, reprise en 1996, puis éditée en 1998 chez Acoria.
- Allah n'est pas obligé a été créé au Théâtre de Poche de Bruxelles en mai 2004 (adaptation de Christian Leblicq) avec Ansou Diedhiou, Enrico Lukaya Kabaka et Florin Siniha. Musicien : Adama Ouedraogo. Mise en scène de René Georges, assisté de Grazia Di Vincenzo.
Romans[modifier | modifier le code]
- Les Soleils des indépendances (1968, Presses de l'Université de Montréal, publié au Seuil en 1970), obtient sur manuscrit le Prix 1968 de la revue québécoise Études françaises
- Monnè, outrages et défis (1990, Seuil), Grand prix littéraire d'Afrique noire[5].
- En attendant le vote des bêtes sauvages (1994, Seuil 1999) (Prix du Livre Inter)
- Allah n'est pas obligé (2000, Seuil) (Prix Amerigo-Vespucci, Prix Renaudot, Prix Goncourt des lycéens)
- Quand on refuse on dit non (2004, Seuil)
- Œuvres complètes – Ahmadou Kourouma, Les Soleils des indépendances ; Monnè, outrages et défis ; En attendant le vote des bêtes sauvages ; Allah n'est pas obligé ; Quand on refuse on dit non ; Le Diseur de vérité, Le Seuil, (ISBN 978-2-02-103461-5)
Livres pour enfants[modifier | modifier le code]
- Yacouba, chasseur africain (1998, Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior, illustrations de Claude et Denise Millet)
- Le Griot, homme de parole (2000, Édition Grandir)
- Le Chasseur, héros africain (2000, Édition Grandir)
- Le Forgeron, homme de savoir (2000, Édition Grandir)
- Prince, Suzerain actif (2000, Édition Grandir)
Autres livres[modifier | modifier le code]
- Paroles de griots avec Ousmane Sow et Mathilde Voinchet, 2003, éditions Albin Michel
- Avant-propos du livre de Cabakulu Mwamba Maxi proverbes africains, 2004, (ISBN 978-2-501-04250-5)
Hommages[modifier | modifier le code]
En hommage à son œuvre, une maison porte son nom à Lyon. Située dans le Jardin des Chartreux dans le 1er arrondissement, la Maison Ahmadou-Kourouma accueille des associations. L'inauguration a eu lieu le 20 novembre 2010.
Un prix littéraire décerné au Salon du livre de Genève depuis 2004 porte son nom. Le prix Ahmadou-Kourouma récompense chaque année un ouvrage consacré à l'Afrique noire.
Notes et références[modifier | modifier le code]
- « Jean-Louis JOUBERT, « KOUROUMA AHMADOU - (1927-2003) » », Encyclopædia Universalis (consulté le 11 février 2018)
- « Les grands auteurs africains de langue française », Afrique contemporaine, 1/2012 (n° 241), p. 116-117, en ligne, DOI:10.3917/afco.241.0116
- http://www.culture.gouv.ci/?q=fr/actualites/en-continu/retour-effectif-de-la-depouille-de-kourouma-en-terre-ivoirienne
- « Côte d’ivoire : Le corps d’Hamadou Kourouma rapatrié dans son pays natal », (consulté le 12 décembre 2016)
- Grand prix littéraire de l'Afrique noire. Liste des lauréats, [lire en ligne], consulté le 14 avril 2016
Annexes[modifier | modifier le code]
Bibliographie[modifier | modifier le code]
- Cécile Bishop, « Ahmadou Kourouma », dans Christiane Chaulet Achour, avec la collaboration de Corinne Blanchaud [sous la dir. de], Dictionnaire des écrivains francophones classiques : Afrique subsaharienne, Caraïbe, Maghreb, Machrek, Océan Indien, Éd. H. Champion, Paris, 2010, p. 245-248 (ISBN 978-2-7453-2126-8)
- Charles Edgar Mombo, Réception en France des romans d'Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi et de Calixthe Beyala, Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, 2004, 336 p. (thèse de littérature francophone)
- Xavier Garnier, « Le rire cosmique de Kourouma », Études françaises 42/3, 2007, p. 97-109
- Gilbert Gardes, La case de l'oncle Ahmadou, inauguration à Lyon de la "Maison Ahmadou Kourouma", Bulletin municipal officiel de la Ville de Lyon, 21 février 2011, 2 pages, 9 illustrations.
- Cahier spécial « Ahmadou Kourouma : l'héritage » in Notre Librairie no 155-156, juillet-décembre 2004 [PDF] (268 ko)
- Jean Ouédrago et Yves Dakouo, Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma, Bienne-Gollion/Paris, ACEL-Infolio éditions, collection Le cippe, 2011.
Article connexe[modifier | modifier le code]
- Le prix Ahmadou-Kourouma est un prix littéraire décerné chaque année lors du Salon international du livre et de la presse de Genève.
Liens externes[modifier | modifier le code]
- Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque nationale de Catalogne • Bibliothèque nationale de Suède • Bibliothèque nationale tchèque • WorldCat
- Naissance en novembre 1927
- Naissance à Boundiali
- Écrivain ivoirien
- Ahmadou Kourouma
- Lauréat du grand prix Jean-Giono
- Lauréat du grand prix littéraire d'Afrique noire
- Lauréat du prix du Livre Inter
- Lauréat du prix Renaudot
- Lauréat du prix Amerigo-Vespucci
- Lauréat du prix Goncourt des lycéens
- Décès en décembre 2003
- Décès à Lyon
- Décès à 76 ans