Karl Liebknecht

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Karl Liebknecht
Karl Liebknecht.jpg
Fonctions
Membre du Reichstag de l'Empire allemand
-
Député à la Chambre des représentants de Prusse
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 47 ans)
BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Mémorial des Socialistes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université Humboldt de Berlin
Université de Leipzig (à partir du )
Université Frédéric-Guillaume (à partir du )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Fratrie
Otto Liebknecht (d)
Theodor LiebknechtVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Sophie Liebknecht (en) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Parrains
Partis politiques
Arme
Mouvement
Condamné pour
Lieu de détention
Moabit Prison (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Karl Liebknecht né le à Leipzig et mort assassiné le à Berlin est un homme politique socialiste et communiste allemand.

Membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) comme son père Wilhelm Liebknecht, il s'engagea pour le droit d'organisation des jeunes dans des organisations politiques et surtout contre le militarisme. Son livre Militarisme et anti-militarisme entraîna un procès et une peine de prison de 18 mois, durant laquelle il fut élu député au Reichstag.

En raison de son opposition à la Première Guerre mondiale, il fut emprisonné et exclu du SPD. Il a cofondé avec Rosa Luxemburg la Ligue spartakiste, puis le Parti communiste d'Allemagne (KPD). Deux semaines après la formation de ce dernier parti, il fut assassiné avec Rosa Luxemburg lors de la répression de l'insurrection de Berlin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Karl Liebknecht est le fils de Wilhelm Liebknecht, militant marxiste et cofondateur du SPD. Karl Liebknecht suit des études de droit, et obtient son doctorat en 1897. Il ouvre un cabinet d'avocat avec son frère Theodor.

Il devient militant du SPD, et est élu président de la Fédération internationale de la jeunesse socialiste. Il est député SPD à partir de 1912.

À la veille de la Première Guerre mondiale, il participe à un rassemblement contre la guerre, organisé avec des représentants des partis socialistes belge, français et allemand à Condé-sur-l'Escaut.

En août 1914, il s'oppose au vote des crédits de guerre, mais vote pour par discipline de parti. En décembre 1914, il est le premier député du Reichstag à voter contre ces crédits de guerre, passant outre la consigne de son groupe parlementaire. L'année suivante, il entraîne dans le refus le député Otto Rühle, puis plus tard une vingtaine de députés socialistes.

Au début de l'année 1915, il fonde, avec Rosa Luxemburg, le mouvement spartakiste, qui devient en 1917 une tendance autonome de l'USPD après l'exclusion des pacifistes par le SPD. Liebknecht milite tout au long de la Première Guerre mondiale en expliquant qu'il ne faut pas combattre les prolétaires d'autres pays, mais les bourgeois de son propre pays. Forcé au service militaire, il refuse de se servir d'une arme. Lors du rassemblement du 1er mai 1916, appelé par les spartakistes, il prononce à nouveau un discours contre la guerre[1], est arrêté, accusé de haute trahison et emprisonné.

Libéré en octobre 1918, il est un acteur majeur de la Révolution allemande de novembre 1918 : le 9 novembre 1918 à 16 heures, il proclame la « république socialiste libre d'Allemagne », d'un balcon du château de Berlin (conservé depuis et incorporé à la façade du Staatsratsgebäude) ; il est cependant pris de vitesse par le SPD Philipp Scheidemann, qui proclame la République allemande (future « république de Weimar ») deux heures plus tôt. La Ligue spartakiste, conduite notamment par Liebknecht et Rosa Luxemburg, réclame un régime où le pouvoir serait détenu par les conseils ouvriers. Mais les spartakistes sont désavoués par ceux-là même à qui ils veulent donner le pouvoir : le 16 décembre, le Congrès national des Conseils d'ouvriers et de soldats, seul pouvoir légitime aux yeux des spartakistes, se réunit et décide qu'il ne lui appartient pas de décider du sort de l'Allemagne, et que cette tâche devra être confiée à une assemblée constituante élue au suffrage universel. Dans la nuit du 31 décembre 1918 au 1er janvier 1919, la Ligue spartakiste, qui s'est séparée peu avant de l'USPD, se réunit avec d'autres groupes : les révolutionnaires se constituent en Parti communiste d'Allemagne (KPD), qui entend boycotter les élections du 19 janvier et faire de l'Allemagne une « république des conseils »[2] (Liebknecht était cependant défavorable à ce boycott).

Dans les premiers jours de janvier, le limogeage du préfet de police de Berlin Emil Eichhorn, membre de l'aile gauche de l'USPD, provoque une manifestation massive de l'USPD et du KPD. Des manifestants en arme occupent les locaux de plusieurs journaux, et le bruit court que des régiments berlinois et des garnisons extérieures se sont soulevés. L'information est fausse mais elle plonge Karl Liebknecht dans un état d'euphorie révolutionnaire ; il appelle à l'insurrection pour maintenir l'occupation des journaux, inciter les ouvriers berlinois à la grève et faire tomber le gouvernement. Malgré les protestations de plusieurs membres du comité central du KPD et notamment Rosa Luxemburg qui juge l'action dangereuse, l'option de Liebknecht est approuvée, déclenchant la « révolte spartakiste »[3]. L'insurrection, lancée sans plan précis, échoue totalement ; Gustav Noske, un des dirigeants du SPD, reçoit les pleins pouvoirs du Président Ebert pour guider la répression, et s'appuie pour cela sur les Corps Francs. Liebknecht et Rosa Luxemburg sont tous deux arrêtés, torturés puis assassinés par des militaires le .

Karl Liebknecht est enterré au cimetière central de Friedrichsfelde de Berlin.

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres inspirées par la vie de Karl Liebknecht[modifier | modifier le code]

Littérature, théâtre, musique et peinture[modifier | modifier le code]

  • 1949 : Alfred Döblin fait de Karl Liebknecht l'un des personnages du quatrième volume de Novembre 1918. Une révolution allemande : Karl & Rosa[4].

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

  • Karl Liebknecht (joué par Otto Sander) apparaît dans un film sorti en 1986, intitulé Rosa Luxemburg (titre original : Die Geduld der Rosa Luxemburg), réalisé par Margarethe von Trotta.
  • La vie de Karl Liebknecht a fait l'objet d'un film en deux parties (sorties en 1965 et 1972), intitulé Karl Liebknecht (titres originaux : Solange Leben in mir ist (première partie) et Trotz alledem ! (seconde partie)), réalisé par Günter Reisch.

Philatélie allemande[modifier | modifier le code]

De 1949 à 1974, le souvenir de Karl Liebknecht est entretenu par l'administration postale de la RDA.
Dès 1949, la poste de la zone d'occupation soviétique édite un timbre In Memoriam du 15 janvier 1919. Il y est associé à la figure de Rosa Luxemburg, comme lors des émissions postérieures réalisées en RDA qui se chiffrent à cinq :

  • en 1955, dans une série de sept valeurs dédiée à la gloire des dirigeants du mouvement ouvrier allemand, il est associé à Rosa Luxemburg, August Bebel, Franz Mehring, Ernst Thälmann, Clara Zetkin, et Wilhelm Liebknecht ;
  • en 1959, dans une série de deux valeurs in memoriam 15.1.1919, l'une d'elle le représente, l'autre timbre présentant Rosa Luxemburg ;
  • en 1966, dans un bloc de deux timbres pour l'anniversaire de la conférence fondatrice du groupe spartakiste de 1916 (Reichskonferenz der Spartakusgruppe), il figure sur l'un en médaillon à côté de Rosa Luxemburg, l'autre timbre reproduisant le Manifeste spartakiste ;
  • en 1967, dans une série de trois valeurs émise pour le cinquantenaire de la Révolution de novembre 1917 en Russie (50. Jahrestag der Novemberrevolution), il est de nouveau associé à Rosa Luxemburg, les deux autres vignettes célébrant Lénine et la création du journal Die Rote Fahne (Le Drapeau rouge) ;
  • en 1971, une série de deux timbres en paire émise à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Rosa Luxemburg rappelle son souvenir ainsi que celui de …Rosa Luxemburg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, À bas la guerre ! À bas le gouvernement ! Le procès Liebknecht, Éditions de l'Épervier, 2010.
  2. Serge Berstein, Pierre Milza, L'Allemagne de 1870 à nos jours, Armand Colin, 2010, pages 70-71.
  3. Heinrich August Winkler, Histoire de l'Allemagne, XIXe-XXe siècle, Fayard, 2005, pages 328-329.
  4. Alfred Döblin, Novembre 1918. Une révolution allemande : Karl & Rosa, traduit de l'allemand par Mayvonne Litaize et Yasmin Hoffmann, Agone, 2008, (ISBN 978-2-7489-0079-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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