Malek Bennabi

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Malek Bennabi
Description de l'image Malek Benabi.jpg.
Naissance
Constantine, Algérie
Décès
Alger, Algérie
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Arabe, français et allemand

Œuvres principales

  • Le Phénomène coranique (1947)
  • Les Conditions de la Renaissance (1948)
  • Vocation de l'islam (1954)
  • L'Afro-asiatisme (1956)
  • Mémoires d'un témoin du siècle (1965)

Malek Bennabi (en arabe مالك بن نبي) est un penseur algérien, né le à Constantine et mort le à Alger. Il a étudié les problèmes de civilisation en général et ceux du monde musulman en particulier. Il est issu d'un double courant culturel. Il est instaurateur du concept de « colonisabilité » (terme apparu dans son ouvrage Vocation de l'islam) selon lequel les sociétés en décadence, c'est-à-dire qui ont perdu leur dynamique sociale, se retrouvent dans état de faiblesse structurelle qui agit comme un appel à la colonisation étrangère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Malek Bennabi fait sa première entrée scolaire à l'école coranique de Tébessa, ville où son père, ancien medersien et lettré bilingue, a été muté en 1911. En 1913 il est inscrit à l'unique école de cette ville, après deux années de cours purgatoire dans une classe réservée aux petits indigènes ainsi et après une année passée dans cette école, il est de retour à Constantine, où il poursuit ses études complémentaires au collège Ould Ali (ex Jules Ferry) puis à la medersa de Constantine, établissement destiné autrefois à la magistrature musulmane, les medersiens de l'époque avaient une formation bilingue. Bennabi fréquente cette institution pendant trois années pour obtenir son diplôme de Bach-adel (diplôme de fin d'études) en 1925[1]. C'est pendant cette période qu'une "triple culture se forge en lui, musulmane, occidentale et asiatique, d'abord par la lecture des œuvres de Rabelais, Hugo, Condillac, John Dewey, Romain Rolland, Courtellemont, ensuite celle de Imrou el-Kaïs, Hafez Ibrahim, Eugène Jung, Ibn Khaldoun, Tahtawi, et enfin Tagore."[2]

À partir de 1927, Il travaille comme auxiliaire judiciaire au tribunal de Aflou puis à Châteaudun-du-Rhumel[1]. En 1928, il rencontre pour une première fois le théologien réformiste Ibn Bâdîs, sans que l'entretien soit fructueux, et l'année suivante il tente de rentrer dans l'entrepreneuriat avec son beau-frère, mais compte tenu de la crise économique globale, cela se solde par un échec[3].

En 1930, avec l'aide de ses parents, il décide d'aller étudier en France. Refusé à l'Institut des langues orientales sans motifs apparents, il s'inscrit alors à l’École spéciale de Mécanique et d’Électricité de Sudria. Il fréquente l'Union Chrétienne des Jeunes Gens parisiens (UCJGP), et intègre ensuite l'Association des Étudiants musulmans nord-africains (AEMNA). L'année suivante, en 1931, il épouse Paulette-Khadija Philippon et donne sa première conférence. Il rencontre l'orientaliste Louis Massignon, "dont il reconnaît l'étendue autant de son savoir que de ses réseaux jugés obscurs". En 1936, "Bennabi finit ses études, à sa grande surprise, sans être diplômé."[4]

Toujours en 1936, accompagné de quelques amis, il rencontre la délégation algérienne qui s'était rendue à Paris pour revendiquer, auprès des autorités françaises, les réformes proposées par le Congrès musulman. La délégation comprenait cheikh Abdelhamid Ben Badis et cheikh Bachir El‑Ibrahimi. En 1938‑39, Bennabi fonde, à Marseille, une école pour les analphabètes adultes parmi les travailleurs algériens en France[5]. Devant le succès de son entreprise, les autorités françaises le convoquèrent et lui interdirent de continuer à enseigner dans cet établissement sous le prétexte qu'il n'avait pas de diplôme d'enseignant.

Dans Dreux occupée, il fut convoqué par les Allemands. Il seconde le responsable technique municipal de la ville. Il est licencié quelques mois plus tard. Au chômage, il choisit d’aller travailler en Allemagne au début de l’été 1942. En 1944, Bennabi décide de rentrer en France.

À Dreux où il retrouve sa femme, il se met au service de l’administration de Vichy. Pas pour longtemps, car il doit faire cette fois avec l’armée américaine qui occupe la ville. Accusés de collaboration avec l’occupant allemand, Bennabi et son épouse sont arrêtés en août 1944 et internés au camp de Pithiviers. Ils seront libérés au printemps 1945. Le couple est arrêté pour la deuxième fois et incarcéré à la prison de Chartres en octobre 1945. L’accusation de collaboration avec l’ennemi nazi est de nouveau retenue contre Bennabi. Ce dernier est remis en liberté au printemps 1946. Le technicien eurélien aura passé en tout 15 mois en prison pour avoir collaboré[6],[7]. Dans ses Mémoires publiés en 2006 à Alger, Bennabi relate en détail cette partie de sa vie. Depuis le fin de ses études d'ingénieur en 1935, Bennabi est implicitement interdit de travail dans sa branche par l'Administration coloniale et vit de petits boulots et de l'aide de son père. En 1940 dans Dreux occupée par l'armée allemande, il est réquisitionné par les autorités d'occupation dans une ville qu'avait fuie ses édiles. Ces derniers sont revenus quelques jours après se mettre au service de l'occupant. Parmi eux le maire de Dreux, Maurice Viollette, ancien gouverneur général d'Algérie qui connaissant Bennabi le salua en lui disant : « Monsieur Bennabi cette fois nous sommes du même côté de la barrière. » Bennabi lui rétorqua que lui a été réquisitionné. Maurice Viollette ainsi que les notables de la ville compromis dans la collaboration se vengèrent à la Libération pour faire taire un homme qui pouvait témoigner de leurs coupables agissements. Il fut effectivement arrêté deux fois et à chaque fois Bennabi bénéficia d'un non-lieu par la justice. La deuxième arrestation eut lieu dans l'attente du retour des travailleurs français d'Allemagne. Le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 allait isoler la France de l'Algérie et tarir l'aide que Bennabi recevait de son père. Acculé à la misère et sollicité par l'épouse d'un soldat français prisonnier en Allemagne et qu'il connaissait avant la guerre, pour aller travailler en Allemagne contre la libération de ce dernier. En effet les autorités allemandes avaient proposé de relâcher un prisonnier pour tout travailleur français qui irait en Allemagne. Bennabi fut élu par les travailleurs français comme chef de camp de la région où ils travaillaient. À leur retour aucun d'eux n'accepta de dire la moindre critique sur Bennabi. Ainsi Bennabi fut définitivement libéré. Il est à noter que Bennabi revint d'Allemagne fin 1943 et n'eut de contact avec aucune autorité ou administration.

En 1947, Malek Bennabi publie à Alger Le Phénomène coranique, qu'il voulait une preuve scientifique du caractère divin du Coran et une réfutation des thèses l'attribuant à une œuvre humaine. Il publie également un roman Lebeik (1948) et des études comme Les conditions de la renaissance (1949), Vocation de l'Islam (1954), L'afro‑asiatisme, à l'occasion de la conférence de Bandoeng.

Malek Bennabi avait publié ses œuvres sous le titre Problèmes de la civilisation car il considérait que les différents problèmes du monde musulman renvoyaient à ce contexte.

En 1956, il se rend au Caire, coupant totalement avec la France qu'il ne reverra qu'en 1971. Le seul lien qui le liait à elle était la correspondance qu'il entretenait avec son épouse française qui avait refusé de l'accompagner au Caire.

Malek Bennabi perfectionne, durant son séjour au Caire, la langue arabe dans laquelle il commença à écrire et à donner des conférences. Il visite, à plusieurs reprises, la Syrie et le Liban pour y donner des conférences. Il était en outre, au Caire, un des conseillers à l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) traitement qui lui permit de se consacrer au travail intellectuel et d'envoyer quelques subsides à son épouse en France.

Après avoir contacté plusieurs amis et étudiants, il procéde à la traduction de ses œuvres vers l'arabe, langue qu'il adopta par la suite comme langue de travail.

En 1963, Malek Bennabi retourne en Algérie où il fut nommé directeur de l'Enseignement supérieur. Il démissionne en 1967 pour se consacrer au travail intellectuel, à la réforme et à l'organisation de rencontres intellectuelles qui devinrent plus tard Séminaires de la Pensée Islamique que l'Algérie organise chaque année. Il vécut le restant de ses jours en Algérie où il mourut le 31 octobre 1973. Il est inhumé au cimetière Sidi M'hamed à Alger.

Sa pensée[modifier | modifier le code]

Malek Bennabi a à son actif plus d'une vingtaine d'ouvrages traitant de civilisation, de culture, d'idéologie, de problèmes de société ainsi que d'autres sujets tel le phénomène coranique et les raisons de la stagnation de la société musulmane en particulier. Par ses écrits, Malek Bennabi voulait éveiller les consciences musulmanes et relancer une renaissance de la société musulmane. Il n'a de cesse de critiquer vivement l'administration coloniale française par ses écrits et ses conférences. Il n'a jamais accepté la colonisation de l'Algérie par la France et le statut d'indigène octroyé par l'administration de l'époque aux autochtones algériens.

Il est probable que peu de gens ont vraiment saisi la portée de sa vision et sa pensée, notamment dans la société musulmane à propos de laquelle il dit dans son ouvrage Vocation de l'Islam :

« La plus grave parmi les paralysies, celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres (sociale et intellectuelle), c'est la paralysie morale. Son origine est connue : "L'islam est une religion parfaite. Voilà une vérité dont personne ne discute. Malheureusement il en découle dans la conscience post-almohadienne une autre proposition : "Nous sommes musulmans donc nous sommes parfaits". Syllogisme funeste qui sape toute perfectibilité dans l'individu, en neutralisant en lui tout souci de perfectionnement. Jadis Omar ibn al-Khattab faisait régulièrement son examen de conscience et pleurait souvent sur ses "fautes". Mais il y a longtemps que le monde musulman a cessé de s'inquiéter de possibles cas de conscience. On ne voit plus qui que ce soit s'émouvoir d'une erreur, d'une faute. Parmi les classes dirigeantes règne la plus grande quiétude morale. On ne voit aucun dirigeant faire son mea culpa. C'est ainsi que l'idéal islamique; idéal de vie et de mouvement a sombré dans l'orgueil et particulièrement dans la suffisance du dévot qui croit réaliser la perfection en faisant ses cinq prières quotidiennes sans essayer de s'amender ou de s'améliorer : il est irrémédiablement parfait, Parfait comme la mort et comme le néant. Tout le mécanisme psychologique du progrès de l'individu et de la société se trouve faussé par cette morne de satisfaction de soi. Des êtres immobiles dans leur médiocrité et dans leur perfectible imperfection deviennent ainsi l'élite d'une société morale d'une société où la vérité n'a enfanté qu'un nihilisme. La différence est essentielle entre la vérité, simple concept théorique éclairant un raisonnement abstrait, et la vérité agissante qui inspire des actes concrets. La vérité peut même devenir néfaste, en tant que facteur sociologique, lorsqu'elle n'inspire plus l'action et la paralyse, lorsqu'elle ne coïncide plus avec les mobiles de la transformation, mais avec les alibis de la stagnation individuelle et sociale. Elle peut devenir l'origine d'un monde paralytique que Renan et Lamennais dénonçaient en disant que l'islam "pourrait devenir une religion de stagnation et de régression". »

Dans un autre ouvrage intitulé Les Grands Thèmes de la civilisation, de la culture, de l'idéologie, de la démocratie en islam, de l'orientalisme, Malek Bennabi parle des raisons de la stagnation de certaines sociétés qu'il qualifie de primitives :

« Quand une société primitive met des tabous autour de ses traditions, de ses convictions, de ses goûts, de ses usages, ce qui est risible là-dedans - à supposer qu'il y ait quelque chose de risible - ce n'est pas le tabou mais le vide culturel, l'inculture qu'elle défend, c'est-à-dire l'ensemble de causes qui maintiennent cette société en stagnation. »

Bennabi a traité tous les domaines, social, politique et économique, ayant trait au monde musulman. Il a ainsi écrit sur la femme, sur la démocratie et sur tous les problèmes de la civilisation et du développement. Il n'a pas omis d'étudier les Évangiles pour une étude comparative. Dans son livre intitulé La Pensée et la culture moderne en Afrique du Nord (Le Caire 1965), le Pr Anouar El‑Djoundi écrivait : « Malek Bennabi est très différent des prédicateurs, des penseurs et des écrivains. C'est un philosophe authentique avec un profil de sociologue qui, profitant de sa double culture arabe et française, a tenté de concilier entre la science et la pensée arabes inspirées du Coran et de la Sunna et du patrimoine arabo‑islamique d'une part et la science et la pensée occidentales inspirées du patrimoine grécoromain et chrétien, d'autre part ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Phénomène coranique (1947)
  • Lebbeik (1948)
  • Les Conditions de la renaissance (1949)
  • Vocation de l'islam (1954)
  • L'Afro-Asiatisme (1956)
  • Le Problème de la culture (1957)
  • SOS Algérie (1957) — Brochure politique (en arabe et en français)
  • Discours sur la nouvelle édification (1958)
  • La Lutte idéologique en pays colonisé (1958)
  • Idée du Commonwealth islamique (1959)
  • Réflexions (1959)
  • Naissance d'une société (1960)
  • Mémoires d'un témoin du siècle (1965)
  • Dans le souffle de la bataille (1961)
  • Perspectives algériennes (1965)
  • Le Problème des idées dans le monde musulman (1970)
  • Le Musulman dans le monde de l'économie (1972)
  • Le Rôle du musulman dans le dernier tiers du XXe siècle (1972)

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • Colonisabilité, Dar El-Hadhara, 2003 — articles de presse réunis, choisis, annotés et préfacés par Abderrahman Benamara ; postface du Dr. Omar Benaissa
  • Mondialisme, Dar El-Hadhara, 2004 — articles de presse réunis, choisis, annotés et préfacés par Abderrahman Benamara ; postface du Dr. Omar Benaissa
  • Les Carnets, présentation et notes de Noureddine Boukrouh, Ed. Samar, Alger, 2006, en français. — Hormis L'Enfant, sorti en français et en arabe, et L'Etudiant, sorti en arabe seulement,les deux autres parties constituent des inédits
  • Pourriture, Ed. Dar el Ouma, Alger, 2007
  • Le livre et le milieu humain, Ed Samar, Alger 20O7, en français. (Inédit).
  • Naissance d'une société: le réseau des relations sociales'', Ed. Samar, Alger 2010, en français. — Première édition selon le texte original
  • La lutte idéologique dans les pays colonisés, Ed. Samar, Alger 2010, en français. — Première édition selon le texte original

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noureddine Boukrouh, « Le système bennabien » in Parcours maghrébins, Alger, février 1987
  • Rachid Benaissa : Malek Bennabi ou la conscience du monde islamique.
  • Docteur Moussaoui Chaynez (nièce du penseur) Constantine Malek Bennabi Penseur :aperçu sur son itinéraire et ses œuvres (El watan 31 10 2012).
  • Noureddine Boukrouh, « La pensée économique de Malek Bennabi » in El-Watan, Alger, 18 et 19 octobre 1992.
  • Noureddine Boukrouh, Comment j'ai connu Malek Bennabi: histoire d'une période in El-Watan, Alger, 11 et 12 novembre 1992.
  • Siegrid Faath, Malek Bennabi, écrivain politique, critique social, visionnaire d'une civilisation islamique dans l'Algérie coloniale et indépendante, Hambourg, 1992.
  • Allan Christellow, Un humaniste musulman du XXe siècle, Malek Bennabi in Maghreb review, 1992.
  • Aïssa Kadri, Parcours d'intellectuels maghrébins, Université de Paris VIII-Vincennes, Institut Maghreb-Europe, Karthala, 1999
  • Collectif Centre Tricontinental, Théologies de la libération, L'Harmattan, 2000, p. 191-195
  • Omar Benaissa, Bennabi dans l'histoire de la pensée musulmane, in "Colonisabilité", Alger, 2003.
  • Allan Christellow, Malek Bennabi et les frontières culturelles de l'ère globale, Colloque international sur la pensée de Malek Bennabi, Alger, 2003.
  • Omar Benaissa, « Bennabi et l'avenir de la société musulmane », in "Mondialisme", Alger, 2004.
  • N. Boukrouh, Pensée et Politique chez Malek Bennabi, Colloque international d'Alger, 2003.
  • Allan Christellow, Malek Bennabi et deux visions mondiales anglophones en 1954: les cas de Arnold Toynbee et Wendel Wilkie, 2005.
  • Noureddine Boukrouh, préface au Problème des idées dans la société musulmane, Ed.Al-Bouraq, Paris 2006.
  • Noureddine Boukrouh, préface à Vocation de l'islam, Ed. al-Bouraq, Paris 2006.
  • Omar Benaissa, « Que faire maintenant? », in Les Conditions de la renaissance, Ed. El Borhane, Alger, 2009.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jamel El Hamri, Malek Bennabi : une vie au service d'une pensée, Ed. Al-Bouraq, Paris, 2016, p. 39
  2. Jamel El Hamri, Malek Bennabi : une vie au service d'une pensée, Ed. Al-Bouraq, Paris, 2016, p. 38
  3. Jamel El Hamri, Malek Bennabi : une vie au service d'une pensée, Ed. Al-Bouraq, Paris, 2016, p. 40
  4. Jamel El Hamri, Malek Bennabi : une vie au service d'une pensée, Ed. Al-Bouraq, Paris, 2016, p. 41
  5. Jamel El Hamri, Malek Bennabi : une vie au service d'une pensée, Ed. Al-Bouraq, Paris, 2016, p. 42
  6. http://www.elwatan.com/culture/histoire-pourquoi-malek-bennabi-en-voulait-a-abane-ramdane-24-02-2012-160252_113.php
  7. http://www.elwatan.com/culture/belaid-abane-auteur-bennabi-etait-un-intellectuel-sans-attaches-avec-le-mouvement-national-24-02-2012-160253_113.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]