George Jackson (Black Panther)
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Jonathan P. Jackson (en) |
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George Jackson, né le à Chicago dans l'Illinois et mort le abattu dans la cour de la prison de San Quentin, est un écrivain et militant politique américain, investi dans la lutte pour les droits des noirs américains. En prison, où il passe les douze dernières années de sa vie, il rejoint le Black Panther Party[réf. souhaitée].
Il devient célèbre comme l'un des trois Soledad Brothers, conjointement accusés du meurtre d'un gardien de la prison de Soledad, en janvier 1970. L'affaire est très médiatisée, beaucoup dénonçant une injustice dans la mise en examen des trois accusés.
Il doit également sa renommée à la publication de sa correspondance dans Les Frères de Soledad en octobre 1970.
Sa mort fut un élément déclencheur de la mutinerie de la prison d'Attica.
Biographie
[modifier | modifier le code]Né à Chicago, George Jackson est dans sa jeunesse condamné plusieurs fois par la justice, ce qui le mène dans un centre de redressement pour jeunes délinquants à Paso Robles. En 1956, sa famille déménage de Chicago dans l'Illinois pour Los Angeles en Californie. En 1960, accusé d'avoir volé 70$ dans une station-service, il est condamné à une peine de prison d'une durée indéterminée, comme cela était possible suivant la loi californienne.
Emprisonné à la prison d'État de San Quentin en 1966, il se politise et fonde avec W. L. Nolen la Black Guerrilla Family (connu également sous le nom de Black Family ou Black Vanguard), groupe se réclamant du marxisme aux objectifs politiques : supprimer le racisme, maintenir la dignité en prison et renverser le gouvernement des États-Unis.
Accusation de meurtre
[modifier | modifier le code]Le , avec Fleeta Drumgo et John Clutchette, il est accusé de l'assassinat de John Vincent Mills, gardien à la prison de Soledad en Californie, où Jackson a été transféré en 1969. Il aurait agit en représailles du meurtre de trois activistes noirs prisonniers par un autre gardien. Jackson est alors incarcéré dans une cellule de haute sécurité à la prison de Soledad. En raison de la faiblesse des preuves qui les accusent, un vaste mouvement de soutien se crée en faveur de Jackson et les deux autres accusés, et l'affaire devient médiatisée. Angela Davis, qui entretient une relation amoureuse avec Jackson[1], prend la tête de ce mouvement. Les trois accusés deviennent bientôt célèbres sous le nom des « frères de Soledad ».
En juin 1970, il est transféré à la prison de San Quentin.
Procès
[modifier | modifier le code]Le , le frère de George Jackson, Jonathan Jackson, fait irruption armé dans la salle d'audience du tribunal du comté de Marin. Avec l'aide d'accusés à qui il fournit des armes (William Christmas, James McClain et Ruchell Magee), il prend le juge et des jurés en otage, dans le but de permettre la fuite des Soledad Brothers. Le juge Harold Haley, les détenus William Christmas et James McClain ainsi que Jonathan Jackson sont tués alors qu'ils essaient de fuir en voiture. L'événement fait la une des quotidiens américains.
Des témoignages oculaires indiquent que le juge Haley a été tué par un coup de feu tiré à l'intérieur du véhicule. L'analyse de l'arme permit de remonter à l'activiste Angela Davis. Le procureur Gary Thomas, pris en otage (il restera paralysé des suites d'un tir de la police), témoigna que « le fusil à canon-scié était tenu sous le menton du juge par Magee ». Le rapport précise que la tête du juge a presque été séparée de son corps par la violence du tir.[pas clair]
Ruchell Magee, le seul survivant parmi les militants qui avaient attaqué le tribunal, fut condamné pour enlèvement et meurtre à la prison à vie, peine qu'il a purgée à la prison d'État de Corcoran. Il s'est vu refuser plusieurs demandes de remise en liberté conditionnelle, et est finalement sorti de prison en 2023, à l'âge de 81 ans, quelques jours avant de mourir[2].
Il existe une théorie[réf. nécessaire] selon laquelle le FBI aurait eu préalablement connaissance de l'action prévue le , mais ne l'aurait pas empêchée de façon à provoquer une confrontation avec les Black Panthers et de les discréditer, d'en éliminer certains et de réunir les charges suffisantes contre Angela Davis et d'autres militants.
Publications
[modifier | modifier le code]La même année, en octobre 1970, George Jackson publie l'ouvrage Les Frères de Soledad. Lettres de prison de George Jackson.[1]. Il s'agit d'un recueil de ses lettres écrites en prison, à destination de sa famille, de son avocate Fay Stender ou encore d'Angela Davis. L'édition française du livre est préfacée par Jean Genet. Il y écrit notamment :
« Le plus surprenant, quand nous lisons ces lettres d'un jeune Noir enterré dans la prison de Soledad, c'est qu'elles reflètent parfaitement le chemin parcouru par leur auteur – lettres d'abord un peu maladroites à sa mère et à son frère, lettres à son avocate qui deviennent un extraordinaire développement, sorte d'essai et de poème confondus, enfin les dernières lettres, d'une délicatesse extrême et dont on ne connaît pas le destinataire. Et de la première à la dernière lettre, rien n'a été voulu, écrit ni composé afin de construire un livre ; cependant le livre est là, dur, certain, et je le répète, à la fois arme de combat pour une libération et poème d'amour. »
— Jean Genet, Les Frères de Soledad, éditions Gallimard, 1971
L'essai politique Blood in My Eye est publié de manière posthume, en janvier 1972.
Mort
[modifier | modifier le code]Le , trois jours, avant de passer en jugement, Jackson est tué dans la cour de la prison de San Quentin au cours de ce que les autorités ont décrit comme une tentative d'évasion.
La version officielle précise que Jackson aurait eu en sa possession un pistolet automatique 9 mm qui lui aurait été fourni dans la prison par l'avocat Stephen Bingham (Bingham a été acquitté de cette allégation en 1984; il avait passé 13 ans à l'étranger en vivant sous une fausse identité). Selon les gardiens de Soledad, l'arme aurait été mise au rebut après la tentative d'évasion; il n'existe pourtant aucune trace de sa destruction. Selon d'autres détenus témoins de l'évènement, Jackson ne possédait pas d'arme et ne planifiait aucune évasion ni rébellion. La version officielle accuse Jackson d'avoir participé à une émeute plus tôt dans la journée, impliquant deux douzaines de détenus au cours de laquelle trois gardiens et deux détenus auraient été torturés et tués.
La version officielle
[modifier | modifier le code]Selon l'État de Californie[réf. nécessaire], l'avocat-activiste Stephen Bingham avait fait passer à Jackson un pistolet caché dans un magnétophone, lorsque celui-ci était à San Quentin où il attendait le jugement pour le meurtre du gardien de prison. Le , Jackson aurait utilisé ce pistolet, un Astra 9 millimètres semi-automatique. Dans sa tentative d'évasion avortée, six personnes auraient été tuées, à savoir George Jackson, trois gardiens de prison et deux prisonniers blancs. Les gardiens de prison étaient Jere Graham, Frank DeLeon et Paul Krasnes. Les témoins[réf. nécessaire] prétendirent que Graham était la première victime abattue dans le dos par Jackson, qui aurait dit : « Voyons si ce pistolet fonctionne. » DeLeon et Krasenes ont été battus, poignardés et égorgés (ils ont succombé à leurs blessures après une demi-heure d’hémorragie). Deux autres gardiens ont subi le même sort et ont abondamment saigné avant d'être sauvés par l'arrivée des autres gardiens (qui avaient finalement réussi à se frayer un chemin jusqu’à eux avec leurs armes). En plus des gardes, deux prisonniers blancs qui livraient de la nourriture au centre ont été assassinés par les « émeutiers ». Ils étaient ligotés avec des draps de lit et ont été mortellement poignardés.
Théories alternatives
[modifier | modifier le code]La presse alternative et des commentateurs de gauche[réf. nécessaire] prétendent que l'administration pénitentiaire, avec la complicité du FBI, aurait permis à Jackson de se procurer un pistolet de façon à causer un incident qui aurait permis son élimination. Ce plan aurait fait partie d'une conspiration du gouvernement pour détruire les Black Panthers et pour détruire le mouvements des droits civiques dans son ensemble.
D'autres observateurs[réf. nécessaire] indiquent que Jackson et le fondateur des Black Panthers, Huey P. Newton, étaient engagés dans une lutte pour le pouvoir au sein de l’organisation au moment de la mort de Jackson (Newton ayant tiré bénéfice de la mort de Jackson). Jackson, devenu le premier martyr des Black Panther, fut l'un des principaux rivaux que Newton avait éliminés. De plus, le trésor des Black Panthers avait été enrichi en héritant des bénéfices de la vente du livre de Jackson, « Frère de Soledad ». Certains ont prétendu que Newton était à l’origine de la manipulation. La propre sœur de Jackson, Penny Jackson, était de ceux qui pensaient que Jackson avait été éliminé par son parti. Elle fit le voyage jusqu’au quartier général du Black Panther Party à Oakland pour les dénoncer et les rendre responsables de la mort de son frère.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « George Jackson (Black Panther) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Dan Berger, « The Black Power Movement Is a Love Story », Time, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://www.getty.edu/research/collections/component/1WSTSY
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Les Frères de Soledad, Paris, Gallimard, coll. « Témoins », 1971 (ISBN 0-14-00-33157)
- Devant mes yeux, la mort..., Paris, Gallimard, coll. « Témoins » 1972
Hommages
[modifier | modifier le code]- Une clinique gratuite créée en 1971 à Berkeley (Californie), limitrophe de la municipalité d'Oakland, par le Black Panther Party, fut nommée « George Jackson free clinic » en sa mémoire, peu après sa mort.
- Il existe une chanson non publiée de Bob Dylan sur la vie et la mort de George Jackson (voir [2])
- Steel Pulse, qui a enregistré la composition de Bob Dylan George Jackson sur l'album African Holocaust, a aussi chanté sur George Jackson, Soledad brother dans la chanson Uncle George, sur l'album Tribute to the Martyrs.
- The Dicks, un groupe punk d'Austin au Texas rend hommage à Jackson dans la chanson George Jackson.
- Le saxophoniste Archie Shepp, référence du free jazz de la fin des années 1960, a enregistré Blues for Brother George Jackson, sur l'album Attica Blues de 1972.
- Stanley Williams a consacré son livre Life in Prison (1978) en partie à George Jackson.
- Dead prez, le duo de rap alternatif mentionne George Jackson dans ses chansons. [3] : « Anything can happen if you make it so, I'm like George Jackson .45 in my afro ».
- La composition Soulja Story de Tupac Shakur, sur l'album 2Pacalypse Now, est dédiée à George et Jonathan Jackson.
- Le groupe breton Storlok a composé une chanson en hommage à George Jackson, Gwerz Marv Jorj Jackson, en 1977.
Filmographie
[modifier | modifier le code]- Black panthers, documentaire d’Agnès Varda (1968)
- Punishment Park, film de Peter Watkins (1970)
- Un après-midi de chien, film de Sidney Lumet (1975)
- Les Révoltés d'Attica, téléfilm de Marvin J. Chomsky * Punishment Park, de Peter Watkins (1970) * Un après-midi de chien, de Sidney Lumet (1975) (1980)
- George Jackson les frères de Soledad, de Pierre Dumayet et Alain Mosco (1983) Couleur Durée : 55'
- Les Révoltés d'Attica, téléfilm de John Frankenheimer (1994)
- Black panthers, de Mario Van Peebles (1997)
- Black August, film de Samm Styles, avec Gary Dourdan (2007)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Mutinerie de la prison d'Attica
- COINTELPRO
- Black Panther Party
- Black Guerrilla Family
- Maoïsme
- Huey P. Newton
- Angela Davis
- Frantz Fanon
- Procès des Panther 21 (1969-1971)
Liens externes
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- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (fr) Textes en français de George Jackson
- (en) "Remembering the Real Dragon" : Une interview de George Jackson
- (en) George Jackson: un révolutionnaire noir par Walter Rodney, novembre 1971
- (fr) La révolte d'Attica
- Membre du Black Panther Party
- Personnalité des droits civiques aux États-Unis
- Naissance en septembre 1941
- Naissance à Chicago
- Décès en août 1971
- Décès dans le comté de Marin
- Décès à 29 ans
- Personnalité américaine morte en prison
- Mort abattu par la police américaine
- Prisonnier de droit commun américain
- Personnalité morte en prison aux États-Unis

