Maisnières

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Maisnières
Maisnières
Le bourg vu de la motte.
Blason de Maisnières
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Canton Gamaches
Intercommunalité Communauté de communes interrégionale Aumale - Blangy-sur-Bresle
Maire
Mandat
Bernard Thiébault
2014-2020
Code postal 80220
Code commune 80500
Démographie
Gentilé Maisnièrois, Maisnièroises
Population
municipale
516 hab. (2017 en diminution de 0,96 % par rapport à 2012)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 00′ 58″ nord, 1° 37′ 02″ est
Altitude Min. 39 m
Max. 116 m
Superficie 12,73 km2
Localisation
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Maisnières

Maisnières, appelée localement Maisnières-en-Vimeu, est une commune française située à l'ouest du département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune, traversée par la Vimeuse, un affluent de la Bresle, est située au nord-ouest de Gamaches, dans le Vimeu. Maisnières est à 6 km de Gamaches, à 11 km de Blangy-sur-Bresle, à 12 km de Moyenneville, à 14 km d'Oisemont, à 18 km d'Ault et à 20 km d'Abbeville. L'accès à l'A28 est à 8 km en direction d'Abbeville et à 12 km en direction de Rouen.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Aigneville Tours-en-Vimeu Rose des vents
Buigny-lès-Gamaches N
O    Maisnières    E
S
Tilloy-Floriville Frettemeule

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Transports routiers[modifier | modifier le code]

La localité est desservie par la ligne d'autocars no 3 (Gamaches - Woincourt - Abbeville) du réseau Trans'80, Hauts-de-France, chaque jour de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés[1].

Quartiers, hameaux, lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

La commune est composée de sept zones habitées. Deux de ces annexes sont dans la plaine : Courtieux et la ferme Touvent ; les autres sont à cheval sur la Vimeuse : Visse, Monchelet, Haudrechy, Harcelaines et Maisnières.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme de Maisnières (Mesnières, Maineria, Mainera, Manerioe, Magnera) vient peut-être[2] de Maisnie ou Maisnil (manoir : noble demeure), ou de Mansio, à cause de quelque hôtellerie établie sur la chaussée romaine Brunehault et ayant été à l'origine du village.

  • Courtieux (Courthieux, Courtils, Courtillets) paraît avoir pris son nom du mot « courtil » qui signifie, selon certains, jardin ou herbage, et selon d'autres une maison faite de torchis (Cort : habitation et til : torchis).
  • Visse (Vy, Vis, Vitz). Le nom de ce hameau paraît venir de « vicus » ou de « via » (la chaussée romaine Brunehault passe à proximité). Cette chaussée Brunehault partait de Beauchamps et se dirigeait vers Martainneville et Buleux, en passant près de Monchelet, Visse pour ensuite traverser Maisnières. Des monnaies romaines et des poteries, dont des vases de Samos, furent trouvées dès le XIXe siècle dans le village. Certains chercheurs considéraient Maisnières comme un village gallo-romain (dont M. Boucher de Perthes, président de la Société d'Emulation d'Abbeville).
  • Monchelet et son écart Haudrechy (Andrechies) se composent de quelques habitations et d'un moulin à eau. Le nom de Monchelet semble venir de « Moncella », ou peut-être Montis-Cella.
  • Harcelaines (Herselaines en 1253, Hercheleine) ne dépendait autrefois ni de la seigneurie, ni de la paroisse de Maisnières. C'est la nouvelle formation des communes qui l'a accolé comme annexe de Maisnières. Les registres d'état-civil deviennent communs à compter de janvier 1793.

Histoire[modifier | modifier le code]

Maisnières fut liée en partie par son histoire à celle de Gamaches, toute proche, et autrefois au nombre des grands bourgs de la province de Picardie. Gamaches a reçu des visiteurs célèbres : le roi François Ier (en ) et le roi de Navarre devenu Henri IV (en septembre et ).

En 879, les Normands saccagèrent le Vimeu, mais furent défaits en 881 par Louis III dans une sanglante bataille, à Saucourt, presque aux portes de Maisnières (juste au nord, au-delà de Fressenneville).

Toute la vallée de la Vimeuse fut alors fortifiée avec un important réseau de forteresses, et le siège de la prévôté du Vimeu fut établi à Oisemont.

L'abbaye de Corbie détenait la cure de Maisnières depuis 1142.

Avant 1218 mourut Guy de Maisnières, premier du nom, et frère puîné de Jean, comte du Ponthieu. Guy de Maisnières, chevalier, sire de Noyelles-sur-Mer et de Maisnières, fut sénéchal du Ponthieu.

En 1340, au tout début de la guerre de Cent Ans, les Anglais débarquèrent au Tréport avec 80 bateaux, longèrent la Bresle, arrivèrent à Gamaches, remontèrent la Vimeuse, pillant et brûlant tout sur leur passage, dont Maisnières, avant d'aller attaquer Abbeville.

En 1346, Édouard III, venant d'Airaines, quitta Oisemont pour se diriger vers Vismes (village voisin de Maisnières, au-delà de Frettemeule) et le Vimeu avant Crécy. La défaite française fut considérable, avec ses milliers de morts dont la majeure partie de la noblesse picarde.

La maison de Maisnières, qui s'éteignit au XVe siècle, fut incontestablement l'une des premières et des plus illustres du Ponthieu, puisqu'elle était issue directement des comtes de Ponthieu (eux-mêmes de famille royale). En 1459, le château et la seigneurie de Maisnières furent vendus[3] à l'abbaye de Corbie moyennant 220 écus d'or. Dès lors, les abbés et le couvent de Saint-Pierre de Corbie, devenus maîtres de Maisnières, perçurent les deux tiers des « menues et mixtes dîmes », et exercèrent également la justice.

Maisnières, comme bien d'autres localités de la région, fut souvent ravagée par les guerres et la peste.

En contrepoids à la misère, un abbé de Corbie, le cardinal de Luynes, fit un geste de charité envers les habitants de Maisnières. Le , par acte passé devant les conseillers du roi, il fit donation d'une somme de 125 000 livres, par remise au trésor royal, pour constituer, au profit des pauvres de la paroisse de Saint-Crépin et Saint-Crépinien de Maisnières, une rente devant être distribuée annuellement par le prieur de Maisnières et hameaux en dépendant.

Au XVIIe siècle, Maisnières cultivait le houblon. Il en est resté des appellations de parcelles appelées « houbronnières » proches du chemin Marais Bonhomme.

La châtellenie de Maisnières avait son office de notaire, dont le seul titulaire connu résidant à Visse, était Lottin (1767 à 1771).

Entre 1790 et 1794, Maisnières absorbe les communes de Courtieux, d'Harcelaines et de Monchelet.

Croix de mission érigée à l'entrée par la route de Tours-en-Vimeu.

En 1832 et 1849, les épidémies de choléra touchèrent la région. Maisnières comptabilisa 14 décès en 1848, 27 en 1849 et 15 en 1850).

Lors des deux guerres mondiales, Maisnières a partagé le sort de multiples autres localités en perdant nombre de ses ressortissants.

Mainières est desservi par une gare avec la construction de la voie ferrée « Frévent-Gamaches ». L'avis d'expropriation de terrains a été signé par le préfet de la Somme le et approuvé signé par le maire de la commune, Charles-Antoine Gignon, le . Le tableau des offres faites par la Compagnie du Nord a été affiché dans Maisnières, pendant une huitaine, en , la contenance des emprises était de 6 hectares 49 ares et 32 centiares sur la commune. Cette ligne, à voie unique, a été ouverte le . La gare de Maisnières était le point PK34,7.

La construction de la nouvelle école est commencée en 1877 et terminée en 1878. Il n'y avait alors qu'une classe, en rez-de-chaussée. La surélévation pour une classe supplémentaire sera effectuée en 1954.

Pendant la Première Guerre mondiale, des militaires alliés australiens séjournèrent dans le village, plus précisément au château et à l'école du bourg.

Le monument aux morts est inauguré le dimanche avec la participation de la fanfare de Gamaches, sous la présidence d'honneur de monsieur Des Lyons député de la Somme.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les occupants réquisitionnèrent des chambres chez l'habitant, l'ancien presbytère, ainsi que le château de Maisnières qui servit de Kommandantur. Dans la nuit du , un V1 est tombé sur des maisons d'habitation situées entre l'église et la petite place proche de l'ancien presbytère. Selon le rapport de gendarmerie, il tua trois jeunes enfants de quatre à sept ans, d'une même famille, blessa douze personnes, et causa des dommages importants aux maisons et à l'église. Ce V1 venait vraisemblablement de Longuemort (hameau situé à quatre ou cinq kilomètres à vol d'oiseau, à l'est), l'un des 45 sites de lancement répertoriés dans la Somme.

Maisnières a été libérée le avec l'arrivée d'une division blindée de Canadiens en provenance de Gamaches et se dirigeant vers Abbeville, leur objectif immédiat. Ces mêmes Canadiens vont ensuite participer, avec la 1re division blindée polonaise, à cette libération.

Le , alors que la Seconde Guerre mondiale n'est pas encore terminée, un bombardier américain, à court de carburant, se pose en catastrophe près de la ferme de Toutvent[4]. Il ne redécollera pas.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tombe de François Debeauvais, premier maire.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1791 Vendémiaire an VIII François Debauvais   Agent municipal 1er maire
An VIII An XII Toussaint Lecul    
An XII 1809 François Debauvais    
1809 1815 Nicolas Humel    
1815 1815 Charlemagne Briet pendant les Cent jours  
1815 1816 Nicolas Humel    
1816 1831 Charles Marc Fagot    
1831 1832 Charles Joseph Pruvot    
1832 1835 Nicolas Victor Crusel    
1835 1836 De Croutel de Lignemare    
1836 1840 Pierre Malapert    
1840 1847 Benjamin Sueur    
1847 1878 Charles-Antoine Gignon    
1878 1888 Florimond Debeauvais    
1888 1896 Albert de Cornette    
1896 1904 Emile Gauthier    
1904 1911 Pierre André Floury    
1911 mars 1925 Emile Boutté    
mars 1925 1945 André Floury    
1945 mars 1968 Albin Bachellier    
mars 1968 mars 1971 André Malapert    
mars 1971 mars 1989 Pierre Davergne    
mars 1989 En cours
(au 6 mai 2014)
Bernard Thiébault   Réélu pour le mandat 2014-2020[5]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Maisnières a connu son pic démographique dans les années 1840-1860 avant de voir la population décroitre.

En 1836, la répartition de la population était de 331 habitants à Maisnières, 99 à Courtieux, 63 à Visse, 62 à Monchelet, 26 à Handrechy, 171 à Harcelaine et 9 à la ferme de Touvent. Tout ceci réparti en 218 ménages, et 209 maisons. Il y avait ainsi 96 maisons à Maisnières, 25 à Courtieux, 15 à Visse, 12 à Monchelet, sept à Handrechy, 53 à Harcelaine et un à Touvent.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[7].

En 2017, la commune comptait 516 habitants[Note 1], en diminution de 0,96 % par rapport à 2012 (Somme : +0,23 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
602617729459708722787784775
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
761766730713679669665612619
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
540575564560565539560558566
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
569536528562545505507517513
2017 - - - - - - - -
516--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école locale à deux classes fait partie du regroupement pédagogique intercommunal de la Vimeuse comprenant également les écoles de Vismes, Tilloy-Floriville et Frettemeule[10].

Les écoliers poursuivent leur scolarité au collège de Gamaches.

Économie[modifier | modifier le code]

Du XIXe siècle aux années 1970[modifier | modifier le code]

Le village vivait essentiellement de l'agriculture, de la serrurerie et du textile.

Jusque dans les années 1950-1960, la principale activité resta l'agriculture.

Le Vimeu a été le berceau de la serrurerie (art apporté par les Espagnols). Ce métier d'appoint, principalement activité d'hiver, a vu les serruriers se spécialiser selon les villages. En 1836, lors du premier recensement, il y avait encore quinze serruriers déclarés, soit un peu plus de 10 % des hommes mariés (141 hommes mariés).

Les métiers liés au textile occupaient beaucoup de femmes de Maisnières, comme dans beaucoup d'autres villages : elles étaient fileuses. Comme pour les serruriers, c'était également un métier d'appoint fait à domicile. Également en 1836, date du premier recensement, le village comptait 126 fileuses (femmes mariées ou jeunes filles). À comparer au chiffre de 146 femmes mariées auquel il fallait ajouter des jeunes filles (204 filles de tous âges). Étaient également recensés 26 tisserands (hommes ou femmes).

Lors de ce recensement de 1836, en parallèle des agriculteurs et des ouvriers qui gravitaient autour de cette activité, on trouvait également des activités indépendantes d'artisans, indispensables en cette période pauvre où on s'approvisionnait essentiellement au sein du village, et où l'on faisait réparer sur place afin de donner une durée de vie la plus longue possible aux articles de première nécessité. Ce village d'environ 700 habitants comptait huit cordonniers.

Le chemin de fer a participé à alimenter l'activité économique du village. À partir de 1869, une compagnie exploita, dans le Vimeu, « Frévent - Longroy - Gamaches », puis « Abbeville - Le Tréport-Mers ». Maisnières, ayant possédé une gare ouverte au trafic voyageurs du 9 mai 1872 jusqu'au 7 novembre 1938, vit le service rétabli par l'occupant, pendant la Deuxième Guerre mondiale, de 1940 à 1944. En 1936, l'indicateur Chaix notait quatre dessertes dans le sens Le Tréport-Mers - Longpré-Corps-Saints et trois dessertes dans l'autre sens. Le trafic marchandises concernait surtout les betteraves, les céréales, les engrais, la houille, l'épicerie et certains animaux. Pendant la saison des betteraves, Maisnières a connu jusqu'à 16 trains de marchandises par jour. La section Longroy - Gamaches - Cerisy-Buleux a été totalement déferrée entre 1972 et 1975.

Il y avait également une fabrique de caisses, différents artisans et petits commerçants.

Monchelet, hameau de Maisnières, a connu, de par sa laiterie-fromagerie, une activité économique intense entre les années 1900 à 1977[11]. L. Piquereau, venu des Charentes, est à l'origine de la création de cette usine. Il la cède en 1911 à Dominique Lizée qui la fait prospérer. Elle est reprise en 1919 par une société familiale de Fère-Champenoise, Guérault-Godard, déjà propriétaire de plusieurs laiteries-fromageries importantes. Cette usine continue de prendre de l'essor sous le nom de Société anonyme des fermiers réunis (SAFR). Elle compte plus de 110 salariés avant de réduire son activité en 1973 pour fermer en 1977. Sa production comportait principalement les fameux camemberts L'Oiseau bleu, connus bien au-delà de la Picardie, et dont une partie était exportée hors de France.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Moulin de Visse[modifier | modifier le code]

Colombier du moulin de Visse.

Le moulin de Visse, alimenté par la Vimeuse, est l'un des derniers survivants des quatorze moulins répertoriés sur ce cours d'eau.

La Vimeuse se divise en deux bras pour former une île sur laquelle était construit un moulin appartenant à l'abbaye de Corbie qui étendait son pouvoir et son influence jusqu'au Vimeu. À la Révolution, l'État fit de ce moulin appartenant au clergé un bien national pour le vendre. L'acquéreur de l'époque en fit l'acquisition à la fin de 1790 et, en 1837, le meunier reçut l'autorisation d'implanter en amont un nouveau moulin plus performant, le moulin actuel. L'agrément administratif ne lui sera attribué qu'en 1854.

Sa roue, restaurée en 1992, est visible derrière le bâtiment aux murs couverts de clins, lattes horizontales de bois protégeant le mur de la pluie, depuis un petit pont rudimentaire de poutres traversant la rivière qui coule dans une nature encore préservée, parmi la végétation.

Maisnières, avec ses hameaux, a connu l'existence de nombreux moulins dans son passé. La plupart étaient des moulins à eau édifiés sur la Vimeuse. On relève toutefois un moulin à vent, sur le mont de Visse, élevé par un abbé de Corbie pour la commodité de ses vassaux.

Sur un plan dressé en avril 1854, par un ingénieur des Ponts et Chaussées, il apparait encore trois moulins en activité sur les hameaux qui bordent la Vimeuse :

  • moulin de Visse propriété du sieur Sueur (Benjamin) ;
  • moulin de Monchelet au sieur de Boffle ;
  • moulin d'Harcelaines, à l'arrière du château, également au sieur de Boffle.

Ancien château médiéval de la famille De Maisnières[modifier | modifier le code]

L'église se dresse à l'ouest en contrebas de la motte castrale.

Maisnières avait son château à côté de l'église, à droite en allant vers Tours-en-Vimeu.

Il n'en reste qu'une motte longue de 35 mètres et large de 25 mètres, au sommet plat actuellement non boisé, située dans une prairie et dominant le voisinage, côtés sud et ouest.

Ce château semble avoir été détruit, au moins partiellement, vers 1380-1400.

Les seigneurs de Maisnières[modifier | modifier le code]

Les sires de Maisnières portaient, comme leurs aînés les comtes de Ponthieu, d'or à trois bandes d'azur.

Les seigneurs de Maisnières se succédèrent comme suit :

* Guy de Ponthieu, chevalier sénéchal de Ponthieu, né vers 1145, seigneur de Noyelles-sur-mer et de Maisnières, décédé vers 1218.
* Jean (Jehan), fils de Guy, chevalier, seigneur et châtelain dudit lieu. Naissance vers 1167. Apparaît dans un assez grand nombre de chartes. En octobre 1225, il règle avec l'abbaye de Corbie leurs droits respectifs à Maisnières. Jean vivait encore en 1248.
* Henry, chevalier, fils de Jehan, seigneur dudit lieu et de Neslette.
* Guillaume (Willaume) fils aîné d'Henry. Il aida à l'abolition de la commune. Il a été inhumé en l'église de Valoires en 1249. Il a eu deux enfants : Jean et Aléaume, écuyer
* Jean (Jehan), fils de Guillaume, chevalier, seigneur dudit lieu et de Neslette. Il fait un accommodement avec l'abbé de Corbie sur plusieurs contestations entre eux relatives à Maisnières, en mai 1283. Il a eu au moins quatre enfants dont :
* Aléaume, fils de Jean, écuyer, seigneur dudit lieu. Il est cité avec ses frères dans une pièce du 7 mars 1339.
* Jean (Jehan), fils d'Aléaume, écuyer, seigneur dudit lieu. Il avait épousé Isabelle de Belleval.
* Robert, frère de Jean (surnommé Froissard), écuyer. Est partie, avec son frère Jean, dans un procès contre les religieux de Corbie pour quelques faits survenus à Maisnières, en avril 1344.
* Guillaume, fils de Robert, écuyer, vivant en 1380.
* Raoul, fils de Guillaume, écuyer, seigneur dudit lieu en 1415, mort le 9 août 1452.
* Edmond de Maisnières, fils de Guillaume, écuyer, seigneur dudit lieu et de Rogeant. Il vend terres et seigneurie le 5 avril 1459 à l'abbaye de Corbie. Il mourut peu de temps après, à Rogeant (hameau de Tœufles), sans laisser d'enfants.

La maison de Maisnières, éteinte au XVe siècle, fut incontestablement l'une des premières et des plus illustres du Ponthieu, puisqu'elle était issue directement des comtes de Ponthieu qui étaient eux-mêmes de souche royale. Jamais origine ne fut plus authentiquement prouvée, et une charte de Guillaume, comte de Ponthieu, du mois de novembre 1218, établit d'une manière irréfutable que Guy de Maisnières, premier du nom, était le frère puîné de son propre père, Jean, comte de Ponthieu[12].

Château de Maisnières et son jardin d'agrément[modifier | modifier le code]

Château d'Harcelaines et son jardin d'agrément[modifier | modifier le code]

Vue arrière du château.

Dans une propriété mi-XVIe mi- XIXe siècle, autour d'un petit château en brique et pierre adossé à une chapelle du XVIe siècle, se trouve un jardin classique sur trois hectares. On y découvre un passage d'eau avec jardin aquatique et jardin anglais, ainsi qu'une collection de fougères, narcisses et meconopsis.

Église[modifier | modifier le code]

Dégâts causés à l'église après la chute d'un V1 le .

L'église de Maisnières, dédiée à saint Crépin et à son frère saint Crépinien, s'élève au pied de la motte du château médiéval. Une nef précédée d'un porche, un cœur à chevet plat, une chapelle ouverte au sud sur le chœur, un clocher en charpente à l'entrée du chœur et dans l'axe de l'édifice, tels sont les éléments qui composent le plan de l'église.

La nef que flanquent des contreforts larges et peu saillants en grès, en constitue la partie la plus ancienne. Elle ne fut jamais voûtée et remonte à 1100 environ.

Une porte en tiers point et à double voussure de grès s'ouvre dans la façade occidentale de la nef. Une frise décorée de palmettes d'acanthe méplates court entre deux boudins à hauteur des impostes. L'achivolte intérieure, ainsi que les piédroits qu'elle surmonte, est arrondie. L'archivolte extérieure porte sur son arête un cavet. Cette porte appartient au commencement du XIIe siècle. De la même époque datent deux des contreforts à glacis qui épaulent le chevet plat de l'église.

Au XIVe siècle, fut construite la chapelle dont la base est en silex et la partie supérieure en moellons blancs, ainsi que le mur en silex élevé entre les deux contreforts du chevet, dans le but de ménager un réduit derrière le chœur. Une fenêtre divisée par un meneau central, et dont un oculus ajoure le tympan, occupe le pignon de la chapelle.

Un siècle plus tard, on remania le chœur qu'on se proposait de voûter, comme l'attestent les culots feuillagés logés dans les quatre angles. Dans la pensée de l'architecte, le chœur aurait servi sans doute de souche à la tour du clocher.

Au XVe siècle également, appartient le porche voûté, dont la porte en tiers point est d'une archivolte aux retours horizontaux.

Le clocher, avec sa flèche en ardoises, serait élevé sur une ancienne tour.

Les fonts baptismaux affectent la forme d'une courte colonne couronnée par un chapiteau. Des feuilles d'érables détachés les unes des autres ornent la corbeille du chapiteau qui surmonte un gros dé de pierre octogone, dépourvu de toute moulure. Ces fonts baptismaux appartiennent au XIVe siècle.

La chaire du XVIIe siècle provient, d'après la tradition, de l'abbaye du Lieu-Dieu.

Le , la deuxième cloche de Maisnières fut baptisée et nommée Marie-Françoise-Angélique, par Antoine Godard, receveur de la châtellenie de Marie-Françoise-Angélique Lottin.

Le , une partie de la toiture et du clocher fut soufflée, lors de la chute d'un V1 qui tua trois enfants d'une même famille.

Liste des curés[modifier | modifier le code]
Période Identité Note
1620 Fouache Jacques
1647 - 1651 Ringuet Charles
1690 Ozenne Marc Ancien curé de Harcelaine
1697 - 1708 Capperon Charles
1710 Frère Joseph Dunet Religieux cordelier
20/09/1714 - 29/08/1717 Moittier Antoine Sous-prieur de Dompierre sur l'Authie, nommé sur la présentation du cardinal de Polignac
1718 - 12/09/1730 Pohier Jean-Philippe
1730 - 1745 Herbet François
1745 - 1791 Guisel
1802 Delecluze
1818 Davergne
1830 Poiret
1831 Cumont

Joseph Vasseur sera le dernier curé de Maisnières, de 1897 à 1920. Ensuite, le presbytère deviendra école, logement d'instituteurs et mairie du village.

Église d'Harcelaines[modifier | modifier le code]

L'église d'Harcelaines s'adosse pratiquement à la propriété du château.

L'église d'Harcelaines, dédiée à saint Saturnin, est caractérisée par un campenard (ou clocher-mur). Le chœur a été refait en partie postérieurement à la nef, dont les fenêtres sont ogivales et trilobées. Une crédence de même style, avec une seule piscine, existe à droite du chœur. Le portail s'ouvre en anse de panier, entre deux contreforts épais. Il est surmonté d'un « clocher-arcade » pour deux cloches : une seule y est suspendue. La porte est en chêne sculpté mais les quatre figures qui se trouvaient au centre furent détruites. Dans le chœur, se trouve la pierre sépulcrale de Jean-Baptiste L'Esperon d'Ochancourt, chevalier et seigneur d'Hercelaine, mort le à 89 ans. Dans la nef, celle d'un personnage décédé le dont le nom est devenu illisible. Selon René de Belleval, il s'agirait de Jacques de Crény, écuyer et également seigneur d'Herceleine. Le retable du XVIIIe siècle provient de l'abbaye de Séry. La date de 1524 est gravée sur la voûte[13].

Croix de Mission[modifier | modifier le code]

Cette croix est érigée, depuis mars 1862, à l'entrée du village, en venant de Tours-en-Vimeu, à l'embranchement vers Aigneville. On trouve l'historique sur le registre des délibérations de la fabrique de Maisnières : « Suite à une demande du curé de Maisnières de l'époque vers l'évêque d'Amiens, celui-ci a accordé une indulgence de 15 jours ». Son ordonnance fut inscrite dans le registre de la fabrique. Une mission a donc été ouverte le 1er dimanche de carême .

Maisnières, paroisse de 700 habitants, comptait tous les jours dans son église près de 2 000 fidèles. Les processions de Maisnières, Harcelaines, Frettemeule, Tilloy, Hélicourt réunies s'étendaient sur plus de deux kilomètres. La mission se termina le 25 mars par une plantation solennelle de croix. Elle fut appelée croix de Mission.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Ruban de la médaille de Sainte-Hélène.
  1. Dumoin Jean François, né le 5 octobre 1789, soldat au 12e de ligne, période 1807 à septembre 1815.
  2. Gauthier Crépin, né le 20 décembre 1774, soldat dans la Grosse artillerie, période 10 octobre 1792 à une date inconnue. Campagnes de France, s'est battu à Maubeuge et Dunkerque.
  3. Gruet Louis François, né le 12 octobre 1786, soldat, 1 o Légion d'honneur ?, période 4 juin 1807 à 1815. Campagnes : Espagne et France. A perdu l'œil droit, fait prisonnier à Cadix.
  4. Lion Jean François, né le 14 octobre 1789, soldat, période 2 avril 1808 au 25 juin 1815. Campagnes : Russie et Fleurus. Blessé plusieurs fois et fait prisonnier.
  5. Thiébault Ambroise, né le 4 juillet 1793, fourrier au 58e de ligne, période du 27 novembre 1813 à juillet 1815.
  6. Thiébault Charles François, frère d'Ambroise, né le 10 septembre 1787, sergent au 28e de ligne, période du 8 mai 1808 à une date inconnue. Campagnes : Espagne et Russie. A été blessé.
  • Xavier Hesse né en 1935. Footballeur professionnel en division 2 de 1954 à 1961. Respectivement joueur au Havre, à Aix-en-Provence et à Alès[16].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason-Crecy-en-Ponthieu.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : d'or aux trois bandes d'azur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le réseau Trans'80 en ligne ».
  2. M.F.I. Darsy - Description archéologique et historique du canton de Gamaches - 1858
  3. Philippe Seydoux, Gentilhommières en Picardie. Ponthieu et Vimeu, Maisnières, éd. de La Morande, 2002, p. 116 (ISBN 2-902 091-33-8)), mentionne « 220 écus d'or ».
  4. Karine Lapostolle, Le Courrier picard, édition maritime, 7 mai 2015, p.8.
  5. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 12 avril 2014, p. 16.
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  10. « Ces projets scolaires qui prennent du plomb dans l'aile », Courrier picard, édition Picardie maritime, , p. 9.
  11. Jean-Marie Ternisien, Historique de la Laiterie de Monchelet-Maisnières, 2006.
  12. On trouvera cette charte si importante dans les papiers de dom Grenier, à Paris à la Bibliothèque nationale de France, vol. 57bis, folio 48.
  13. André Guerville, Chapelles et oratoires en Pays de Somme, Abbeville, Frédéric Paillart, coll. « Richesses en Somme », 4e trimestre 2003, 302 p., p. 63 (ASIN B000WR15W8).
  14. Nobiliaire du Ponthieu.
  15. Archives départementales de la Somme, AD80. Voir également : stehelene.org/.
  16. « Xavier Hesse Stats - palmarès », sur football database.eu (consulté le 6 décembre 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nobiliaire du Ponthieu, Tome 2.
  • Société des antiquaires de Picardie. Fondation Edmond Soyez, La Picardie historique et monumentale. tome 4.arrondissement d'Amiens, Amiens, Imprimerie Yvert et Tellier, 1893-1899, 200-271 p. (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]