Ordre des chevaliers de Notre-Dame

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Ordre des chevaliers de Notre-Dame
Image illustrative de l’article Ordre des chevaliers de Notre-Dame
Emblème de l'Ordre

Nom Militia Sanctae Mariae
Devise Opportune et importune (A temps et à contre-temps)[1]
Statut Œuvre d'Église canoniquement érigée
Siège Montireau
Grand maître Maître Carlos de Aguiar Gomes
Assemblées chapitres généraux

L'ordre des Chevaliers de Notre-Dame est une association de fidèles laïcs catholique internationale fondée en 1964. D'origine française, elle est devenue internationale avant de se scinder, en , en deux ordres distincts: le premier, l' Ordre des Chevaliers de Notre-Dame, simplement proche du monde traditionaliste; et, le second, l'Ordre des Chevaliers de Notre-Dame - Observance des saints Cœurs de Jésus et de Marie (latin : Militia Sanctae Mariae, Observantia SS. Cordis Iesu et Mariae), réellement traditionaliste[pas clair][2]. Cette association n'est pas un « ordre de chevalerie » au même titre que l'ordre Souverain de Malte ou l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem et n'est pas reconnu comme tel ni par le Vatican, ni par la Légion d'Honneur.

Histoire commune aux deux ordres[modifier | modifier le code]

Avec le soutien de Dom Gabriel Gontard (abbé bénédictin de l'abbaye de Saint-Wandrille en Normandie), Gérard Lafond (plus tard Dom Marie-Gérard Lafond, OSB) fonda l'Ordre des chevaliers de Notre Dame le , reprenant la suite des "Chevaliers de Notre-Dame", troupe scoute anticommuniste créée par l'abbé collaborateur Stéphane Vautherin, dont Gérard Lafond était un disciple[3]. Il est fondé sur deux grandes institutions de l'Église : d'une part la chevalerie avec l'adoubement liturgique, sacramental conféré par un évêque depuis le IXe siècle[réf. nécessaire], et d'autre part la profession (ou vœux) des ordres militaires ou de chevalerie, qui ont vu le jour à l'époque des croisades et ont été louées par Saint Bernard. En 1947, Gérard Lafond fait paraître la première règle de l'ordre, empreinte de la spiritualité bénédictine et de la spiritualité montfortaine; les premiers adoubements sont conférés par Mgr Beaussart la même année. En 1948, Gérard Lafond entre chez les bénédictins de l'abbaye de Saint-Wandrille et est ordonné prêtre sept ans plus tard. À partir de 1955, l'abbaye de Saint-Wandrille accueille les premiers chapitres généraux de l'Ordre. En 1958, l'Ordre se dote de sa règle actuelle en vingt-et-un chapitres[4]. L'Ordre est érigé canoniquement dans la crypte de Notre-Dame de Sous-Terre de la cathédrale de Chartres par Mgr Roger Michon (puis en Allemagne, en Suisse, au Portugal et en Espagne) le avec, pour témoin officiel, François-Xavier de Bourbon-Parme, prince de Parme. Depuis, l'Ordre s'est doté d'un cérémonial qui lui est propre.

En 1966, dans le cadre des mille ans de l'abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel, le chapitre général de l'Ordre, qui se tint à Chartres, se conclut par un pèlerinage en l'abbatiale Saint-Michel où des chevaliers de Notre-Dame furent exceptionnellement adoubés par Mgr Roger Michon. En 1968, un groupe d'amis, dont certains membres étaient aussi chevaliers de Notre-Dame, acheta aux chanoines du Grand Saint-Bernard leur domaine de Riddes. Ceux-ci le revendirent, en 1970, à Mgr Lefebvre qui y fonda le séminaire d'Écône de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[5].

L'Ordre a subi la crise liée à la réforme liturgique de 1969 (messe de Paul VI) entraînant le départ de ceux qui restaient attachés exclusivement à la liturgie tridentine (messe dite de saint Pie V). En 1970, une scission traditionaliste forme la Fraternité chevaleresque et en 1989, une nouvelle scission traditionaliste forme l'Ordre des chevaliers de Notre Dame-Observance des Saints Cœurs de Jésus et Marie[6],[7].

L'Ordre est formé de laïcs vivant dans le monde et les vœux prononcés sont des vœux privés (non des vœux de religion). Il a pour fin le règne social du Christ-Roi et la défense de l'Église. Il n'a aucun caractère honorifique et agit dans un esprit de service de l'Église et de la Chrétienté. Deux exemples notables: à Paris, jusqu'en 1989, les chevaliers de Notre-Dame assuraient, le Vendredi saint, le service d'ordre du chemin de croix de Montmartre; à l'automne 1988, lors de la venue du pape Jean-Paul II à Strasbourg, deux chevaliers en grande tenue figuraient dans la haie d'honneur. Après une lignée de Français, le nouveau grand maître, élu lors du XXXIIIe chapitre général (en 2015), est un Portugais: Carlos de Aguiar Gomes.

La branche historique[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, fort de moins d'une centaine de membres[réf. nécessaire], l'Ordre organise des retraites ou des récollections spirituelles et dispose d'une commanderie principale située à Montireau. Il milite également dans des œuvres charitables, en particulier les visites aux prisonniers. Il a pour emblème la croix patoncée d'azur (à huit pointes). Il publie un bulletin.

Politiquement, l'Ordre ne prône le ralliement à aucun parti politique particulier, mais est parfois proche de certains milieux d'extrême droite[8]. Il lutte notamment pour la défense de la famille. Il est à l'origine de plusieurs organisations dont certaines s'impliquent dans le champ politique : la Fraternité catholique eurafricaine, la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci (qui vient en aide aux collaborateurs visés par l'épuration) ou encore la Fraternité de Saint-Benoît pour une Europe Chrétienne[9],[10].

Le Canard enchaîné déclare en 1989 que Paul Touvier, milicien recherché pour crime contre l'humanité, est protégé par l'Ordre des chevaliers de Notre-Dame. Avertie, la gendarmerie lance une enquête sur l'Ordre en , réussissant à arrêter Paul Touvier qui se cachait au prieuré Saint-Joseph de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à Nice. Jean-Pierre Lefevre, ancien Waffen SS de la division Charlemagne et secrétaire général de la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci, soutient alors l'épouse de Touvier pour l'éducation de ses enfants. Lors de l'assemblée générale de l'Ordre, en , l'affaire est commentée ainsi : « Nous avons subi récemment des tracasseries au sujet de l'aide apportée à une famille en détresse qui nous a valu une publicité de mauvais aloi dans une certaine presse »[11],[12],[13]. La Fraternité édite un bulletin, La Chaîne, depuis le [11].

Maîtres de l'Ordre précédents[modifier | modifier le code]

Liturgie[modifier | modifier le code]

Le rite employé est la messe de Vatican II mais, dans la mesure du possible, en latin et le prêtre officiant en direction du chœur à l'unisson avec les chevaliers.

L'œuvre hospitalière: la Fraternité Notre-Dame de la Merci[modifier | modifier le code]

Ordre des chevaliers de Notre-Dame - Observance des saints Cœurs de Jésus et de Marie
Nom Militia Sanctae Mariae, Observantia SS. Cordis Iesu et Mariae
Devise Opportune et importune (A temps et à contre-temps)
Statut Œuvre suppléante d'Église
Grand maître Saint Michel
Assemblées chapitres généraux

La Fraternité Notre-Dame de la Merci est créée en 1945 comme section hospitalière de l'Ordre par le chanoine Jean Desgranges. Destinée à venir en aide aux collaborateurs visés par l'épuration, la Fraternité cesse de fonctionner en 1958. Pierre Rimasson la réactive au lendemain de la guerre d'Algérie pour venir en aide aux membres de l'Organisation armée secrète prisonniers. François Marie Lagneau prend la tête de l'organisation en 1968 à la mort de Pierre Rimasson. La Fraternité compte alors 1 200 membres. Au cours des années 1970, perdant ses adhérents (477 en 1976), la Fraternité ouvre ses activités aux prisonniers de droit commun puis aux réfugiés d'Asie du Sud-Est et aux Maronites libanais[11].

La branche traditionaliste[modifier | modifier le code]

Maîtres de l'Ordre[modifier | modifier le code]

Liturgie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Inspirée par la Deuxième épitre (chapitre 4) de saint Paul à Timothée
  2. http://www.laportelatine.org/associations/mission/mission.php
  3. (en) Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard, French connections : networks of influence, Algora, (lire en ligne), p. 224
  4. Règle des Chevaliers de Notre-Dame
  5. Fideliter no 208 (juillet 2012).
  6. http://www.laportelatine.org/confreries/chevaliers_nd/chevaliers_nd.php
  7. Site officiel de l'Ordre des chevaliers de Notre Dame-Observance des Saints Cœurs de Jésus et Marie
  8. Un membre de l'Ordre intervient sur Radio Courtoisie
  9. Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours, L'Harmattan, Paris, 2008 (ISBN 9782296064768), p. 419
  10. http://www.militia-sanctae-mariae.org/fr/action.htm
  11. a b et c Les droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, PUF, , 526 p. (ISBN 2-7297-0416-7 et 9782729704162, OCLC 26152351), p. 372-373
  12. (en) Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard, French connections : networks of influence, Algora, (lire en ligne), p. 224-225
  13. (en) Thierry Féral, Suisse et nazisme (lire en ligne), p. 154