Institut du Bon-Pasteur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Institut du Bon-Pasteur
Image dans Infobox.
Histoire
Fondation
2006
Cadre
Type
Siège
Cinq pays dont principalement la France
Organisation
Fondateur
Dirigeant
Luis Gabriel Barrero Zabaleta (supérieur général)[1]
Site web

L'Institut du Bon-Pasteur (IBP) est une société de vie apostolique de prêtres et de séminaristes catholiques traditionalistes, érigée le par la Congrégation pour le clergé. Il a sa maison mère en la paroisse Saint-Éloi de Bordeaux et, depuis 2013, son secrétariat central à Courtalain, en Eure-et-Loir. C'est là que réside son fondateur et supérieur général émérite, Philippe Laguérie, ainsi que l'actuel supérieur général.

L'institut est reconnu par le Saint-Siège[2], mais est accusé de prôner l'intégrisme et de proximité avec des entités catholiques d'extrême-droite[3],[4],[5].

Création et but de l'Institut[modifier | modifier le code]

Ses membres fondateurs sont d'anciens prêtres et séminaristes traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), ayant pour la plupart occupé des postes importants au sein de celle-ci : Philippe Laguérie (supérieur général), Paul Aulagnier ou Guillaume de Tanoüarn.

La Commission pontificale Ecclesia Dei « approuve pour cinq ans, ad experimentum, les constitutions dudit institut telles qu’elles se trouvent dans le texte mis en annexe à ce décret. Enfin, aux membres de cet institut, elle confère le droit de célébrer la liturgie sacrée, en utilisant, et comme leur rite propre, les livres liturgiques en vigueur en 1962, à savoir le missel romain, le rituel romain et le pontifical romain pour conférer les ordres, et aussi le droit de réciter l’office divin selon le bréviaire romain édité la même année[6] ».

Ayant des statuts proches de ceux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, la principale différence statutaire entre les deux sociétés réside dans la notion de rite exclusif et de « rite propre » inscrite dans les statuts de l’Institut qui s'engage à « respecter le Magistère authentique » du Siège romain, dans « une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église » (Statuts II §2), tout en effectuant « une critique constructive » du IIe concile œcuménique du Vatican.

Lors du chapitre général de , le vote devant désigner, pour un nouveau mandat de six ans, le nouveau supérieur général aboutit à une crise électorale. Grâce à l'intervention modératrice de dom Antoine Forgeot, abbé émérite de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault et commissaire apostolique nommé par le Vatican[7], cette crise s'acheva en , confirmant l'abbé Philippe Laguérie en tant que supérieur général[8]. Le chapitre général de 2019 a abouti à la nomination du Padre Luis Barrero en tant que supérieur général; depuis août 2021, ses assistants généraux sont les abbés Yannick Vella et Matthieu Raffray (ce dernier ayant remplacé l'abbé Aulagnier décédé quelques mois plus tôt). En 2021, à la suite des dernières ordinations, l'IBP comprend donc plus de cinquante prêtres[9] et voit la création des Sœurs Servantes Réparatrices de la Sainte Famille, religieuses associées à l'apostolat de l'institut.

Fondations de l'Institut et structures associées[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Éloi[modifier | modifier le code]

Ancien siège de l’Institut depuis et jusqu'en , l’église Saint-Éloi à Bordeaux est une « paroisse personnelle »[10] confiée pour une période ad experimentum de cinq ans à l’IBP par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux[11].

L’occupation de l’église par les traditionalistes ne date cependant pas de 2007. Depuis 1993, la ville de Bordeaux en dispose avec l’accord du diocèse de Bordeaux. Elle est squattée de nombreuses années et vandalisée. La mairie y dépose les archives municipales puis l'abandonne tout à fait. Le , la municipalité d’Alain Juppé confie ce lieu à l’association « Église Saint-Éloi », menée par l’abbé Philippe Laguérie, qui s’engage à le restaurer[12] mais cette décision est contestée par le diocèse, ainsi que le Parti socialiste (PS) notamment[13]. La bataille juridique qui s’amorce dure deux ans et se conclut avec la délibération du conseil municipal de , défavorable à l’association, et qui prend acte de la décision du tribunal d'annuler la mise à disposition (en première instance en [14] et confirmé en appel en [15]). Dès lors, la convention qui liait la ville à l’association « Église Saint-Éloi » est définitivement rompue et l'association se rend coupable d'occupation illégale. Pourtant, les traditionalistes ne quitteront pas les lieux, et ne seront jamais expulsés, ce qui provoquera de violentes critiques à l'égard d'Alain Juppé[16].

Comme le supposait à l'époque l'abbé Paul Aulagnier, futur fondateur de l'IBP, cette situation ne pouvait se régler que par une conciliation entre les traditionalistes et le Saint-Siège. Tout en reconnaissant le bien-fondé du jugement du tribunal administratif, il pense que personne ne viendra déloger les occupants de Saint-Éloi et qu'une « solution canonique » est seule envisageable[17]. Ainsi, lorsque l'Institut du Bon-Pasteur est érigé par Benoît XVI – à la condition que ses membres reconnaissent l'autorité du pape et du concile Vatican II –, une entente est de nouveau possible entre les occupants de Saint-Éloi et le cardinal Jean-Pierre Ricard. Cette entente donne naissance à la création de la paroisse personnelle de Saint-Éloi, pour une durée expérimentale de cinq ans.

L’église Saint-Éloi est souvent la cible de vandalisme[18].

Le séminaire Saint-Vincent-de-Paul de Courtalain, en Eure-et-Loir[modifier | modifier le code]

Saint-Vincent-de-Paul est le séminaire de formation des prêtres de l'IBP, à Courtalain dans le diocèse de Chartres.

Il a été ouvert le , sous la direction de l'abbé Paul Aulagnier[19]. Le corps professoral est alors composé des abbés Henri Forestier, recteur, Yannick Vella, vice-recteur, Roch Perrel, Leszek Krolikowski et Stefano Carusi[20]. Par la suite, en , l’abbé Henri Forestier quittera son poste de recteur pour s’employer entièrement au couvent des Petites Sœurs du Bon Pasteur, à la fondation duquel il a participé le [21]. L’abbé Yannick Vella a quant à lui rejoint la paroisse bordelaise de Saint-Éloi dont il est nommé curé durant l’été 2009. Ont rejoint le corps professoral les abbés Emmanuel de Ducla et Matthieu Raffray[22]. De à l'abbé Roch Perrel est nommé recteur du séminaire[23], suivi de l’abbé Paul Aulagnier de à  ; ce dernier reprenant la direction des retraites spirituelles de l'institut basées sur les exercices ignaciens.

Depuis les fonctions de recteur du séminaire Saint-Vincent-de-Paul de Courtalain sont assurées par l'abbé Vincent Baumann[24], ex-vicaire au centre Saint-Paul[25] à Paris auprès de l'abbé Guillaume de Tanoüarn.

Cours Saint-Projet[modifier | modifier le code]

Fondée en 2005 à Bordeaux, rue d’Ornano, par l’association Saint-Projet, cette école privée hors contrat a ouvert ses portes le . L'association Saint-Projet, sous la présidence de l'avocat bordelais Thomas Rivière, est constituée de paroissiens de l’église Saint-Éloi[26].

L'école Saint-Projet est constituée de deux entités : une école maternelle et un primaire, mixtes l'une et l'autre. Il compte aujourd’hui une centaine d'élèves.[réf. nécessaire]

Le cours Saint-Projet délivre un enseignement catholique traditionaliste, se revendiquant d’éducateurs chrétiens tels que saint Jean-Baptiste de la Salle ou saint Jean Bosco.[réf. nécessaire] En sus des institutrices et des professeurs employés par l'association Saint-Projet, l'école est placée sous la direction spirituelle d'un abbé de l’Institut du Bon-Pasteur. À la création du cours, il s'agissait de l'abbé Henri Forestier, remplacé pour la rentrée 2009-2010 par l'abbé Jean-Pierre Gaillard.

Fermeture administrative du collège[modifier | modifier le code]

Le , une émission de France 2, Les Infiltrés, a tourné en caméra cachée des séquences dans le collège[27], montrant que les contenus enseignés sont tronqués et que les élèves de l’école sont manipulés. Le documentaire filme des professeurs, puis des élèves, tenant des propos antisémites. Après un procès intenté par l'école, le , le tribunal correctionnel de Paris a reconnu la « bonne foi » des journalistes et les a relaxés[28]. Le rectorat a, quant à lui, organisé deux contrôles de l'établissement, ayant abouti à la fermeture du collège et au maintien de l'école maternelle et primaire[29].

Couvent Saint-Paul[modifier | modifier le code]

Statue de saint Paul sur la façade de la chapelle du couvent Saint-Paul.

En 2019, l'abbé Aulagnier achète pour 80 000 euros l'ancien couvent Saint-Paul de Thiviers, en Dordogne, pour en faire un centre de formation et de retraites, notamment pour pré-séminaristes et séminaristes[30], et simples retraitants.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Nos prêtres », sur www.institutdubonpasteur.org
  2. « Séminaire Saint-Vincent-de-Paul – – Institut du Bon Pasteur – », sur www.seminairesaintvincent.fr (consulté le )
  3. Joséphine Bataille, « La face sombre des traditionalistes », La Vie.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « "Infiltrés" à Bordeaux : les clés pour comprendre le procès perdu par les traditionalistes », sur SudOuest.fr (consulté le )
  5. « « Les Infiltrés » : l’institut du Bon-Pasteur débouté en appel », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  6. Commission pontificale « Ecclesia Dei » décret no118/2006
  7. Clémence Houdaille, « Un commissaire pontifical nommé pour l’Institut du Bon Pasteur », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  8. « L'abbé Laguérie reconduit à la tête de l'Institut du Bon-Pasteur », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  9. Site officiel de l'IBP (section Historique)
  10. Canon 518 : « En règle générale, la paroisse sera territoriale, c’est-à-dire qu’elle comprendra tous les fidèles du territoire donné ; mais là où c’est utile, seront constituées des paroisses personnelles, déterminées par le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif. »
  11. « http://catholique-bordeaux.cef.fr/users/site/web/index.php?page=Root&portlet=Document&x=10&y=15&document_id=708 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)Décret d’érection de la paroisse personnelle de Saint-Éloi
  12. « Convention de mise à disposition entre la ville de Bordeaux et l'association Saint-Eloi »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  13. « Saint Eloi-Saint Projet : ce que les Bordelais doivent savoir | Michèle Delaunay », sur www.michele-delaunay.net (consulté le )
  14. « Décision du tribunal administratif - 2002 », sur docs.google.com, rue89
  15. « Décision de la cour administrative d'appel - 2004 », sur docs.google.com, rue89 (consulté le )
  16. « Saint-Eloi met Juppé sous tension », sur SudOuest.fr (consulté le )
  17. « « Eglise Saint-Eloi » à Bordeaux », sur la.revue.item.free.fr (consulté le )
  18. « Bordeaux : L'église Saint-Eloi prise de nouveau pour cible | Infos Bordeaux », sur www.infos-bordeaux.fr (consulté le )
  19. « Historique de l'Institut du Bon Pasteur »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  20. Première publication du Bon Pasteur de Courtalain
  21. « Site de Institute of the Good Shepherd »
  22. « Site du séminaire Saint-Vincent-de-Paul » [archive], sur seminairesaintvincent.fr (consulté le )
  23. « Lettre aux amis et bienfaiteurs du Séminaire Saint-Vincent-de-Paul de Courtalain » (consulté le )
  24. « Brève: Changement de Recteur au Séminaire Saint-Vincent de Paul (IBP) - Riposte-catholique », Riposte-catholique,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. « Chapitre général du 31 août 2013 | Institut du Bon Pasteur », sur www.institutdubonpasteur.org (consulté le )
  26. « https://www.20minutes.fr/article/59974/Bordeaux-Les-paroissiens-de-Saint-Eloi-veulent-leur-ecole.php »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)Article en ligne du quotidien 20 Minutes
  27. « Documentaire France 2 – Les infiltrés. À l'extrême droite du père », sur www.dailymotion.com
  28. « "Infiltrés" à Bordeaux : les clés pour comprendre le procès perdu par les traditionalistes », sur SudOuest.fr (consulté le )
  29. « Le collège catholique des «Infiltrés» va devoir fermer », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  30. Des catholiques traditionalistes restaurent le couvent Saint-Paul