ExxonMobil

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ExxonMobil
logo de ExxonMobil

Création 1999 (fusion)
Dates clés 1870 : création de la Standard Oil (S.O.)
1911 : dissolution par la Cour suprême en 34 sociétés, notamment Standard Oil Co. of New Jersey, SONJ (future Exxon), et Standard Oil Co. of New York, Socony (future Mobil)
1966 : Socony devient Mobil Oil Corporation
1972 : SONJ (marque Esso) devient Exxon Corporation
1999 : fusion de Exxon et Mobil pour créer ExxonMobil
Fondateurs aucun
Personnages clés John Davison Rockefeller, fondateur de la Standard Oil
Rex Tillerson, président-directeur général de 2006 à 2016
Forme juridique Appel public à l'épargne (NYSE : XOM)
Action New York Stock Exchange (XOM)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Irving, Texas
Drapeau des États-Unis États-Unis
Direction Darren Woods
Actionnaires Voir texte
Activité Raffinage et distribution d'hydrocarbures (81,7 % du CA)

Pétrochimie (9,3 %)
Exploration et production d'hydrocarbures (9 %)[1]

Produits PétroleVoir et modifier les données sur Wikidata
Filiales Esso (82,89 %)
Effectif 75 000
Site web www.exxonmobil.com

Capitalisation 236,61 milliards de $ (2013)[2]
Fonds propres 346,8 milliards de $[réf. nécessaire]
Dette Decrease Positive.svg 427,909 millions de $ (2011)[3]
- 12,21%
Chiffre d’affaires en diminution 438,26 milliards de $ (2013)[4]
- 8,83%
Résultat net en diminution 32,58 milliards de $ (2013)[4]
- 27,41%

ExxonMobil Corporation (NYSE : XOM) est une société pétrolière et gazière américaine, dirigée par Darren Woods et dont le siège social est situé à Irving, dans la banlieue de Dallas.

Avec un chiffre d'affaires de 257 milliards de dollars en 2015, pour un bénéfice de 16,2 milliards, elle est l'une des dix entreprises du monde ayant les plus importants bénéfices (6e rang).

ExxonMobil Corporation est la deuxième capitalisation boursière du monde au , (416 milliards de dollars) derrière Apple (469 milliards de dollars)[5]. ExxonMobil était déjà en 1975, derrière IBM, une des premières valorisations boursières du monde[6].

Elle représente environ 2 % de la capitalisation du NYSE. Elle est en concurrence avec Shell dont les fonds propres et le chiffre d'affaires sont plus importants. ExxonMobil n'en reste pas moins l'une des plus grosses « supermajors » pétrolières dont les champs pétroliers et gaziers abritent l'équivalent de près de 22,4 milliards de barils[a],[7], ce qui constitue les réserves prouvées les plus importantes pour une entreprise privée. Elle est la première compagnie privée en matière de réserves mais bon nombre de compagnies publiques ont des réserves plus importantes comme en Arabie saoudite, en Iran, en Irak, au Koweït, au Nigeria et au Venezuela.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une station-service Socony-Vacuum à la marque Mobiloil (peinte sur le mur à droite), avec le Pégase (suspendu à un mât), à Tel-Aviv en 1939.

Avant la fusion de Exxon et Mobil de 1999[modifier | modifier le code]

  • John D. Rockefeller crée la Standard Oil en 1870, qui contrôle la moitié de la distribution du pétrole mondial en 1900 et 85 % du volume intérieur des États-Unis en 1904. Profitant de ce monopole sur la distribution, il fait pression sur les producteurs pour faire baisser le prix de vente.
  • En 1911, l'État fédéral américain condamne la Standard Oil à la dissolution pour violation des lois antitrust : la société est scindée en 34 sociétés distinctes, parmi lesquelles Standard Oil Co. of New Jersey (SONJ, la future Exxon) et Standard Oil Co. of New York (Socony, la future Mobil).
  • En 1920, Socony crée la marque « Mobiloil ».
  • En 1928, SONJ signe l'accord d'Achnacarry.
  • En 1931, Socony et Vacuum Oil (en) fusionnent pour former Socony-Vacuum[8].
  • À partir de 1911, SONJ dispose des droits d’utilisation de la marque « Standard Oil » dans six États de l'Est des États-Unis[b]. Pour ces États, elle décide de vendre ses produits sous la marque « Esso », acronyme de « Eastern States Standard Oil » (en français : « Standard Oil des États de l'Est »). SONJ utilise aussi la marque Esso dans l'État de New York et dans les six États de la Nouvelle-Angleterre car la Socony-Vacuum[c] ne s'y oppose pas. Néanmoins, dans les autres États des États-Unis, les autres compagnies issues de la scission de Standard Oil de 1911[d] s'y opposent et obtiennent en 1937 un arrêt de la Cour suprême[9] en leur faveur. En 1941, SONJ acquiert en complément les droits d'utilisation de la marque « Esso » dans cinq autres États[e]. Dans la plupart des autres États, SONJ utilise la marque « Enco (en) » (pour « Energy Company »), et « Humble » dans les autres.
  • En 1933, SONJ (aussi appelée New Jersey Standard) et Socony-Vacuum s'associent dans une société à parts égales pour leurs activités en Extrême-Orient ; cette association qui s'appelle « Stanvac » devient ensuite présente dans environ 50 pays du Monde, dont la Nouvelle-Zélande, la Chine, des pays de l'Afrique de l'Est, avant d’être dissoute en 1962.
  • Avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, SONJ finance une partie de l'armement de Hitler puis l'armement des forces britanniques et américaines.
  • Les deux sociétés, SONJ et Socony, font partie dudit « cartel des sept sœurs» jusqu'en 1959.
  • En 1955, Socony-Vacuum est renommée Socony Mobil Oil Company.
  • En 1963, Socony Mobil Oil Company transforme sa marque « Mobiloil » en « Mobil », avec un nouveau logotype.
  • En 1966, Socony Mobil Oil Company devient la « Mobil Oil Company ».
  • En 1972, SONJ adopte la marque « Exxon » pour l’ensemble de ses points de vente « Enco » et « Esso » aux États-Unis. Simultanément, le nom SONJ (Standard Oil of New Jersey) est remplacé par Exxon Corporation et la société Humble Oil devient Exxon Company, USA[10]. La marque « Esso » reste en place dans les autres pays du monde.
  • Le , Exxon Corporation et Mobil Oil Company, respectivement numéros 2 et 4 mondiaux à l'époque derrière BP[f], décident de fusionner leurs activités pour former la nouvelle société « ExxonMobil Corporation ».

Après la fusion de 1999[modifier | modifier le code]

La marque de commercialisation « Esso » est utilisée dans la plupart des pays de la planète (dont la France et le Canada). Aux États-Unis, les marques Exxon et Mobil coexistent.

Pendant l'année 2008, la société a enregistré un bénéfice record de 45,2 milliards USD, établissant ainsi un nouveau record historique et battant le précédent qu'elle détenait[11].

Le groupe est associé, avec Total et quatre autres groupes pétroliers, au projet Kashagan, qui a subi plusieurs retards et est très critiqué par certaines ONG environnementales, dont les Amis de la terre (en raison de son caractère très polluant et générateur de risque et de gaz à effet de serre[12]).

En , Exxon vend ses opérations à Hong Kong notamment de productions d'électricités pour 3,4 milliards de dollars[13].

En août 2014, Esso SAF, filiale française du groupe, vend 322 stations de services à la marque Esso situés en France pour 106 millions d'euros, après la vente de 78 en 2012[14]. L'acheteur obtient l'autorisation de continuer à utiliser la marque Esso en échange d'un contrat d'approvisionnement auprès des raffineries Esso en France.

En avril 2018, ExxonMobil acquiert Federal Karyatama, entreprise indonésienne de lubrifiant pour 436 millions de dollars[15].

En mai 2018, Esso Italiana, filiale italienne du groupe annonce la vente à l'entreprise algérienne Sonatrach de sa raffinerie d'Augusta en Sicile.

Activités[modifier | modifier le code]

Raffinerie de Bâton-Rouge

Elle possède 45 raffineries dans vingt-cinq pays qui ont une capacité de distillation de 6,3 millions de barils de pétrole par jour. Elle dispose en outre de 42 000 stations-service dans plus de 100 pays sous les marques Exxon, Esso et Mobil. ExxonMobil est aussi un producteur majeur de produits pétrochimiques.

En 2006, la compagnie a consacré 80 millions de dollars (soit deux millièmes de ses profits) à des œuvres philanthropiques aux États-Unis[16].

La plus grande raffinerie d'ExxonMobil est située à Singapour[17].

Aux États-Unis, la raffinerie la plus importante détenue par le groupe est située à Baytown (Texas). Elle est suivie par les raffineries de Bâton-Rouge (Louisiane) et Beaumont (Texas).

Données financières[modifier | modifier le code]

Données Financières en millions de dollars des Etats-Unis[18]
Année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Chiffre d'affaires 204 506 237 054 291 252 358 955 377 635 404 500 425 700 301 500 383 221 486 429 452 926
Résultat d'exploitation 26 038 41 220 51 646 70 181 79 869 19 280
Résultat net 11 460 21 510 25 330 36 130 39 500 40 600 45 220 41 060 30 460 41 060
Dettes financières 10 748 9 545 8 293 7 991 6 645
Source societe.com.


Affaires[modifier | modifier le code]

Contre l'attribution du réchauffement climatique aux activités humaines[modifier | modifier le code]

Exxon a jusqu'ici réussi, en finançant un nombre important de chercheurs pour qu'ils défendent la thèse d'un réchauffement naturel du climat, à limiter les mesures restreignant les usages des énergies fossiles, ainsi que le développement des biocarburants, dans lesquels Exxon n'a pas actuellement d'intérêts. Ces actions ne visent pas à nier qu'il y ait un changement climatique, mais à contester le credo concernant son attribution aux émissions excessives de CO2 dues à la combustion d'énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon...)[19]. À ce titre, Exxon apparaît dans un groupe de pression désigné, par ses détracteurs, sous le nom de Carbon Club.

Dès 1968, le Stanford Research Institute indique au grand pétrolier Exxon et à l’American Petroleum Institute : « Si les taux de CO2 continuent d’augmenter au rythme actuel, des élévations notables de la température seront probablement observées »[20].

En 1977, la propre Division de recherche sur les produits d’Exxon confirme dans un rapport que « On pense à l’heure actuelle que l’humanité dispose de cinq à dix ans, après quoi la nécessité de prendre des décisions difficiles pour modifier les stratégies énergétiques pourrait devenir critique »[21].

En 1980, Imperial Oil (filiale canadienne d’Exxon), publie une Review of Environmental Protection Activities for 1978-1979 affirmant qu’« il n’y a aucun doute que l’intensification de l’utilisation de combustibles fossiles […] aggrave le problème potentiel de l’élévation du taux de CO2 dans l’atmosphère »[22].

En 1982, Les programmes sur les questions environnementales d'Exxon s'attendent à « des événements potentiellement catastrophiques » si l’utilisation des combustibles fossiles n’est pas réduite[23].

Malgré tous ces rapports sans ambiguïté, en 1997 Exxon s'oppose frontalement au Protocole de Kyoto, et est l'un des principaux artisans de sa non-ratification par le États-Unis : Le PDG Lee Raymond affirme alors : « Il est très peu probable que la prise de mesures, aujourd’hui ou dans 20 ans, influe significativement sur la température au milieu du siècle prochain »[21].

De 1998 à 2005, Exxon finance un important think tank de déni climatique, versant 2 millions de dollars au Competitive Enterprise Institute), qui affirme que le changement climatique créerait « un monde plus doux, plus vert et plus prospère »[24], et Exxon commence à se répandre dans les médias pour conspuer la science climatique[20] : en 2005, après l'attribution du Prix Nobel au GIEC, Exxon publie un rapport pour diffamer cette institution et nier ses conclusions[20].

En 2000, Exxon rejette encore publiquement les hypothèses scientifiques des climatologistes, publiant deux articles concluant que le changement climatique pourrait constituer un risque, mais « légitime à long terme » [25].

En 2005, le film documentaire Une vérité qui dérange souligne les liens entre Philip Cooney, alors qu'il jouait un rôle dans l'administration publique, et ExxonMobil.

Fin-2006, le quotidien britannique The Independent avance l'estimation de 19 millions de dollars dépensés par Exxon pour financer ce que certains considèrent comme une désinformation climatique depuis 1998. Le site ExxonSecrets.org de Greenpeace évoque quant à lui une somme de plus de 22 millions de dollars.

En 2007, le quotidien britannique The Guardian confirme fin janvier cette tendance de lobbying, publiant l'information[26] selon laquelle ExxonMobil, par l'intermédiaire d'un cercle de réflexion proche de l'administration Bush dont elle assure le financement, a annoncé qu'une enveloppe de 10 000 dollars avait été proposée à un ensemble de scientifiques sélectionnés afin qu'ils écrivent des articles contredisant les résultats du quatrième rapport du GIEC[27], en cours d'achèvement. Cette annonce parvient au même moment que la publication des résultats d'ExxonMobil pour l'exercice 2006, avec un bénéfice jusqu'alors inégalé de 39,5 milliards de dollars pour cette transnationale, essentiellement dû à la hausse des prix du pétrole observée de 2004 à 2006.

En 2015 (de juillet à octobre), plusieurs articles sont publiés dans InsideClimate News, The Guardian, The Nation et Los Angeles Times indiquant que ExxonMobil était au courant depuis au moins les années 80 des liens entre énergies fossiles et réchauffement climatique[28],[29]. La compagnie réagit en affirmant que ces allégations sont fausses, et que quiconque se plongeant dans le sujet peut le vérifier. Deux chercheurs (Geoffrey Supran & Naomi Oreskes) décident d'effectuer cette vérification via une méthode scientifique éprouvée et issue des sciences sociales[25].
Cette même année le procureur général de New York Eric Schneiderman annonce l’ouverture d’une enquête sur ce que savait Exxon des risques liés au réchauffement climatique dû à la sur-utilisation de combustible fossile[30]. Le N-Y Times met à jour sa charte éthique, notamment relative aux annonces publicitaires trompeuses, inexactes ou frauduleuses (qui sont interdits)[31].

En 2016, les procureurs généraux de 17 États et territoires des États-Unis annoncent étudier ensemble si ExxonMobil Corporation et d'autres compagnies du secteur des combustibles fossiles auraient pu violer, de diverses manières des lois contre le racket ou pour la protection des consommateurs, par leurs communications sur le réchauffement climatique anthropique[32],[33]. Dans ce cadre le procureur E Schneiderman émet plusieurs assignations contre ExxonMobil, alléguant notamment que la comptabilité de la société relative au risque climatique «pourrait être un simulacre»,[34],[35],[36],[37],[38],[39]. Le procureur général du Massachusetts, Maura Healey, étudie simultanément ExxonMobil, déclarant: «Les entreprises de combustibles fossiles qui ont trompé les investisseurs et les consommateurs au sujet des dangers du changement climatique devraient être tenues responsables» [40],[41]. Le procureur général des Îles Vierges américaines, Claude Walker, a déclaré qu'il enquête sur ExxonMobil pour avoir violé la loi anti-rackette[42] du territoire. Également en 2016, la Securities and Exchange Commission des États-Unis (SEC) entamé une enquête fédérale pour savoir si ExxonMobil divulgue de manière appropriée les risques commerciaux d'AGW et sa valeur de ses actifs et de ses réserves[43].

A la mi-2017, la revue Environmental Research Letters publie l'étude de Supran & Oreskes[25], dénommée par la presse « Etude d’Harvard »[44] (rapidement relayés par CNN et le NY Times [45]). Cette Analyse de contenu porte sur 187 documents provenant d’Exxon, écrits entre 1989 et 2014. Ces documents sont publics ou internes et aujourd’hui publiquement disponible. Ce sont des études évaluées par des pairs, des réponses faites par le groupe à des allégation portées contre lui, des brochures d'entreprises et des publireportages (publicités au style éditorial dites « advertorials » payées $31.000 en moyenne par Exxon)[25]. Ces publireportages sont conçus pour toucher des millions de lecteurs via les pages Op-Ed du New York Times (de 1989 à 2014)[46]. L'étude montre que durant près de 4 décennies, le géant pétrogazier Exxon a cherché à tromper le public et ses actionnaires et investisseurs sur les causes et risques du dérèglement climatique[25];
Alors que les scientifiques et les dirigeants d'Exxon reconnaissaient - en privé ou en interne - que le réchauffement climatique est réel et qu’il est causé par l'homme, le groupe finançait des publicités et des articles de journaux mettant en doute les données scientifiques au fur et à mesure de leur publication et/ou insistait fortement sur les incertitudes, tout en promouvant un récit incompatible avec les points de vue de la plupart des spécialistes du climat, « y compris ceux qui travaillaient en interne pour ExxonMobil et pour ses prédécesseurs Exxon et Mobil. 80% environ des documents scientifiques et internes d'Exxon que les auteurs ont pu étudier reconnaissaient largement (et dès 1979) que le réchauffement climatique est «réel, causé par l'homme, sérieux et soluble » (4 mots clé dont la recherche a montré qu’ils étaient de bons prédicteurs de la possibilité que la sphère publique finance des études sur ces thèmes)[25]. Un document interne de 1979 prévoyait même des « effets environnementaux dramatiques avant 2050 » en raison de la consommation de combustibles fossiles mais 81 % des publireportages insérés dans le N-Y Times exprimaient au contraire le doute quant à la crédibilité des travaux du GIEC ou quant à la réalité du changement climatique. Ainsi en 1997 dans ce journal Exxon affirmait encore que « la science du changement climatique est trop incertaine » et « on ne sait toujours pas quel rôle les gaz à effet de serre fabriqués par l'homme pourraient jouer dans le réchauffement de la planète »[25]. « Ne nous précipitons pas sur une décision à Kyoto », un protocole qui selon Exxon pourrait « plonger les économies dans la tourmente »[25]. L’étude d’Harvard montre que l’écart entre le discours public de l’entreprise et ce que savaient ou disaient en interne ses dirigeants est « systématique et quantifiable ». Les auteurs notent que contrairement à ce que certains ont allégué, Exxon n'a pas eu besoin de "réprimer" la science du climat : au contraire le groupe a financé en partie cette science mais en y intégrant des non-scientifiques et/ou en faisant croire que le risque ne concernait qu’un futur lointain. Exxon disposait de son propre pool d’experts et de scientifiques dont les travaux de recherche était presque toujours hautement technique, cachés au sein des bureaux d’Exxon Mobil, ou publiés mais dans des publications académiques uniquement accessibles via un système d’achat[25]. Le groupe affirme que ses déclarations ont toujours été « Compatible » avec sa « compréhension de la science du climat » mais admet que « le risque de changement climatique est clair et justifie une action »[25].

Dans son enquête le Juge Schneiderman reproche aussi au secrétaire d'État Rex Tillerson d'avoir utilisé un pseudonyme ("Wayne Tracker") pour envoyer des courriels liés au changement climatique alors qu'il était le PDG d'Exxon. Les actionnaires d’Exxon approuvent en mai 2017 une motion demandant à l'entreprise de mieux divulguer les risques auxquels elle est confrontée face à une diminution mondiale des émissions de carbone [47].

Marées noires[modifier | modifier le code]

Marée noire de l'Exxon Valdez

Le 24 mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez s'échoue en pleine tempête sur un récif de la baie du Prince-William provoquant ainsi le déversement d'environ 40 000 tonnes de pétrole brut sur 2 000 km de côtes[48]. La compagnie pétrolière a dépensé plus de 3,4 milliards de dollars pour nettoyer les côtes et les fonds pollués, pour dédommager plus de 30 000 pêcheurs et professionnels locaux et pour mettre terme aux poursuites judiciaires[49]. En 1994, un jury fédéral condamne ExxonMobil à une amende de plus de 5 milliards de dollars : le groupe pétrolier s'engage alors dans une longue bataille judiciaire en contestant notamment le principe qui lui est appliqué de dommages dits "punitifs"[50]. La Cour d'Appel de Pasadena (Californie), se prononce définitivement en 2009 en confirmant un montant final de l'amende à 507,5 millions conformément à l'avis émis en juin 2009 par la Cour suprême des États-Unis[51].

Critiques[modifier | modifier le code]

Exxon Mobil figure en 2016 au cinquième rang du Top 100 des pollueurs atmosphériques aux États-Unis publié par l'Institut de recherche en politique économique de l'Université du Massachusetts à Amherst[52].

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Les principaux actionnaires sont[53] :

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Le CEO d'ExxonMobil est, depuis 2016, Darren Woods. Il a succédé à Rex W. Tillerson, désigné par le président Donald Trump pour occuper le poste de secrétaire d'État des États-Unis.

Les autres membres du conseil d'administration sont Edward E. Whitacre, Jr., Steven S Reinemund, Samuel J. Palmisano, Marilyn Carlson Nelson, William W. George (qui fait également partie du conseil d'administration de la banque d'investissement américaine Goldman Sachs[54]), Kenneth C. Frazier, Jay S. Fishman, Larry R. Faulkner, Peter Brabeck-Letmathe, Michael J. Boskin[55].

Communication[modifier | modifier le code]

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Exxon Mobil est représenté par un cabinet spécialisé auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2015 percevoir de l'entreprise pour cette activité des honoraires d'un montant compris entre 300 000 et 400 000 euros[56].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying d'Exxon Mobil aux États-Unis s'élèvent en 2015 à 11 980 000 dollars[57].

ExxonMobil en France[modifier | modifier le code]

Le groupe est présent en France depuis 1902, via ses filiales Esso SAF et ExxonMobil Chemical France.

Activités[modifier | modifier le code]

ExxonMobil est représenté en France par Esso S.A.F. (Société Anonyme Française), qui a absorbé en 2003 la société la Mobil Oil Française et dont le siège est situé à La Défense. Esso SAF est une filiale d'ExxonMobil, détenue majoritairement par ce dernier, et cotée sur la bourse de Paris sous le symbole ES. Ses activités principales sont le raffinage et la distribution locale de produits pétroliers sous les marques Esso et Mobil.

Son PDG est Antoine Chassin du Guerny depuis le 20 mai 2017, qui a succédé à Hervé Brouhard. Les autres administrateurs sont Dominique Badel (ex-PDG d'Esso SAF), Roland Vardanega, Marie-Francoise Walbaum née Guyot, Pierre Verluca[58].

Implantations[modifier | modifier le code]

En France, le groupe possède deux sites industriels principaux :

Données financières[modifier | modifier le code]

En 2010, Esso SAF a réalisé un chiffre d'affaires de 12 425 762 000  pour un résultat net de 155 403 000 [58].

En 2012, Esso SAF a réalisé un chiffre d'affaires de 17 703 400 000 [59].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Soit environ 3,5 milliards de tonnes équivalent-pétrole, soit environ quarante fois la consommation annuelle de la France du début des années 2000.
  2. Le Maryland, la Virginie-Occidentale, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et le district de Columbia.
  3. Qui y dispose des droits d’utilisation de la marque « Standard Oil ».
  4. Notamment Socal (Standard Oil of California), Amoco (Standard Oil of Indiana), Marathon Petroleum (Ohio Oil Company), Sohio (Standard Oil of Ohio (en)).
  5. La Pennsylvanie, le Delaware, l’Arkansas, le Tennessee et la Louisiane
  6. Appelée BP-Amoco à l'époque.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Profil de ExxonMobil
  2. « EXXONMOBIL CHEMICAL », sur boursorama.com (consulté le 14 octobre 2016)
  3. « EXXONMOBIL CHEMICAL », sur boursorama.com (consulté le 14 octobre 2016)
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  5. La rédaction JDN sur un rapport réalisé par PricewaterhouseCoopers, « Classement d'entreprises : les plus grandes, les plus riches », sur journaldunet.com, (consulté le 20 octobre 2014).
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  10. « A Guide to the ExxonMobil Historical Collection, 1790–2004: Part 1. Historical Note », sur lib.utexas.edu, Dolph Briscoe Center for American History (en) (consulté le 29 août 2018).
  11. AFP, « ExxonMobil dégage des profits historiques de 45,2 milliards $US », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
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  13. Exxon to sell Hong Kong power operations for $3.4 billion, Denny Thoms et Charlie Zhu, Reuters, 18 novembre 2013
  14. Esso cède son réseau français de stations-service, Véronique Le Billon, Les Échos, 28 août 2014
  15. « ExxonMobil to buy Indonesian lubricant firm Federal in $436 million deal », sur Reuters,
  16. Anne Barnard, « Les bonnes œuvres new-yorkaises d'Hugo Chavez », dans The New York Times, article repris dans Courrier international no 887, 31-10 au 07-11-2007, p. 21
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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