Pont de Tancarville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pont de Tancarville
Pont de Tancarville
Pont de Tancarville
Géographie
Pays France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Localité Tancarville - Marais-Vernier
Coordonnées géographiques 49° 28′ 23″ N 0° 27′ 51″ E / 49.4730045, 0.464215349° 28′ 23″ N 0° 27′ 51″ E / 49.4730045, 0.4642153
Fonction
Franchit Seine
Fonction Pont routier
Caractéristiques techniques
Type Pont suspendu
Longueur 1 420 m
Portée principale 608 m
Largeur 12,50 m
Hauteur 123 5 m
Matériau(x) Béton et acier
Construction
Construction 1955-1959
Architecte(s) M. Lagrange
N. Esquillan
M. Huet
F. Robinson
Maître(s) d'œuvre Chambre de commerce et d'industrie du Havre

Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime

(Voir situation sur carte : Seine-Maritime)
Pont de Tancarville

Géolocalisation sur la carte : Haute-Normandie

(Voir situation sur carte : Haute-Normandie)
Pont de Tancarville

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pont de Tancarville

Le pont de Tancarville est un pont suspendu qui franchit la Seine entre Tancarville (Seine-Maritime) et le Marais-Vernier (Eure), en France.

Historique[modifier | modifier le code]

Dès 1931, l’accroissement continu du trafic des bacs sur l'estuaire incite la Chambre de commerce et d'industrie du Havre (CCI) à réfléchir à un pont sur la Seine.

Le 7 décembre 1933, la CCI prend la décision de réaliser un « pont-route » aux environs du bac du Hode-Berville. Le 27 novembre 1935, l’avant-projet d’un pont suspendu à la hauteur de Tancarville est finalisé et adopté dès le lendemain par délibération du 28 novembre 1935, par la CCI qui demande la concession pour sa construction et son exploitation.

La décision de sa construction est actée par une loi du 11 décembre 1940, signée par le Maréchal Pétain à Vichy et déclarant le projet d'utilité publique[1].

En novembre 1951, la CCI, maître d'ouvrage, lance un concours international et quatorze groupements d'entreprises remettent leurs projets en août 1952. La maîtrise d’œuvre est confiée aux Ponts et Chaussées du département de la Seine-Maritime.

En 1954, la Chambre de commerce et d'industrie, assistée des Ingénieurs des Ponts et Chaussées, choisit le projet qui sera réalisé[2][3].

Commencé le [4], le pont a été mis en service le , dans les délais prévus[4].

Jusqu'à la date d'ouverture du pont de Normandie, il a été le pont le plus proche de l'estuaire de la Seine. Son ouverture a entraîné la disparition du bac du Hode reliant Berville-sur-Mer dans l'Eure au Hode dans la Seine-Maritime. Ce bac, dommage de guerre, était réputé pour être « mal commode »[4].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

En 1959, l'ouvrage possédait la plus longue travée centrale d'Europe : 608 mètres, qui restent à ce jour le record national, et deux travées latérales de 176 mètres chacune. Le poids total de la charpente est de 7500 tonnes.

Ses pylônes ont une hauteur de 123 mètres et supportent une charge moyenne de 6000 tonnes. En raison de la nature marécageuse des terrains, la fondation du pylône de la rive gauche a une profondeur de 28 mètres, de façon à reposer sur un sol compact. Celle du pylône de la rive droite a une profondeur de 18 mètres.

Les câbles sont reliés à deux massifs d'ancrage dont le plus lourd pèse 36000 tonnes et a des dimensions voisines de celles de l'Arc de Triomphe.

Des essais en soufflerie ont permis de vérifier la tenue de l'ouvrage à toutes sortes d'oscillations dues au vent[5].

Ce fut un des premiers chantiers de cette importance à se dérouler sans accident mortel.

Travaux postérieurs à la construction[modifier | modifier le code]

Les suspensions (câbles porteurs et suspentes) ont été remplacées de 1996 à 1999[6].

Des travaux sur les voies d'accès au pont de Tancarville sont en cours entre 2014 et 2016[7], pour faire face à l'augmentation du trafic.

Gestion[modifier | modifier le code]

L'ouvrage est géré par la Chambre de commerce et d'industrie du Havre. Son exploitation est assurée par une équipe d'une cinquantaine de personnes, dont une quarantaine pour le péage[réf. souhaitée]. Il est gratuit pour les cyclomoteurs et les bicyclettes et il est payant pour les autres véhicules. En revanche, contrairement au pont de Normandie, la traversée est interdite aux piétons.

Le pont est équipé d'un système de vidéosurveillance et de détection des incidents. Il comporte sa propre station météorologique ainsi qu'un dispositif de positionnement par satellite qui permet de connaître les déplacements du tablier. Une signalisation dynamique permet d'adapter les informations données aux conducteurs aux conditions de circulation. Des véhicules de patrouille sont prêts en permanence à intervenir sur l'ouvrage[8].

Il est fréquenté en moyenne par 18 000 véhicules par jour, dont 25% de poids lourds. La CCI prévoit que la fréquentation dépassera les 22 500 véhicules quotidiens en 2030[9].

Le pont de Tancarville dans les arts[modifier | modifier le code]

Le peintre Roger Lersy est l'auteur d'une toile le Pont de Tancarville qui fut présentée au Salon des peintres témoins de leur temps à Paris en 1961[10].

Dans le film Le dîner de cons, le personnage de François Pignon annonce avoir construit une maquette du pont de Tancarville avec 346 422 allumettes[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique sur le site de la CCI du Havre [1]
  2. Etapes de la construction sur site de la CCI du Havre [2]
  3. Le groupement d'entreprises retenu comprend Daydé, Baudin-Châteauneuf, Boussiron, Campenon-Bernard, Compagnie Française d'Entreprises, Compagnie industrielle de travaux, Dragages et Travaux Publics, Entreprises de Grands Travaux Hydrauliques, Fives-Lille Cail, Fougerolle, Régie générale des chemins de fer et travaux publics, Société des Forges et Ateliers du Creusot
  4. a, b et c Le Pont de Tancarville, Chambre de commerce du Havre, sous la direction de Jean-Yves Nicolas, 15 octobre 1956, exemplaire no 451
  5. Détails techniques sur le pont sur le site de la CCI du Havre [3]
  6. Page sur le remplacement des suspensions, site de la CCI du Havre [4]
  7. « Travaux d'accès au pont de Tancarville : démolition d'un ouvrage », Le Courrier Cauchois,‎ (lire en ligne).
  8. Page du site de la CCI du Havre sur la sécurité [5]
  9. Site de la CCI du Havre, données de trafic [6]
  10. Toile reproduite dans le livre Les peintres témoins de leur temps et les richesses de la France, Éditions Achille Weber/Hachette, 1961.
  11. Fiche sur le film [7]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Pont de Tancarville, Chambre de commerce du Havre, sous la direction de Jean-Yves Nicolas, 15 octobre 1956, exemplaire no 451
    Édité à l'occasion de la pose par M. Auguste Pinton, secrétaire d'État aux Travaux publics, aux Transports et au Tourisme, le 23 octobre 1956, d'une plaque commémorative de l'ouverture des chantiers de construction du pont de Tancarville.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :