PDVSA

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PDVSA
logo de PDVSA
illustration de PDVSA

Création 1975
Personnages clés Manuel Quevedo
Forme juridique Petróleos de Venezuela S.A.
Siège social Caracas
Drapeau du Venezuela Venezuela
Actionnaires Gouvernement du Venezuela (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Énergie et hydrocarbures
Produits Essence et diesel
Filiales Lagoven (d), Maraven (d) et Corpoven (d)
Effectif 80 000
Site web http://www.pdvsa.com

Chiffre d'affaires 88,100 milliards USD (2010)

Petróleos de Venezuela SA (abrégé en PDVSA) est la compagnie pétrolière appartenant à l’État vénézuélien. Le Venezuela est l’un des plus gros exportateurs de pétrole au monde. Fondée en 1976 lors de la nationalisation de l'industrie pétrolière vénézuélienne, PDVSA a acheté 50 % de la marque d'essence CITGO aux États-Unis à la société Southland en 1986 et le solde en 1990. En 2005, elle a ouvert son premier bureau en Chine, et a annoncé un plan pour tripler sa flotte de tankers jusqu’à 58 navires.

Dans les années 2010, des découvertes certifiées par l'Opep révèle que le Venezuela détient les premières réserves de pétrole au monde, avec près de 297 milliards de barils disponibles, soit plus que l'Arabie saoudite et l'équivalent de 18,2% de tout le pétrole sur Terre[1]. PDVSA a une capacité de production d’environ 4 millions de barils par jour (600 000 m3).

La production pétrolière s'est effondrée à partir de 2016, à la suite du renforcement des sanctions américaines, à tel point qu'elle était en de 830 000 barils par jour, soit un quart de ce qu'elle était en 2001[2]. Les sanctions américaines ont engendré 57,1 milliards de dollars de pertes financières pour la compagnie entre 2015 et 2020[3].

Statut public[modifier | modifier le code]

Depuis la nationalisation de l'industrie pétrolière vénézuélienne en 1976, pendant le gouvernement de Carlos Andrés Pérez, PDVSA est une entreprise publique. L'État vénézuélien possède la totalité des actions de la société, qui dépend du ministère de l'Énergie et du Pétrole.

L’État a augmenté la production de pétrole après la nationalisation. Contrôlée par quelques multinationales (Exxon, Mobil, Shell, Chevron, etc), la production était tombée de 3,7 millions de barils par jour en 1970 à 2,4 millions en 1976. Les multinationales ont été amplement indemnisées.

Jusqu'au milieu des années 1990, PDVSA — à travers ses filiales — avait le monopole de la vente et la distribution de tous les dérivés du pétrole au Venezuela. Lors de la « libéralisation pétrolière » (apertura petrolera) du gouvernement de Rafael Caldera, des multinationales comme Shell, BP et Texaco ont été autorisées à distribuer ces produits, sous certaines conditions (par exemple respecter le prix régulé de l'essence) tout en bénéficiant d’avantages fiscaux. La privatisation de PDVSA a été envisagée sous le gouvernement de Caldera.

Le conseil d’administration de PDVSA reste cependant composé de personnalités liées aux compagnies étrangères, et l'entreprise tend parfois à favoriser leurs intérêts. En outre, elle ne cesse de diminuer les redevances dues à l’État. Alors que la Trésor public percevait 74,4 % des revenus de PDVSA en 1976, l'apport est tombé à 40 % en 1997 et à 17 % en 2001. Les salaires au sein de l'entreprise sont particulièrement inégaux : les hauts dirigeants (une vingtaine de personnes) bénéficiaient à la fin des années 1990 de salaires individuels fluctuant entre 100 000 et 4 millions de dollars par ans, auxquels venaient s'ajouter des avantages en nature. Les cadres (près de 870 personnes) percevaient un total de 208 millions de dollars, quand les autres employés (plus de 18 000, soit environ 20 fois plus nombreux) n'obtenaient que 762 millions (soit environ trois fois plus)[4].

La Constitution de 1999 établit que l'entreprise ne pourra être privatisée et gardera le monopole des hydrocarbures se trouvant dans le sous-sol vénézuélien. Elle peut cependant s'associer à d'autres sociétés dans le cadre d'entreprises mixtes, et octroyer des concessions dans le domaine de la distribution et le commerce des dérivés du pétrole. La loi sur les hydrocarbures, adoptée par le gouvernement de Hugo Chávez, impose à trente-deux compagnies pétrolières implantées dans le pays de nouveaux contrats faisant d'elle des entreprises mixtes ayant pour partenaire PDVSA, laquelle devient majoritaire dans les nouvelles associations. Seule la multinationale américaine ExxonMobil a rejeté ces conditions.

PDVSA a des filiales aux États-Unis (Citgo), en Allemagne (Ruhr Oil, 50 % de participation), en Suède (Nynäs Petroleum, 50 % de participation).

Les États-Unis décident en 2019 de priver le Venezuela de ses actifs à l'étranger, confisquant notamment Citgo[5].

Organisation de l'entreprise[modifier | modifier le code]

PDVSA est divisée en quatre « unités de travail », correspondant chacune à une étape différente du processus de production :

  • prospection et production : évaluation, prospection, certification et forage de gisements de pétrole ;
  • raffinage : séparation, traitement et extraction des produits et dérivés du pétrole ;
  • distribution et commercialisation : placement des produits dans le marché international et national ;
  • gaz : ensemble du processus d'extraction, traitement et commercialisation du gaz.

Présidents[modifier | modifier le code]

Présidents Période
Rafael Alfonzo Ravard -
Humberto Calderón Berti -
Brígido Natera -
Juan Chacín Guzmán -
Andrés Sosa Pietri -
Gustavo Roosen P. -
Luis Giusti López -
Roberto Mandini -
Héctor Ciavaldini -
Guaicaipuro Lameda Montero -
Gastón Parra Luzardo -
Alí Rodríguez Araque -
Rafael Ramírez Carreño -
Eulogio del Pino -
Nelson Martínez -
Manuel Salvador Quevedo Fernández -
Asdrúbal Chávez

Grève générale de 2002-2003[modifier | modifier le code]

La Coordination démocratique (rassemblant dix-huit partis politiques, le syndicat CTV, l'organisation patronale Fedecamaras, plusieurs ONG et médias, et l'organisation Gente del Petroleo constituée de la direction de PDVSA) élabore en aout 2002 une « grève civique de caractère quasi insurrectionnel » devant se combiner avec « une grève de PDVSA ». L’opération, appelée « Septembre noir », doit aboutir au renversement du gouvernement[4].

En , pendant la grève générale de 2002-2003 au Venezuela, une grande partie des employés et cadres de PDVSA a pratiquement arrêté la production de pétrole pendant 2 mois, afin de forcer le président Hugo Chávez à démissionner. Chávez a riposté en faisant appel au Tribunal suprême de justice, lequel autorisa le gouvernement à licencier les 19 000 cadres et salariés (sur les 30 000 d'alors) qui refusaient de travailler depuis 2 mois et à les remplacer par des nouveaux employés, essentiellement d'anciens retraités et des jeunes mal formés. L'économiste Arnoldo Pirela estime qu'« on a donné des responsabilités à des gens qui avaient à peine trois ans d'expérience », cela déteignant sur la productivité de l'entreprise et la motivation des salariés[6].

Au cours de la crise, le gouvernement américain de George W. Bush a réclamé l'organisation d'« élections anticipées ». Le Washington Post a demandé dans son éditorial au gouvernement Bush d'intervenir « avant qu'il ne soit trop tard »[4].

Le blocage de la production a provoqué des dégâts macro-économiques significatifs, portant notamment le taux de chômage de 13 % à plus de 20 % en . Le PIB a chuté de 10 % en 2002, et connait une deuxième année de récession en 2003. Le taux d'inflation est multiplié par trois, passant de 12 % à 35 %. Dans le seul secteur pétrolier, les pertes économiques s’élèvent à 18, 7 milliards de dollars[4].

Chauffage subventionné aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En , PDVSA et sa filiale américaine CITGO, annoncèrent un accord avec l'État du Massachusetts pour la fourniture de fioul de chauffage à des foyers défavorisés de Boston à un tarif 40 % en dessous du prix du marché [1]. Des accords similaires furent signés par la suite avec les États du Maine, Rhode Island, Pennsylvanie, Vermont et Delaware, et avec plusieurs villes du Nord-Est, dont celle de Bronx dans l'aire métropolitaine de New York.

Association en entreprise mixte[modifier | modifier le code]

Le gouvernement d'Hugo Chávez décréta en 2007 la requalification de toutes les concessions en cours sur la « ceinture de l'Orénoque » en entreprise mixte, où l'État devenait l'actionnaire majoritaire. Les entreprises associées devaient en outre accepter un taux d'imposition plus élevé. ExxonMobil et ConocoPhillips se sont retirées. Total, British Petroleum, Chevron et Equinor ont accepté les nouveaux termes.

Critiques[modifier | modifier le code]

La sécurité des installations et la protection des employés fait l'objet de critiques, notamment de José Boda, leader syndical des Travailleurs du pétrole du Venezuela, qui évoque les « problèmes respiratoires des employés à cause des fuites de brut soufré » ou du carbone extrait du pétrole, extrêmement toxique, contre lesquels les agents de la compagnie sont mal protégés. Mais c'est le statut même de l'entreprise qui est remis en cause : nationalisée en 1976, les bénéfices de PDVSA servent à financer la politique sociale du pays à travers le fonds social Fonden, non audité, auquel étaient reversés en 2011 62 % des profits, et ce au détriment de l'entreprise elle-même ; d'autre part, une partie de la production (110 000 barils par jour) est directement envoyée à Cuba, qui envoie en retour des médecins, des militaires ou encore des agents de renseignement ainsi qu'à d'autres pays du continent sud-américain, créant une situation de dépendance géopolitique[6].

La mainmise de PDVSA par l'État est également dénoncée, le PDG de l'entreprise étant le ministre du Pétrole, amenant à ce que les employés, pour obtenir une promotion, doivent participer aux manifestations du parti chaviste, le PSUV.

En , Asdrúbal Chávez (cousin d'Hugo Chávez), est désigné vice-président de PDVSA. Il s'occupe alors de la commercialisation et de l'approvisionnement, ainsi que de la filiale PDV Marina, la flotte pétrolière du groupe[7].

Les États-Unis placent plusieurs compagnies pétrolières internationales sur liste noire en , les accusant d'avoir transporté des produits pétroliers vénézuéliens en février, violant ainsi l’embargo pétrolier imposé au Venezuela[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Venezuela Oil Reserves, Production and Consumption Statistics - Worldometer », sur www.worldometers.info (consulté le )
  2. (en) « Venezuelan crude oil production falls to lowest level since January 2003 - Today in Energy - U.S. Energy Information Administration (EIA) », sur www.eia.gov (consulté le )
  3. (en-US) « US Blockade Caused $57.1 Billion in Losses for PDVSA », sur Orinoco Tribune,
  4. a b c et d Les Enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’États modernes et autres tentatives de déstabilisation, Éditions Don Quichotte, , p. 220-230, 280-290
  5. « Venezuela, mode d’emploi », sur Médelu,
  6. a et b Claire Meynial, « À la poursuite du trésor de Chavez », in Le Point, semaine du 23 mai 2013, pages 64-66.
  7. Paulo A. Paranagua Les bonnes affaires de la famille Chavez Le Monde, 27 juin 2007
  8. « Washington met des compagnies maritimes sur liste noire pour avoir aidé le Venezuela », sur L'Orient-Le Jour,

Lien externe[modifier | modifier le code]