Cotonou

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Cotonou
Cotonou
Vue du 5e arrondissement de Cotonou
Administration
Pays Drapeau du Bénin Bénin
Département Littoral
Maire
Mandat
Luc Setondji Atrokpo ( Union progressiste )
2020 - 2025
Démographie
Gentilé Cotonois
Population 1 228 667 hab. (2021[1])
Densité 15 553 hab./km2
Population de l'agglomération 2 557 723 hab.
Géographie
Coordonnées 6° 21′ 36″ nord, 2° 26′ 24″ est
Superficie 7 900 ha = 79 km2
Divers
Langue(s) français, fon, goun, mina, bariba (baatɔnum), dendi, aja-gbe, yoruba, haoussa
Localisation
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Cotonou
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Cotonou
Liens
Site web www.villedecotonou.org

Cotonou est la capitale économique et la plus grande ville du Bénin avec 1 228 667 habitants en 2021[2]. Elle abrite aussi de nombreux services gouvernementaux et diplomatiques.

Cotonou est connue dans toute l'Afrique de l'Ouest pour son marché international de 20 hectares (Dantokpa), le plus grand marché d'Afrique de l'Ouest, ses Zémidjans (motos-taxis) et un marché secondaire, Missebo, situé à quelques mètres du marché Dantokpa. Le nom Kútɔ̀nú signifie « embouchure du fleuve de la mort » en fon-gbe[3]. Ses habitants sont appelés les Cotonois(es).

Histoire[modifier | modifier le code]

Fort de Cotonou, en 1900.

Au début du XIXe siècle, Cotonou (alors appelé Koutonou) n’était habité que par quelques pêcheurs. C’est sous le règne de Glèlè, roi du Dahomey (1858 - 1889) que les premiers Européens s’installent. Le territoire est cédé à la France par un traité signé avec Glèlè le [4]. À sa mort en 1889, son fils Béhanzin tente en vain de remettre en cause ce traité. La ville, désormais officielle, se développe alors rapidement.

Probablement commandités par la monarchie marocaine, et avec l'aide du Gabon de Omar Bongo, des mercenaires dirigés par Bob Denard ont tenté, sans succès, un débarquement à l'aéroport de Cotonou en 1977 pour déstabiliser le gouvernement béninois .

Toponymie des quartiers de Cotonou[modifier | modifier le code]

L'histoire des villes au Bénin est marquée par deux types de dénominations d'origine différente: l'administration formelle et vernaculaire (Langue locale (Xwla, Fon, Goun, haoussa, Dendi, bariba). La ville de Cotonou en fait aussi partie. Certaines dénominations sont récentes comme (Carrefour Toyota) ou (Rond-point 16 ampoules) ; Mais d'autres renvoient à une histoire plus longue (Avenue du général Dodds ou Kindonou). La toponymie des noms vernaculaires a pour la plupart des significations[5].

Agla : ( Agla houn, bo wa!) «si tu es audacieux, alors viens »

Ahouanlèko : «là où la guerre s'est retournée»

Ahouansori : ( Ahuan sè-toji)« la guerre finit sur l'eau»

Aïbatin : «où l'on reprend ses esprits»

Aïdjedo : « Cœur en paix »

Akpakpa: «à côté de Akpa»

Avlékété-Jonquet : «Quartier du fétiche de la mer dit « Avlékété »

Avotrou : « Le pagne détaché »

Cadjèhoun : (è wa ka djèhoun) « Venez, je vous invite à manger »

Cotonou : (Kú tɔ̀ nú) « embouchure du fleuve de la mort »

Dantokpa : « Près de la rivière de Dan »

Fidjrossè : « Là où l’âme se plaît »

Fifadji : « Lieu paisible »

Ganhitô : « Près du marché au fer »

Gbèdégbé : « La vie Ordonne »

Gbèdjromèdé : « Quiconque désire s’épanouir »

Gbégamey : (Gbé gaga mè) « Dans la grande brousse »

Gbogbanu : « La chèvre a renversé la chose »

Guinkomey : « Sur la terre du peuple Guin »

Houéyiho : « Le soleil se couche »

Kouhounou : « La mort a frappé »

Ladji : « Là où l’on débarque »

Maro-Militaire : (Ma lo hi min) « Marché du soir »

Midombo : « Repliez-vous »

Missessin : « Respectez la loi »

Missité : « Levez-vous »

Sègbèya : « Le destin a mis terme à la misère »

Sènadé : « Le destin a donné quelque chose »

Suru-Léré : « La patience a des bénéfices »

Vèdoko : « Le sable de Vèdo»

Xwlacodji ou Placodji : « Sur la terre du peuple Xwla » ou « Pla »

Yénawa : « Ils viendront »

Dorkounkor:« terre de richesse »

Zongo[6] : « Gîte d’étape », en haoussa. On retrouve cette appellation dans plusieurs pays d'Afrique et dans plusieurs villes africaines comme à Lomé, Lagos, Accra, Ndjamena, Yaoundé, Niamey[7]...

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Lagune de Cotonou
Pont à Cotonou

Cotonou est situé sur le cordon littoral entre le Lac Nokoué et l’Océan Atlantique. La ville est coupée en deux par un canal, la lagune de Cotonou, creusée par les Français en 1855. Trois ponts assurent la liaison entre les deux rives.

Le phénomène d’érosion du littoral constaté depuis plusieurs décennies s’est aggravé à partir de 1961, à la suite des grands travaux entrepris au Bénin (barrage de Nangbéto, port en eau profonde de Cotonou), au Ghana (barrage d'Akosombo) et au Togo (Port en eau profonde de Lomé). Paul Houssou, pilote d’un projet subventionné par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), explique qu'en quarante ans, la côte à l’est de Cotonou a reculé de 400 mètres. Cette érosion a conduit des habitants à quitter leur maison construite le long de la côte. L’État a décidé d’interdire le pompage de sable marin et prévoit la construction de digues de protection[8]. Il est encore possible d'emprunter avec une voiture appropriée « la route des Pêches », une piste qui longe la mer entre Cotonou et Ouidah. Une nouvelle route des pêches, bitumée, est en construction en 2021.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type équatorial, où deux saisons pluvieuses (avril-juillet et septembre-octobre, 800 à 1 200 mm de pluie par an) alternent avec deux saisons sèches. De décembre à janvier, l’harmattan souffle.

La température oscille entre 18 et 35 °C.

En période pluvieuse (plus de 120 mm de précipitations le par exemple[réf. nécessaire]), de nombreux quartiers de la ville sont inondés en raison d'infrastructures d'assainissement sous-dimensionnées ou mal entretenues.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de la ville de Cotonou a été recensée à 679 012 habitants en 2013[9]. N'ayant plus d'espace pour se développer démographiquement, les villes limitrophes d'Abomey-Calavi, de Sèmè-Kpodji et de Ouidah deviennent des villes-dortoirs, formant une conurbation[10] de 1 720 105 habitants en 2013[9] contre 1 088 083 en 2002[11], soit une croissance démographique de + 4,0 % par an à périmètre égal et de + 5,4 % avec l'absorption de Ouidah. En 1960, la ville ne comptait que 70 000 habitants, soit un décuplement de la population en quarante ans. Les fronts d'urbanisation se multiplient, notamment à l'ouest de la ville.

Langues[modifier | modifier le code]

En 2014, 57,3 % des habitants de Cotonou de 15 ans et plus savent lire et écrire le français tandis que 58,6 % savent le parler et le comprendre[12]. En plus du français, plusieurs langues nationales sont parlées dans la ville de Cotonou et ses environs. Les plus parlées sont le fon, le yoruba, le bariba (baatɔnum), le goun, le mina, le adja, le dendi, le mahi et le haoussa.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Marché aux poissons à Cotonou.

C'est en raison de sa situation géographique intéressante que Cotonou développe les échanges avec les pays voisins. La ville est dotée de portes de sortie aérienne, maritime, fluviale vers Porto-Novo et des axes terrestres qui desservent l'ensemble de la sous-région, Nigeria, Niger, Burkina Faso.

Capitale économique, Cotonou abrite les deux tiers des industries du pays[13]. Les principales entreprises (une cimenterie du groupe allemand HeidelbergCement) et banques du Bénin, la plupart des institutions gouvernementales y siègent.

Centre-ville de Cotonou.

La proximité de la frontière avec le Nigéria en fait désormais une des plaques tournantes du commerce informel de la sous-région. Le marché Dantokpa, le plus gros de l'Afrique de l'ouest (un milliard de francs CFA d'échanges par jour, soit environ 1,5 million d'euros), en est le centre.

La capitale économique du Bénin est aussi connue dans la région pour son marché de voitures d'occasions européennes, qu'elle stocke dans d'immenses parkings à ciel ouvert sur le port.

Historiquement bien implantées dans la zone urbaine, les cultures maraîchères ont fortement baissées depuis 1999 du fait de la pression foncière et du développement de la ville, les surfaces cultivées étant passées de 263 hectares à seulement 50 hectares en 2017[14].

Port autonome de Cotonou[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du port autonome de Cotonou

Le Port autonome de Cotonou (PAC) est le véritable poumon de l'économie nationale, avec 90 % des échanges avec l'étranger et plus de 60 % du PIB du pays. Avec 8 000 000 de tonnes de fret annuel, c'est le troisième port d'Afrique de l'Ouest après ceux de Lagos et Abidjan. Comme de nombreux ports de la région, à la suite d'un appel d'offres, le PAC est depuis août 2009 géré par le groupe français Bolloré à travers sa filiale, Bolloré Africa Logistics devenue le concessionnaire d'un des terminaux les plus modernes du Port de Cotonou construit par le programme MCA-Bénin.

Le PAC commerce avec l'Europe, l'Amérique du Nord et du Sud et l'Asie, faisant de Cotonou une « ville entrepôt » générant une intense activité d'échanges, de manutention et de logistique.

Il dessert les pays de l'hinterland, tels que le Mali, le Burkina Faso, le Tchad. Il est également le premier port de transit du Niger, pays frontalier totalement enclavé, notamment pour l'exportation de l'uranium extrait dans le nord nigérien par le numéro un mondial du nucléaire civil, le groupe français Areva. De fait, il existe même à l'intérieur du port une zone franche à la disposition des pays sahéliens enclavés.

Bateau amarré.

Il inclut un port de pêche industrielle et un port de pêche artisanale.

Éducation[modifier | modifier le code]

La ville dispose de plusieurs centre éducatifs: collèges, lycées, universités, centres de formation aussi bien publics que privés. Elle abrite aussi le CNE installé par le président Patrice Talon[15],[16]

Du 7 au 14 août 2021, Cotonou a accueilli le 54e congrès international[17] des enseignants d’espéranto organisé par la ligue internationale des enseignants d'espéranto.

Le quartier de Kindonou abrite le laboratoire de fabrication numérique Blolab.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

La ville compte un campus de l'Université des sciences et technologies du Bénin et un campus de l'Université africaine de technologie et de management. On y trouve aussi l'École nationale d’économie appliquée et de management de Cotonou.

De même, un campus de l'École pour l'informatique et les nouvelles technologies (EPITECH) y a récemment été implanté.

La ville comprend également un établissement privé spécialisé en Génie Civil, l'École Supérieure de Génie Civil Véréchaguine AK.

Transports[modifier | modifier le code]

Transport routier[modifier | modifier le code]

Cotonou compte près de 200 000 Zemidjans (Taxi Moto).
Embouteillage sur le pont de Tokpa.

Cotonou est reliée par route aux différents pays de la région : Nigeria, Togo, Niger, Burkina Faso.

Gare centrale de Cotonou

La ville dispose d'un réseau routier mixte composé de quelques routes bitumées de bonne qualité et d'une majorité de rues non bitumées plus ou moins praticables selon l'importance des pluies compte tenu de leur aspect très bosselé.

La ville dispose de deux grands moyens de transport routier : les bus et les zemidjans (des taxi-motos), plébiscités par la majorité des cotonois. Les taxi-voitures occupent également une part non négligeable du transport de personnes dans la ville.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Cotonou est relié à Parakou, dans le nord du Bénin, par la ligne de chemin de fer du Bénin-Niger, fermée au trafic voyageur.

Origine Arrêt précédent Train Consultez la documentation du modèle Arrêt suivant Destination
Niamey Parakou Consultez la documentation du modèle [Non indiqué] Lomé Lomé

Transport aérien[modifier | modifier le code]

La ville est reliée par le transport aérien avec l’aéroport international de Cotonou.

Culture[modifier | modifier le code]

Démonstration du Ballet national du Bénin.

La zone urbaine de Cotonou compte des espaces culturels institutionnels, mais ce sont les initiatives indépendantes qui sont les plus actives. Ainsi la Biennale des Arts lancée en 2009 à l'initiative d'artistes et d'associations se développe avec les lieux alternatifs. L'artiste Dominique Zinkpè, père de Sikamè Zinkpè, est l'un des plus actifs du pays et a réalisé des actions et des performances artistiques à dimension écologique et sociale, telles que la proposition d'arrêter la circulation des motos-taxis pour quelques minutes à une heure de grande affluence, provoquant une réduction de la pollution.

Le Ballet national du Bénin, ou Ensemble artistique et culturel du Bénin (EACB), est basé à Cotonou, où il assure des activités culturelles.

Le hall des arts, loisirs et sports (HALS) est un espace où l'on joue des spectacles et qui accueille régulièrement des évènements de tous genres[18].

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens : Archidiocèse de Cotonou (Église catholique), Église protestante méthodiste du Bénin (Conseil méthodiste mondial), Église du christianisme céleste, Union des Églises Baptistes du Bénin (Alliance baptiste mondiale), Living Faith Church Worldwide, Redeemed Christian Church of God, Assemblées de Dieu [19]. Il y a aussi des mosquées musulmanes.

Galerie[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. « Bénin • Fiche pays • PopulationData.net », sur PopulationData.net (consulté le )
  3. Höftmann Hildegard, Dictionnaire fon-français : avec une esquisse grammaticale, Cologne, Rüdiger Köppe Verlag, , 424 p. (ISBN 3-89645-463-3 et 9783896454638, OCLC 53005906, lire en ligne), p. 265, 268, 368
  4. Mathurin C. Houngnikpo, Samuel Decalo, Historical Dictionary of Benin, Rowman & Littlefield, États-Unis, 2013, p. 117
  5. Sotindjo, Sebastien Dossa, Cotonou : l'explosion d'une capitale économique (1945-1985), l'Harmattan, (ISBN 978-2-296-11151-6 et 2-296-11151-3, OCLC 1130937872, lire en ligne)
  6. Pliya, Jean., Migrations historiques et peuplement dans les régions lagunaires du Bénin méridional. (OCLC 40807153, lire en ligne)
  7. « Cahier FZ Cotonou (s).pdf », sur Google Docs (consulté le )
  8. Bénin: l'inexorable avancée de la mer qui mange la côte de Cotonou, AFP, 14 décembre 2007.
  9. a et b [PDF] Le Bénin en chiffres, page 8 ; site=INSAE : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (du Bénin).
  10. [PDF] [2].
  11. http://www.citypopulation.de/php/benin-admin.php.
  12. La langue française dans le monde, Édition 2014 : http://www.francophonie.org/Langue-Francaise-2014/, p. 30.
  13. Britannica, Cotonou, britannica.com, États-Unis, consulté le 4 août 2019
  14. Hermann Boko, « A Cotonou, l’agriculture urbaine perd du terrain face au béton », Le Monde, 9 août 2017.
  15. « Bénin : le CNE installé par le Président Patrice Talon (vidéo) - Bénin Web TV », sur Bénin Web TV, (consulté le ).
  16. « Bénin / Installation du CNE : «les acteurs politiques vont vivre un deuil», Patrice Talon », sur Banouto (consulté le ).
  17. https://eventaservo.org/e/ILEI_54
  18. « HALS (HALL DES ARTS LOISIRS ET SPORTS) - Centre de loisirs », sur Go Africa Online (consulté le )
  19. J. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, États-Unis, 2010, p. 338
  20. « Coopération Nord-Sud et co-célébration du 1er Août : Une charte d’amitié signée (...) - Fraternité », sur www.fraternitebj.info (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Idelphonse Affogbolo et Émile Ologoudou (et al.), Cotonou : regards sur une ville, Éditions esprits libres, 2004, 249 p.
  • Cotonou, une métropole en devenir : pour mieux connaître la ville hier et aujourd'hui, Direction de la presse écrite du Ministère de la culture et de la communication, Cotonou, 1998, 50 p.
  • Fondation ATEF-OMAIS et Viviane Froger Fortaillier (photographies), Guide FATOM de Cotonou, Porto Novo, Ouidah et Ganvié, éd. Sepia, 318 p.
  • Sébastien Dossa Sotindjo, Cotonou l'explosion d'une capitale économique : (1945-1985), Paris, Éditions de L'Harmattan, coll. « Études africaines », , 336 p. (ISBN 978-2-296-24857-1 et 2-296-24857-8, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]