Climat équatorial

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Carte des climats mondiaux:
  •      climat équatorial

Le climat équatorial est un type de climat de la zone chaude intertropicale. Il concerne les régions voisines de l'équateur.

Caractérisation[modifier | modifier le code]

Climat équatorial à Iquitos (Pérou)
La forêt équatoriale guyanaise

Au plus proche de l'équateur ce climat se caractérise par une seule saison, de fortes précipitations dont les maximums d'intensité sont aux équinoxes, ainsi qu'une chaleur élevée quasiment constante toute l'année.

La température moyenne est de 28 °C. C'est un climat chaud mais humide, ce qui donne l'impression de moiteur et d'un temps lourd.

La pression atmosphérique est toujours basse. Les vents sont rares, hormis quelques tornades ou typhons liées à de faibles pressions locales. Les pluies sont presque quotidiennes pour un total annuel d'environ 1755 mm. ; beaucoup plus abondantes aux équinoxes et tombant plutôt en soirée. En effet, l'air chaud se charge en humidité et connaît un mouvement ascendant. Avec l'altitude, il se produit un refroidissement (avec formation de nuages de type cumulo-nimbus) qui provoque des pluies souvent violentes. Ce mélange de chaleur et le niveau important d'humidité permet l'épanouissement de la forêt équatoriale qui est le biome le plus riche en biodiversité.

Influence hydrologique[modifier | modifier le code]

Alimentés par des pluies presque quotidiennes, ils ont souvent des débits gigantesques : le Congo écoule 40 000 mètres cubes à la seconde et l'Amazone, près de 150 000.

Influences sur les sols[modifier | modifier le code]

Les sols sont lessivés et donnent l'argile latéritique de couleur rouge (due à la présence d'oxyde de fer), les autres minéraux solubles (en particulier les bases) ayant été entraînés. Ce sont généralement des sols pauvres. Sa végétation naturelle est la forêt dense (ou jungle).

Influence du climat tropical sur la biodiversité[modifier | modifier le code]

Les récifs coralliens tropicaux[1] et certaines zones des forêts tropicales de Bornéo et de l'Amazonie abritent une biodiversité réellement extraordinaire (jusqu’à plus d'espèces différentes d'arbres sur un demi-kilomètre carré que toutes les forêts tempérées d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie réunies !)[2].
Bien comprendre les raisons de ces exceptions est nécessaire pour découvrir quels sont tous les facteurs potentiels de biodiversité[3]. Des facteurs lié à la latitude semblent important (la diversité en espèce augmente vers l’équateur et diminue vers les pôles) ; pour mieux les déterminer on peut inventorier les différences géographiques de répartition de la biodiversité puis tenter de les relier à des processus écologiques particuliers [3],[4], [5]et/ou à des processus évolutifs [4],[6]. C’est un travail de longue haleine dont les premiers résultats confirment les écosystèmes tropicaux ont des taux beaucoup plus élevés de diversification, d'origine de clade et de dispersion de clade[6]. Aucun élément ne permet cependant actuellement de faire des liens directs entre des gradients de processus écologiques « locaux » au gradients « géographiques » de biodiversité.
Une étude récente (sept 2017) confirme une variation géographique de ce que les écologues anglophones nomment « storage effect » ; en zone tropicale ce « mécanisme écologique » réduit plus fortement le « potentiel d'exclusion concurrentielle » que dans les zones tempérées et boréales. On observe une réduction du « ratio de compétition interspécifique / intraspécifique » de 0,25% pour chaque degré de latitude faisant qu’un écosystème est plus près de l'équateur. Autrement dit : plus on est proche de l’équateur, plus un écosystème à de chances d’abriter des communautés plus diversifiées d’organismes.De plus, les auteurs constatent que la variation latitudinale du climat sous-tend ces différences : les saisons sont de plus longue durée en zone tropicale. Les contraintes sur la reproduction saisonnière y sont donc moindres, ce qui permet un étalement des naissances / germinations et production de propagules sur une plus grande période de l’année ce qui facilite grandement le partage des ressources et de l’espace dans la niche écologique, grâce à l'effet « storage effect  ». Cette étude conclut que l'effet « storage effect  » a un effet et une force d’autant plus importants sur la diversité au sein des communautés que le lieu est proche de l’équateur (aspect latitudinal[7]) et en association avec un climat « favorable », et elle souligne l'importance de la biogéographie pour les interactions biotiques et les patterns de diversité géographique. Alors que la biodiversité s’effondre sur une part croissante de la planète, et que le dérèglement climatique semble bien amorcé, les auteurs insistent sur l’importance de mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent les processus écologiques dépendants de la biogéographie.

  1. Connell, J. H. (1978) Diversity in tropical rain forests and coral reefs. Science 199, 1302–1310
  2. Wright J.S (2002) Plant diversity in tropical forests: a review of mechanisms of species coexistence. Oecologia 130, 1–14
  3. a et b MacArthur R.H (1984) ([https://books.google.fr/books?hl=fr&lr=&id=3NAYEKc--WAC&oi=fnd&pg=PR11&dq=Geographical+Ecology:+Patterns+in+the+Distribution+of+Species&ots=MsUM2PpMUZ&sig=qWu1MMmgO087DTxbBzQreTkKqos lien) (Princeton Univ. Press
  4. a et b Pianka, E. R. (1966) Latitudinal gradients in species diversity: a review of concepts. Am. Nat. 100, 33–46
  5. Givnish, T. J. (1999)</ “http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1046/j.1365-2745.1999.00333.x/full On the causes of gradients in tropical tree diversity]”. J. Ecol. 87, 193–210
  6. a et b Schemske, D. W., Mittelbach, G. G., Cornell, H. V., Sobel, J. M. & Roy, K. (2009) Is there a latitudinal gradient in the importance of biotic interactions ? Annu. Rev. Ecol. Evol. Syst. 40, 245–269
  7. Mittelbach, G. G. et al. (2007) Evolution and the latitudinal diversity gradient: speciation, extinction and biogeography. Ecol. Lett. 10, 315–331