Assemblées de Dieu

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Assemblées de Dieu
Acronyme WAGF
Mouvement Christianisme évangélique
Courant Pentecôtisme
Siège Springfield (Missouri), USA
Territoire Mondial
Fondation 1988
Membres 67 millions
Églises membres 366 105
Site web worldagfellowship.org

Les Assemblées de Dieu (ADD), officiellement l’Association mondiale des Assemblées de Dieu, sont un regroupement d'Églises chrétiennes protestantes évangéliques de courant pentecôtiste, présent au niveau mondial. On parle aussi d'Église (protestante évangélique) de Pentecôte, ou encore d'Église (protestante évangélique) pentecôtiste. En 2014, le mouvement regroupait quelque 67 millions de membres répartis dans 212 pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

E.N. Bell, premier surintendant des Assemblées de Dieu.
Siège international des Assemblées de Dieu à Springfield, Missouri.

L'histoire des ADD prend racine dans les débuts du réveil protestant évangélique appelé pentecôtisme[1],[2]. En 1901, le "Réveil de Pentecôte" commence dans le milieu protestant méthodiste du "Mouvement de Sanctification" avec le pasteur américain Charles Fox Parham, à Topeka (État du Kansas) qui affirme la continuité dans l'Histoire chrétienne et la réalité actuelle de "l'expérience (charismatique) de Pentecôte", dite aussi "baptême du (dans le) Saint-Esprit", doctrine essentielle qui donne son identité propre au pentecôtisme. Le 1er janvier 1901, après une première expérience de "parler en langue" (glossolalie) au Bethel Bible College de Topeka, dans l’État du Kansas, aux États-Unis, Parham théorise aussi le fait que ce don charismatique est un des signes majeurs du baptême du (ou dans le) Saint-Esprit. Plusieurs camps de prière seront organisés sous sa direction. C’est ainsi que le "Mouvement de la Foi Apostolique" (selon une appellation originale basée sur le titre de publications de Parham) se développe au Missouri, au Texas, en Californie et ailleurs[3]. Il se poursuit lors du Réveil gallois de 1904-1905 avec les évangélistes (proclamateurs publics de l’Évangile) protestants méthodistes (de tendance calviniste) Jessie Penn-Lewis et Evan Roberts. Puis en 1906, le Réveil d'Azusa Street prend place dans le centre-ville de Los Angeles sous la conduite du pasteur protestant baptiste William Joseph Seymour[4],[5]. Ces réveils protestants charismatiques successifs sont souvent regroupés et désignés comme formant la "première vague charismatique" (propre au pentecôtisme), pour les distinguer ainsi d'une deuxième survenue dans les années 1960 (souvent dénommée "Renouveau charismatique" et s'étant élargi hors du protestantisme jusque dans des franges du catholicisme) et d'une troisième vague survenue dans les années 1970 et 1980 (souvent dénommée "Dernière Pluie" ou "Mouvement de la Gloire" auquel se rattache l'actuelle nébuleuse des églises évangéliques dites "néo-charismatiques" ou "néo-pentecôtistes").

En 1914, de nombreux ministres du culte et laïcs de la "première vague charismatique" en expansion ont commencé à réaliser combien l'implantation du réveil pentecôtiste était profond. Les dirigeants ont senti le besoin de protéger et de préserver les résultats de ce réveil protestant évangélique en unissant le mouvement naissant en une Communauté unie. En avril 1914, environ 300 pasteurs et laïcs venant de 20 États et de pays étrangers ont été invités pour assister à une Assemblée Générale à Hot Springs, dans l’État de l'Arkansas, aux États-Unis, et ainsi discuter et prendre des mesures sur ces questions et sur d'autres besoins ecclésiastiques pressants[6]. Si cette Assemblée Générale n'a pu à l'époque former un conseil ecclésiastique mondial pentecôtiste (surtout du fait que le pentecôtisme hérite du baptisme une conception claire de l'autonomie des églises locales ou congrégationalisme), la communauté restante qui a émergé de la réunion a constitué de suite le "Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis d'Amérique" (General Council of the Assemblies of God in the United States of America). En 1916, la Déclaration de vérités fondamentales des Assemblées de Dieu est officiellement publiée et adoptée par les Assemblées de Dieu des États-Unis[7].

Avec le temps, des mouvements autonomes auto-financés (indépendants du Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis) ont été formés dans plusieurs pays à travers le monde, provenant soit de mouvements pentecôtistes locaux (en lien avec d'autres mouvements protestants, historiques et évangéliques) soit comme conséquence directe du travail des missions du Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis[8].

C'est en juillet 1988 qu'est enfin créé à Springfield (État du Missouri), aux États-Unis[9] un conseil général et international pentecôtiste dénommé officiellement "l’Association Mondiale des Assemblées de Dieu" (World Assemblies of God Fellowship).

En 2014, le mouvement des ADD regroupait quelque 67 millions de membres répartis dans 212 pays au sein de l’Association Mondiale des Assemblées de Dieu[10],[9],[11],[12], [13],[14],[15].

Programmes sociaux[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'Églises affiliées sont impliquées dans la vie communautaire de leur ville et dans des projets humanitaires (chrétiens) à l'étranger. Le développement communautaire, les secours d'urgence, le soutien aux démunis (personnes handicapées, prisonniers, malades, étrangers, etc.), l'aide alimentaire et le parrainage d'enfants défavorisés sont quelques-unes des actions réalisées par les Églises protestantes évangéliques pentecôtistes des ADD. Certaines branches nationales ont des ONG comme "Convoy of Hope" aux États-Unis et "ERDO" au Canada[16],[17]. Celles-ci affirment que l'aide est apportée à tous, sans distinction de conviction religieuse[18]. Les ADD possèdent aussi de nombreuses écoles privées (maternelles, primaires et secondaires), des universités privées ainsi que des facultés et instituts de théologie[19],[20].

Culte[modifier | modifier le code]

Culte à Dream City Church, affiliée aux Assemblées de Dieu, en 2007, à Phoenix, aux États-Unis
Temple Salem de Cotonou, affiliée aux Assemblées de Dieu, à Cotonou, au Bénin

Les croyants se rassemblent en général le dimanche matin, "jour du Seigneur" (mais parfois le vendredi ou samedi pour s'adapter aux jours hebdomadaires fériés dans certains pays) dans des lieux de culte pouvant être dénommés différemment selon les sensibilités ("églises", "temples" ou encore "salles de réunion") pour un office (appelé selon les usages protestants propres à certains endroits "service" ou "culte" [21]) visant principalement à l'adoration commune de Dieu. Des rencontres de prière et des réunions d'évangélisation ont également lieu en semaine[22].

Malgré certaines différences locales (dues à des sensibilités différentes), les offices débutent par une prière commune, des chants et de la musique chrétienne (on parle de louange) de différents styles selon les lieux et les sensibilités (dont la chorale, le cantique classique, le rock chrétien ou le gospel), puis suivent généralement une collecte d'offrandes (dons libres) et la célébration du "sacrement" (ou "ordonnance") de la Sainte-Cène (selon son approche protestante calviniste générale, chaque église locale choisissant sa périodicité, soit lors des quatre grandes célébrations généralement adoptées par les protestants, soit un dimanche par mois, soit chaque dimanche). Enfin le culte culmine par la prédication d'un enseignement pratique (appelé "sermon" ou "message") ne se fondant exclusivement que sur les enseignements de la Bible, dont les "saintes écritures" sont considérées comme seules normatives en matière de foi. Dans beaucoup d'églises affiliées, il y a des classes adaptées pour les enfants (on parle généralement d'écoles du dimanche où un "catéchisme" de base est dispensé aux enfants inscrits des membres de l'église locale), voire pour les adolescents (on parle généralement de groupes de jeunes où des activités diverses en lien avec la foi chrétienne est proposée aux enfants adolescents inscrits des membres de l'église locale).

Croyances[modifier | modifier le code]

Les pentecôtistes sont "chrétiens". Ils ont une conception trinitaire de Dieu (soit un seul et unique Dieu, celui de la Bible, qui se compose de trois personnes distinctes : "le Père", "le Fils" à savoir Jésus-Christ et le Saint-Esprit). Ils ne rendent de culte et d'adoration qu'à Dieu seul (sans utiliser de support figuratif quelconque pour cela, puisque perçu comme une forme d'idolâtrie).

Les pentecôtistes sont "protestants", s'inscrivant dans la lignée des grands Réformateurs du 16ème siècle, et sont notamment héritiers des enseignements de Jean Calvin, via leur ascendance conjointe du méthodisme (issu notamment de l'anglicanisme protestant de ladite "basse-église") et du baptisme (issu notamment de l'anglicanisme calviniste puritain). De ce fait, ils professent les cinq grandes affirmations théologiques du protestantisme, appelés aussi les "cinq solas" : "Écriture seule", "Foi seule", "Grâce seule", "Christ seul" et "À Dieu seul la gloire". Ainsi, comme tous les protestants, ils ne se réfèrent qu'à la Bible comme unique socle doctrinal de la foi chrétienne (la pratique et les révélations charismatiques ne pouvant s'ils viennent réellement de Dieu être en opposition aux affirmations bibliques) et considèrent que le "Salut" est une "grâce" (faveur imméritée et accordée libéralement) de Dieu acquise à la Croix par le sacrifice parfait de Jésus-Christ, ne pouvant s'obtenir que par l'exercice de la foi dans la personne et l’œuvre expiatoire du Christ, d'où découlent ensuite de "bonnes œuvres" vues comme conséquentes à cette foi et non "méritoires" en elles-mêmes.

Les pentecôtistes sont "évangéliques" (et non "évangélistes" comme le veut un abus de langage aujourd'hui très répandu), s'inscrivant dans la lignée des "réveils protestants" successifs depuis l'anabaptisme, et pour leur lignée propre au travers du méthodisme et du baptisme. De ce fait, ils considèrent le "Salut" comme résultant d'une foi personnelle et non d'une foi collective (au travers d'un lien familial, social et/ou culturel). Aussi, comme tous les évangéliques, ils prônent un christianisme "professant" et non "multitudiniste", indépendant de tout "État" et "autorités politiques". En conséquence, ils considèrent que le Salut par la foi se réfère à une foi personnelle, murie et proclamée qui consiste pour le nouveau croyant à "accepter dans son cœur et proclamer publiquement Jésus-Christ comme son Sauveur personnel et son Seigneur", cette étape fondamentale et initiale de la vie chrétienne étant appelée "naissance d'en haut" ou "nouvelle naissance" qui s'accompagne d'une "régénération" de l'âme et de l'esprit par l'action du Saint-Esprit, signe spirituel que le croyant est "né d'en haut/ né de nouveau", qu'il constitue aux yeux de Dieu une "nouvelle création", "un enfant de Dieu" (par adoption spirituelle), un membre de "l’Église" (vue comme une entité spirituelle et invisible dont les contours ne sont connus que de Dieu seul et qui ne correspond pas nécessairement à une dénomination ecclésiastique précise) et donc un véritable "chrétien" (au sens spirituel du terme ce qui ne désigne pas une affiliation officielle à une quelconque dénomination chrétienne).

Les pentecôtistes sont "charismatiques", et considèrent de ce fait que les dons charismatiques dit traditionnellement "extraordinaires" (parmi lesquels le don de prophétie, de guérison miraculeuse et de glossolalie) dont on retrouve des témoignages dans l'Église primitive naissante (celle du 1er siècle de l'ère chrétienne décrite notamment dans le Nouveau Testament, deuxième et principale partie de la Bible chrétienne) ont toujours été et sont toujours opérants dans l’Église (entité spirituelle et invisible) d'aujourd'hui. Ils s'opposent ainsi théologiquement aux chrétiens dits "cessationistes" (tant catholiques que protestants) qui considèrent quant à eux ces dons charismatiques comme une dispensation temporaire du Saint-Esprit au 1er siècle uniquement. Les pentecôtistes considèrent cependant, comme une ligne de pensée qui a fait leur spécificité théologique dans le milieu protestant évangélique (quoi que cette position soit aujourd'hui partagée par les néo-charismatiques/ néo-pentencôtistes et une grande partie des églises appartenant au baptisme), que cette dite "expérience de Pentecôte" consiste en une seconde expérience phare de la vie chrétienne après la nouvelle naissance, appelée couramment le "baptême du (ou dans le) Saint-Esprit".

La théologie protestante des Assemblées de Dieu est donc une théologie évangélique pentecôtiste [23]. Ses croyances sont énoncées dans la Déclaration de vérités fondamentales des Assemblées de Dieu adoptée par les Assemblées de Dieu des États-Unis en 1916[7]. Selon cette déclaration, les pentecôtistes reprennent la pensée protestante évangélique baptiste du congrégationalisme (autonomie stricte des églises locales dans la communion fraternelle, ce qui n'empêche en rien les affiliations sous forme de "conseils", "associations" et "fédérations") et du crédobaptisme (baptême du croyant sur profession de foi personnelle et libre, ce qui réduit l'accès au baptême qu'aux personnes spirituellement mâtures, à savoir des adultes ou de grands adolescents)[24].

Ministère féminin[modifier | modifier le code]

Les Assemblées de Dieu des États-Unis autorisent officiellement le ministère des femmes depuis 1927 [25]. C'est aussi le cas (à des dates postérieures) pour d'autres noyaux nationaux des Assemblées de Dieu dans le monde, mais certains autres ne l'autorisent toujours pas à ce jour[réf. nécessaire].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, États-Unis, 2004, p. 37, 533
  2. William H. Swatos, Peter Kivisto, Encyclopedia of Religion and Society, Rowman Altamira, États-Unis, 1998, p. 358
  3. CROIR, Pentecôtisme, Site web croir.ulaval.ca, Canada, consulté le 19 novembre 2017
  4. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, États-Unis, 2004, p. 47
  5. Olivier Favre, Les églises évangéliques de Suisse: origines et identités, Labor et Fides, (ISBN 9782830912159, lire en ligne), p. 53
  6. John Stephen Bowden, Encyclopedia of Christianity, Oxford University Press, Royaume-Uni, 2005, p. 88
  7. a et b George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the United States, Volume 5, Rowman & Littlefield, États-Unis, 2016, p. 147
  8. General Council of the Assemblies of God (États-Unis) - Our History (2006)
  9. a et b World Assemblies of God Fellowship, History of WAGF, worldagfellowship.org, États-Unis, consulté le 11 aout 2018
  10. Jeff Oliver, Pentecost To The Present Book Three: Worldwide Revivals and Renewal, Bridge Logos Inc, États-Unis, 2017, p. 105
  11. Encyclopedia of World Christianity, le World Christian Database et Asia Pacific Mission Office
  12. Frédéric Dejean, L’évangélisme et le Pentecôtisme, Géographie et cultures, 68, France, 2009
  13. André Mary, Révolution pentecôtiste au Nigeria, Archives de sciences sociales des religions, 156, France, 2011
  14. Joël Noret, Le pentecôtisme au Togo: éléments d'histoire et développement, Autrepart, 31, Belgique, 2004
  15. Joël Noret, Les Assemblées de Dieu du Burkina Faso en contexte, Civilisations, 51, Belgique, 2004
  16. Stanley M. Burgess, Paul W. Lewis, A Light to the Nations: Explorations in Ecumenism, Missions, and Pentecostalism, Wipf and Stock Publishers , États-Unis, 2017, p. 200
  17. Chris Clay, Lorne Park native in Nepal describes what it was like when earthquake hitNEWS, worldagfellowship.org, États-Unis, 12 mai 2015
  18. ERDO, Comment nous travaillons, erdo.ca, Canada, consulté le 12 juillet 2018
  19. George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christian Education, Volume 3, Rowman & Littlefield, États-Unis, 2015, p. 84
  20. Charl Wolhuter, Corene de Wet, International Comparative Perspectives on Religion and Education, African Sun Media, South Africa, 2014, p. 65
  21. Sébastien Fath, Dieu XXL, la révolution des mégachurches, Édition Autrement, France, 2008, pages 33-34
  22. Yannick Fer, « Salut personnel et socialisation religieuse dans les assemblées de Dieu de Polynésie française », Anthropologie et Sociétés,‎ , p. 183-199 (DOI https://dx.doi.org/10.7202/015988ar)
  23. Roger E. Olson, The Westminster Handbook to Evangelical Theology, Westminster John Knox Press, États-Unis, 2004, p. 35
  24. Douglas Jacobsen, Thinking in the Spirit: Theologies of the Early Pentecostal Movement, Indiana University Press, États-Unis, 2003, p. 195
  25. Lisa Stephenson, Dismantling the Dualisms for American Pentecostal Women in Ministry, BRILL, États-Unis, 2011, p. 46

Liens externes[modifier | modifier le code]