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Bouaké

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Bouaké
Bouaké
Administration
Pays Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
District Vallée du Bandama
Région Gbêkê
Département Bouaké
Maire
Mandat
Amadou Koné
2023-2028
Démographie
Gentilé Bouakéen(e), Bouakois(e)
Population 832 371 hab.[1] (2021)
Densité 711 hab./km2
Géographie
Coordonnées 7° 41′ 00″ nord, 5° 01′ 59″ ouest
Superficie 117 000 ha = 1 170 km2
Localisation
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Bouaké
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Bouaké

Bouaké, appelée Gbékékro jusqu'en 1900, est une ville du centre de la Côte d'Ivoire, située à 350 km environ d'Abidjan. Capitale du district de la Vallée du Bandama et chef-lieu du département homonyme et de la région du Gbêkê, avec une population d'environ 832 371 habitants[2]. Son agglomération englobe environ 1,5 million d'habitants en comptant toutes les localités agglomérées qui y sont rattachées. Bouaké est la deuxième ville la plus peuplée du pays après Abidjan.

Desservie par la ligne des chemins de fer Abidjan-Niger qui relie Abidjan à Ouagadougou au Burkina Faso, Bouaké constitue un carrefour commercial important, et abrite à cet effet un marché de gros de renommée sous-régionale, le seul d'Afrique de l'Ouest[3]. La ville dispose d'un réseau de transports urbains moderne qui comprend des bus et des taxis.

La population bouakéenne (ou bouakoise), est constituée essentiellement de Baoulés originaires du Ghana. Appelée capitale des populations d'ethnie baoulé, Bouaké était restée, de 2002 à l’élection présidentielle de fin 2010, sous le contrôle des Forces armées des forces nouvelles, et était devenue la capitale de la rébellion. La ville s'est également rendue célèbre à travers son carnaval, événement culturel fortement médiatisé jusqu'à une date récente. La ville renaît et connaît un développement.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Grains de café au stade de la maturation.

La ville de Bouaké se trouve au centre de la Côte d'Ivoire, sur un relief plat et peu élevé, avec une importante constellation de villages autour d'elle : 143 villages sont dénombrés dans un rayon de 20 kilomètres[4]. Bouaké est recouverte d'une savane boisée et traversée par la rivière Kan, affluent du N'Zi. Le Centre de la Côte d'Ivoire étant un peu plus « touffu » que le Nord, cela explique la présence de plantations de cacaoyers et de caféiers dans la région bouakéenne[5].

Bouaké, située à la latitude 7°69 N et à la longitude 5°03 O, s'étend sur une superficie d'environ 72 km2[6]. Desservie par les autoroutes A3 et A8, elle se situe au nord des villes de Tiébissou et Didiévi, au sud de Dabakala et Katiola, à l'est de Béoumi, Botro et Sakassou et à l'ouest de Brobo et M'bahiakro sur l'A8, Satama-Sokoro et Satama-Sokoura sur l'A10.

Climat[modifier | modifier le code]

Bouaké est influencée par un climat tropical humide. Bouaké[7] possède un climat plus « sain » qu'Abidjan[8]. Le climat du Nord est plus contrasté que celui du Sud : l'amplitude thermique est plus élevée (22e à 35e = 13)[8]. L'ensoleillement est plus constant et l'hygrométrie (pluies) plus faible qu'au sud.

On distingue deux saisons pour le climat du nord : la saison des pluies allant de mai à novembre et la saison sèche allant de novembre à mai. L'harmattan, le vent du Sahara, intervient dans la saison sèche vers janvier-février, transportant du sable et desséchant tout sur son passage[8]. La période la plus confortable pour voyager est celle de novembre à mars : le ciel est bleu, l'air sec et les nuits plus fraîches.

On distingue quatre saisons pour la ville de Bouaké[9] :

Climat - Ville de Bouaké.
Mois Température (C) Précipitations (mm)
janvier 27.1 13
février 28.0 46
mars 28.4 92
avril 27.9 140
mai 27.2 154
juin 26.1 135
juillet 24.8 99
août 24.5 108
septembre 25.5 225
octobre 26,0 140
novembre 26.7 35
décembre 26.7 23

Géologie et pédologie[modifier | modifier le code]

Sur le vaste plateau du massif libérien, d'âge précambrien qui forme l'intérieur du pays, il est rare d'apercevoir les roches sous-jacentes, à savoir les schistes cristallins ou orthogneiss. Au nord de Bouaké, il existe aussi une zone de schistes et quartzites fortement redressés, par plissement. Les roches schisteuses fortement dégradées donnent naissance, soit par formation locale de latérites qui amenuisent les bancs de quartz, à des éluvions, soit, par mobilisation et transport par l'eau, à des alluvions : les éluvions demeurant in situ et les alluvions des rivières peuvent être exceptionnellement aurifères. Les pegmatites de Bouaké sont aussi susceptibles de fournir des plaques de micas blancs ou muscovite[10]. Des couches de minerais à base de chalcopyrites peuvent être exploitées dans le pays baoulé.

Les sols autour de Bouaké, et d'une manière générale du Baoulé, dans le triangle formé par la Bandama à l'ouest et le N'Zi à l'est, sont des terrains argileux et poreux, qui supportent une végétation de bois et de savane, cette dernière après une longue dégradation anthropique[11].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Avant la fin du XIXe siècle, le nom de la ville était Gbékékro. Kro signifiant un "endroit habité et protégé", soit au choix une ville ou une agglomération, un village ou un campement en baoulé, Gbékékro signifie donc la « ville de Gbéké » en référence au chef Gossan Gbéké, ancien roi de Gbékékro au XIXe siècle.

S'agissant du nom actuel, Bouaké, deux hypothèses peuvent être formulées[12]:

  • le nom du chef Kwa Gbéké a connu des déformations successives pour devenir Bouaké ; Gbouéké est cité comme le roi de race baoulé qui fonde la ville en 1865[13];
  • le nom Bouaké proviendrait selon une tradition populaire de deux mots baoulés : « Boua » qui signifie mouton et « Ké » qui signifie sec. En effet, à l'arrivée des Baoulés sur les lieux, ils auraient été étonnés de voir des Dioulas faire sécher des peaux de moutons.

Histoire[modifier | modifier le code]

La savane boisée des Baoulés du XXe siècle, ce "pays baoulé" charnière entre terres arborées de plantations et cultures villageoises, n'a pas toujours existé[14]. De nombreux indices, sans mentionner les mythes de "petits hommes" premiers habitants, témoignent de la présence d'une grande forêt dense et humide[15].

Histoire précoloniale[modifier | modifier le code]

Ce recul forestier aurait duré des millénaires et explique l'importance cruciale des échanges au nord entre les amonts des fleuves Sénégal et Niger, et la position complètement marginale de la contrée étudiée aux temps des florissantes entités successives (royaume de Ghâna vers l'an mil, l'empire musulman du Mâli vers 1300 et l'empire Songhai vers 1500). Mais il ne faudrait nullement en conclure, du fait de l'ancienne variété des paysages et de l'adaptation des techniques plurimillénaires, à un effacement ou une moindre puissance des groupements ashantis.

En dépit d'un premier désenclavement maritime du Golfe de Guinée par les navigateurs portugais, à la fin du XVe siècle (à l'initiative du prince Henri le Navigateur)[16], l'économie régionale, marquée longtemps par des axes fluviaux médiocres et des routes caravanières secondaires, reste invariablement tournée vers l'arrière-pays, apportant du nord le sel et la poudre. Avant le XIXe siècle, l'agglomération initiale devenue Bouaké est une des multiples stations des routes caravanières, alimentant également au Sud un important marché aux esclaves des Portugais dans le cadre du commerce triangulaire[17].

Dès le début du XVIIIe siècle, les Akans, qu'ils soient Agni ou Baoulé, investissent irrésistiblement le sud-est de l'actuelle Côte d'Ivoire, égrenant royaumes et chefferies vers 1715 au son du grand tam-tam et apportant leurs trois grandes divinités "Firmament, Terre et Ancêtres"[18]. Au cours de ce siècle, dans les environs de Bouaké, les derniers villageois sénoufos et mandés (Gouro) sont refoulés par les Baoulés, qui prennent, par leurs rois, artisans et paysans, le contrôle de la région[19]. Les ethnologues ont remarqué la variation des traits caractéristiques des Baoulés migrant vers l'ouest : ils changent insensiblement par un long métissage autant génétique que culturelle. Les forgerons baoulés ne fabriquent pas seulement la lance du guerrier et la hache du bûcheron, ils sont aussi souvent après spécialisation, maître charpentier ou sculpteur, orfèvre expérimenté confectionnant des bijoux en or (plaquettes, épingles à cheveux, petits masques) ou fondeur de métaux précieux pour les échanges monétaires (sombé).

Les masques sculptés par ces artisans polyvalents, sont généralement en bois dur, ornés de pigments naturels et décorés par des tissus, des coquillages, des plumes, de fleurs et autres éléments colorés. Ils restent souvent associés à un type de cérémonie ou même à une occasion rituelle précise, et gardent une grande importance dans la culture et la religion baoulées. Ces pièces souvent uniques, en terme de design ou de détails, et non en terme d'intercession avec les ancêtres et les esprits, sont souvent considérées aujourd'hui comme des œuvres d'art à part entière.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Un chef traditionnel et sa délégation exécutant des pratiques « animistes ».

C'est en 1858 qu'est fondé le marché rural de Gbékékro, avec celui de Kotia Kofikro[20]. Son chef est Gossan Kwa Gbeke, roi baoulé et chef charismatique de guerre, sage légendaire connu pour l'autorité exercée sur son peuple, c'est-à-dire ses partisans[21], de la tribu des Assabous (groupe Akan). Il aurait succédé à la reine Pokou et à sa nièce Akwa Boni, connues pour leur grande épopée légendaire à travers la savane baoulé jusqu'à l'installation définitive de la famille royale baoulé dans la région de Oualébo à la fin du XVIIIe siècle.

Le vieux Gossan Kwa Gbeke, s'inventant, avec le chef Kotia Kofi[22], fondateur du village de kotia koffikro, un rôle d'arbitre et de médiateur avec l'appui des « Touré » a savoir Mori Touré Fondateur de Marabadiassa et de Souleymane Touré son frère et son successeur, préside la cérémonie officielle de conclusion du traité de non-agression avec Samory Touré[21] dans le village de Kotia Kofikro appelé communément Koutchakro ( situé au Nord actuel de Bouaké) en 1893[22]. À la mort de Gossan Kwa Gbeke en 1897, Kouassi Blé lui succède[21].

À la suite de l'accord de non-agression, le marché agro-pastoral de Kotia Kofikro (quartier actuel de Koutchakro) est transformé en un important marché d'esclaves ou ( captifs) à partir de 1894[22]. Jusqu'en 1898, tous les captifs des guerres samoriennes (pouvant aller jusqu'à plusieurs centaines par jour) étaient conduits à ce marché pour y être vendus, principalement aux chefs baoulés et gouro[22].

Jouant la concurrence avec les troupes anglaises qui ont soumis le Ghana voisin, la France a décidé de contrôler au plus vite les pistes et les rivières qui mènent vers le nord, à partir du port français de Grand-Bassam. Émerge ainsi le rôle stratégique de Bouaké et du pays baoulé. Les premiers Français atteignant Bouaké sont le capitaine Jean-Baptiste Marchand et ses tirailleurs qui y passent en décembre 1893 (débarqués en mai 1893 à Grand Lahou)[23]. Puis, en février 1895, un tirailleur venu du Soudan français est envoyé comme "garde-pavillon" auprès du chef Kwa Gbeke, qui repart en juin 1895[23]. Mi-1896, un poste militaire français est installé à Gbékékro par le capitaine Braulot (accompagné de tirailleurs et de l'administrateur colonial Maurice Delafosse), puis il est évacué en octobre 1896[23].

La victoire des Français est finalement acquise sur le front soudanais contre l'Almamy Samory Touré par quelques forces d'infanterie venues à pied du Sénégal et des troupes d'infanterie de marine venues de Grand Bassam, avec un vigoureux appui décisif de populations menacées ou hostiles à ces chefferies autant traditionnelles qu'esclavagistes. Délaissant les autres centres de chefferie du nord à la vindicte villageoise, la minuscule armée française décide de conquérir, puis de s'installer et pacifier la ville fondée par Gossan[24].

En 1898, le centre d'important trafic entre nord et sud, qui deviendra Bouaké, lieu d'implantation d'un nouveau poste colonial, compte 600 habitants[20]. Les Baoulés se sont enrichis pendant les récents conflits en fournissant, à des taux de change avantageux, armes et poudres à l'Almany, recevant foule de captifs aussitôt envoyés vers le sud, vers les gisements aurifères ou les exploitations de caoutchouc lianes[25].

En août 1898, l'armée française implante, avec la 8e compagnie du Régiment de tirailleurs Soudanais arrivant de Bobo-Dioulasso (par Kong puis Satama-Sokoura) sous la conduite du capitaine Paul Auguste Benoit[26],[27], un poste militaire (actuel camp du 3e Bataillon de Bouaké) à l'ouest du village de Gbêkêkro[21],[28],[23]. De 1898 à 1900, s'ensuit ainsi une longue guerre générale, où se placent entre retour de bataille contre Samory diverses escarmouches sanglantes entre troupes françaises et fraction rebelle de la population gbékékroise. La rébellion gbékékroise se solde par une terrible défaite : le village de Gbêkêkro est passé aux flammes, mais le chef Kouassi Blé, instigateur paradoxalement épargné, est relégué à une douzaine de kilomètres à l'est de Gbêkêkro[23]. Kouassi Blé y crée Kouassi-Blékro, où siège désormais paisiblement la grande chefferie Gossan de Bouaké[21]. Ce déplacement de la chefferie est un évènement important parce qu'il donne les mains libres aux militaires coloniaux pour administrer les terres de Bouaké : le pouvoir coutumier et l'ancien droit de propriété foncière se sont évanouis [20]. Fin 1898, le marché d'esclaves de Kotia Kofikro est fermé et le chef Kotia Koffi exécuté[29]. Le quartier "Liberté" (existant encore à Bouaké et également nommé "Djambourou"[23]) est construit pour y loger les esclaves libérés[22].

Dès 1899, pour susciter la sédentarisation des commerçants musulmans passant par Bouaké pour relier le sud ou le nord de la colonie, les militaires français encouragent la création d'une mosquée (dont les premiers imams sont Amadou Cissé, puis Makan Diallo à partir de 1905) au quartier Djambourou[23]. Les Français cherchent à rallier les musulmans à leur cause et donnent aux Dioula le monopôle du commerce entre Tiassalé et le Soudan français[23]. C'est ainsi la naissance du quartier Dougouba où ces commerçants s'installent également[23].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Naissance de la moderne Bouaké[modifier | modifier le code]

À la suite de la défaite, quelques colons français s'installent à la suite d'une chétive administration civile, mais aussi une foule de populations diverses des anciennes chefferies, venues servir les nouveaux maîtres[30]. À Bouaké, au début du XXe siècle, existait seulement un poste militaire, un quartier européen (quartier Commerce, créé en 1910 par le gouverneur Gabriel Angoulvant) et trois villages[4] : celui des représentants baoulés (sur la route allant à Maraba-Dyassa), celui de Liberté (500 habitants), et celui Mandés-Djoulas de Dougouba (400-500 habitants)[23],[31]. En 1905, Bouaké désigne une des cinq conscriptions du cercle du Baoulé, la plus au nord, les autres postes ou conscriptions sont Toumodi, le chef-lieu du cercle, Tiassalé la plus méridionale, Ouossou et Kodiokofi/Kouadiokofi dont les centres sont respectivement au nord-est et au sud du chef-lieu[32]. Cette même année, les postes militaires sont supprimés en pays baoulé, alors que la pacification de la colonie n'est officiellement achevée qu'en 1915. Le terrain en concession urbaine à Bouaké est classée en troisième catégorie, imposant une redevance annuelle de 40 centimes par are[33].

Les colons français décident de fonder une ville nouvelle, administrée et structurée. Déjà, en 1900, des liaisons s'établissent entre Bouaké, Toumodi, Tiassalé, M'Bahiakro, Béoumi, Sakassou, Marabadiassa, Katiola[21]. Quatre ans plus tard, s'ouvre le premier bureau de poste de Gbékékro. En 1907, des liaisons télégraphiques sont établies[21]. C'est en 1910 que le site de Gbékékro prend une forme de ville européenne et devient l'embryon de la moderne Bouaké, avec l'instauration d'une parcellisation du foncier. Cette même année, William Merlaud-Ponty, gouverneur-général de l'Afrique-Occidentale française, met en place l'approbation du premier plan de lotissement de Bouaké dont les travaux seront conduits par le capitaine Colomb[21]. La mosquée est également déplacée en 1910 du quartier Djambourou au quartier Dougouba pour rapprocher les musulmans, et leurs activités commerciales, de la future gare[23]. Deux ans plus tard, les Français mettent en place la ligne de chemins de fer, du fait de sa prolongation entre Dimbokro et Bouaké[21]. L'arrivée du chemin de fer en 1912 explique l'essor de la ville. Désormais, les commerçants baoulés n'ont plus de réticences à la présence française. Tisserands et teinturiers, hommes forgerons et femmes potiers, cordonniers et travailleurs du cuir, menuisiers et bijoutiers commencent à s'installer en ville. Une ambulance sanitaire, avec assistance médicale et lutte contre les épidémies, est installée à Bouaké.

Grande Guerre[modifier | modifier le code]

Les premières routes, en particulier l'axe Bouaké-Fergéssédougou-Bobo Dioulasso, sont construites ou achevées pendant la Grande guerre. Plus tard, le grand axe routier Abidjan-Bobo-Dioulasso est associé à des transversales vers le chemin de fer telle que Bondoukou-Bouaké-Séguéla-Man. Une usine d'égrenage, avec égreneuses et presses à coton est installée à Bouaké dès 1914[20][34]. La culture du coton est reconnue pour être très ancienne, ce qui n'est pas le cas dans l'ensemble de l'AOF. Une ferme cotonnière est fondée à Bouaké et à Fergéssédougou, pour améliorer les cultures existantes et sélectionner les variétés. Les schistes métamorphiques parsemés de pyrites et de minces filons d'or du massif du Koukombo, dans le cercle de N'Zi-Comoé continuent d'attirer en saison des foules du pays baoulé voisin, venues y chercher la fièvre de l'or, à défaut de richesses, en s'appliquant à un rude orpaillage traditionnel[35].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1921, le cercle de Baoulé affichait une densité de 12 habitants par km carré, soit 216 499 habitants pour 18 011 km carré[36]. Une estimation de la population s'élève 3 600 habitants, la partie française et coloniale, avec le quartier du commerce, les magasins et restaurants haut de gamme et la poste centrale, est rigoureusement disposée en plans carrés que la voie ferrée sépare des quartiers indigènes à l'organisation libre et aléatoire.

La gare de Bouaké est restée un point terminus à 316 km du littoral. Le trajet depuis Abidjan s'effectue en une journée. Le fret du train, en dehors des produits alimentaires ou ligneux locaux, se compose principalement de sel, de tissus de coton, d'ouvrages en fer, de machines et de vins importés[37]. Les travaux ferroviaires vers le soudan (Haute-Volta) se poursuivent après la Guerre, ainsi que l'amélioration très lente des routes[38]. S'il est vrai que la saison sèche de novembre à avril facilite les déplacements sur les routes menant à Bouaké, une seule route automobile, celle de Béoumi à Bouaké, est classée en première catégorie grâce à ses ponts en dur. Les routes de seconde catégorie, c'est-à-dire sans empierrement, disposant de ponts en bois et permettant des convois automobiles, sont encore restreintes : de Bouaké on peut accéder à Séguéla, Tafiré et au-delà gagner Korhogo et Odienné, sans oublier Dabakala et Bondoukou. Routes et chemins, avec des raccourcis de vieilles pistes, sont largement empruntés en saison sèche par une foule impressionnante de marcheurs, parfois des familles ou des groupes villageois en entier.

Le cercle de Bouaké, dit aussi Baoulé, englobe les subdivisions de Béoumi, Thiébessou et M'Bahïakro : le recensement de 1930 indique pour l'ensemble 214 286 habitants indigènes et 177 Européens[39]. Selon le recensement de 1929, Bouaké, chef-lieu du cercle baoulé, compte 5 786 habitants permanents et seulement 93 européens. Selon le recensement de 1930, Bouaké probablement étendue en accord avec les commissions consultatives de voirie, d'hygiène et d'assainissement, bondit à 10 118 habitants en incluant 164 européens. Pour justifier ce chiffre surprenant supérieur à celui d'Abidjan, la statistique mentionne que "Bouaké, située au milieu des fertiles régions du Baoulé, dans d'excellentes conditions climatériques, prend chaque jour une extension plus grande". Le périmètre de la ville sera néanmoins réduit, en accord avec le rôle capital que doit jouer le Sud. La ville est accessible, en théorie par tous les temps, par huit routes calibrées, officiellement toujours en voie d'amélioration[40].

Le service zootechnique du gouvernement de la Côte d'Ivoire, ainsi que le service textile créés par arrêté du 4 janvier 1924, sont installés à Bouaké, pour des raisons pratiques. Un centre de sélection spécifique de la belle race bovine baoulé, forte de 8 000 têtes, s'est implanté à Bouaké[41]. Les moutons et les chèvres à robes blanche et noire sont présents presque partout aux abords des villages. Le cercle baoulé avec 26000 caprins compterait une moitié de la population de capridés de la zone moyenne de Côte d'Ivoire, de même latitude[42]. Les ânes, souvent itinérants, sont de faciles victimes des maladies à trypanosomes ou trypanosomiases[43]. Les bœufs zébus venus du nord, Macina, Mossi ou Sahel, sont souvent infectés de manière similaire en chemin et les bovidés survivants ne parviennent souvent à Bouaké que dans un état de maigreur extrême. Le pays baoulé demeure au cœur des échanges ou croisements de bestiaux entre Nord et Sud. La peste bovine, virulente en 1911, 1913, 1918 et 1922, a fait périr les trois quart du cheptel ivoirien. Le Cercle baoulé, de loin le plus peuplé, a perdu 12000 têtes de bovins[44]. Des agents locaux de police sanitaire et vétérinaire, appliquant souvent des soins infirmiers, pansements et sérums préventifs, ont été formés au service zootechnique de Bouaké pour assurer le contrôle sanitaire, au niveau des points cruciaux des routes de migration. La "ferme de Bouaké" n'est pas uniquement avisée sur les bovins, elle étudie et soigne avec application les espèces caprines, ovines et porcines[45].

Des concessions de bois ont été accordées, pour favoriser la production de la liane gohine (sic) et, à partir de son latex, du caoutchouc nigger[46]. Des cultures du colatier sont entreprises, afin d'exporter la noix de colas vers le Sénégal[47]. D'une manière générale, la croissance commerciale en côte d'Ivoire, qui manque de plus en plus de main d'œuvre, est spectaculaire : entre 1919 et 1929, elle est multipliée par 10[48]. Cette croissance, dopée par l'exportation prédatrice des essences nobles de bois du Sud forestier, est en partie trompeuse[49]. Pour fournir une main d'œuvre servile aux coupeurs de bois, une foire aux hommes est installée à Bouaké[50]. Un flux d'émigration de plus en plus conséquent, pour échapper aux contraintes militaires ou administratives, voire aux abus des colons entrepreneurs activant une nouvelle économie de traite négrière, se dirige vers les pays anglo-saxons, jugés plus prospères, à commencer pour le pays baoulé vers la Côte d'or voisine qui partage une même culture Agni-ashanti[51].

Bouaké, important centre ferroviaire sur la ligne Abidjan/Ouagadougou passant par Bobo-Djoulasso, permet un important flux des travailleurs saisonniers du nord vers le sud, drainant également la main d'œuvre de la Haute-Volta et de ses marges vers les plantations de cultures tropicales ivoiriennes[52]. La ville se met aussi avec application à l'heure industrielle au cours de l'entre-deux-guerres : usine de transformation agro-alimentaire, centre de collecte du sisal, usines à vapeur pour assurer le pressage et l'égrenage du coton aux établissements Gonfreville et à l'association cotonnière coloniale, filatures de coton employant une main d'œuvre féminine fondées dans les années vingt qui rejoignent, avec quelques tissages, au cours des années cinquante le groupe Boussac[53]. Les filatures de Bouaké forment encore une image classique des livres de géographie Nathan d'après-guerre aux années 1970[54].

Bouaké accueille la 3e compagnie du 5e bataillon de tirailleurs sénégalais[55]. Il existe un collège de garçons à Bouaké dès la fin des années trente[56].

L'administration française mise surtout sur le développement de la frange méridionale, la plus humide et boisée, de la Côte d'Ivoire, desservie par des zones portuaires, favorables à l'importation de la métropole et à l'exportation de denrées coloniales, selon le modèle standard de domination de l'Empire britannique. Bouaké, dans cette logique économique étroite, doit drainer au mieux les ressources disponibles du nord, ce qui n'empêche le départ de sa fulgurante croissance démographique due à l'excellence et à la variété de ses productions agricoles. Les ignames, faciles à cultiver avec un bon rendement en pays baoulé, constituaient la base de l'alimentation sommaire au début du siècle. Ils sont désormais associés, bien plus souvent, au manioc, au taro, au riz de montagne, au maïs, au mil, aux arachides, à l'Huile de palmiste, aux variétés de haricots et de légumes, aux diverses sortes de condiments, à la banane plantain et autres fruits, amandes, etc.[57].

En 1939, Bouaké compte a minima dans son cœur urbain 6 300 habitants[20], [58]. Lorsqu'après la défaite de 1940, les importations africaines, notamment ivoiriennes, ne parviennent plus au port de Marseille, des quartiers de la grande ville commencent, dès septembre, à souffrir de la faim. Le cercle de Bouaké exporte ainsi des milliers de tonnes d'ignames vers le sud[59]. La filature de Bouaké produit des toiles de coton de bonne qualité. En 1945, la ville accueille 22 000 habitants. Le quartier populaire du Koko, au nord de la voie ferrée, abrite déjà le grand marché, la zone résidentielle commence à se muer à l'ouest en habitat précaire ou bidonville. Par contre, à l'est du vieux centre, s'élabore une zone résidentielle réservée aux privilégiés.

Après le milieu du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La ferme modèle de Bouaké participe à la lutte contre les épizooties, un accroissement, en quantité et en qualité, de la viande de boucherie est observé sur les étals de la ville et de ses environs. Une politique de construction scolaire, nettement plus volontaire et structurée, est lancée après guerre, et Bouaké compte déjà un collège de garçon et multiplie les formations techniques. L'IRCT ou institut de recherche sur les cotons et les textiles connaît un développement indéniable après une cruelle éclipse : la reprise des cultures du coton en 1947-48, suite à leurs abandons pendant la guerre lui donne un second souffle. La station cotonnière réputée de Bouaké retrouve le succès avec la variété N'Kourala adoptée par les vigoureux cultivateurs baoulés[60]. Le centre ville de Bouaké, selon les statistiques coloniales encore ouvertement discriminantes vers 1950, compte plus de 25 000 habitants contre seulement 850 Européens.

L'essor du transport aérien après guerre est précoce, du fait de la difficulté du transport sur les routes et pistes. L'aéroport, à 7 km de Bouaké, avec deux pistes latéritiques disposées en X de 1 200 m de long et 40 m de large à la fin des années quarante, développe des lignes régulières avec Abidjan et Bobo-Dioulasso[61]. Le transport ferroviaire, en dehors du fret, n'a plus qu'un rôle local ou limité aux migrations des travailleurs saisonniers.

Aéroport de Bouaké : bout de piste en 2016

Le projet du barrage de Kossou, à une centaine de kilomètres sur le fleuve Bandama, est étudié dès 1950. Les autorités ivoiriennes le réalisent presque vingt ans plus tard, pleinement conscientes des effets prévisibles de ce grand chantier chassant 100 000 habitants et inondant de vastes superficies de terres arables. La prise en charge d'une réorganisation économique s'effectue en créant l'AVB, c'est-à-dire l'autorité pour l'aménagement du Bandama[62]. L'AVB doit surtout empêcher un glissement systématique de la population évacuée vers Abidjan et promouvoir divers centres locaux de relogement, en particulier renforcer le rôle directeur de Bouaké. D'un point de vue technocratique, commun dans les années cinquante, le barrage hydroélectrique est une vraie solution pour produire de l'énergie transportable à faible coût, étendre les réserves en eau pour lutter contre les sécheresses, et même renforcer une activité de pêche lacustre, avec des pêcheurs baoulés. Après 1969 et la naissance d'une écologie scientifique et politique, la même réalisation paraît revue en suite de désastres annoncée, d'abord sur les écosystèmes et leur biodiversité, ensuite sur les modestes paysans déplacés relogés ou parqués sur des hauteurs souvent incultes ou vite asséchées.

De 1952 à 1966, le centre connaît déjà une forte densification, la ville s'étend au nord et à l'ouest, certaines localités comme Koko ou Liberté étant transformées en lotissements[4]. En 1957, le maire de Bouaké, Djibo Sounkalo et le maire de Villeneuve-sur-Lot Jacques Raphaël-Leygues expriment leur volonté de faire un partenariat des deux villes[63] : le , cette expression de partenariat se solde par un jumelage des deux municipalités. De 1966 à 1982, Bouaké, nouvellement entrée dans la période indépendante[64], connaît des modifications spatiales importantes avec l'absorption de nouveaux villages[4]. Des localités périphériques intègrent la ville : il s'agit de Belleville, Broukro, Konankankro[4]. Dans cette atmosphère d'expansion, des riverains ruraux des quartiers péri-centraux sont déplacés afin de permettre la réalisation d'importants programmes de voirie[4]. En 1960, Bouaké atteint 12 000 habitants. En 1971, le Centre du riz pour l'Afrique est créé et installe son siège dans la ville.

Dans les années 1980, la transformation de Bouaké atteint sa « phase finale » et conduit à sa configuration actuelle[4]. Bouaké, ville parfois cosmopolite avec ses quartiers haoussa et mossi, ses bouchers mauritaniens, ses vendeurs de tissus senoufos... dispose d'une belle cathédrale et d'une grande mosquée[65]. Dans le quartier N'Gattakro, d'anciens paysans baoulés maîtrisent la sculpture sur bois traditionnelle. Le rayon d'extension de Bouaké est de 7,6 kilomètres ; tous les villages figurant dans cet espace sont intégrés à Bouaké[4]. Depuis 1980, la ville s'est étendue de plus de 1 200 hectares[4].

Politiquement, de 1960 à 2000, Bouaké vit au rythme de la Côte d'Ivoire : trente-trois ans de « règne » de Félix Houphouët-Boigny, succession d'Henri Konan Bédié en 1993, puis coup d'État de Noël 1999, fomenté par Robert Guéï qui destitue H.K. Bédié à la tête du « pays d'Éburnie ».

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Élections de 2000[modifier | modifier le code]

En 2000, Laurent Gbagbo remporte l’élection présidentielle avec 59 % des suffrages face à Robert Guéï, qui refuse d'admettre sa défaite et reste en fonction. À Abidjan, une révolte populaire éclate en faveur de Laurent Gbagbo, ce qui lui permet, sous cette pression populaire, de devenir président de la République, le 26 octobre, alors que le général Guéï ne reconnaît sa légitimité que le 13 novembre. Lors des élections législatives organisées le 10 décembre suivant, le FPI apporte au nouveau président élu une confortable majorité de 91 sièges, contre 70 au PDCI-RDA, l'ancien parti unique qui a dirigé le pays pendant plus de trente ans, et 16 indépendants. La Côte d'Ivoire, et notamment sa capitale économique et principale métropole, Abidjan, est le théâtre, pendant ces élections, d'agitations retentissantes suivies de violents affrontements. Pour sa part, Bouaké, tout en prêtant une oreille attentive aux évènements, ne vibre pas au « son violent et sanguinaire » d'Abidjan[66].

2002 : la prise de Bouaké[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, Bouaké devient le bastion des rebelles opposés au gouvernement central d'Abidjan qui occupent la moitié nord du pays. Le 19 septembre, des soldats rebelles venus du Burkina Faso tentent de prendre le contrôle de la ville d'Abidjan. Après l'échec de leur tentative, les putschistes sont repoussés et se replient sur Bouaké et les villes ivoiriennes du nord. La rébellion militaire, qui prend quelques mois plus tard le nom de Forces nouvelles, occupe progressivement la moitié nord du pays, le coupant ainsi en deux :

Bouaké, la plus peuplée des villes sous le contrôle de la rébellion, devient alors la « capitale des rebelles ».

Bouaké, capitale des rebelles et rivale d'Abidjan[modifier | modifier le code]

Bouaké, capitale du pays nordique rebelle opposé à Abidjan, capitale du sud loyaliste.

Dès cet instant, Bouaké est symboliquement opposée à Abidjan, cette dernière devenant « Abidjan, capitale des loyalistes et du sud » et « Bouaké, capitale des rebelles et du pays nordique » (le territoire occupé par les rebelles représente 60 % du territoire national ivoirien). Bouaké qui n'a pas connu la violence des derniers mois de 2000, observe des combats entre rebelles et forces gouvernementales, et passe de mains en mains ; des exécutions sommaires se multiplient, de chaque côté. Les Forces nouvelles exécutent des centaines de militaires loyalistes notamment au Stade de Bouaké qui connaît alors sa « période noire ». Des recrutements de forces sont opérés chez les adolescents bouakéens afin d'intégrer les Forces armées des Forces nouvelles. Durant les jours suivants et jusqu'au mois de novembre, de nombreux syndicalistes, étudiants, opposants politiques du RDR ou des partis proches du RDR, soupçonnés d'être à l'origine de la rébellion, ou militants d'organisations communistes sont exécutés par les forces de l'ordre ou par des miliciens. Trois cents personnes au total ont ainsi été assassinées à l'automne 2002. Des centaines d'étrangers ou de personnes suspectes sont également massacrées par les FANCI ou les mercenaires libériens.

Pour répondre à ces massacres loyalistes, des scènes similaires ont lieu à Bouaké entraînant la fuite vers le sud d'un million d'Ivoiriens alors appelés « déplacés de guerre ». Parmi les principaux dirigeants des rebelles, Guillaume Soro, chef du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), parti principal des rebelles, est issu du syndicat étudiant proche du FPI de Laurent Koudou Gbagbo, mais a aussi été colistier d'une candidate RDR aux élections législatives de 2000, Henriette Diabaté. Les soutiens augmentent progressivement : Ouagadougou se positionne derrière Bouaké tandis que Pretoria se range derrière Abidjan.

Tentative de retour de paix[modifier | modifier le code]

Le , les accords Kléber (dits « de Marcoussis »), sont signés et très vite contestés à Abidjan. Le , dans sa résolution 1528, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise la formation de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui regroupe les forces françaises et celle de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) (ECOMOG), pour une durée initiale de douze mois à compter du .

Exactions et crimes[modifier | modifier le code]

Bien que le nord de la Côte d'Ivoire soit considéré par les rebelles comme libéré, de nombreuses exactions ont été commises un peu partout. Plusieurs charniers et fosses communes ont été trouvés par l'ONU et des organisations non gouvernementales comme Amnesty International[67].

Parallèlement, les rebelles mettent à sac les banques de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de Bouaké. Bien que le butin ne soit pas connu avec précision, il est estimé à plusieurs milliards de francs CFA (un milliard de francs CFA = un million et demi d'euros). Plusieurs militaires français de l'opération Licorne sont arrêtés pour avoir ramassé des sacs remplis de billets abandonnés par les pillards[68].

Le retour des tensions[modifier | modifier le code]

Signe de tensions[modifier | modifier le code]

Dès , la tension remonte entre Bouaké et Abidjan et des signes indiquent que les deux camps désirent en découdre à nouveau. Des soldats de l'ONU ouvrent le feu sur des manifestants défavorables au désarmement des rebelles le 11 octobre. Les Forces nouvelles (FN), annoncent le 13 octobre leur refus de se laisser désarmer face aux achats massifs d'armes des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI). Elles ont en effet intercepté deux camions des FANCI chargés d'armes lourdes faisant route vers la ligne de démarcation. Le 28 octobre, elles décrètent l'état d'urgence dans le nord du pays.[réf. nécessaire]

L'opération Dignité[modifier | modifier le code]

Abidjan décide d’une contre-offensive, baptisée opération Dignité (parfois appelée opération César). Un film de propagande soutient que cette opération s'est faite avec l'accord de l'Élysée, mais sur ce point, les commentateurs politiques ne sont pas d'accord. Didier Fassio et Elio Comarin, dans leur reportage La bataille d'Abidjan, diffusé sur Arte, en 2006, affirment que Paris était d’accord. Le journal L'Express soutient le contraire. De son côte, le Nouvel Observateur suppose que cet accord de la France serait un malentendu entre Laurent Gbagbo et Jacques Chirac[69],[70],[71].

La responsabilité de la prise de décision du bombardement n’est toujours pas établie. Le site Abidjan.net laisse, cependant, entendre que c’est le Chef d’État-Major ivoirien qui aurait décidé seul d’attaquer l’armée française. L'information est relayée par Bakchich info[72],[73]. Le 4 novembre, l'aviation récente des FANCI commence des bombardements sur Bouaké. Des combats opposent les forces terrestres les jours suivants mais les FANCI ne parviennent pas à percer. Au total, les Forces nouvelles annoncent la mort de 85 civils[74] dans les bombardements du 4 au 6 novembre.

Les journées du 6 au 9 novembre[modifier | modifier le code]

Le a lieu le bombardement de Bouaké : bombardement par l'aviation ivoirienne d'une position de l'armée française située dans l'enceinte du lycée Descartes (lycée français de Bouaké) qui fait neuf morts et 39 blessés parmi les militaires du contingent français[75]. Un scientifique américain du Centre du riz pour l'Afrique est également tué. L'armée française neutralise complètement l'aviation ivoirienne dans les jours qui suivent. S'ensuivent de violents affrontements entre Jeunes Patriotes et armée française à Abidjan. Face à cette situation, Charles Blé Goudé fait une déclaration solennelle dans les médias, c'est l'appel du 6 novembre[71].

La marche vers la paix[modifier | modifier le code]

Courant décembre, le président Gbagbo relance le processus de modification de la Constitution prévu dans les différents accords, de Marcoussis comme d'Accra III[76]. Le , le projet est adopté par l'Assemblée nationale, 179 députés ayant voté oui contre 19 députés ayant voté non. Cette modification ne porte que sur un mot de l'article 35 : la phrase « Le candidat doit […] être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père et de mère ivoirien d’origine » devenant « Le candidat doit […] être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d’origine » ce qui ouvre sa candidature à l'élection présidentielle. En novembre 2004, le président sud-africain Thabo Mbeki est mandaté par l'Union africaine comme médiateur[77].

Les accords historiques de Ouagadougou[modifier | modifier le code]

Le 4 mars, de nouveaux accords de paix sont signés à Ouagadougou[78]. À la différence des précédents accords, un dialogue direct s'est établi entre les deux parties avec comme seuls médiateurs le président Blaise Compaoré, désigné comme facilitateur, et la communauté catholique Sant'Egidio qui a œuvré très discrètement depuis les accords de Marcoussis.

Cet accord a conduit le président Laurent Gbagbo à nommer le 29 mars Guillaume Soro, secrétaire général du MPCI, chef d'un gouvernement de transition dont la liste des membres est fixée par décret le 7 avril. Dans la perspective d'une sortie de crise, une ordonnance[79] est publiée le 12 avril. Elle proclame une amnistie sauf pour les infractions économiques. Un des principaux points de l'accord de Ouagadougou est la mise en place d'une procédure de révision des listes électorales qui devrait permettre l’inscription de trois millions de nouveaux électeurs[80].

La « zone de confiance », qui désignait la zone de séparation entre zone rebelle et zone loyaliste, est progressivement démantelée à partir du 16 avril[81], comme prévu dans ces accords.

Attentat du 29 juin[modifier | modifier le code]

Le , Guillaume Soro (Premier ministre ivoirien) échappe à un attentat à la roquette lors de l'atterrissage de l'avion dans lequel il était à l'aéroport de Bouaké. Quatre passagers sont décédés (deux gardes de corps de Soro, un membre de son cabinet et un journaliste) et plusieurs sont grièvement blessés[82].

Flamme de la paix[modifier | modifier le code]

Les chefs d'État africains lors de la Flamme de la paix.

Le , pour sceller la paix en Côte d’Ivoire, la cérémonie de la Flamme de la paix est organisée pour la première fois au stade municipal de Bouaké rebaptisé à ce jour « stade de la Paix ». Ce jour est décrété férié dans le calendrier ivoirien.

Administration[modifier | modifier le code]

La grande ville est membre de l'Union des villes et communes de Côte d’Ivoire, de l'Union des villes africaines et de l'Association internationale des maires francophones, présidée en particulier par des maires de Paris, Bertrand Delanoë puis Anne Hidalgo. Elle est également membre de la Fédération Mondiale des Cités Unies (FMCU)[83].

La municipalité est officiellement autonome depuis 1969[84]. En janvier 1978 une loi confirme et institue 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays[85]. C'est en application de cette nouvelle organisation que Michel Konan Blédou du PDCI-RDA est élu maire en 1980 pour succéder à Djibo Sounkalo (PDCI-RDA)[86]. Il est réélu en 1985 pour un second et dernier mandat. En 1990, Antoine Konan, du même parti politique, lui succède en tant que maire de Bouaké. Cinq plus tard, Denis Konan Konan, également membre du PDCI-RDA, est élu maire de Bouaké. Aux élections municipales de 2000, Fanny Ibrahima, du RDR, gagne la mairie de la ville, devenant ainsi le premier maire n'appartenant pas au PDCI-RDA, l'ancien parti unique au pouvoir dans le pays pendant trente-cinq ans. Aux élections locales de 2013, les premières depuis la fin de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire, Nicolas Youssouf Djibo, candidat indépendant est à son tour élu maire de la ville.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti
1960 Djibo Sounkalo PDCI-RDA
1980 Michel Konan Blédou PDCI-RDA
1985 Michel Konan Blédou (réélu) PDCI-RDA
1990 Antoine Konan PDCI-RDA
1995 Denis Konan PDCI-RDA
2000 Fanny Ibrahima RDR
21 avril 2013 Nicolas Djibo RDR (élu sans étiquette)
2018 Djibo Nicolas RHDP reélu[87]
02 septembre 2023 Amadou Koné RHDP élu[88]

Après la crise politico-militaire, Bouaké et la majeure partie des localités du Centre, ont été placées sous l'administration du MPCI, puis des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire[89]. Bouaké se trouvait de fait sous l'autorité unique d'un « commandant de zone » (« com-zone »), désigné par le secrétaire général des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire et actuel Premier ministre, Guillaume Soro, à l'instar de chacun des dix secteurs de la zone nord ivoirienne : Bouaké est désignée « zone no 3 » depuis 2006[90]. Actuellement[Quand ?], il s'agit de Chérif Ousmane qui a succédé à Tuo Fozié. Cette autorité existe toujours en 2008 et cohabite avec les fonctionnaires de l'État, préfets et sous-préfets, revenus dans la région.

Le département, collectivité territoriale, est administré par un conseil général conduit par son président en vertu de la loi no 2001-477 du relative à l'organisation des départements en Côte d'Ivoire.

Conseillers généraux
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Jean-Claude Kouassi PDCI-RDA Homme politique élu

Après la longue crise post-électorale, sont organisées en mars 2013 les élections régionales en application du nouveau du Decret-n°2013-477-du-02-07-2013 fixant les modalités de fonctionnement des bureaux des municipalités et des conseils régionaux[91]. Ces élections sont remportées par Jean-Louis Abonoua, candidat du groupement politique RHDP[92]. En 2018, Jacques Mangoua, candidat du Pdci-Rda est élu président du conseil régional du Gbêkê. Mais celui-ci est confronté à des ennuis judiciaires, quelques mois après son élection, qui le conduisent en prison. Dès sa sortie de prison, le conseil régional du Gbêkê est placé sous contrôle étatique, afin de remédier aux dysfonctionnements internes[93].

A l'image de la plupart des villes et villages africains, une organisation traditionnelle, dite coutumière, coexiste avec celle de l'État : c'est ainsi qu'un « conseil des anciens », dirigé par le « chef de canton », siège périodiquement ou occasionnellement sous l’« arbre à palabres »[94],[95].

Représentation politique[modifier | modifier le code]

L'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire compte 223 députés élus pour cinq ans[96]. La ville de Bouaké comporte trois circonscriptions.

Députés de Bouaké commune
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Mme Djibo Aya Martine PDCI-RDA Femme politique élu
Députés de Bouaké commune
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Konan Konan Denis PDCI-RDA Homme politique élu
Députés de Bouaké commune
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Ouattara Sounkalo PDCI-RDA Homme politique élu

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le . Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction.

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

À la création de la ville, en 1910, Bouaké est essentiellement peuplée de diverses populations africaines réfugiées ou marchandes encadrées par quelques administrateurs français, les troupes coloniales, souvent des Africains engagés sous l'uniforme français, étant le plus souvent en mouvement ou en manœuvre. Les mesures de clémence après la courte guerre avaient déjà permis le timide retour des autochtones baoulés, ainsi que d'autres Africains émigrés, même si le courant migratoire, orienté vers l'est, à commencer par la Gold Coast, était amplement défavorable à la région. La croissance lors des trois décennies suivantes est assurément locale et baoulée.

Au moment de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, en 1960, les habitants sont plus de 60 000. Dix ans plus tard, cette population a doublé grâce à une immigration issue des pays voisins (Guinée-Conakry, Mali, Burkina Faso, Niger et Sénégal) et à une forte natalité[97].

La population bouakéenne, est constituée essentiellement de Baoulés, dont les principaux marqueurs culturels sont originaires du Ghana. Étant la deuxième ville la plus peuplée de la Côte d'Ivoire, Bouaké a bénéficié d'une immigration extra-nationale et d'une assez forte immigration régionale des peuples dioula, agni, akyé, bété, mossi

Démographie de Bouaké.
Année Population
1921 3 600
1945 22 000
1960 60 000
1970 120 000
1975 175 264
1988 332 998
1998 461 618
2005 573 000
2010 659 223
2021 832 371

Langues[modifier | modifier le code]

La langue traditionnelle de la ville, néanmoins marquée par une précoce bigarrure linguistique du fait des mélanges de populations lors des premières périodes de croissance, était le baoulé. Aujourd'hui, la langue usuelle, la plus commune vient du nord : il s'agit du dioula, langue véhiculaire, parlée et comprise en particulier par la majeure partie de la population commerçante de Bouaké[98].

Depuis l'indépendance, la langue officielle écrite à Bouaké et dans toute la Côte d'Ivoire est le français. Le français parlé à Bouaké, comme à Abidjan, est le français populaire ivoirien, FPI ou français de moussa. Celui-ci se distingue du français standard par la prononciation et l'apport de mots et d'expressions de migrants du Mali, de Guinée et du Burkina Faso. Une autre forme marginale de français parlé ou FPI à Bouaké ou Abidjan est le nouchi qui est une sorte d'argot parlé surtout par les jeunes[99].

La seconde ville du pays, à l'instar de la capitale économique Abidjan, est toujours marquée par une grande dispersion linguistique : elle a accueilli et accueille de nombreux Ivoiriens issus de toutes les régions du pays et en pratique, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées : l'attié, l'agni, le bété, le wobé

Éducation[modifier | modifier le code]

C'est à Elima, dans le sud du pays, qu'est créée la première école officielle française en Côte d'Ivoire, le avec pour instituteur Fritz-Émile Jeand'heur venu d'Algérie. Elle comptait alors 33 élèves africains qui seront les premiers lecteurs en langue française. Elle fonctionnera pendant trois ans avant d'être transférée en 1890 à Assinie par Marcel Treich-Laplène, le nouveau résident de France. D'autres écoles de village seront créées à partir de 1890, à Jacqueville, Grand-Bassam, Moossou, Tabou, Béttié, localités toutes situées sur le littoral du golfe de Guinée. Elles fonctionnaient avec des maîtres d'écoles occasionnels et regroupaient environ deux cents élèves en 1895. Le , il y avait 896 élèves en Côte d'Ivoire pour une population estimée à un peu plus de deux millions d'habitants. Bouaké accueillera l'une des dix-huit écoles de village créées en 1903. Elle comportait trente-huit élèves encadrés par deux instituteurs. Ils deviendront les premiers « lettrés » de la région. Le premier instituteur ivoirien, Loua Beugré, sera diplômé en 1912, entré à l'école normale de Saint-Louis au Sénégal en 1909, après avoir été formé à Bingerville. En 1911, il y avait, en Côte d'Ivoire, un groupe scolaire central à Bingerville, seize écoles régionales et vingt-six écoles de village. En 1915, l'ensemble des établissements scolaires en Côte d'Ivoire accueillait 3 317 élèves encadrés par un corps enseignant qui, outre les étrangers, comportait dix-sept instituteurs ivoiriens et cinquante moniteurs ivoiriens. En 1924, il y avait 4 354 élèves dont seulement 211 filles. En 1932, 6 722 élèves dont 627 filles étaient scolarisés.

Jusqu'au début des années 1950, il n'existait pas d'école secondaire à la colonie. Les premiers élèves ivoiriens scolarisés dans un lycée le seront en France via l'Aventure 46, initiée par Félix Houphouët-Boigny, alors député du PDCI-RDA, élu en novembre 1945 à l'Assemblée constituante[Note 1], et menée à bien avec l'appui du gouverneur André Latrille en dépit des fortes réticences de l'administration coloniale.

En 2008, la ville compte une université et le département comporte vingt-sept lycées et 316 écoles primaires.

Enseignement supérieur

Public

Enseignement primaire

Public

  • École primaire Publique Zone 1
  • École Bambi
  • École Espérance
  • Éducative de Nimbo
  • Les Heures Claires
  • Epp MTCI
  • EPP Konankankro
  • Epp Paris-Bouaké
  • Epp Sokoura
  • Epp Dougouba 1 & 2
  • Epp Camp Militaire 1 & 2
  • Epp IRDO
  • Epp Petit Lycée
  • Epp Annexe Fille Sokoura
  • Epp Plateau
  • Epp Belleville 1 & 2
  • Epp Ex Fille
  • Epp Gonfreville
  • Epp Kamonoukro-Liberté
  • Epp Dar-Es Salam 1 & 2
  • Epp Bakassa Traoré Sokoura
  • Epp Bassa Air-France
  • Epp Adventiste
  • Epp Koko 1 & 2
  • Epp N'Gattakro 1 & 2
  • Epp Broukro
  • Epp Ville Nord
  • EPO Gnankoukro
  • Epp Ville Sud
  • Epp TSF
  • Epp Habitat
  • Epp RAN
  • Epp Notre-Dame-des-Apôtres
  • Epp Sokoura Nord

Enseignement secondaire

Lycée Public

  • Lycée classique
  • Lycée technique
  • Lycée Djibo Sounkalo (ex-lycée Municipal)
  • Lycée moderne Belleville

Lycée privé

Collège public

  • Collège de jeunes filles
  • Collège moderne TSF
  • Lycée moderne de Nimbo (ex-COB)
  • Collège G. Koko (ex-CEG Koko)

Collège privé

  • Collège Marie-Thérèse-Yamousso
  • Collège Martin-Luther-King
  • Collège moderne Saint-Jacques
  • Collège Victor-Hugo
  • Collège Ruth-Fidèle
  • Collège Ouezzin-Coulibaly
  • Collège Renaissance
  • Collège Moderne N'Takpe
  • Collège Saint-Viateur
  • Collège international chrétien
  • Collège Adventiste
  • Collège Reine Pokou
  • Collège Raymond Bosson
  • Lycée Mohamed V Belleville
  • Lycée Jeunes Filles Bouaké
  • Lycée Classique et Moderne 1
  • Lycée Moderne 2
  • Collège d'Enseignement Technique
  • CTF Kennedy
  • Collège henri poincare bouaké

En Côte d'Ivoire, le taux de scolarisation est de 74 %[102] et l'accès à l'enseignement secondaire est réglé par un concours d'entrée en sixième à l'issue duquel un tiers des élèves est admis à poursuivre ses études.

À tous les niveaux d'enseignement, c'est l'usage du français qui prévaut en vertu de l'article 1 de la constitution de 1960 qui a fait du français la seule langue officielle[103]. Au primaire, les élèves doivent obligatoirement parler français « sous peine d'amende », y compris pendant les récréations. Les autorités affirment qu'au terme de leurs six années d'études primaires, les enfants ivoiriens auraient une maîtrise suffisante de la langue française. Au secondaire, l'anglais a été introduit comme seconde langue obligatoire ; au deuxième cycle, les élèves doivent apprendre une autre langue étrangère, l'espagnol ou l'allemand. Il en résulte que 40 % de la population est déjà « francisée », ce qui fait de la Côte d'Ivoire l'un des pays d'Afrique les plus « francophonisés »[Note 2].

Le département compte aussi trois institutions de formation et d'éducation féminine situées au chef-lieu, soit trois des 90 centres de cette nature existant dans le pays. Cette institution a pour objet de permettre aux femmes analphabètes, aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées, aux femmes agricultrices de trouver une opportunité pour le développement d'aptitudes nouvelles permettant leur insertion ou leur autonomie[104].

Santé[modifier | modifier le code]

La ville dispose d'une offre de soins complète. Outre, les centres de tradipratiques et de médecine traditionnelle, les officines illégales de ventes de médicaments en pleine rue, il existe plusieurs centres de santé et des pharmacies. La ville comporte des polycliniques, et des établissements spécialisés (vétérinaire, dermatologie, dentiste, optométrie, maternité, psychologie, pédiatrie, etc.).

Bouaké est par ailleurs la ville où a été fondée l'Association Saint Camille de Lellis dans les années 1990. Cette association a à Bouaké 4 centres spécialisés en psychiatrie communautaire et un hôpital général. Bouaké dispose également d'un hôpital psychiatrique public.

Le CHU de Bouaké

Urbanisme et habitat[modifier | modifier le code]

La ville de Bouaké est composée de plusieurs quartiers et de quelques villages alentour. Ces villages, du fait des facteurs démographiques sont progressivement phagocytés par certains quartiers. Les différents quartiers de la ville sont les suivants :

  • Au nord-est : Dougouba ; Liberté ; Kodiakoffikro ; Attienkro ; Dar-es-salam 2 et 3 ; Camp Militaire ; Belleville 1 et 2 ; Sokoura ; IDESSA ; Kanakro ;
  • Au nord-ouest : Koko ; Lycée Municipal ; Zone industrielle ; Tièrèkro ; Gonfreville (tirant son nom des usines de textile de Robert Gonfreville) ; Niankoukro ; Aéroport ; Konankankro ; Allokokro ; Mamianou ; Kamounoukro ; Dar-es-salam 1, 2 et 3 ; Tolla Kouadiokro ; Beaufort ;
  • Au sud-est : Nimbo ; Air France 1, 2 et 3 (devant leur nom à l'agence Air France de Bouaké) ; N'Gouatanoukro ; Kennedy ;
  • Au sud-ouest : N'Gattakro ; Ahougnanssou ; Broukro 1 et 2 ; Houphouët-ville ; N'Dakro ;
  • Au centre : Commerce.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des mosquées musulmanes[105]. Il y a aussi des églises et des temples chrétiens : Archidiocèse de Bouaké (Église catholique), Église méthodiste unie Côte d'Ivoire (Conseil méthodiste mondial), Union des Églises baptistes missionnaires en Côte d'Ivoire (Alliance baptiste mondiale), Assemblées de Dieu.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville a été fortement sinistrée par ces années de crise militaro-politique. Cependant, Bouaké reste la troisième économie du pays après Abidjan et San-Pédro. Le PIB de Bouaké est de 0,758 milliards de dollars soit un peu plus de 3 % du PIB ivoirien.

Bouaké est située au carrefour des grands axes routiers et ferroviaires, et à la lisière de deux grandes zones à économies complémentaires, une situation géographique faisant d'elle un lieu privilégié d'échanges. Elle possède le seul marché de gros d'Afrique de l'Ouest, approvisionné par des camions en provenance des pays voisins (Guinée, Mali, etc.)[3].

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

La région comporte des plantations de cacaoyers[106],[107], et de caféiers[108],[109],[110]. L'agriculture locale produit aussi des ignames, des bananes plantains, du manioc, du sorgho, du mil, des ananas. Une première ferme-école a été créée à Bouaké en 1910.

Pêche[modifier | modifier le code]

Grâce à la retenue d'eau du barrage de Kossou qui couvre 1 750 km2, la pêche, qui était auparavant peu pratiquée en pays baoulé, a connu, à partir de 1969, un considérable essor. On y pêche des carpes et des capitaines destinés pour l'essentiel à la consommation locale.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Le premier atelier d'égrenage du coton a été créé dans la ville en 1912. Une usine textile, installée par Robert Gonfreville, est présente dans la ville depuis 1921[111]. Les Établissements Robert Gonfreville, qui comptait en son sein trois filatures, trois tissages, une teinturerie fil, une teinturerie tissus, une impression de pagne fancy et des ateliers de confection ont été segmentés en deux entreprises distinctes. La partie "Filature tissage" se nomme FTG (Filature tissage Gonfreville), la partie "teinture impression de pagne" est devenue TEXCODI.

Longtemps leader en Côte d’Ivoire et dans la sous-région, l’industrie textile de Bouaké n'est plus que l'ombre d'elle-même, placée sous l'hégémonie du marché textile asiatique, voire mise en concurrence avec les marchés de récupération européens. Elle a vu perdre ces vingt deux années, 2 700 postes de salariés sur 3 000 (1 000 postes après la récession économique de 1993 et 1 700 à la suite de la crise militaro-politique de 2002)[112].

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

Pousse-pousse au marché de Bouaké.

La ville est animée par un marché quotidien, appelé « super marché », le marché de la cathédrale Sainte-Thérèse où les villageois des alentours viennent s'approvisionner et vendre leur production, comme dans toutes les villes du pays. Les marchandises, entre le taxi-brousse et l'étal des vendeurs ou vendeuses, sont la plupart du temps transportées par des pousse-pousse, lesquels sont parfois tirés par des enfants, le travail des enfants[Note 3] étant ici très répandu, par la force des choses, puisque la scolarisation, pour beaucoup, cesse vers treize ou quatorze ans.

Après la prise de contrôle de tout le nord du pays par les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire en 2002, le commerce transfrontalier avec le Mali et surtout le Burkina Faso s'est considérablement développé, l'approvisionnement par le sud étant devenu très difficile et aléatoire. Il en a résulté une moindre taxation des marchandises, la vie devenant ainsi meilleur marché au nord qu'au sud, contrairement à la situation antérieure, même si la pratique de la « taxation directe à la source », très répandue dans les pays du tiers-monde, perdure comme dans la partie sud du pays, au détriment du niveau de vie de la population[113],[114]. Bouaké s'approvisionne pour l'essentiel en denrées alimentaires à partir des pays voisins (Burkina Faso, Mali, Guinée…) et s'astreint à consommer « local ». La viande de brousse est plus présente que celle de bœuf. Les prix sont globalement moins élevés qu'à Abidjan (le kilogramme de viande se vend ici à 1 000 F CFA, contre plus du double dans la capitale économique), la zone étant devenue un no man's land fiscal.

Le marché de gros de Bouaké : l'investissement total de ce marché est de l'ordre de 23,5 millions USD, avec 10,5 millions USD pour la construction des infrastructures physiques. L'ensemble a été financé par l'Union européenne dans le cadre du 7e Fonds européen de développement (FED). Bouaké est déjà la plaque tournante dans le pays pour le commerce de l'igname. Le regroupement de l'offre se fait à Bouaké, ensuite la distribution se fait à travers tout le pays et vers le Mali et le Burkina Faso. Le marché de gros accueille le commerce d'igname et celui d'autres produits vivriers.

Banques[modifier | modifier le code]

Presque tous les établissements du réseau bancaire ivoirien sont représentés à Bouaké : SGBCI, BICICI, SIB, ECOBANK, Banque Atlantique, BNI (Banque Nationale d’Investissement), BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest), CECP (Caisse d’Épargne et de Chèques Postaux), COOPEC (Coopérative d’Épargne et de Crédit).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Bouaké organise chaque année un célèbre carnaval dont l'apothéose se situe au Palais du carnaval.

Le Bouaké by night a longtemps été, avant 2002, organisé autour de l'emblématique maquis « Papagaye », où tous se rencontraient pour de longues nuits à la bière, aux plats d'attiéké, au poulet grillé ou au poisson braisé et du night-club Le Fokker 100. La ville, comme la plupart des villes d'Afrique, compte de nombreux autres maquis et des allocodromes.

Transports[modifier | modifier le code]

Minicar de transport interurbain de voyageurs en Côte d'Ivoire.

La ville est desservie par l’aéroport de Bouaké. Des autocars de différentes compagnies assurent le voyage régulier aller-retour de Bouaké vers les autres villes ivoiriennes. Les villes voisines sont aussi reliées à Bouaké à l'aide de taxis brousse avec neuf à vingt-deux places assises et des gbakas.

Située sur la ligne du chemin de fer qui relie Abidjan à Ouagadougou au Burkina Faso exploitée par la Sitarail, la ville dispose de la gare de Bouaké. La ville dispose d'un réseau de bus fonctionnel depuis 2021 qui relie la ville du nord au sud ainsi que l'est à l'ouest elle dispose également d'un réseau de taxi moderne. Aussi nous avons plusieurs motos Taxis dans ville (des motos qui servent de taxis) , ce qui facilite le déplacement de la population.

La nationale A3 qui quitte Abidjan à Ferkessedougou en passant par Bouaké est transformée en autoroute 2×2 voies sur 8 km.

Culture[modifier | modifier le code]

Stade de la paix de Bouaké

Bouaké disposait de deux salles de cinéma qui sont aujourd'hui fermées, à la différence de beaucoup de villes africaines dotées de cinémas en plein air : le Capitol et le cinéma Liberté. L'essentiel de sa programmation propose des films de karaté, des films égyptiens ou des films indiens venus de Bollywood. La ville est équipée d'un centre culturel, le centre culturel Jacques-Aka.

Sports[modifier | modifier le code]

La ville compte de nombreux clubs de karaté et plusieurs piscines municipales. Elle compte aussi le stade de la Paix consacré au football.

Football[modifier | modifier le code]

En 2008, Bouaké est représentée par le club de VAC Bouaké, actuellement en championnat de division 3. Quatre autres clubs de football, le Bouaké FC, l' Espérance Club de Bouaké, l'Alliance Bouaké et l'ASC Bouaké évoluent en championnat de division régionale, équivalent d'une « 4e division »[115]. Ce dernier club a remporté la coupe de Côte d'Ivoire de football face à l'EECI en 1988, succédant ainsi à Africa Sports et en a été finaliste en 1993, face à l'Africa Sports. Son retour sur la scène ne se fera qu'en 2001, où elle sera finaliste malheureux de la Coupe nationale face à l'Alliance Club De Bouaké, qui remportera le derby sur un score de 2-0.

Bouaké possède également de nombreux centres de formations et académies de football[116] : le CF Amian Bouaké (CFAB), le CF Les Anges Noirs Bouaké, le CF de Football Caïman Bouaké, le CFD au métier du football Bouaké, le CF espoirs de Chao Bouaké, le CF Jumeaux de Bouaké, le CF de football de Koko, le CF Laboratoire de Bouaké, le CF Otto Sophie, le CF Santos Dar-es-Salaam, le CF Maxi-Foot, l'EF de l'Auberge Bouaké, EF de Dar-es-Salaam de Bouaké, EF Edgar Kouadio Kintonou, Nouvelle Génération de Bouaké.

Au niveau continental, Bouaké a accuelli avec Abidjan la Coupe d'Afrique des Nations de football 1984 remportée par le Cameroun face au Nigeria. À cette occasion, pour supporter l'équipe nationale, le gouvernement a décidé de fermer les écoles pendant la durée de la compétition. Bien que l'équipe nationale ait été éliminée dès le premier tour de l'épreuve, aucun cours n'a eu lieu pendant deux semaines.

Le stade de Bouaké[modifier | modifier le code]

Le stade de la Paix en pleine réhabilitation en 2007 pour l'évenement Côte d'Ivoire-Madagascar.

Le stade municipal de Bouaké ou le stade de la Paix, d'une capacité de 35 000 sièges, d’une dimension de 119 × 73 m (football-rugby), construit sous la forme d’une couronne ovale avec un profil en travers de vingt-quatre gradins, est le stade de la ville de Bouaké. Il a accueilli plusieurs grands événements sportifs, politiques et culturels : en 1984, il accueille, avec le stade Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, la Coupe d'Afrique des nations de football 1984 ; en 1985, Alpha Blondy livre un gigantesque concert dans cette enceinte.

Pendant la crise ivoirienne de 2002 à 2007, c'est la « période noire » puisque ce stade a servi à l'exécution de prisonniers militaires et politiques.

La crise terminée, le stade subit une rénovation afin d'accueillir le un match classé « historique » entre la Côte d'Ivoire et Madagascar qui se solde par une victoire 5-0 de la « Séléphanto » ivoirienne.

Le , ce stade accueille la grandiose cérémonie de la Flamme de la paix symbolisant la fin de la Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire en présence de personnalités telles que : Guillaume Soro, Laurent Gbagbo, Amadou Toumani Touré, Blaise Compaoré, Yayi Boni, Faure Gnassingbe, Nino Viera, Thabo Mbeki, etc.

Personnalités liées à la région ou nées à Bouaké[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  13. André Cherpillod, Dictionnaire étymologique des noms géographiques, Masson, Paris, 1986, 528 p., en particulier à l'entrée Bouaké, page 77.
  14. Il s'agit ici d'un pays au sens d'une description biogéographique. Jean-Claude Bille, tout en rédigeant un manuel de pastoralisme à Bouaké, a étudié l'herbe de Guinée des savanes ivoiriennes, en particulier le Megathyrsus maximus. Jean-Claude Bille, Réparateur de pâturages, Carnet d'Afrique, éditions L'inventaire, Paris, 1994, 343 pages avec tables (ISBN 2-910490-01-7). En particulier, paragraphe "En mission", p. 112.
  15. Mylène Rémy, La Côte d'Ivoire aujourd'hui, op. cit., en particulier paragraphe sur Bouaké, p. 105-106.
  16. Au XVe siècle, le Traité de Tordesillas avait partagé le monde en deux : aux Espagnols l'Amérique (à l'exception du Brésil) et aux Portugais l'Afrique.
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  28. Mylène Rémy, ibidem. Ce capitaine commande une simple compagnie, incluant de nombreux auxiliaires et supplétifs ivoiriens.
  29. Awa 2016.
  30. Albert Londres, op. cit., décrit les invariants anthropologiques. L'esclavage commerciale, à savoir la grande traite, s'efface insensiblement pour laisser apparaître le servage traditionnel qui concerne en général 90 à 96 % de la population. Les serfs ou captifs sont évidemment envoyés aux corvées de routes ou de voies ferrées, réquisition de quinze jours, à la place de leurs maîtres ou de quiconque qui les rétribue. Autrefois ces captifs, sans biens propres, loués par leurs maîtres, dénommés en général "ouolosos", voire Ga-bibi s'ils l'étaient dès leur naissance, servaient de simples porteurs sur les grands convois commerciaux, ainsi le grand Almamy Samory Touré dans sa jeunesse avait été envoyer porter les noix de colas.
  31. Les villages Liberté, fondés en Afrique française vers 1910, représentent une tentative idéaliste de la IIIe République, vite avortée, de supprimer l'esclavage résiduel et d'entamer une éradication du servage endémique. Les maîtres s'estimant spoliés venaient tôt ou tard rechercher leurs biens humains, et les commandants de place ont dû faire surveiller les camps, puis installer des sentinelles. La plupart des camps loin des villes en gestation, de sinistre mémoire, se sont vidés en moins d'une décennie. Albert Londres, op. cit., chapitre VI, p. 56-57.
  32. Edmond Michellet, Jean Clément, La Côte d'Ivoire, Organisation administrative, financière, judiciaire, Régime minier, domanial, forestier, foncier, Augustin Challamel éditeur, Librairie maritime et coloniale, Paris, 1906, 332 pages avec décrets et textes officiels. En particulier, cercle du Baoulé p.38. avec carte des cercles de la Côte d'Ivoire en fin de volume.
  33. Edmond Michellet, ibidem. En particulier, p.318. Les terrains urbains de Bingerville, Bassam ou Abidjan ressortent de la première catégorie, soit une taxe annuelle trois fois plus élevée, 1,20 F par are.
  34. Commissariat AOF, Exposition coloniale de Marseille de 1922, Imprimerie Coopérative Barrier et Cie, Montauban, 1922, 28 pages, Carte et table des matières. Egreneuses et presse à coton sont aussi installées à Dimbroko.
  35. Pour certains villages baoulés, cette recherche d'or par orpaillage s'inscrirait dans un cycle traditionnel très ancien.
  36. Recensement de 1921. Le minuscule secteur de Bassam de loin, ainsi que les secteurs Toumodi, Abidjan et Gagnoa surpassent cette densité.
  37. Le grand commerce d'importation et exportation se place sous la direction de deux organismes : La Compagnie générale française de l'Afrique occidentale, dont le siège est 4 rue de l'Esprit des Lois, à Bordeaux et la société Devès, Chaumont et Cie, 11, rue de Vauban dans la même ville portuaire. Commissariat AOF, Exposition coloniale de Marseille de 1922, op. cit.
  38. Commissariat AOF, Exposition coloniale de Marseille de 1922, op. cit., p. 15. Les ponts sont en béton sur ces axes, les tracés rectifiés et les pentes initiales réduites. Citons Bouaké-Satama-Dabakala 112 km, B-Boudoukou (depuis Satama) 213 km, B-N'Dakiakro-Ouellé 110 km, B-Tiébissou-Yamoussoukro 112 km, B-Béoumi-Séguéla-Sifia-Touba 340 km, B-Tafiré-Fergéssédougou-Ouangolodougou 322 km menant à la frontière de la Haute Volta (route intercoloniale vers Bobo-Dioulesso), B. à la frontière Soudan vers Sikasso, 92 km depuis Ouangolodougou, B-Kong-Bouna 290 km.
  39. Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire" par le gouvernement générale de l'Afrique occidentale française (et son commissariat), Imprimerie A. Thoyon-Thèze, Rochefort-sur-Mer, 1931, 21 pages plus la table des matière. Le cercle dont Bouaké est le chef-lieu est administré par un administrateur des colonies, p. 19. Il est assisté de divers conseils indigènes, notamment en matière de justice (rémanence du droit coutumier). Depuis 1919, les villes se dotent de commissions consultatives, où les habitants sont représentés. Voir aussi infra édition de Paris plus complète.
  40. Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire" op. cit., p. 6.
  41. Les bovins baoulés, s'ils sont rustiques et endurants, présentent surtout un excellent embonpoint après l'embouche. Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire" op. cit.. Il existe un grand nombre de races bovines locales en Côte d'Ivoire, et le cheptel non migrateur, très différent des rares grand bovins N'Dame du Fouta-Djalon, avoisinent 56000 têtes. La race baoulé pourrait remonter à des croisements fort anciens entre les grandes races N'Dama et les petites Brachyceros à cornes courtes de la forêt.
  42. René Aillerie (docteur-vétérinaire), L'élevage en Côte d'Ivoire, in octo, Librairie Le François, Paris, 1926, 86 pages avec carte, en particulier p. 19
  43. René Aillerie (docteur-vétérinaire), L'élevage en Côte d'Ivoire, opus cité supra, en particulier, sur les trypanosomiases, p. 35-36. Sur onze ânes examinés à Bouaké (cercle baoulé), 9 atteints. Les moutons et chèvres importés sont peu sensibles, ainsi que les chiens autochtones.
  44. René Aillerie (docteur-vétérinaire), L'élevage en Côte d'Ivoire, opus cité supra, p. 38
  45. René Aillerie (docteur-vétérinaire), L'élevage en Côte d'Ivoire, opus cité supra, p. 63
  46. La liane goïne ou goyine peut être sous la forme d'un arbuste nommé en latin Saba senegalensis. Ce caoutchouc par ailleurs largement produit à Ferkessédougou, mais aussi le sisal et le kapok constituent des ressources à exploiter.
  47. La côte d'Ivoire en exporte par bateau vers Dakar en 1929 déjà 2269 tonnes. Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire", op. cit.
  48. Un grand nombre d'habitants, parfois des villages entiers, fuient les réquisitions du service militaire (levée obligatoire de jeunes tirailleurs), les impôts de capitation - 40 F par habitants adultes déclarés chaque année - et autres exigences administratives - entretien des routes ou des voies de chemin de fer pour la "machine" (train), corvée de transport, autres prestations etc.- ou privés (recrutement forcé au profit des chantiers de coupe de bois, loin vers le nord parfois jusqu'en pays mossi plus populeux, ce qui n'empêche nullement les impôts de capitation et le rachat de prestations au montant souvent supérieur de s'abattre sur chaque travailleur forcé). Albert Londres, op. cit., chapitre XX, Coupeurs de bois.
  49. Une prospection de l'acajou, de l'iroko, du tiama, du mouchibanaye, etc. est un préalable à chaque chantier. La main d'œuvre, essentiellement captive, s'attelle aux troncs par centaine d'hommes et(ou) de femmes. Mis à la rivière, les troncs sont flottés vers Abidjan puis au grand port de Grand Bassam. Albert Londres, op. cit.. Chapitre XX à XII.
  50. Ce marché humain est paradoxalement légal, alors que personne n'ignore que la main d'œuvre achetée ou dérobée, le plus souvent au nord de la colonie, est totalement soumise et servile, et n'a pas aucun mot à dire dans le contrat signé entre les actifs recruteurs africains et les patrons européens des chantiers forestiers du Sud. Albert Londres, op. cit., chapitre XX, Coupeurs de bois.
  51. Albert Londres, op. cit.. Le phénomène est général à l'ensemble de l'AOF, le Nigeria est ainsi un grand pays d'immigrants.
  52. Images sur bnf.gallica.fr des patates douces et ananas de Bouaké. La région de Bouaké est située entre les zones villageoises de cultures vivrières soudanaises au nord et les domaines de plantations, associant autrefois café, cacao, bananes, ananas et palmier à huile.
  53. Les corvées de transport vers Bouaké étaient imposées par l'administration locale au village collecteur de coton. Parfois, tous les villageois, hommes, femmes et enfants étaient requis la récolte accomplie pour plusieurs journées harassantes de transport. L'administration fixait les prix, pour rémunérer suffisamment les producteurs et éviter de les exposer à la rapacité du marché privé tenu par quelques colons avides. Albert Londres, op. cit.
  54. Filature et tissage de Bouaké, selon l'Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire" op. cit., p. 16. Les usines d'égrenage et de pressage de coton, pour mettre en balles de coton 1683 tonnes en Côte d'Ivoire, sont présentes en 1928 à Bouaké, Dimibokro, Korhogo et Séguela. Notons que 645 tonnes parviennent à l'artisanat local
  55. L'état-major et la cinquième compagnie résident à Abidjan. Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire", Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1931, 134 pages, en particulier p. 19.
  56. Ce collège est attesté en 1947. Ministère de la France d'Outre-mer, La Côte d'Ivoire, 1950. op. cit., page 10.
  57. Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire", op. cit., p.8-9. Le beurre de karité semble une spécialité de Haute-Volta. La noix de colas et beaucoup de produits de cueillette du type amandes restent prisés, parfois à l'excès.
  58. En 1931, les comptages associant les commissions de voiries et d'hygiène, sans discrimination d'habitants, dépassaient 10 000 habitants. Lire supra.
  59. Les cercles de Bouaké et Dimbroko exportent avant 1950 cinq à six mille tonnes vers le sud en croissance. Agence de la France d'Outre-mer. La Côte d'Ivoire, Ministère de la France d'Outre-mer, Afrique occidentale française, 1950. op. cit., page 7.
  60. Ministère de la France d'Outremer, AOF, La Côte d'Ivoire, 1950, op. cit.. Vie scolaire page 10 et IRCT page 10 et 20. L'état d'esprit des formateurs français diffèrent notablement des intervenants du début du siècle.
  61. Ministère de la France d'Outremer, AOF, La Côte d'Ivoire, 1950, op. cit.. Aéroport p. 19.
  62. Mylène Rémy, op. cit., Bouaké p. 105-106.
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  106. La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, devant le Ghana et la Malaisie.
  107. Le marché du cacao.
  108. La Côte d'Ivoire est le quatrième producteur mondial de café.
  109. Le marché mondial du café.
  110. Le caféier et le cacaoyer ont été introduits en Côte d'Ivoire par Assinie, respectivement en 1880 et 1861.
  111. Article de Allafrica sur l'usine textile de Gonfreville.
  112. « L’usine textile Gonfreville de Bouaké menacée de fermeture pour défaut de trésorerie - Abidjan.net News », sur news.abidjan.net, (consulté le ).
  113. « Le racket qui excède », sur Afrik.com, (consulté le ).
  114. Site chamco-ci.
  115. Championnat de Football de Côte d'Ivoire, fifci.org.
  116. Club et AFAF de Côte d'Ivoire, fifci.org.
  117. « Akissi Kouadio », sur aflit.arts.uwa.edu.au (consulté le )
  118. « Le journaliste Kouadio Kouamé de RTI-Bouaké est décédé - Abidjan.net News », sur news.abidjan.net (consulté le )
  119. afrik soir, « Jacques Mangoua : Parcours et biographie d'un homme qui a tout donné au PDCI », sur AFRIK SOIR, (consulté le )
  120. Daouda ZONGO, « Couper-Décaler: l’artiste ivoirien Skelly est décédé à 42 ans | Wakat Séra », (consulté le )
  121. « Un cross populaire organisé à Bouaké en mémoire de Joseph Tarègue - Abidjan.net News », sur news.abidjan.net (consulté le )

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En octobre 1945, le gouvernement français, décidé à faire participer ses colonies à l’Assemblée constituante, a organisé l’élection de deux députés en Côte d’Ivoire : l’un représentant les colons, l’autre les autochtones.
  2. Le monde francophone compte environ deux cents millions de locuteurs.
  3. Le BIT considère comme « travail des enfants » le travail fait par les personnes de moins de 18 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire et géographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Adu Boahen, Histoire générale de l'Afrique, Comité scientifique international pour la rédaction d'une histoire générale de l'Afrique (Unesco), l'Afrique sous domination coloniale 1880-1935, Présence africaine, (ISBN 2708705199) ;
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  • Maurice Delafosse, Les Frontières de la Côte d'Ivoire, de la Côte d'Or et du Soudan, Paris, Masson, , 94 fig. in-texte, 1 carte (lire en ligne) ;
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  • Pierre Kipré, Histoire de la Côte d'Ivoire, Éditions AMI,  ;
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  • Jean Noël Loucou, Côte d’Ivoire : les résistances à la conquête coloniale, Abidjan, Éditions CERAP, , 150 p. (ISBN 2-915352-31-3) ;
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  • Louise Delafosse, Maurice Delafosse, le Berrichon conquis par l'Afrique, Paris, Société française d'histoire d'outre-mer, 1976 [lire en ligne].
  • Sorogo Awa, Le système esclavagiste dans le Baoulé-Nord : Le cas du marché d'esclaves de Kotia Koffikro (1893-1906) (Mémoire de master en Histoire), Bouaké, Université Alassane Ouattara Bouaké, , 137 p. (lire en ligne)
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  • Fabio Viti, « L'esclavage au Baoulé précolonial », L'Homme, vol. 39, no 152 « Esclaves et « sauvages » »,‎ , p. 53-88 (lire en ligne).

Histoire économique et démographique, histoire sanitaire et statistiques[modifier | modifier le code]

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  • Youssouf Berthé, Pronostic fœto-maternel dans les accouchements par césarienne à propos de 218 cas enregistrés au service de gynéco-obstétrique du CHU de Bouaké en un an, du 1er avril 1990 au 2 avril 1991 (thèse de doctorat en médecine de l'université d'Abidjan), Abidjan,  ;
  • A. G. Coche, Développement de la pêche dans le lac de Kossou (Côte d'Ivoire) : Résultats et recommandations,  ;
  • Collectif, République de Côte d'Ivoire : Recensement démographique de Bouaké juillet-août 1958, Sté EGMC,  ;
  • Commissariat de l'Afrique Occidentale Française, Exposition coloniale de Marseille de 1922, N°1, La Côte d'Ivoire, Imprimerie Coopérative Barrier et Cie, Montauban, 1922, 28 pages, Carte et table des matières ;
  • Joël Dossou-Yovo, Julien Marie Christian Doannio, Soumana Diarrassouba et al., « Impact d’aménagements de rizières sur la transmission du paludisme dans la ville de Bouaké, Côte d’Ivoire », Bull. Soc. pathol. exot., vol. 91,‎ , p. 327-333 (lire en ligne) ;
  • Joël Dossou-Yovo, Koutoua Amalaman et Pierre Carnevale, « Itinéraires et pratiques antipaludiques chez les citadins de Bouaké, Côte d'Ivoire », Médecine tropicale, vol. 61, no 1,‎ , p. 495-499 (lire en ligne) ;
  • Gouvernement général de l'Afrique Occidentale Française, Exposition coloniale internationale de 1931, Volume 9 : "La Côte d'Ivoire", Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1931, 134 pages. (Document administratif brut et statistique officielle, avec liants et compléments historiques, géographiques et techniques, rédigés avec le concours de sociétés savantes).
  • Gouvernement général de l'Afrique occidentale française (et son commissariat), Exposition coloniale internationale de 1931, "La Côte d'Ivoire", Imprimerie A. Thoyon-Thèze, Rochefort-sur-Mer, 1931, 21 pages plus la table des matière (Résumé administratif publié en hâte)
  • Benoit Lootvoet, L'Artisanat et le petit commerce dans l'économie ivoirienne : Éléments pour une analyse à partir de l'étude de quatre villes de l'intérieur (Agboville, Bouaké, Dimbokro, Katiola), Paris, Orstom, coll. « Études et thèses », , 418 p. (ISBN 2-7099-0915-4, lire en ligne) ;
  • Ministère de la France d'Outre-Mer, Afrique Occidentale Française, La Côte d'Ivoire, Agence de la France d'Outre-Mer, 1950, 30 pages, avec sommaire et errata.
  • Jean Sauvy, Initiation à l'économie des pays en voie de développement, les cahiers de l'Institut international d'Administration publique,  ;

Histoire culturelle, histoire scolaire[modifier | modifier le code]

  • Guy Cangah et Simon-Pierre Ekanza, La Côte d'Ivoire par les textes, Paris, Les Nouvelles Éditions Africaines, , 9 p. ;
  • Maurice Delafosse, Vocabulaires comparatifs de plus de 60 langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes, Paris, E. Leroux, , p. 284 ;
  • Maurice Delafosse, Traditions historiques et légendaires du Soudan occidental (traduites d’un manuscrit arabe inédit), Paris, Comité de l'Afrique française, , p. 104 ;
  • Alice Ellenbogen, École primaire et citoyenneté en Côte d'Ivoire aujourd'hui,  ;
  • Firmin Guelade, Étude systémique de l'évolution culturelle de l'apprenant et du système éducatif primaire en Côte d'Ivoire, Université Laval,  ;
  • Vincent Guerry (père bénédictin) et Jean-Pierre Chauveau (bibliographie), La vie quotidienne dans un village baoulé, suivi d'un essai bibliographique sur la société baoulé par Jean-Pierre Chauveau, INADES Abidjan, , p. 151
  • Ministère ivoirien des Affaires culturelles, Architecture coloniale en Côte d'Ivoire, Éditions CEDA,  ;
  • Marie Nathalie Leblanc, « L’Orthodoxie à l’encontre des rites culturels : Enjeux identitaires chez les jeunes d’origine malienne à Bouaké (Côte-d’Ivoire) », Cahiers d’études africaines, no 182,‎ (résumé) ;
  • Marie Nathalie Leblanc, « Les Trajectoires de conversion et l'identité sociale chez les jeunes dans le contexte postcolonial ouest-africain : Les Jeunes Musulmans et les jeunes Chrétiens en Côte-d'Ivoire », Anthropologie et sociétés, vol. 27, no 1 « Le Religieux en mouvement »,‎ (résumé) (numéro publié sous la direction de Deirdre Meintel et Marie Nathalie Leblanc ;
  • (en) Marie Nathalie Leblanc, « The Production of Islamic Identities Through Knowledge Claims in Bouaké, Côte d'Ivoire », African Affairs (en), vol. 98, no 393,‎ , p. 485-508 (résumé) ; [28]
  • (en) Marie Nathalie Leblanc, « Versioning Womanhood and Muslimhood : « Fashion » and the Life Course in Contemporary Bouaké, Côte D'ivoire », Africa (en), vol. 70, no 3,‎ , p. 442-481 (résumé) ; [21]
  • Marie Nathalie Leblanc, « Hadj et changements identitaires : Les Jeunes Musulmans d'Abidjan et de Bouaké, en Côte d'Ivoire, dans les années 1990 », dans Muriel Gomez-Perez (dir.), L'Islam politique au sud du Sahara : Identités, discours et enjeux, Karthala, , 648 p. (résumé), p. 131 et suiv... ;
  • Jean-Claude Pauvert et Max Egly, Le Complexe d'éducation télévisuelle de Bouaké : 1967-1981, Association des anciens fonctionnaires de l'Unesco, , 78 p. (lire en ligne) ;
  • Laurence Proteau, Passions scolaires en Côte-d’Ivoire. École, État et société, Kerthala, , p. 385 ;

Roman, récit de voyage ou histoire romancée[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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