Ouidah

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Ouidah
Le fort portugais de Ouidah en 1886
Le fort portugais de Ouidah en 1886
Administration
Pays Drapeau du Bénin Bénin
Département Atlantique
Démographie
Population 162 034 hab. (2013[1])
Géographie
Coordonnées 6° 22′ 00″ nord, 2° 05′ 00″ est
Divers
Langue(s) Français
Localisation

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Ouidah

Ouidah, autrefois également appelée Juda, est une commune du Bénin, située à 42 kilomètres de Cotonou. Cette ville a été au XVIIIe siècle l'un des principaux centres de vente et d'embarquement d'esclaves dans le cadre de la traite occidentale.

Population[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2013 (RGPH-4), la commune comptait 162 034 habitants[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville de Ouidah a été crée en 1721 comme fort par les esclavagistes portugais, dont João Baptista de Ajudá (dont il porte le nom)[réf. nécessaire] pour servir et devenir l’un des principaux points d'embarquement des esclaves vers les Amériques[2]. Le fort, actuel musée d'histoire porte l'inscription « Fort de S. João Baptista de Ajudá », visible en haut sur tout image du musée.

Sur les onze millions d'Africains exilés par la traite occidentale près de deux millions sont partis de la baie du Bénin[3], dont 60 % à partir des deux principaux ports à centraliser le trafic, Ouidah et Lagos[4].

La ville/fort de Ouidah était « soigneusement isolé du royaume d'Abomey afin de garantir le monopole du roi du Portugal »[5]. Une autorité portugaise, le yovoghan (ce qui signifie littéralement « le chef blanc » ou « chef des blancs », c'est à dire le représentant des autorités portugaises) était assigné par le Portugal aux rois d'Abomey pour contrôler et garantir que les tribus d'esclaves étaient régulièrement fournis par ces rois, il constituait l'interface commerciale entre les négriers européens et l'État vassal d'Abomey. Dans ce royaume fondé par le roi Agadja d'Agbomin (1708-1740), la traite négrière fut une obligation de tributaire envers le roi du Portugal, ainsi, le roi Kpengla (1774-1789) devait alimenter ce tribu envers le Portugal par de périodiques razzias aux marges du royaume principalement en région Yoruba, pour éviter de livrer des personnes de l'ethnie des Fons[5].

Les esclaves étaient rassemblés sur une place pour y être vendus. Puis, ils parcouraient enchaînés les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage. Enchaînés les uns aux autres, ils montaient dans des canots pour être entassés dans les cales des navires avant la longue traversée vers le Nouveau Monde. Persuadés que les négriers blancs allaient les manger, certains préféraient, lors du transport en canots, se jeter à la mer et mouraient noyés.[réf. nécessaire]

Ouidah constituant l'un des principaux ports d'exportation d'esclaves, plusieurs pays européens étaient présents sur place, disposant de forts spécifiques : fort français, fort anglais, fort danois, fort portugais, fort hollandais. Le roi et les élites du royaume pouvaient ainsi faire monter les enchères pour obtenir le meilleur prix pour la « marchandise » dont ils disposaient[6].

Dans le Bénin actuel, le souvenir de ces traites négrières orchestrées par le royaume d'Abomey n'est pas sans créer périodiquement des tensions entre les Fons et les ethnies situées plus au nord, qui ont eu à subir les razzias annuelles menées à cette époque et ont vu nombre d'entre eux condamnés à l'esclavage au-delà de l'Océan Atlantique[5].

Il est courant de voir la ville désignée par des manuels occidentaux sous le nom de « Gléhoué » mais c'est une erreur car le terme Gléhoué est un terme récent qui signifie « la maison des champs » pour dire le concept moderne de campagne, province. Glehoué encore aujourd'hui au Bénin se dit quand on est en ville et qu'on se rend en campagne (au village), peu importe le village. Glehoué n'est pas le nom d'une ville, c'est un mot très récent qui signifie « campagne », « village » par opposition à la zone urbanisée, la ville[réf. nécessaire].

En 2002 a été créé à Ouidah le CPADD (Centre de Perfectionnement aux Actions post-conflictuelles de Déminage et Dépollution). Des formations en français et en anglais y ont lieu pour former les Africains aux techniques de déminage et de dépollution des sols après les conflits armés.

Culture[modifier | modifier le code]

Musée d'histoire de Ouidah

L'ancien fort portugais, datant de 1721, est en très bon état de conservation. Il abrite le musée d'histoire de Ouidah[7]. Les emplacements du fort français, du fort danois et l'enclos des esclaves du comptoir anglais sont encore visibles. Tous ces lieux apparaissent dans le film documentaire La Côte des Esclaves réalisé en 1993 par le cinéaste français Elio Suhamy pour la chaîne franco-allemande Arte. Le film décortique l'organisation de la traite négrière au temps du royaume d'Abomey.

Ouidah abrite d'autres monuments :

Depuis 1998, le 10 janvier à Ouidah marque la traditionnelle fête du Vodoun (Vaudou)[10].

Jumelage[modifier | modifier le code]

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b INSAE, Effectifs de la population des villages et quartiers de ville du Bénin, (RGPH-4, 2013), février 2016, p. 19 [1]
  2. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, éd. Gallimard, 2004, p. 196
  3. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, éd. Gallimard, 2004, p. 194
  4. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, éd. Gallimard, 2004, p. 197
  5. a, b et c Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les traites négrières », Documentation photographique, no 8032, mars-avril 2003, p. 5.
  6. Marcel Dorigny et Bernard Gainot, Atlas des esclavages, Éditions Autrement, 2006, p. 31.
  7. « Le Musée », sur museeouidah.org (consulté le 25 novembre 2015)
  8. « Ouidah, le chemin du souvenir », sur lesmemoiresdesesclavages.com (consulté le 25 novembre 2015)
  9. a et b « Visiter Ouidah », sur museeouidah.org (consulté le 25 novembre 2015)
  10. « Ouidah (Bénin) : une histoire », sur benin-voyage.com (consulté le 25 novembre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Casimir Agbo dit Alidji, Histoire de Ouidah du XVIe au XXe siècle, Presses de la Maison Aubanel Père, Avignon, 1959, 307 p.
  • Yénakpondji J. Capo-Chichi, Monographie de la commune de Ouidah, Afrique Conseil, avril 2006, 44 p.
  • Anne Hoisnard, Les Néerlandais à Ouidah de 1670 à 1726, Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 2001, 2 vol. (mémoire de maîtrise)
  • Ouidah et son patrimoine, ORSTOM, SERHAU, Paris, Cotonou, 1991, 413 p.
  • Paul Lando, Territoires du vodoun en milieu urbain : le cas de Ouidah en République du Bénin, L'Harmattan, Paris, 2016, 275 p. (ISBN 978-2-343-10474-4)
  • (en) Robin Law, Ouidah : the social history of a West African slaving 'port', 1727-1892, Ohio University Press, Athens ; James Currey, Oxford, 2004, 308 p.
  • Ouidah : petite anthologie historique, Fit édition, Cotonou, 1993, 102 p.
  • Alain Sinou, Le comptoir de Ouidah : une ville africaine singulière, Éd. Karthala, Paris, 1995, 191 p. (ISBN 2-86537-566-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. « Bénin : mémoire vive à Ouidah - JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)