Ouidah

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Ouidah
Le fort portugais de Ouidah
Le fort portugais de Ouidah
Administration
Pays Drapeau du Bénin Bénin
Département Atlantique
Démographie
Population 60 000 hab.
Géographie
Coordonnées 6° 22′ 00″ N 2° 05′ 00″ E / 6.366667, 2.083333 ()6° 22′ 00″ Nord 2° 05′ 00″ Est / 6.366667, 2.083333 ()  
Divers
Langue(s) Français
Localisation

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Ouidah

Ouidah, autrefois également appelée Juda, est une ville du Bénin, située à 42 kilomètres de Cotonou. Sa population est actuellement d’environ 60 000 habitants. Cette ville a été au XVIIIe siècle un des principaux centres de vente et d'embarquement d'esclaves dans le cadre de la traite occidentale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ouidah a été l’un des principaux points d'embarquement des esclaves vers les Amériques[1]. Sur les onze millions d'Africains exilés par la traite occidentale) près de deux millions sont partis de la baie du Bénin[2], dont 60 % à partir des deux principaux ports à centraliser le trafic, Ouidah et Lagos[3].

Le site de Ouidah était « soigneusement isolé du reste du royaume afin de garantir le monopole royal »[4]. En effet, sous le contrôle d'un grand dignitaire de l'État, le yovoghan (ce qui signifie littéralement « chef des Blancs ») il constituait l'interface commerciale entre les négriers européens et l'État négrier d'Abomey. Dans ce royaume relativement centralisé mis en place par le roi Agaja d'Agbomi (1708-1740), la traite négrière fut érigée en monopole royal par le roi Kpengla (1774-1789) et alimentée par de périodiques razzias aux marges du royaume, au bénéfice de l'ethnie des Fons[4].

Les esclaves étaient rassemblés sur une place pour y être vendus. Puis, ils parcouraient enchaînés les quelques kilomètres qui les séparaient de la plage. Enchaînés les uns aux autres, ils montaient dans des canots pour être entassés dans les cales des navires avant la longue traversée vers le Nouveau Monde. Persuadés que les négriers blancs allaient les manger, certains préféraient, lors du transport en canots, se jeter à la mer et mouraient noyés.[réf. nécessaire]

Ouidah constituant l'un des principaux ports d'exportation d'esclaves, plusieurs pays européens étaient présents sur place, disposant de forts spécifiques : fort français, fort anglais, fort danois, fort portugais, fort hollandais. Le roi et les élites du royaume pouvaient ainsi faire monter les enchères pour obtenir le meilleur prix pour la « marchandise » dont ils disposaient[5].

Dans le Bénin actuel, le souvenir de ces traites négrières orchestrées par le royaume d'Abomey n'est pas sans créer périodiquement des tensions entre les Fons et les ethnies situées plus au nord, qui ont eu à subir les razzias annuelles menées à cette époque et ont vu nombre d'entre eux condamnés à l'esclavage au-delà de l'Océan Atlantique[4].


En 2002 a été créé à Ouidah le CPADD (Centre de Perfectionnement aux Actions post-conflictuelles de Déminage et Dépollution). Des formations en français et en anglais y ont lieu pour former les Africains aux techniques de déminage et de dépollution des sols après les conflits armés.

Culture[modifier | modifier le code]

L'ancien fort portugais, datant de 1721, est en très bon état de conservation. Il abrite le musée d'Histoire de Ouidah. Les emplacements du fort français, du fort danois et l'enclos des esclaves du comptoir anglais sont encore visibles. Tous ces lieux apparaissent dans le film documentaire La Côte des Esclaves réalisé en 1993 par le cinéaste français Elio Suhamy pour la chaîne franco-allemande Arte. Le film décortique l'organisation de la traite négrière au temps du royaume d'Abomey.

Ouidah abrite d'autres monuments :

Depuis 1998, le 10 janvier à Ouidah marque la traditionnelle fête du Vodoun (Vaudou).

Jumelage[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, éd. Gallimard, 2004, p. 196
  2. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, éd. Gallimard, 2004, p. 194
  3. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, éd. Gallimard, 2004, p. 197
  4. a, b et c Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les traites négrières », Documentation photographique, no 8032, mars-avril 2003, p. 5.
  5. Marcel Dorigny et Bernard Gainot, Atlas des esclavages, Éditions Autrement, 2006, p. 31.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]