Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris

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Conservatoire de Paris

Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
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Image dans Infobox.
Façade du CNSMD de Paris
Histoire et statut
Fondation
Dates-clés
Type
Forme juridique
Disciplines
Musique, Danse, Métiers du son
Régime linguistique
Fondateur
Présidente
Directrice
Directrice adjointe
Marine Thyss (depuis 2020)
Membre de
Université Paris sciences et lettres, Association européenne des conservatoires, académies de musique et Musikhochschulen (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Chiffres-clés
Élèves
1 339 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Effectif
388 enseignant (), 180 agent administratif ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Budget
28 000 000 d’euro ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Campus
Ville
Pays

Le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMD de Paris ou Conservatoire de Paris) est un établissement public à caractère administratif qui dispense un enseignement professionnel de la musique, de la danse et des métiers du son, membre associé à l'Université Paris sciences et lettres. Il abrite la médiathèque Hector-Berlioz.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Louis XIV crée l’Académie royale de musique par lettres patentes du . L'Académie est rattachée à la Maison du roi. Par ailleurs, par arrêt du Conseil d’État du roi du , l’École royale de chant et de déclamation est fondée, installée dans l’hôtel des Menus-Plaisirs, rue Bergère (actuellement rue du Conservatoire) à Paris, et placée sous la direction de François-Joseph Gossec. Ces deux institutions sont les premiers signes d'une volonté de structurer et de formaliser l'enseignement des arts dramatiques et musicaux.

À l'École royale de chant et de déclamation, la Révolution ajoute, sous l'impulsion de Bernard Sarrette, une École de musique municipale (juillet 1792) à partir du corps de musique de la garde municipale. À ces deux établissements succède, le (18 brumaire an II), la première ébauche d'un établissement unique consacré à la formation de musiciens : l'Institut national de musique, créé par décret de la Convention nationale et pourvu d'un budget distinct, sous la direction de François-Joseph Gossec.

1795-1806 : Conservatoire de musique[modifier | modifier le code]

À peine deux ans plus tard, sur le rapport de Marie-Joseph Chénier, un ami de Bernard Sarrette, la Convention sous la présidence de Jean-Marie Heurtault de Lammerville décide, par une loi du (16 thermidor an III), de créer l'établissement du Conservatoire de musique en lieu et place de l'Institut national de musique. La nouvelle structure est gérée par un directoire composé de François-Joseph Gossec, Étienne Nicolas Méhul, André Grétry, Jean-François Lesueur et Luigi Cherubini. Bernard Sarrette obtient le rôle de commissaire chargé de l'organisation.

L'enseignement est limité aux disciplines instrumentales, particulièrement les cordes et les vents. Dès la première année, l'effectif est de six cents élèves[1].

1806-1816 : Conservatoire de musique et de déclamation[modifier | modifier le code]

Les missions de l'institution s'élargissent à l'art dramatique et à la danse et le conservatoire devient le Conservatoire de musique et de déclamation[a]. L'orchestre des élèves est créé la même année par François-Antoine Habeneck.

De 1800 à 1814, les professeurs du conservatoire produisent un ensemble de corpus pédagogique comportant des traités, principes élémentaires ou méthodes pour chacun des instruments (traités de François-Joseph Gossec, Pierre Baillot, Étienne Ozi, l'abbé Roze, Charles-Simon Catel). Le succès dans le domaine du chant est plus contestable et entraîne une rupture entre Bernard Sarrette et Jean-François Lesueur, qui est exclu du conservatoire en 1802[b].

1816-1831 : École royale de musique et de déclamation[modifier | modifier le code]

Fermé un temps sous la Restauration en raison de son origine révolutionnaire, le conservatoire est, dès le , transformé en une École royale de musique et de déclamation sous l'administration d'un inspecteur général, François-Louis Perne. Ce changement se traduit par des réductions du nombre d'enseignants et par une activité réduite. L'établissement ne retrouve une meilleure considération qu'en 1822, lorsque Luigi Cherubini est nommé directeur et non simple inspecteur[c].

Luigi Cherubini structure l'institution dans des formes qui sont aujourd'hui encore reconnaissables : institution d'un système de concours d'entrée et de sortie, élaboration de méthodes officielles d'enseignement, ouverture vers un plus grand nombre d'instruments tels que le piano, la harpe, la contrebasse, la trompette ou le chant.

Les écoles de musique de Lille, Toulouse et Nancy sont rattachées au conservatoire par ordonnance du .

1831 : Conservatoire de musique et de déclamation[modifier | modifier le code]

Le , l'établissement reprend le nom de Conservatoire de musique et de déclamation.

1831-1836 : Conservatoire de musique[modifier | modifier le code]

Le , les classes de déclamation étant supprimées, le titre est également amputé pour devenir simplement Conservatoire de musique.

1836-1934 : Conservatoire de musique et de déclamation[modifier | modifier le code]

La classe de Charles Wilfrid de Bériot au Conservatoire de Paris, vers 1894-95.

Le , la reprise des classes de déclamation permet de renommer l'établissement Conservatoire de musique et de déclamation, que les différents successeurs de Luigi Cherubini développent à un degré qui en fera un point de référence et d'excellence de l'enseignement musical dans le monde entier.

Alors que les classes de piano, solfège et chant sont ouvertes aux femmes dès l'ouverture de l'école en 1795, la violoniste Camille Urso est, en 1851, la première femme admise comme élève au sein de cette institution dans les classes d'instruments à cordes. Camille Urso se présenta avec soixante-dix hommes. Le jury d'admission, notamment composé des compositeurs italiens Michele Carafa et Gioachino Rossini et du Premier violon du roi, Delphin Alard, était assis autour du directeur Daniel-François-Esprit Auber. Camille Urso dut jouer le 4e Concerto de Pierre Rode, avec accompagnement pour violon, deuxième violon et violoncelle. La jeune candidate fut acceptée à l'unanimité comme élève dans la classe de Joseph Massart. Les classes de composition, jusque-là fermées aux femmes, s'ouvrent peu à peu à partir de 1850 : Charlotte Jacques est la première femme à obtenir une récompense en 1861 avec un second accessit et Marie Renaud-Maury est la première à obtenir le premier prix en 1876.

Un règlement intérieur promulgué en 1850 et un Musée des instruments est fondé en 1864.

En 1905, un décret détaille l'organisation du conservatoire, nominations, traitements, avancements et peines disciplinaires du personnel enseignant et administratif, organisation des examens ou encore composition des jurys d’admission. Les disciplines enseignées s'élargissent à l'écriture musicale, l'histoire de la musique et à de nouveaux instruments (orgue, alto, clarinette, etc.). Les professeurs sont des musiciens ou compositeurs prestigieux dont l'influence marque durablement la vie musicale européenne puis les jurys de concours s'ouvrent aux personnalités extérieures (Claude Debussy, Maurice Ravel, Paul Dukas, André Messager).

En 1911 le Conservatoire de musique et de déclamation quitte les locaux de la rue Bergère pour s'installer rue de Madrid.

1934-1946 : Conservatoire national de musique et d'art dramatique[modifier | modifier le code]

Le , le conservatoire devient Conservatoire national de musique et d'art dramatique.

Le , Henri Rabaud, alors directeur, soumet spontanément aux autorités allemandes de Paris, dont ne dépendait pas le conservatoire, le cas des professeurs et élèves juifs de son établissement, quatre jours avant la promulgation des lois sur le statut des Juifs[2]. Les enseignants juifs du conservatoire sont révoqués le . Claude Delvincourt, qui succède à Henri Rabaud en , et Jacques Chailley alors sous-directeur, excluent les élèves juifs à la rentrée 1942. Ils parviennent toutefois à soustraire les élèves concernés par le STO institué par la loi du en les réunissant dans l'Orchestre des Cadets du Conservatoire[3],[d].

1946-1957 : Conservatoire national de musique[modifier | modifier le code]

Le , les activités d'art dramatique font l'objet d'une structure indépendante : le Conservatoire national d'art dramatique qui regagne les locaux de la rue du Conservatoire (anciennement rue Bergère).

Les activités musicales et la classe de danse sont regroupées dans le Conservatoire national de musique.

1957-1980 : Conservatoire national supérieur de musique[modifier | modifier le code]

Le , le qualificatif « supérieur » est ajouté au titre qui devient Conservatoire national supérieur de musique.

Sous l'impulsion des directeurs Marcel Dupré (1954-1956), Raymond Loucheur (1956-1962) et Raymond Gallois-Montbrun (1962-1983) de nouvelles disciplines font leur apparition et un cycle de perfectionnement est inauguré, avec des classes de maître animées par les plus grands instrumentistes du temps (Mstislav Rostropovitch, Christa Ludwig, Wilhelm Kempff, etc.).

1980-2009 : Conservatoire national supérieur de musique de Paris[modifier | modifier le code]

À la suite de la création du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, l'établissement prend le le nom de Conservatoire national supérieur de musique de Paris[4].

En 1989, Michel Philippot et Christian Hugonnet mettent en place la Formation supérieure aux métiers du son, dont la première promotion est accueillie en [e][5].

En 1990, le conservatoire s'installe à la Cité de la musique, Parc de la Villette, dans le cadre des Grands travaux de François Mitterrand. Le nouvel établissement parisien est inauguré le et les locaux de la rue de Madrid sont alors affectés au conservatoire à rayonnement régional de Paris.

En , la Cité de la musique ouvre un musée qui expose tous les instruments conservés jusqu'ici par le conservatoire[6].

Depuis 2009 : Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris[modifier | modifier le code]

À la suite du décret no 2009-201 du 18 février 2009, la danse fait officiellement son apparition dans le titre de l'établissement qui devient Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Le à l'occasion de la Fête de la musique, les concerts de pianistes lauréats, dont le concours n'a pu se dérouler en public à La Villette du fait de la fermeture de l'école depuis le mois de mars en raison de la pandémie de Covid-19, sont organisés par Les Pianissimes à l'auditorium du musée Guimet et, faute de places suffisantes en raison des mesures de distanciation physique, retransmis en direct sur la plateforme RecitHall[7],[8],[9],[10].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Le CNSMD de Paris propose un enseignement destiné aux futurs professionnels, accessible sur concours.

Les études s’organisent en trois cycles distincts, s'inscrivant dans le schéma LMD, menant à l'obtention des diplômes suivants[11],[12],[13] :

Cursus[modifier | modifier le code]

Interprétation de la danse[modifier | modifier le code]

Interprétation de la musique[modifier | modifier le code]

Écriture, composition et direction d'orchestre[modifier | modifier le code]

Métiers du son[modifier | modifier le code]

La Formation supérieure aux métiers du son, sanctionnée par le diplôme de deuxième cycle supérieur de musicien-ingénieur du son valant grade de master, a pour objectif de former des musiciens-ingénieurs du son en un cycle supérieur de quatre ans. Ce cursus propose « une formation musicale approfondie, une formation technique et scientifique dans les secteurs de la production d’enregistrement, de la création, de la diffusion musicale et sonore et de la recherche et une formation pratique de haut niveau ». Il propose à partir de la troisième année une spécialisation en production musicale et sonore, en création musicale et sonore ou en spectacle vivant[11].

Située dans le centre audiovisuel du conservatoire[5], la formation bénéficie d'équipements audiovisuels uniques dans le cadre d’une école : studios de prise de son et de post-production comprenant notamment deux régies multicanales (SSL C300), une régie multipistes (SSL4000G+), plusieurs régies offrant une palette d’équipements et de nombreuses régies de post-production (Protools, Pyramix, Logic Audio), ainsi qu’un parc de microphones très important et diversifié.[réf. souhaitée]

Musicologie[modifier | modifier le code]

Notation du mouvement[modifier | modifier le code]

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Doctorat[modifier | modifier le code]

Campus[modifier | modifier le code]

Les locaux, construits dans le cadre des grandes opérations d'architecture et d'urbanisme à la Cité de la musique et inaugurés en 1990, comportent, sur 15 400 m2 (34 000 m2 au total), 78 salles de classe, 70 studios de travail, 3 salles d'examens et de concours, 7 plateaux d'orchestre, 3 salles publiques, une salle d'orgue, une salle d'art lyrique, l'espace Maurice-Fleuret, un centre électroacoustique, la médiathèque Hector-Berlioz et des espaces communs.

L'acoustique du bâtiment est pensée à tous les niveaux, et son architecture revient à Christian de Portzamparc[14].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le décret no 2009-201 du 18 février 2009 prévoit que le CNSMD de Paris est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de la Culture[15], exercée par la direction générale de la Création artistique. L'établissement est administré par un conseil d'administration dont le président est nommé par décret pour un mandat de trois ans renouvelable[16]. Il est dirigé par un directeur, nommé pour une durée de trois ans renouvelable deux fois par arrêté du ministre chargé de la culture et assisté par un conseil pédagogique[17].

Présidence[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Direction pédagogique[modifier | modifier le code]

Le comité de direction comprend deux directeurs pédagogiques[11] :

  • Philippe Brandeis, directeur des études musicales et de la recherche, qui s'appuie sur huit responsables de départements pédagogiques :
    • Clément Carpentier (disciplines instrumentales classiques et contemporaines),
    • Gilles Oltz (disciplines vocales),
    • Yannaël Pasquier (écriture, composition et direction d’orchestre),
    • Riccardo Del Fra (jazz et musiques improvisées),
    • Liouba Bouscant (musicologie et analyse),
    • Pascal Bertin (musique ancienne),
    • Denis Vautrin (métiers du son),
    • Serge Cyferstein (pédagogie) ;
  • Cédric Andrieux, directeur des études chorégraphiques.

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Enseignants[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Controverse : l'affaire Jérôme Pernoo - CNSMDP - Egaé[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 2021, après avoir reçu, selon les sources, un[22], deux[23],[24] ou « plusieurs »[25] signalements contre le violoncelliste Jérôme Pernoo via une boîte mail anonyme[26] mise en place par le groupe Egaé au CNSMDP, Émilie Delorme, sa directrice, déclenche une enquête interne et suspend le professeur pour une durée maximale de quatre mois, comme le prévoit la loi. Le ou les signalements l’auraient avisée de « faits pouvant s'apparenter à du harcèlement et des agressions sexuelles, notamment sur mineurs. »[23],[24]

Entre temps, elle a informé le procureur, comme elle en a l’obligation, du ou des signalements qu’elle a reçus. Une enquête préliminaire pour « agression sexuelle sur mineur », confiée à la Brigade des mineurs, est ouverte le 20 avril[27].

L’enquête administrative interne, confidentielle, est confiée conjointement à Christophe Pillon, chef des ressources humaines du CNSMDP, et Caroline De Haas, militante féministe et directrice associée du groupe Egaé. Elle commence le 17 mars 2021. Des élèves témoignent avoir été contactés par Mediapart, à son sujet, dès le 23 mars[28].

Une semaine après le début de l’enquête, le 24 mars, Émilie Delorme est avisée, par lettre recommandée d’une proche collaboratrice de Jérôme Pernoo, que le compte-rendu d’entretien qu’Egaé lui demandait de signer était expurgé de la quasi-totalité de ses remarques à décharge, y compris les plus circonstanciées. La même lettre est envoyée à Christophe Pillon, co-enquêteur pour le CNSMDP[23],[24].

Le 9 avril, à la demande de l’ensemble des élèves de Jérôme Pernoo, se tient une réunion en visio-conférence avec Mmes Delorme et De Haas. Les élèves, l’accompagnatrice et l’assistant de Jérôme Pernoo, qui ont déjà tous été interrogés par Caroline De Haas et Christophe Pillon, et qui soutiennent unanimement le professeur, y font part de leur inquiétude quant à la tenue de l’enquête, qu’ils jugent partiale et uniquement à charge, craignant que le portrait qu’on leur fait dresser de leur professeur soit déformé. C’est au cours de cette réunion que Caroline De Haas dit à tous les élèves, devant la directrice : « Pour moi, quelqu'un qui témoigne ne porte jamais préjudice. La personne dit la vérité[23],[24],[28]. »

Dans les semaines qui suivent, un grand nombre de témoins décrivent à plusieurs reprises dans la presse ces déformations systématiques de leurs propos[23],[29],[30],[28],[26], l’absence des questions de l’enquêtrice dans les comptes-rendus, et la suppression de leurs témoignages à décharge, quand ce n’est pas l’inversion absolue du sens de leurs réponses. Un élève raconte ainsi : « Dans certains cas, on me faisait même dire l’exact opposé de ce que j'avais dit. Par exemple, “ça ne m'a jamais mis mal à l'aise” est devenu “ça m'a mis mal à l'aise”. Ils ont fait ça plusieurs fois. » Un autre précise : « Mon rapport ne reflétait pas ce que je voulais dire. Souvent, on enlevait les questions qui m'ont été posées et ça changeait le sens des réponses. Vu le sujet de l'enquête, ça donnait tout de suite une image très négative du professeur[26]. » Un ancien élève raconte comment « Caroline De Haas lui a conseillé de consulter un professionnel de santé, afin de se souvenir de potentiels comportements répréhensibles commis par son professeur. » Il ajoute : « Je n'avais jamais été confronté à des pratiques parajudiciaires mais celles-ci me glacent quelque peu. Surtout lorsque l'on m'explique littéralement que si mon témoignage est à décharge, il n'est pas très intéressant et ne sera pas considéré comme tel puisque le but de cette enquête est de prouver [que Jérôme Pernoo] est coupable et non innocent[28]. » Plusieurs témoins affirment par ailleurs avoir signé leurs PV et n'avoir compris qu'a posteriori que ce qu'ils avaient dit n'avait pas été pris en compte[23],[24].

Les soutiens de Jérôme Pernoo rappellent en outre que l'engouement autour de sa personne lui a garanti, en quatorze ans d'enseignement au Conservatoire, un dossier administratif « absolument vierge », qu'il s'agisse de faits de violences sexuelles ou de brouilles avec ses élèves. En outre, aucun de ses étudiants n'aurait jamais exprimé le désir de quitter sa classe pour en rejoindre une autre, pratique pourtant courante au CNSMDP[28].

Jérôme Pernoo est lui-même interrogé par les enquêteurs les 8 et 15 avril. Alors qu’il est censé être questionné en dernier pour pouvoir répondre à toutes les éventuelles mises en cause, un témoin sera interrogé cinq jours après lui, le 20 avril. Les propos de ce témoin auraient été cités sept fois à charge sans que le prévenu ait eu la possibilité de les connaître, et donc d’y répondre[23],[24]. L’enquêteur du CNSMDP, Christophe Pillon, n’est pas présent à cet interrogatoire tardif, et évoque « un conflit d’agenda », sans plus de précisions, quand on lui demande d’expliquer cette double irrégularité.

Confrontée à ces très nombreuses alertes, Émilie Delorme soutiendra toujours, quant à elle, que « l’enquête a été menée de manière contradictoire, diligente, rigoureuse et impartiale[26]. » La direction du CNSMDP déclarera même en décembre 2021 : « En juillet dernier, aucun élément en notre possession ne nous permettait de remettre en cause le caractère impartial de l’enquête interne[31]. »

L’enquête est clôturée le 20 avril, et le rapport est remis à la directrice. Elle décide à sa lecture de maintenir la suspension de Jérôme Pernoo, qui n’était, au départ, annoncée que pour « le temps de l’enquête. »[23],[24] Le 4 mai 2021, Émilie Delorme confirme dans Diapason qu’une enquête interne est en cours contre un professeur, sans citer son nom[32].

Le 7 mai[26], elle rédige un rapport disciplinaire pour saisir la Commission Consultative Paritaire qui doit se prononcer sur le dossier. Selon Le Figaro[28], ce rapport contiendrait des « erreurs grossières » à charge, parmi lesquelles le changement de l’âge d’un témoin, présenté comme un adolescent de quatorze ans alors qu’il était en réalité âgé de vingt ans. Par ailleurs, un passage entier du compte rendu d'Egaé, où les faits reprochés à l'enseignant sont présentés au conditionnel, est repris à l'indicatif par Mme Delorme dans le rapport disciplinaire. Enfin, les nombreux témoignages à décharge n’y sont évoqués que comme renforçant la charge : « [M. Pernoo] génère chez beaucoup d'élèves - actuels ou anciens - une admiration très importante, voire une forme de fascination[26] […] Les enquêteurs ont assisté à des entretiens dans lesquels ils ont senti une volonté très nette des interlocuteurs de protéger Jérôme Pernoo […] comme s'il semblait impossible pour un certain nombre de personnes d'admettre un seul comportement problématique de la part de Jérôme Pernoo. Cela semble témoigner d'une forme d'ascendant de la part de Jérôme Pernoo sur les personnes qui l'entourent[28]. »

Le 8 juin, paraît dans Mediapart[27] un article d’Antoine Pecqueur, qui dévoile pour la première fois, alors que la procédure disciplinaire n’est pas terminée, le nom de Jérôme Pernoo. Il y est question « d’attouchements envers plusieurs jeunes garçons, mineurs, qui seraient intervenus en dehors du CNSMDP […] et qui se seraient déroulés sur plus d'une dizaines d’années. » Les seuls témoins cités dans l’article ne mentionnent cependant pas d’agression sexuelle ni d’attouchements, mais critiquent des méthodes d’enseignement ou des comportements, l’une parlant de « séduction et d’emprise », un autre affirmant : « on accepte des choses inacceptables au prétexte qu’on fait partie d’une même famille. » Un ancien élève de Jérôme Pernoo, répond, pour sa part : « J’ai la désagréable impression et quasi-certitude que l’on cherche à le traîner dans la boue. Les signalements à son encontre me semblent surtout être des témoignages malveillants en vue de le détruire professionnellement et socialement. »

Le 9 juin, France Musique[33] reprend sur son site l’essentiel de l’article de Mediapart, en citant à nouveau le nom de Jérôme Pernoo, sans apporter davantage de témoignages. Le 10 juin, Antoine Pecqueur, également chroniqueur à la matinale de France Musique, consacre son billet à son propre article de l'avant-veille, reprenant ses accusations et divulguant à nouveau le nom de Jérôme Pernoo[34].

Toujours le 10 juin, Émilie Delorme, selon un témoin, envoie un courriel à tout le Conservatoire pour confirmer l’existence de la procédure évoquée dans la presse[26].

Le 12 juin, c’est Diapason qui publie à nouveau ces éléments, sans apporter de témoignages supplémentaires[35].

Le 15 juin a lieu une deuxième réunion entre la direction et les élèves de Jérôme Pernoo, à la demande de ces derniers. Ils y font à nouveau part à la directrice de leurs inquiétudes quant au déroulement de l’enquête[26], et réclament le retour de l’enseignant, ou au moins le droit de pouvoir le contacter, ce que la directrice refuse[28].

Le 22 juin a lieu la commission consultative paritaire. D’après Jérôme Pernoo, « plutôt que de devoir répondre à des questions précises, il lui avait été demandé de raconter "ce qu'il avait compris du dossier"[26]. » Il évoque une réunion « brouillon et mal organisée » et soupçonne une « méconnaissance du dossier de 517 pages de la part des participants[28]. »

Le 16 juillet 2021, dernier jour des quatre mois de suspension, Émilie Delorme annonce à Jérôme Pernoo qu’elle ne prononce pas de sanction et le réintègre dans ses fonctions. Elle le convoque néanmoins le 2 septembre pour un entretien préalable à une sanction disciplinaire et précise qu’elle envisage un « licenciement pour motifs disciplinaires sans préavis ni indemnités de licenciement[26],[36]. »

Le Conservatoire s’abstient de toute communication quant à cette réintégration. Tous les élèves de Jérôme Pernoo tentent à plusieurs reprises et par plusieurs moyens, y compris publiquement sur Twitter[37],[38], de contacter Émilie Delorme pour savoir si, d’une part, cette réintégration dont ils ont eu connaissance par voie de presse est vraie, et d’autre part si elle signifie qu’ils ont désormais le droit de le voir et de le contacter, ce qui leur était interdit depuis le 16 mars. Émilie Delorme ne leur écrira qu’à la rentrée, pour les convoquer à une réunion, sans jamais répondre à leur question[38].

Le 2 septembre a lieu l’entretien préalable à une sanction disciplinaire. Émilie Delorme y entend pour la première fois les arguments de la défense du professeur, presque six mois après sa mise à pied.

Le 7 septembre, elle décide de renoncer au licenciement pour faute grave qu’elle avait envisagé. Elle prononce néanmoins une exclusion d’un an sans traitement[39]. Le communiqué du CNSMDP, daté du 10 septembre[40], ne fait « aucune mention des accusations de violences sexuelles »[41],[42],[43], aucune « mention des signalements à l’origine de l’enquête »[38], mais met en cause ses « méthodes d’enseignement »[41],[44].

La direction précise avoir « constaté que Jérôme Pernoo avait manqué aux exigences d’exemplarité requises par le Conservatoire en tant qu’établissement d’enseignement supérieur. Il ressort de nombreux témoignages que [ses] méthodes d’enseignement […] perturbent la bonne marche du Conservatoire et entravent l’exercice du devoir de protection qui s’impose à ce dernier vis-à-vis de ses élèves ». La direction indique aussi avoir « choisi ce type de sanction dans une démarche d’apaisement, après avoir reçu l’assurance de la part de Jérôme Pernoo de son engagement de changer ses méthodes pédagogiques et de dispenser un enseignement conforme à l’exemplarité exigée au sein d’un établissement d’enseignement. »[37]

Aux termes de la lettre de sanction, selon plusieurs sources, il est reproché à Jérôme Pernoo d’avoir trop d’emprise, de créer un esprit de famille et donc de concurrence entre les élèves, de faire usage de contrepèteries et de donner des surnoms à ses élèves[44],[45].

Jérôme Pernoo fait savoir qu’il contestera cette décision devant le Tribunal administratif[45],[44].

Le 28 septembre, les parents de tous les élèves de Jérôme Pernoo, « alertés par la colère de leurs enfants » selon Marianne[46], et sachant que les griefs retenus contre le professeur ne concernent que ses méthodes pédagogiques, écrivent à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, pour lui demander de reconsidérer la sanction que la directrice a prononcée contre Jérôme Pernoo. Ils s'alarment des conséquences pour leurs enfants d’une sanction qui leur semble « disproportionnée » au regard des faits apparemment reprochés à Jérôme Pernoo, en allant « totalement à l’encontre des intérêts des élèves. »[47] « Jamais, poursuivent-ils, [nos enfants] ne nous ont rapporté le fait de se sentir mal à l’aise dans sa classe pour des raisons telles que l’usage de certaines formes d’humour, le fait d’être appelés par un surnom amical, ou l’absence de distance entre enseignant et élève… Bien au contraire, l’ambiance sympathique créée par le professeur, son approche pédagogique sensible et singulière et son dévouement total pour la réussite de ses étudiants leur a permis de s’investir pleinement dans leur travail, de révéler leur personnalité artistique et de progresser vers le niveau d’excellence qu’il attend d’eux par ailleurs, comme l’exige un établissement de ce rang. […] Aujourd’hui, [ils] n’aspirent qu’à une seule chose : reprendre le cours normal de leur vie d’étudiant et retrouver ce qu’ils sont en grande partie venus chercher au CNSMDP, à savoir leur professeur. »[38]

Jérôme Pernoo saisit le tribunal administratif de Paris en référé, et l’audience a lieu le 18 novembre 2021. La directrice du CNSMDP ne se rend pas à l’audience, ne s‘y fait pas représenter et ne produit pas de mémoire en défense[48],[46].

Le 7 décembre 2021, le juge des référés donne raison à Jérôme Pernoo contre Émilie Delorme et ordonne la suspension immédiate de la sanction. Le juge retient comme établis quatre faits qu’il qualifie de fautes pouvant être considérées comme « graves » et méritant sanction (bises et accolades, contrepèteries, emploi de surnoms et rapports de proximité avec les élèves)[49], mais pointe le « caractère disproportionné » de la sanction prononcée « par rapport à la nature des fautes commises », qui la rend manifestement illégale, et exige sa suspension jusqu’à l’audience au fond. Il pointe également « le manque d’impartialité de l’enquête administrative », ainsi que « l’irrégularité de la composition du conseil de discipline et de la procédure suivie devant cette instance consultative ». Il condamne par ailleurs le CNSMDP à verser la somme de 2.000€ à Jérôme Pernoo[42].

Dans un communiqué du 8 décembre, le CNSMDP annonce « forme[r] dès aujourd’hui les recours qui s’imposent contre cette décision du tribunal administratif de Paris qui ne préjuge en aucun cas du jugement à venir sur le fond dans ce dossier. » Cette position étonne un certain nombre d’observateurs qui objectent qu’aucun recours ne peut faire obstacle à l’injonction du juge des référés, qui est exécutoire même en cas d’appel[42],[48],[50].

Le CNSMDP ajoute dans son communiqué que « plusieurs plaintes contre Jérôme Pernoo ont été déposées par d’anciens élèves, entre les mains du Procureur de la République de Paris », sans en préciser le nombre, la date ni la teneur. Il fait probablement allusion à un article du Parisien du 24 septembre[51] qui mentionnait deux plaintes, tout en laissant entendre que ni le parquet, ni l’avocate d’un des supposés plaignants ne confirmaient cette information. L’article n’avait été repris par aucun organe de presse, pas même par Le Parisien lui-même qui, huit jours après, interrogeait Roselyne Bachelot sur cette affaire sans mentionner l’existence supposée ou avérée de plaintes[52].

Le 13 décembre, Le Point n’obtient toujours pas de confirmation de l’avocate citée par Le Parisien[48], et le 17 décembre, Marianne n’obtient pas davantage de confirmation du parquet[46].

Le 10 décembre 2021, Émilie Delorme réunit, « en catastrophe » selon l’un d’entre eux, les élèves de Jérôme Pernoo. Elle ne leur annonce pas sa réintégration, dont ils avaient pourtant compris, en lisant la presse, qu’elle était inéluctable, ce qui avait été un « soulagement » pour eux[46]. Selon des témoignages de parents, Émilie Delorme aurait fait mine, durant cette réunion, de penser que les élèves étaient contrariés par cette décision de justice[53]. La directrice leur aurait également fait croire que la décision du juge des référés ne reposait que sur des vices de procédure[46].

Ce même 10 décembre, Émilie Delorme, renonçant finalement à faire appel de la décision du juge, en prend acte et annule rétrospectivement la sanction qu’elle avait prononcée en septembre, mettant fin à l’action judiciaire de Jérôme Pernoo contre le CNSMDP, l’audience au fond n’ayant plus lieu d’être[48].

Un communiqué de presse du 13 décembre précise que Mme Delorme réintègre donc Jérôme Pernoo dans les effectifs du CNSMDP, mais décide dans la même seconde de le suspendre à nouveau pour une durée maximale de quatre mois, afin de réaliser une seconde enquête interne, confiée à une « autre structure que celle ayant réalisé la précédente ». Le communiqué ne mentionne pas de faits nouveaux justifiant l’ouverture d’une seconde enquête, ni ne précise si le CNSMDP sera, comme la première fois, co-enquêteur : « Le CNSMDP relève que le juge a considéré que l’existence de griefs retenus contre Jérôme Pernoo “peuvent être considérés comme graves” en raison des fonctions qu’il exerce et de sa “position de musicien renommé face à un public encore jeune et influençable dont les enseignements ont un large retentissement sur leur insertion professionnelle”. Parallèlement, le juge a relevé un doute quant à l’impartialité dans le processus d’établissement des faits. Au regard de ces deux considérations, le CNSMDP a décidé de diligenter une nouvelle enquête interne. » Pour « justifier cette brusque volte-face », la direction du CNSMDP déclare à Marianne, comme il est dit plus haut, « qu'en juillet dernier, aucun élément en [sa] possession ne [lui] permettait de remettre en cause le caractère impartial de l’enquête interne[31]. » Le conservatoire reprend par ailleurs l’évocation de plaintes à l’encontre du professeur, sans donner davantage de précisions (date, nombre, teneur) que dans son communiqué du 8 décembre[54].

Patrice Spinosi, avocat de Jérôme Pernoo, réagit à cette décision dans les colonnes de Diapason :

« C’est avec stupéfaction que M. Pernoo a pris connaissance de cette nouvelle suspension. La décision du tribunal administratif était pourtant claire. Les prétendus faits qui lui sont reprochés ne peuvent pas justifier de le priver de son enseignement. La directrice du Conservatoire, dont on rappellera tout de même qu’elle n’a même pas daigné défendre sa décision devant le juge des référés, se pique désormais de faire du droit en retirant la première sanction suspendue et en relançant une nouvelle enquête pour les mêmes faits ! En pratique il ne s’agit là que d’une nouvelle manœuvre aussi injuste qu’infamante. Dans les jours qui viennent M. Pernoo saisira de nouveau le juge administratif pour engager une action indemnitaire contre le Conservatoire dont les agissements fautifs lui ont causé un préjudice considérable. Le tribunal qui lui a déjà donné raison une première fois n’aura pas de mal à le faire une seconde fois[54]. »

Dans Marianne, Patrice Spinosi évoque, à propos de la décision d'Émilie Delorme, un « détournement de procédure »[46].

D'après un article du Point[48], cette décision d'Émilie Delorme « suscite de nombreuses critiques, en interne et dans le monde de la musique, où de nombreux soutiens au professeur continuent de se manifester », évoquant une « guerre d'usure » ou une « chasse à l'homme ». Selon Marianne[43], « ces manœuvres judiciaires ont eu raison de la patience des 12 élèves de Jérôme Pernoo. » Trois d’entre eux se confient à l’hebdomadaire[46] et font part de leur exaspération. L’un relate que les cours avec le remplaçant « ne se passent pas bien du tout », qu’un élève « âgé de 15 ans ne veut plus mettre les pieds en cours » mais que la directrice, alertée par les parents, ne leur a proposé que de s’adresser « à la Troisième Rive, un organisme d’écoute, sans proposer plus de solutions. » Un autre fustige l’absence de communication entre la direction et la classe de Jérôme Pernoo depuis le début : « On ne nous a jamais prévenus depuis le début de cette affaire, ou alors avec une ou deux semaines de retard. » Un autre élève dit avoir « envie de faire un signalement contre la direction du Conservatoire, mais [que] c’est difficile. D’un point de vue hiérarchique, nous sommes bloqués […] Personne dans la classe n'est choqué par les contrepèteries, c'est la façon dont on nous traite qui nous choque, nous sommes infantilisés ! […] Avec la direction, la confiance est complètement rompue. »

Ce refus par Émilie Delorme de réintégrer Jérôme Pernoo malgré l’injonction du tribunal administratif provoque, selon Diapason[55], la « colère des soutiens du musicien, qui crient à "l'acharnement" », et pousse les parents de tous ses élèves à adresser à nouveau, le 21 décembre, une lettre à la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, dont une copie est envoyée également à Émilie Delorme et une autre à Stéphane Pallez, présidente du conseil d’administration du CNSMDP[43],[47],[55]. « Il nous semble y avoir un malentendu quant à la perception, par la direction du Conservatoire, de l’opinion de nos enfants », y écrivent-ils. « Nos enfants ne se sont pas retrouvés dans la classe de Jérôme Pernoo par hasard […] ils ont expressément demandé à rejoindre la classe de ce professeur plutôt que celle d'un autre[47]. » Ils poursuivent : « Les étudiants de Jérôme Pernoo connaissaient sa personnalité avant d’intégrer le Conservatoire, l’ont délibérément choisi comme professeur, n’ont eu aucune surprise en découvrant la réalité de ses cours et n’ont jamais été dérangés par sa façon d’interagir avec eux. […] Nous ne tolérons pas que l’on puisse de la sorte continuer à anéantir [la] scolarité [de nos enfants]. […] Nous vous appelons donc de nouveau à faire en sorte qu’il soit mis un terme à cette situation absurde et exaspérante, […] avant que l’état psychologique de nos enfants ne se dégrade encore[43]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Appellation qui sera conservée, avec une éclipse, jusqu'en 1934, où l'établissement se verra baptisé Conservatoire national de musique et d’art dramatique.
  2. Jean-François Lesueur est partisan d'une réactivation des maîtrises supprimées par la Révolution. L'Empire, dans l'esprit du Concordat, lui donnera raison en les rétablissant progressivement.
  3. Il faut cependant attendre 1830 pour voir le nom de Conservatoire officialisé à nouveau.
  4. Toutefois, les Allemands s'aperçoivent de la supercherie au printemps 1944 et Claude Delvincourt fournit aux élèves menacés de faux papiers d’identité et les aide à entrer dans la clandestinité, avant de devoir lui-même se cacher.
  5. Le recrutement de la première promotion au mois de janvier s'explique par la volonté qu'elle soit diplômée au , date de la mise en place du marché unique européen, afin de « faire face à la concurrence des Tonmeister allemands ».

Références[modifier | modifier le code]

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  16. art. 7-8 Décret no 2009-201 du 18 février 2009.
  17. art. 13-14 Décret no 2009-201 du 18 février 2009.
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Textes officiels[modifier | modifier le code]

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  • France. « Décret no 2009-201 du 18 février 2009 portant statut des conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse de Paris et de Lyon » [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • France. « Arrêté du 11 décembre 2019 portant nomination de la directrice du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris » [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • France. « Arrêté du 18 septembre 2020 accréditant le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en vue de la délivrance de diplômes conférant un grade universitaire et de diplômes nationaux » [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • France. « Arrêté du 13 janvier 2021 accréditant le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en vue de la délivrance de diplômes conférant un grade universitaire et de diplômes nationaux » [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article

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Liens externes[modifier | modifier le code]