Gustav Fechner

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Gustav Fechner

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Biographie
Naissance 19 avril 1801
Gross Särchen
Décès 18 novembre 1887 (à 86 ans)
Leipzig
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Thématique
Formation médecine
physiologie
mathématiques
Approche psychophysique

Gustav Theodor Fechner est un philosophe et psychologue allemand, né à Gross Särchen (en polonais Żarki Wielkie), Lusace en 1801 et mort à Leipzig en 1887.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est pasteur, mais ce dernier meurt quand le petit Gustav n'a que 5 ans. Il est alors élevé par son oncle pasteur. Néanmoins, il sera peu influencé par la religion protestante. Il entre à la faculté de médecine à l'âge de 16 ans. Il délaisse ses études de médecine pour assister aux cours d'Ernst Heinrich Weber qui enseigne la physiologie et les mathématiques à Leipzig.

Il est l'instigateur de la psychophysique, une science visant à mesurer des phénomènes d'ordre psychologique. Il formula la loi de Weber-Fechner selon laquelle la sensation perçue varie proportionnellement au logarithme de l'intensité d'excitation. L'unité métrique dans laquelle se mesurerait la sensation est pour lui le seuil différentiel relatif (rapport de Bouguer-Weber), qui est la plus petite différence d'intensité remarquable (en anglais jnd, pour just noticeable difference). En 1839, il s'intéressa au problème de l'âme. Il publie ses résultats en 1851, affirmant que la conscience est diffuse partout dans l'Univers, l'âme ne meurt pas.

La révélation de Fechner : Nous sommes le 22 octobre 1850. Alors qu'il est encore au lit, Gustav Fechner a une révélation. Il pense avoir résolu tout à coup une vieille énigme philosophique - celle de la relation entre l'âme et le corps. Il pense même avoir trouvé comment la mesurer : grâce à une équation mathématique simple reliant l'intensité de la sensation (ce que l'on ressent subjectivement) à celle du stimulus (la puissance du rayon lumineux qui a déclenché la sensation). L'histoire des sciences a retenu ce 22 octobre comme date de fondation de la psychophysique.

L'idée directrice de G. Fechner repose sur l'existence d'un parallélisme psychophysique entre l'esprit (psycho) et le corps (physique). Sur le plan philosophique, c'est une position inspirée de Baruch Spinoza, qui admet que matière et esprit sont indissociables, comme les deux faces d'une même médaille. Cette relation peut faire l'objet d'une mesure rigoureuse et s'exprimer sous forme d'une loi, que G. Fechner formule ainsi : S=k*log(l)où k est une constante de l'intensité.

La loi de Fechner est encore considérée par certains spécialistes comme valable même si elle a fait, dès sa publication, l'objet de débats. Hermann von Helmholtz la soumit à une critique sérieuse, comme trop générale et ne reflétant pas la réalité dans tous les cas, notamment quand les stimulus sont faibles. Ewald Hering, qui avait été l'élève de Fechner, entreprit en 1875, une critique générale, basée autant sur la révision des faits produits par Fechner en appui à sa thèse que sur sa méthode et ses hypothèses[1].

On peut noter parmi les personnes qui ont mis en cause la psychophysique de Fechner, le philosophe Henri Bergson qui lui reproche une approche en réalité spatiale (du temps projeté sur l'espace), des réalités psychologiques et de les réduire à la quantité qui est la caractéristique des objets matériel saisis dans l'espace. Alors que les réalités psychologiques relèvent, selon lui, d'une autre dimension que Bergson appelle la durée dans le Chapitre II de l'Essai sur les données immédiates de la conscience. Il reprend les équations de Fechner et en critique le dispositif dans le Chapitre I de ce même ouvrage.

À partir de là, Fechner va, jusqu'à la fin de sa vie, poursuivre ses travaux mélangeant psychologie, physique et métaphysique.

Dans le domaine de la psychophysique, l'objectif de quantifier les sensations s'est maintenu malgré les objections philosophiques, et Stanley Smith Stevens a produit une variante de la loi de Fechner, la loi de Stevens, remplaçant le logarithme par une fonction de puissance.

Les couleurs de Fechner[modifier | modifier le code]

Dans un article des Annales de Poggendorf, en 1938, Fechner raconte qu'ayant, en vue de déterminer la vision d'anneaux gris, un disque divisée en anneaux dont un secteur était noirs le reste blanc, de sorte que la proportion de noir croisse en s'approchant du centre, il voyait, en faisant tourner le disque, non pas des gris comme il s'y attendait, mais des anneaux colorés et dont la couleur changeait avec la vitesse de rotation.

Cet effet, confirmé par de nombreuses personnes, est utilisé dans un jouet appelé Toton de Benham, du nom de son inventeur, diffusé à partir de 1894.

Les causes de l'apparition des couleurs de Fechner ne sont pas bien connues. L'effet se produit même si une source monochromatique éclaire le disque[2]. On peut le provoquer avec des clignotements électroniques de lumière monochromatique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Delbœuf, « Hering contre Fechner », Revue philosophique de la France et de l'étranger, 1877-01, p. 225.
  2. Henri Piéron, « Le mécanisme d'apparition des couleurs subjectives de Fechner-Benham », L'année psychologique, vol. 23, no 1,‎ 1922, p. 1-49 (lire en ligne).