Théodore Flournoy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Théodore Flournoy, né le 13 août 1854 à Genève et mort dans la même ville le 5 novembre 1920, est un médecin psychologue suisse, connu pour ses travaux sur le spiritisme et les pouvoirs parapsychiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Flournoy soutient une thèse de médecine en 1878 et fait des études de psychologie à Leipzig. À partir de 1891, il est professeur de psychophysiologie à l'Université de Genève, où il crée le laboratoire de psychologie.

Il s'intéresse au paranormal et au grand courant spirite de l'époque. Il rencontre en 1894 la médium Catherine Élise Müller, qu'il rebaptise « Hélène Smith » dans son important ouvrage Des Indes à la planète Mars. La médium dit écrire sous la dictée d'un certain Léopold, qui serait un autre nom pour Joseph Balsamo dit Cagliostro. Impressionné par l'étendue de son talent, Flournoy décide d'étudier son cas. Pour ce faire, il assiste à de nombreuses séances et la soumet à quelques expériences qui modifient ses transes et la plongent dans le somnambulisme.

Hélène Smith se met à écrire des romans en état de somnambulisme, partagés en trois grands cycles. Dans le cycle martien, elle communique avec des habitants de la planète mars et écrit dans un autre alphabet. Dans le cycle hindou, elle est la réincarnation d'une princesse indienne, fille d'un cheikh arabe, et parle le sanscrit par glossolalie. Enfin, lors du cycle royal elle prend la personnalité de la reine de France Marie-Antoinette d'Autriche.

Théodore Flournoy publie ses recherches en 1900, dans Des Indes à la planète Mars. Il reprend à F. W. H. Myers l'idée de conscience subliminale pour expliquer les états créatifs d'Hélène Smith. Il demande également à Ferdinand de Saussure d'examiner les langues qu'elle écrit spontanément. Il montre que les alphabets qu'elle utilise sont fantaisistes et calquent le français, et que ses rêveries reprennent des connaissances auxquelles elle avait eu accès. Cependant, son scepticisme ne le fait pas tomber dans un positivisme étroit : il déclare ne pas pouvoir éclairer tous les phénomènes, et laisse en suspens la question des pouvoirs parapsychiques.

Il poursuivit sa carrière en fondant, en 1901, avec son disciple Édouard Claparède, la revue Archives de Psychologie et en présidant le Congrès de psychologie expérimentale en 1909, essayant sans succès de faire intégrer les phénomènes médiumniques dans la recherche psychologique.

Carl Gustav Jung connaissait personnellement Théodore Flournoy. Les écrits d'une patiente américaine de ce dernier, qu'il nomme "Miss Miller" sont longuement analysés dans son ouvrage Métamorphoses de l'âme et ses symboles. Les Surréalistes se sont montrés sensibles à la relation qui unissait le psychologue et la médium, et aux créations de cette dernière.

Il était le père d'Henri Flournoy et son petit-fils, Olivier Flournoy, est l'auteur de sa biographie.

Philosophie des sciences[modifier | modifier le code]

Psychologie expérimentale[modifier | modifier le code]

Histoire des sciences occultes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Contribution à l'étude de l'embolie graisseuse, thèse de doctorat en médecine, Strasbourg, 1878.
  • Métaphysique et psychologie, Genève, 1890 ; réédition : L'Harmattan, 2005.
  • Des phénomènes de synopsie (audition colorée), Genève et Paris, 1893.
  • « Illusions de poids », in Beaunis et Binet, L'Année psychologique, tome 1, brochure, Genève, 1895.
  • Observations sur quelques types de réactions simple, brochure, Genève, 1896.
  • Notice sur le laboratoire de Psychologie de l'Université de Genève, Genève, 1896.
  • « Genèse de quelques prétendus messages spirites », La Revue Philosophique, février 1899, brochure, 1899.
  • Des Indes à la planète Mars, étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie, Genève et Paris, 1900 ; rééditions : Seuil, 1983 ; L'Harmattan, 2006.
  • Nouvelles Observations sur un cas de Somnambulisme, Genève, 1902
  • Esprits et Médiums, Mélanges de Métapsychique et de Psychologie, Paris, 1911.
  • La Philosophie de William James, 1 vol., 222 p., St-Blaise, 1911.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mireille Cifali, Théodore Flournoy : la découverte de l'inconscient, Le Bloc-Notes de la psychanalyse, n°3, 1983, 111-131.]
  • Mireille Cifali, Les chiffres de l'intime(postface), in Flournoy T., Des Indes à la Planète Mars, rééd, Seuil, Paris, 1983, 371-385.
  • Mireille Cifali, Une glossolale et ses savants : Élise Muller alias Hélène Smith, Études psychothérapeutiques, n°4, Onirisme et fantaisie, Paris, Bayard, 1991, 67-78 (rééd)Disponible en ligne.
  • Mireille Cifali, À propos de la glossolalie d’Élise Muller et des linguistes, psychologues qui s’y intéressèrent, in Puech C. (ed.) Linguistique et partages disciplinaires à la charnière des XIXe et XXe siècles : Victor Henry (1850-1907), Éditions Peeters, Louvain, Paris, Dudley, 2004, 321-333.
  • Édouard Claparède. Théodore Flournoy (1854-1920). Sa vie et son œuvre. Archives de psychologie, 18, n°69-70, mai-octobre 1921, 1-125.
  • Alexandre Klein « La correspondance d’Alfred Binet à Théodore Flournoy : témoignage inédit d’une collégiale amitié », Bulletin de psychologie, Tome 64 (3), N°513, 2011, p. 239-250.
  • Newman Lao, La Psychologie religieuse de Théodore Flournoy, mémoire de Master, Lausanne, 2010.
  • Fabrice Lorin, Théodore Flournoy : Contribution à l’histoire de la psychiatrie dynamique, thèse médecine, Montpellier, 1984.
  • Serge Nicolas, Agnes Charvillat. Theodore Flournoy (1854-1920) and Experimental Psychology: Historical Note. The American Journal of Psychology, Vol. 111, No. 2 (Summer, 1998), pp. 279-294
  • Jean Piaget. Théodore Flournoy (1854-1920). In: Histoire de l'Université de Genève : annexes : historique des facultés et des instituts : 1914-1956. - Genève : Librairie de l'Université Georg, 1959, P. 71.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]