Suse (Élam)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Suse.
Suse
Shushan, Shush
Ruines du palais royal achéménide de Suse, avec en arrière-plan le château construit par Jacques de Morgan.
Ruines du palais royal achéménide de Suse, avec en arrière-plan le château construit par Jacques de Morgan.
Localisation
Pays Drapeau de l’Iran Iran
Province Khuzestan
Coordonnées 32° 11′ 21″ N 48° 15′ 28″ E / 32.189223, 48.257785 ()32° 11′ 21″ Nord 48° 15′ 28″ Est / 32.189223, 48.257785 ()  
Altitude 50 m

Géolocalisation sur la carte : Iran

(Voir situation sur carte : Iran)
Suse
Suse

Suse ou Shushan dans la Bible (en élamite :Šušan) (en persan : شوش) est une ancienne cité de la civilisation élamite, devenue au Ve siècle av. J.-C. la capitale de l'Empire perse achéménide, située dans le sud de l'actuel Iran à environ 140 km à l'est du fleuve Tigre. Elle ne présente plus aujourd'hui qu'un champ de ruines. La petite ville iranienne de Shush qui se trouve à proximité, a pris sa continuité.

Suse a été fondée vers 4000 av. J.-C. sur un point de passage qui relie la vallée du Tigre au plateau iranien. La ville est mentionnée dans la Bible. C'est l'une des plus anciennes cités de la région ; elle a été occupée jusqu'au XIVe siècle, soit une période de plus de 5000 ans. C’est donc une ville très importante pour saisir l’histoire du Moyen-Orient au cours de ces millénaires.

Le site[modifier | modifier le code]

Plan du site de Suse.

La partie la plus importante de la Suse antique est une zone d'environ cent hectares divisée en trois parties, qui surplombe une petite rivière, la Chaour. La première est l'Apadana, du nom du grand palais que Darius Ier a construit à cet endroit, sur les ruines de constructions élamites. La seconde est l'Acropole, la partie la plus élevée du site, sur laquelle se trouvait un fort achéménide, qui est en fait la première zone habitée de la ville, et son centre à l'époque élamite. En contrebas se trouve la Ville royale, zone résidentielle, tell constitué par les différentes couches dues à l'ancienneté de l'occupation de cette partie. Ce grand ensemble est celui qui a été peuplé en premier, dès la fin du Ve millénaire. C'est là que se trouvait la Suse élamite. Il était ceinturé d'un glacis qui servait de système de défense (il n'y avait pas de murailles). La ville s'est ensuite étendue vers l'est aux périodes plus tardives, dans la « ville des artisans », où se trouvait la ville à l'époque islamique. Les deux ensembles étaient séparés par un fossé, et par les eaux de la Chaour qui avaient été détournées.

Historique des fouilles[modifier | modifier le code]

Le site de Suse n'a jamais été oublié. La ville est restée dans les mémoires locales par la présence du tombeau du prophète Daniel, qui en fait un lieu de pèlerinage. Elle est également restée dans les mémoires des européens par le livre d'Esther, dont l'histoire se déroule dans cette cité. Benjamin de Tudèle, qui visite la ville au XIIe siècle, peut ainsi l'identifier aisément.

Le premier archéologue à effectuer des relevés sur le site sera W.K. Loftus, au milieu du XIXe siècle[1]. Il identifie le site grâce à une inscription retrouvée dans le palais d’Artaxerxès situé sur les bords du Chaour. Les premiers à fouiller le site sont les époux Marcel et Jane Dieulafoy, de 1884 à 1886, mais les fouilles restent limitées.

Stèle du Code d'Hammourabi, originaire de Sippar et ramenée à Suse par Shutruk-Nahhunte où elle a été exhumée par les équipes de Jacques de Morgan en 1901

Il faut attendre l'arrivée sur le site de Jacques de Morgan en 1897 pour que les fouilles débutent réellement. Les fouilles de Suse de cette période ont gardé une funeste réputation du fait des méthodes peu académiques de ce fouilleur (même pour la période durant laquelle il a sévi). Il ne se préoccupe pas des bâtiments qu'il rencontre, ne cherchant pas à les identifier, et se concentre avant tout sur la découverte d'œuvres d'art, et la recherche des preuves de ce qu'il pense être le site des origines de la civilisation. De nombreux niveaux archéologiques de l'Acropole sont ainsi rasés, le projet de de Morgan étant d'arriver aux débuts du site. Pour ce faire, il va jusqu’à employer environ 1 200 travailleurs sur le site, et fait faire un petit chemin de fer pour évacuer la terre dégagée plus rapidement. Les monuments des époques suivant la période protohistorique sont donc irrémédiablement perdus sur les zones fouillées complètement. Au moins les découvertes d'objets d'arts sont fructueuses, et sont des apports inestimables pour la connaissance de l'histoire de la Susiane et la Mésopotamie : notamment la stèle du Code de Hammurabi et celle de Naram-Sîn d'Akkad, et par la suite les nombreux objets de la période protohistorique, dont les tablettes proto-élamites. En 1903, de Morgan est rejoint par Roland de Mecquenem, qui devient directeur des fouilles après son départ en 1908, et qui poursuit selon les mêmes méthodes. Jusqu'en 1913, il s'attèle à dégager l'apadana. Il revient après la guerre, en 1920, et continue d'explorer le site, puis fouille d'autres tells dans la région, avant de découvrir Chogha Zanbil en 1935.

Après la Seconde Guerre Mondiale, c'est Roman Ghirshman qui fouille le site avec la volonté d'en découvrir plus sur la période élamite, avec des méthodes plus conventionnelles. Puis il explore les niveaux des périodes plus récentes jusqu'en 1951, date à laquelle il part pour Chogha Zanbil. Il revient en 1961, secondé par Herman Gasche, et oriente ses recherches vers la période médio-élamite.

En 1967, Jean Perrot arrive pour diriger les fouilles dans la région. Lui et son équipe entreprennent de tenter de sauver ce qui peut l'être des fouilles de l'Acropole de la première moitié du XXe siècle, et réussissent à établir une périodisation du site sur les quelques espaces ayant été épargnés, grâce à la réalisation d’un sondage. Ils travaillent beaucoup sur les niveaux restant, ceux de la période protohistorique, renseignant notamment sur les débuts de l'écriture. Les fouilles s'arrêtent en 1979, à cause de la guerre Iran-Irak. Ces dernières explorations ont permis la mise à jour de nouvelles œuvres d'art, comme la statue égyptienne de Darius Ier, et ont donné plus de renseignements sur les différentes périodes d'occupation de Suse.

Depuis le début des fouilles, les résultats de celles-ci sont publiés dans la série intitulée Mémoires de la délégation de Perse (abrégée en MDP), qui se divise en fait en plusieurs séries successives :

  • Mémoires de la Délégation en Perse (MDP) : vol. 1-13 jusqu'en 1913 ;
  • Mémoires de la Délégation Archéologique en Susiane : vol. 14, 1913 ;
  • Mémoires de la Mission Archéologique en Perse : vol. 15 ;
  • Mémoires de la Mission Archéologique de Perse (MMAP) : vol. 16-28, 1921-1939 ;
  • Mémoires de la Mission Archéologique en Iran (MMAI) : vol. 29-37, 1943-1965 ;
  • Mémoires de la Délégation Archéologique Française en Iran (MDAFI) : vol. 38-53, 1966-1987 (les volumes 39 à 42 concernent les fouilles de Chogha Zanbil) ;

À cela s’ajoute la revue Cahiers de la Délégation Archéologique Française en Iran (DAFI), 15 vol., 1971-1987.

Protohistoire[modifier | modifier le code]

La période protohistorique de Suse est divisée en trois périodes :

  • Suse I (fin du Ve millénaire), jusqu'à environ 3700,
  • Suse II, de c. 3700 à c. 3100 (quand s'achève la période d'Uruk en Mésopotamie),
  • la période proto-élamite jusqu'à c. 2800.

La Susiane d'avant Suse connaît déjà quelques agglomérations fondées à la fin du VIe ou au début du Ve millénaire : chronologiquement Jafarrabad, Jowi et Bendebal, puis Chogha Mish. Ceci montre que Suse naît dans une région déjà avancée dans le processus des débuts de l'urbanisation[2].

Suse I[modifier | modifier le code]

La ville de Suse I est divisée en deux centres : un sur le tell de l'Acropole, et un autre sur le tell de l'Apadana. La cité possède de nombreux points communs avec celles du sud mésopotamien des cultures dites d'el Obeid (du moins jusqu'à la fin du Ve millénaire) et de l’Uruk ancien, qui s'épanouissent à la même époque, mais présente également des éléments qui la rattachent au monde du plateau iranien, notamment par sa céramique et sa glyptique[3]. Un monument important de la cité pour cette époque est la « haute terrasse », édifice dont un seul côté a été dégagé[4]. Il s'agit probablement d'un édifice avec un étage unique, mesurant peut-être jusqu’à 10 mètres de haut, et au moins 80 de long.

Une nécropole a été découverte à proximité. Beaucoup ont des objets en cuivre (haches plates, poinçons, miroirs). On a également retrouvé de la céramique peinte fine, réalisée sans tour, avec une argile blanche et fine, avec un décor peint avec d'un engobe foncé (brun, noir), représentant essentiellement des formes géométriques ainsi que quelques figures d'animaux stylisés. Un autre type de céramique fine est elle de couleur rouge. Les formes les plus courantes sont les vases, les coupes et les bols. Cela est un témoignage de la présence de riches personnages dans la société susienne de la période. D’autres céramiques sont plus frustes, et proviennent de tombes plus pauvres. Les fouilles ont fourni un assez grand nombre de sceaux ou d’empreintes de sceaux de forme encore circulaire qui présentent des affinités réelles avec les productions du Lorestan, ainsi que des scellements de portes. Plusieurs représentent la figure du « Maître des animaux », courante dans l’Iran du IVe millénaire.

Il y a apparemment, dès cette époque, une gestion administrative dont on ne peut dire si elle était le fait d’un temple mais qui marque la transformation progressive des structures économiques caractéristiques d’une civilisation villageoise en structures d’une économie urbaine. Ce phénomène s’accélère à la période suivante.

Époque d'Uruk (Suse II)[modifier | modifier le code]

Vase caréné aux échassiers et aux oiseaux aux ailes éployées, Suse I (4200-3800 av. J.-C.), découvert dans la nécropole du tell de l'Acropole

À partir de 3600-3500 av. J.-C., à l'époque de l'Uruk moyen, Suse semble basculer encore plus dans l’orbite mésopotamienne et prendre ses distances avec l’univers iranien, sous l’influence de la civilisation « urukéenne ». Cela se voit dans le changement des types de céramiques, avec l’adoption de formes très proches de celles de basse Mésopotamie. Mais elle reste un lien entre cette dernière région et le plateau iranien, commercial comme culturel[3]. La ville a apparemment connu dans un premier temps une phase de repli autour de l'Acropole, pour s'étendre ensuite. La Ville Royale et le Donjon commencent à être peuplés à la fin de la période. Bien que cette époque ait livré peu de monuments, on peut affirmer sans doute que l'influence mésopotamienne devait toujours y être très importante, et que la ville devait être très ressemblante à celles de Sumer. La haute terrasse est restaurée. Dans le domaine de l'artisanat, le style de la céramique devient plus minimaliste, mais l'art de la statuaire se développe. De manière générale, le style artistique devient plus abstrait. La métallurgie connaît aussi une progression importante (maîtrise notamment de technique de la cire perdue).

On retrouve à Suse des phénomènes similaires à ceux identifiés à Uruk pour la même époque : essor des bulles et des calculi, substitution du sceau-cylindre au cachet circulaire traditionnel, apparition des premières tablettes à la fin de la période, vers 3100 av. J.-C., et parfois de signes pictographiques[5]. La comptabilité connaît ainsi une extension sans précédent, signe d’une gestion sans cesse plus complexe des domaines agricoles et d’un accroissement des échanges.

Période proto-élamite (Suse III)[modifier | modifier le code]

Le recul de l'influence urukienne en Susiane se fait au profit de nouveaux arrivants, les porteurs de la civilisation proto-élamite, venus des hauts plateaux situés à l'est, autour d'un centre qui émerge à cette période, Anshan. Cette période préfigure apparemment la situation qui a lieu aux périodes historiques quand Suse est politiquement rattachée à l'ensemble élamite, tout en gardant de forts traits culturels mésopotamiens[3]. La Susiane connaît sans doute une crise au début de cette période, avec un dépeuplement. Il est possible que la Susiane ait connu une émigration vers la région d’Anshan, ou bien vers la Mésopotamie[6]. Mais la région se relève par la suite. La ville de Suse connaît un renouveau, et s'étend vers l'est. Elle couvre alors environ 11 hectares (contre 45 à 50 hectares pour Anshan). Du point de vue commercial, la ville conserva son statut de relais entre la Mésopotamie et l'Iran, et profita même de l'intensification des échanges sur le plateau iranien.

Tablette en proto-élamite.

On a retrouvé au cours des fouilles plus de 1 500 tablettes écrites en proto-élamite, écriture spécifique à cette période qui ne ressemble pas à celle de Mésopotamie, et n'a pas pu être traduite[7]. Suse est de loin le site qui a fourni le plus de documentation sur cette forme d’écriture. Elle se divise en deux périodes, une ancienne, et une récente. Il s’agit de tablettes administratives comptables, enregistrant sans doute des opérations de mouvements ou stockages de produits effectuées par des personnes, maisonnées ou institutions, que certains signes semblent figurer. À la différence du proto-cunéiforme mésopotamien, dans le proto-élamite les signes numériques suivent les objets qu’ils qualifient, et non l’inverse. De nombreux sceaux et empreintes de sceaux sur tablettes ont également été retrouvés sur le site.

Cette période a vu le développement d'un artisanat assez avancé, avec notamment de remarquables armes en bronze. La tradition des poteries des périodes précédentes fut cependant abandonnée. Dans l'art, l'animal remplace l'homme comme sujet principal des représentations, aussi bien dans la glyptique que les petites statuettes caractéristiques de l’art proto-élamite.

Époque élamite[modifier | modifier le code]

Suse et l'Élam : généralités[modifier | modifier le code]

Détail d'une stèle d'Untash-Napirisha, vers 1340–1300, apporté de Chogha Zanbil à Suse au XIIe siècle.

À l'origine, Suse n'est pas une ville élamite. La Susiane est une région proche de la Mésopotamie du sud, géographiquement et culturellement. Sa population est majoritairement akkadienne, les dieux vénérés à Suse, en plus de divinités tutélaires dont la plus importante est le dieu de la cité, Inshushinak (littéralement « le Seigneur de Suse »), étaient originaires du panthéon mésopotamien. Cependant, du fait de sa situation géographique, Suse s'est retrouvée tiraillée entre deux influences, la Mésopotamie et l'Élam. Mais elle reste indissociable de l’Elam, ensemble politique dont elle reste la principale ville, étant souvent le lieu de résidence de ses souverains. C’est d’ailleurs de ce site que proviennent la majorité de nos connaissances sur la civilisation élamite. Cependant, les dynasties régnant en Élam sont étrangères à la Susiane, venant souvent du pays d’Anshan, ou d’autres régions (Simashki), et ne s’installent à Suse qu’une fois le pouvoir conquis.

Il est possible que la première phase de domination élamite en Susiane date de la période proto-élamite (c. 3100-2800, voir plus haut), mais cela est impossible à établir avec certitude. La première mention historique de Suse date de l'époque de l’Empire d'Akkad, dans lequel elle est incorporée depuis le règne de Sargon (2334-2279). C'est le souverain d'Awan, Puzur-Inshushinak, qui fait rentrer la cité dans la mouvance élamite en profitant de l'effondrement de cet État. Mais les Mésopotamiens reviennent ensuite au début du XXIe siècle, en la personne de Shulgi, souverain d'Ur. Quand Kindattu, le roi de Simashki, abat le royaume d'Ur en 2004, Suse retourne dans le royaume élamite.

Elle y reste définitivement malgré quelques assauts Mésopotamiens, mais qui n'établissent pas de domination durable sur la région. Les Élamites font de Suse une de leurs capitales, et la cité devient indissociable de leur royaume. Il est toujours clair dans les textes mésopotamiens que Suse est une ville élamite. Mais, il semble qu'en dehors des dignitaires élamites, la population de la Susiane reste majoritairement akkadienne, d’après ce que nous apprennent les textes de la période paléo-élamite. Les Élamites ont au moins tenté une fois d'implanter leur culture en Susiane, sous le règne d'Untash-Napirisha (1345-1305), qui construit à Dur-Untash (Chogha Zanbil), près de Suse, un centre cultuel destiné essentiellement au culte de divinités élamites en plus d'Inshushinak. Mais la déshérence dans laquelle tombe rapidement ce site en dit long sur la postérité de cette tentative ...

Le début du Ier millénaire marque un changement, lorsque l’Élam politique est repoussé vers l'ouest par la progression des peuples iraniens (surtout les Perses), qui constituent des entités politiques autour de l’ancien pays d’Anshan. Suse est alors la seule capitale de l'Élam, qui correspond à la Susiane.

La période paléo-élamite[modifier | modifier le code]

Le IIIe millénaire[modifier | modifier le code]

Tiraillée entre les puissances élamites, et la Mésopotamie qui a toujours exercé sur elle une forte influence, Suse sous la période de 2700 à 2340 (Suse IV) semble avoir une importance politique assez faible. Sa situation de lien entre l'Élam et la Mésopotamie lui permet de se développer grâce au commerce, mais la lutte d'influence entre ces deux ensembles provoque une instabilité politique en Susiane durant cette période. Cependant, la ville reste riche, et abrite toujours de remarquables artistes et artisans, qui ont produit de nombreux objets et œuvres d'arts à cette époque. On trouve ainsi des exemples d'une céramique polychrome et monochrome décorée par des motifs géométriques, végétaux, ou des oiseaux, dite du « IIe style ». Elle se retrouve aussi au Lorestan, et ne présente pas de parallèles avec la production mésopotamienne de la même époque. Sur l'Acropole, un grand temple est bâti. Des tombes riches ont été retrouvées pour cette période au Donjon.

Probablement dominée par les rois élamites d’Awan au début du XXVe siècle av. J.-C., Suse est conquise après 2340 par le roi Sargon d'Akkad, qui l’incorpore dans son Empire. Elle devient alors la capitale de la province la plus orientale de son État, qui lance sous les successeurs de Sargon plusieurs attaques vers l’Élam. Des tablettes de cette période montrent l’activité du gouverneur de la cité, ainsi que celles de marchands agissant pour le compte de l’État[8]. L’art susien dans la céramique et la glyptique est désormais très influencé par la production mésopotamienne.

Statue de lion-gardien, règne de Puzur-Inshushinak, calcaire

Suse retourne sous la coupe élamite sous l'impulsion de Puzur-Inshushinak vers la fin du XXIIIe siècle, dernier roi d’Awan et peut-être ancien gouverneur de la ville pour les rois d’Akkad. Le souverain patronne un art élamite spécifique (qui va notamment produire une statuaire remarquable), dans la ville qui est alors un véritable centre culturel. Il fait restaurer des temples, ainsi que le palais royal, situé sur le tell de l’Apadana. La surface couverte par la ville dépasse alors sans doute les 40 hectares. La céramique et la glyptique restent cependant marquées par l’influence mésopotamienne.

Cette période voit également la mise au point d’une écriture spécifique, appelée élamite linéaire, attestée essentiellement par de la documentation provenant de Suse. Les 18 inscriptions retrouvées sur ce site dans cette écriture sont liées à des réalisations artistiques et architecturales du règne de Puzur-Inshushinak. L’élamite linéaire reste à ce jour indéchiffré ; ses liens avec le proto-élamite sont peu évidents, contrairement à ce qui est parfois écrit. Cette écriture ne survit pas au règne du souverain qui semble être à son origine.

Dès la fin du règne de Puzur-Inshushinak ou quelques années plus tard (la chronologie de la période étant mal connue), Suse retombe sous la coupe des Mésopotamiens avec l’arrivée des rois la Troisième Dynastie d'Ur, en premier lieu Shulgi. Le conquérant construit deux temples, un dédié à Inshushinak, l'autre à Ninhursag, et peut-être même une ziggurat sur l'Acropole. Il semble que Suse ait été pillée vers la fin de la Dynastie d'Ur III, sans doute par le dernier roi de celle-ci, Ibbi-Sîn. Peu de temps après, l'intervention du roi Kindattu de Simashki faisait tomber le royaume d'Ur et retourner Suse dans l'orbite élamite.

Suse sous les Sukkalmah[modifier | modifier le code]

Sous la dynastie suivante, celle des Sukkalmah (ou Dynastie d'Eparti), Suse est le lieu de résidence du Sukkal (« le Régent »), le successeur du trône d'Élam. La ville connaît à partir du XVIIIe siècle un développement considérable, sa surface est estimée à 85 hectares contre 46 pour la fin du IIIe millénaire. La campagne entourant la ville semble elle aussi connaître un développement démographique fort, et les textes de la période montrent la présence de plusieurs villages et bourgs aux alentours de la grande cité. Celle-ci est alors une place commerciale de niveau international, servant au commerce entre le plateau iranien et la Mésopotamie, notamment pour le commerce de l’étain[9]. Les rois élamites en tirent un grand profit politique dans leurs rapports avec leurs voisins.

Plan de la résidence de Rabibi.

De grandes et riches maisons sont construites dans le quartier nord de la Ville royale, signe de l'enrichissement des notables de la cité[10]. Ce quartier se situe à proximité du palais royal, ses résidents étant souvent liés au pouvoir. Leurs demeures sont bâties sur d’autres plus modestes construites aux périodes précédentes. Ces grandes résidences sont habitées par de grands personnages : Rabibi, chambellan du roi Kutir-Nahhunte, et Temti-wartash et Attar-uktush, deux grands propriétaires terriens. Ces maisons avaient une salle de réception principale portée par quatre pilastres qui ouvrait sur une grande cour autour de laquelle s'organisait l'édifice. On y a également repéré des foyers destinés à chauffer les maisons, d’autres pour la cuisine, ainsi que des installations sanitaires (latrines, baignoires). Le réseau de rues de ce quartier s’organise autour de voies larges desservant d’autres qui sont plus petites. Le quartier d'habitation au nord de la Ville Royale a été abandonné vers le XVe siècle.

Des écoles et des bibliothèques ont aussi été identifiées dans ce même quartier (il y en avait apparemment une dans la maison de Rabibi), et les tablettes qui y ont été exhumées ont permis de retracer l’apprentissage des scribes de la période. On a également retrouvé des tablettes montrant des activités de divination, des textes littéraires, ou encore mathématiques[11].

La période des Sukkalmah a aussi livré un corpus de 450 documents économiques et juridiques privés découverts au début du XXe siècle, qui n'ont pas fait l'objet d'études récentes[12]. Ils sont écrits en majorité en akkadien. Leurs sujets sont divers : on trouve des actes de mariage, de divorce, testaments, d'adoption, de vente, de prêt, de remboursement, des donations, des décisions de justice sur des litiges. Les décisions de justice sont souvent placées sous les auspices des dieux Inshushinak ou Nahhunte, ou bien sous l'égide du souverain. Les instances judiciaires sont dirigées par le « chambellan » (teppir en élamite), assisté de juges. Divers termes inconnus rendent parfois très difficile la compréhension des particularités juridiques de ces documents. La justice est tantôt présentée comme émanant des dieux ou des souverains, selon les textes. On saisit mal cette imbrication entre les deux, qui est une originalité du droit susien. Les pénalités en cas de non-respect d’un contrat sont diverses : amendes, main ou langue coupées, mort, ordalie dans une rivière. On a noté dans ces textes que les femmes avaient une situation meilleure que celles de la Mésopotamie : elles peuvent témoigner, ester en justice, héritent à part égales avec leurs frères, et peuvent même être désignées comme héritières principales devant leurs frères par leur père, ou par leur mari (sans qu’il soit nécessaire de recourir à une fiction juridiques les masculinisant comme à Nuzi), charge à elle de reprendre le culte des ancêtres familiaux (fonction masculine normalement). Mais la société susienne reste patriarcale. Du point de vue économique, les principaux acteurs paraissent être la famille royale et les temples, ainsi que des grandes familles liées au pouvoir. Certaines possèdent de grands domaines ruraux, mais également des biens-fonds urbains, et font des prêts, souvent assortis de gages, qui portent sur des terres ou du bétail, mais jamais sur des personnes à la différence de la Mésopotamie contemporaine. Il existe des patrimoines gérés en indivision par des membres d’une même famille. Ils ne nous sont néanmoins connus que quand on procède à leur division entre chaque ayant droit.

Les pratiques funéraires de Suse à la période des Sukkalmah sont bien connues. Les morts étaient souvent enterrés sous les résidences ou leurs cours, dans des caveaux voûtés (mais pas dans les grandes résidences). On note aussi une particularité qui semble d'origine élamite, qui consiste à enterrer des têtes de terre peintes avec les morts, sans doute une effigie les représentant. Ce phénomène peut toutefois être rattaché à des pratiques funéraires assez similaires dans le Kermān au IIIe millénaire (notamment à Shahdad).

La période médio-élamite[modifier | modifier le code]

La période médio-élamite constitue l'apogée de l'Élam. Après la dynastie des Kidunuides (XVe siècle), c'est celle des Igehalkides qui prend le relais (XIVe ‑ XIIIe siècles). Anshan reste privilégiée par le pouvoir royal, et d'autres villes importantes mais éphémères apparaissent en Susiane : Kabnak (Haft-Tappeh) et Dur-Untash (Chogha Zanbil). Mais Suse n'est pas délaissée pour autant, et reste prospère. Le roi Untash-Napirisha, fondateur de Dur-Untash, y construit et restaure plusieurs temples, et est également actif sur de petits sites de Susiane (Chogha Pahn, Tepe Bormi). C’est dans le secteur de l’Acropole qu’a été retrouvée une des œuvres majeures de son règne, la statue en bronze de son épouse Napir-asu.

Homme-taureau protégeant un palmier. Panneau de briques moulées, terre cuite, période shutrukide. Trouvé sur le tell de l'Apadana, emplacement de l'ancien temple d'Inshushinak

Sous la Dynastie des Shutrukides (XIIe siècle), l'Élam atteint son apogée politique sous les règnes de Shutruk-Nahhunte (1185-1155) et de son fils Shilhak-Inshushinak (1150-1120). Ces souverains sont aussi d'ardents bâtisseurs. Shilhak-Inshushinak, à la suite de son frère Kutir-Nahhunte III, est le plus actif : il restaure tous les quartiers sacrés de Suse, dont les temples d'Inshushinak et de Ninhursag bâtis par Shulgi, ainsi que la ziggurat et le bosquet sacré (husa), et il l'entoure d'une muraille. Le palais (hiyan) des rois élamites est restauré, avec son temple (kumpume kiduya). Celui-ci était décoré par des façades en briques émaillées, qui ont été retrouvées sur le tell de l'Apadana où ils avaient servi à l'époque achéménide pour faire les murs d'une canalisation. Le bas-relief qui y est sculpté représente en alternance une divinité et un homme-taureau protégeant un palmier. Les textes nous apprennent que l’on trouvait dans ce sanctuaire une salle appelée suhter, où se trouvaient apparemment des statuettes de la famille royale et des insignes du pouvoir. Des tombes, peut-être royales, ont été découvertes à proximité. Les corps avaient probablement été incinérés. Divers objets y ont été découverts : bijoux, statuettes, cachets anciens, etc. C'est aussi à cette époque que de nombreuses œuvres mésopotamiennes, telles que la célèbre stèle du Code d'Hammurabi et la Stèle de la victoire de Naram-Sin d'Akkad sont amenées à Suse à la suite des expéditions en basse Mésopotamie. Une partie d'entre elles fut alors entreposée à côté du temple d'Inshushinak, dans un bâtiment spécifique dont la fonction n’a pas été identifiée.

Cette période faste fut de courte durée, car Hutelutush-Inshushinak, fils de Shilhak-Inshushinak, fut vaincu par le roi babylonien Nabuchodonosor Ier, et Suse est pillée à cette occasion. Elle s'enfonce alors avec l'Élam dans une période obscure de près de quatre siècles.

La religion de Suse à l'époque élamite[modifier | modifier le code]

Article connexe : Religion élamite.

Suse présente une religion originale, fortement influencée par le monde mésopotamien (Sumériens et Akkadiens)[13]. L'influence élamite se fait néanmoins sentir dès l'époque paléo-élamite, même si elle ne devient prégnante que durant la période médio-élamite.

Le panthéon de Suse est dominée par la figure d'Inshushinak, littéralement « le Seigneur (IN) de Suse (ŠUŠINA(K)) » en sumérien. Il est présenté comme celui qui pourvoit la royauté au souverain dominant Suse, et de nombreux souverains portent un nom théophore composé à partir de ce dieu. Son temple principal, situé dans le quartier sacré de la ville, a été bâti par le roi Shulgi d'Ur au début du XXIe siècle, puis il a été restauré par les principaux souverains qui occupèrent la ville par la suite (Kindattu, Puzur-Inshushinak, Shilhak-Inshushinak). À côté de ce temple se trouvait une ziggurat dédiée elle aussi à ce dieu, qui n'a pas été retrouvée car elle a sans doute été détruite. Inshushinak est également une divinité liée au monde des morts. Il est chargé du jugement des âmes des défunts, tâche dans laquelle il est assisté par deux autres divinités, Ishme-karab et Lakamar (parfois rapprochée de Nergal, le dieu mésopotamien des Enfers). Les parèdres d'Inshushinak varient selon la période.

Poissons-chèvres, détail d'un bassin cultuel : personnification de l'abîme des eaux douces, domaine du dieu Ea. Calcaire, période médio-elamite.

Les autres divinités identifiées dans les monuments ou les textes à Suse sont pour une grande partie d'origine mésopotamienne. On trouve ainsi Shamash, Inanna/Ishtar, Ninhursag (qui dispose d'un temple important), Enki/Ea, etc. Le culte des divinités varie selon les périodes. Ainsi, durant la dynastie des Sukkalmah, le temple d'Inshushinak est aussi un lieu de culte pour Ea et Enzag (une divinité originaire de Dilmun, l'actuel Bahreïn). Durant la période médio-élamite, les divinités d'origine élamite font leur entrée à Suse, sous le patronage des rois des dynasties Igehalkides et Shutrukides. Auparavant, seule la déesse Narundi disposait d'un temple à Suse. À cette période, des temples sont construits pour les dieux élamites à proéo-ximité de Suse, à Dur-Untash (Chogha Zanbil), par le roi Untash-Napirisha. À Suse même des temples dédiés aux divinités élamites sont bâtis. À l'époque élamite, de nombreuses divinités d'Élam ont un lieu de culte à Suse. Dans les inscriptions assyriennes commémorant la prise de la ville en 648, sont mentionnés des temples dédiés à Inshushinak, Shimut, Lakamar, Pinikir, Hutran.

F. Vallat a proposé une reconstitution de la localisation des temples de Suse d’après l’étude des sources textuelles. Le quartier sacré (élamite kizzum) de Suse était situé sur le tell de l'Acropole. S'il est assez mal connu par l'archéologie, il est en revanche mentionné par des textes de l'époque Shutrukide (XIIe siècle). Ce quartier était dominé par la ziggurat d'Inshushinak, sur laquelle se trouvait un temple haut (kukunnum). En contrebas se trouvait le temple bas (haštu). Le complexe dédié à Inshushinak se trouvait dans un bosquet sacré (husa), une particularité élamite. Une porte monumentale se trouvait à l'entrée. D'autres temples entouraient cet édifice, mais il en existait aussi en dehors du quartier sacré.

La période néo-élamite[modifier | modifier le code]

Suse ne redevient prospère que vers la fin du VIIIe siècle, après un déclin très marqué. On a pu distinguer deux niveaux néo-élamites à Suse : un premier allant approximativement de 1000 à 725 av. J.-C., correspondant aux « Âges obscurs », une période de déclin ; et un second allant de 725 à 520, correspondant à la reprise économique et politique de Suse. Il semble que ces siècles aient vu une diminution de la population sédentaire au profit des nomades[14].

Stèle de Shutruru (VIIe siècle - musée du Louvre) : à gauche la stèle, et à droite un détail montrant l'écriture utilisée. Stèle de Shutruru (VIIe siècle - musée du Louvre) : à gauche la stèle, et à droite un détail montrant l'écriture utilisée.
Stèle de Shutruru (VIIe siècle - musée du Louvre) : à gauche la stèle, et à droite un détail montrant l'écriture utilisée.

La puissance élamite est alors à nouveau importante, bien qu’amputée de la partie orientale du royaume de la fin du IIe millénaire, et doit faire face à l'expansion assyrienne. Avec l'installation des Perses dans la région d'Anshan à cette période, Suse devient la seule capitale de l'Élam, siège de la royauté. Cette ville est donc au cœur des conflits opposant Élamites et Assyriens, qui durent pendant toute la première moitié du VIIe siècle. Mais sa position en Élam même est menacée par l’émergence de deux autres villes importantes, Madaktu et Hidalu, qui à la suite des conflits contre l’Assyrie finissent par devenir des sièges d’autres dynasties élamites, au moins un temps.

On voit dans les quelques objets en céramique, faïence, et la glyptique des niveaux de Suse de cette période que la production artisanale reste dans la continuité des siècles précédents. L’influence des réalisations de la Babylonie et de l’Assyrie de la même époque reste forte. Le roi Shutruk-Nahhunte II construit un temple carré sur le tell de l'Acropole. Les grands temples d'Inshushinak et de Ninhursag sont sans doute restaurés. En ce qui concerne les pratiques funéraires, une tombe collective voûtée a été retrouvée dans la Ville Royale. D’autres tombes ont été exhumées en divers endroits du site. On y a retrouvé des bijoux en or, des objets en faïence.

Destruction de Suse par Assurbanipal en 648 av. J.-C.

Lors de l'ultime bataille, qui voit la défaite du roi Humban-haltash III contre Assurbanipal en 648, Suse est ravagée par les Assyriens. Dans son récit du sac de Suse, le souverain assyrien évoque la terrible punition infligée à la capitale de ses plus farouches adversaires : pillage des lieux sacrés, destruction des principaux monuments, ravage de la campagne alentour.

La ville se relève de ce sac peu après, preuve que la destruction n’a pas été radicale, et une faible dynastie élamite règne à partir de 625. C’est peut-être de cette époque qu’il faut dater le règne de Shutruk-Nahhunte II et ses réalisations architecturales. Quelques tablettes de cette période ont été exhumées en ce même lieu, et montrent les liens économiques de Suse avec d’autres petits États voisins (Huhnur, Malamir, Zamin, Anshan, entre autres).

Époque achéménide[modifier | modifier le code]

Lancier, détail de la frise des archers du palais de Darius. Bas-relief de briques émaillées, vers 510 av. J.-C.

Vers 540, le roi Perse Cyrus II s'empare sans difficultés de la Susiane. La ville tombe alors sous la coupe des Achéménides. Ceci entraîne un grand changement dans le matériel archéologique retrouvé, puisque la tradition ancienne se retrouve remplacée par celle des conquérants. Sous Cyrus II et Cambyse, Suse n'est que la capitale de la satrapie d'Élam. Mais Darius Ier (521-485) en fait une de ses capitales (avec Persépolis et Pasargades), et la ville put alors connaître une des périodes les plus prestigieuses de sa très longue histoire[15]. Elle fut complètement réaménagée, et de nouveaux monuments furent érigés, recouvrant les ruines élamites. La rupture avec la période précédente est importante, même si quelques éléments artistiques élamites sont repris dans le nouvel art impérial achéménide, et surtout que l’écriture élamite est employée dans des inscriptions royales et pour l’administration (ce dernier point se voyant à Persépolis). Il manque cependant des archives de la période provenant de Suse, comme on en dispose pour Persépolis, Babylone ou Nippur. L’administration, la société et l’économie de la ville et de sa région à la période achéménide nous échappent donc en grande partie, et toute reconstitution de la situation globale de cette époque est donc hypothétique.

Pour ce que l’on voit, Suse ne paraît pas connaître de développement urbain conséquent malgré ce rôle, et la population sédentaire de Susiane non plus ne croît pas beaucoup. Peu de zones urbanisées ont pu être identifiées pour la période achéménide de Suse, durant laquelle l’extension de la ville devait atteindre les 300 hectares, grâce à l’extension de l’urbanisation vers la « Ville des artisans », à l’est du site. Les fouilles de R. Ghirshman y ont mis au jour un « Village achéménide », mais malgré son nom celui-ci a surtout livré des habitats de périodes antérieures ou postérieures à celle de l’Empire achéménide. Devant cette absence de preuves matérielles de la vie des Susiens de l’époque achéménide, des hypothèses ont été formulées : est possible que l’habitat ait été constitué de matériaux peu solides, vite périssables, qui n’ont laissé aucune trace archéologique, ou bien être très dispersé, avec de grands espaces non bâtis. Si cela est vrai, il devait y avoir un fort contraste dans le paysage urbain entre l’ampleur et la solidité des constructions des rois perses et la faiblesse des constructions privées. Mais la possibilité demeure que ces dernières aient disparu suite à des nouveaux aménagements aux époques postérieures, sans pour autant avoir été des bâtiments de faible qualité ... Quoi qu’il en soit, le résultat est que ce sont les constructions royales qui sont de loin les éléments les mieux connus de la cité pour les Ve ‑ IVe siècles.

Le palais de Darius Ier et les constructions annexes[modifier | modifier le code]

Façade sud et passages royaux l'Apadana.

Le monument principal de la période achéménide est le palais de Darius Ier[16]. Le roi l'a fait bâtir durant les premières années de son règne.

Le palais fut érigé sur une terrasse artificielle de 12 hectares, divisée en trois parties. La première de ces parties est la grande porte. Il s'agit du seul point d'accès vers le palais. Il est relié avec la Ville Royale (vers l'est) par une rampe de briques crues. La Porte en elle-même est un vaste bâtiment de 40 mètres de longueur sur 28 de large, reposant sur des fondations dont la réalisation est un véritable exploit technique. Un grand remblai a été réalisé, avec en plus l’adjonction de grands murs de fondation pour supporter l’édifice. La porte est disposée autour d’une salle carrée à quatre colonnes, modèle courant dans l’art achéménide, dont il s’agit sans doute de la plus ancienne attestation. On a retrouvé une grande statue de Darius Ier, venue d'Égypte, qui était à l’origine une des deux statues colossales gardant l'entrée du côté de la vaste esplanade carrée ouvrant sur le palais.

Chapiteau d'une colonne de l'Apadana du palais de Darius, Musée du Louvre.

L’esplanade permettait d’accéder à la résidence royale. Il s’agit d’un vaste quadrilatère de 246 × 155 mètres, couvrant 38 000 m2. L’entrée se fait à l’est, par une double salle de garde. Vers l'ouest, on accède à une série de trois cours intérieures, et de salles plus petites. La première cour, la plus vaste (64 × 55 mètres), était ornée d’une « frise des Lions » dégagée par M. Dieulafoy. La cour centrale mesurait 36 × 33 mètres, et donnait accès par son côté su à une série de pièces qui pourraient avoir été des magasins ou bureaux administratifs. La troisième cour (36 × 31 mètres) organise le secteur résidentiel du roi. Elle est la plus richement décorée, et a un sol pavé de grands carreaux de briques cuites. Par son côté sud, un passage de 9 mètres de large donne accès à une grande salle de 35 × 9 mètres, qui ouvre elle-même sur une autre salle de même dimensions, par où on accède à la chambre du roi. C’est dans cette salle qu’a été mis au jour le texte de fondation du palais, rédigé en deux versions, une en akkadien et une en élamite. Y sont énumérés les matériaux et les gens venus de tout l’Empire pour contribuer à la réalisation de l’édifice[17]. Autour de la chambre du roi se trouvaient les appartements des épouses et concubines royales, des salles de réception ainsi que des magasins.

Le palais s'inspire de ceux de la période néo-babylonienne en ce qui concerne l'organisation des salles dans la Maison du Roi, avec sa succession de cours intérieures alignées, et le plan des salles. Mais il présente aussi des originalités, comme les salles carrées soutenues par quatre colonnes qui seront reprises ensuite à Persépolis. Du point de vue des matériaux, on voit le mélange de la technique mésopotamienne, donc susienne (briques crues, cuites, émaillées), et de celle des montagnards perses (bois et pierre).

L’Apadana, salle d’audience royale, a été construit au nord du palais. Il s’agit d’un grand édifice (12 000 m2), de base carrée (109 mètres de côté) ; elle s’organise autour d’une salle centrale carrée (58 mètres de côté), dont le plafond est supporté par six rangées de six colonnes, qui ont une base carrée, et devaient s’élever à 19 mètres. Ces colonnes étaient couronnées d’un chapiteau à protomé de taureau, où s’encastraient les poutres du plafond. Les côtés ouest, nord et est de l'Apadana permettaient d'accéder par des portes à double battants à trois portiques (avec chacun deux rangées de six colonnes). Quatre tous avaient été bâties aux angles de l’édifice.

Ville royale[modifier | modifier le code]

Deux édifices ont été mis au jour sur le tell de la ville royale. Le propylée était une construction carrée de 24 mètres de côté constitué d'un passage axial de deux salles entouré de petits portiques. Il se trouvait près de la rampe d'accès vers le Palais. Plus loin vers l’est, une grande porte servant d'accès à la Ville Royale par l'est depuis la Ville des Artisans. Le passage axial est là aussi constitué de deux salles.

Le palais d’Artaxerxès II[modifier | modifier le code]

À l'ouest de Suse, sur la rive occidentale du Chaour, en face du Palais de Darius, Artaxerxès II a érigé un palais au début du IVe siècle[18]. Ce bâtiment de 220 mètres de longueur sur 150 de large s’organisait autour d’un petit jardin. Il comprenait une grande salle hypostyle dans le même style que dans les autres palais achéménides, avec des dimensions plus modestes. Quatre portiques avaient été bâtis sur ses côtés, et quatre tours à ses angles. Au nord du jardin, on accédait à un bâtiment organisé autour d’une petite salle hypostyle à quatre colonnes, construit sur une terrasse de deux mètres de hauteur. Dans l'ensemble, les techniques de construction ont peu évolué durant le siècle séparant la construction du palais du tell et de celui-ci. La fonction de cet édifice est inconnue : espace plus privé que le grand palais, ou bien lieu de résidence provisoire pendant une restauration de l’autre palais ?

Époque hellénistique[modifier | modifier le code]

Parmi les étapes d’Alexandre le Grand en Perse, celle qui concerne Suse est bien plus pacifique que la destruction de Persépolis. Le roi macédonien y organise en effet de grandes noces en 324 : il épouse lui-même une fille de Darius III, alors qu’il marie ses proches officiers ainsi que des milliers de ses soldats avec des femmes de la haute société perse. Il cherche ainsi à symboliser l’union qu’il souhaite voir se réaliser entre Grecs et Perses pour diriger son Empire. Après sa mort l’année suivante, et le partage de son Empire entre ses généraux, les Diadoques, Suse se retrouve dans le royaume de Séleucos Ier. Dans cet ensemble politique, la ville n’est plus une capitale impériale. Mais elle devient une cité grecque au plus tard à la fin du IIIe siècle, sous le nom de Séleucie de l’Eulaios. Une garnison devait également avoir été installée dans la ville, qui comportait des installations militaires mentionnées dans les inscriptions. Ce sont donc des Grecs qui dirigent la cité, leur langue devenant celle de l’administration[19].

De fait, on a trouvé des inscriptions grecques au sud de la Ville royale, sans doute la zone où est installé le gouvernement de la cité. Les anciens palais royaux achéménides sont toujours occupés, leurs plans ne sont pas remaniés, mais ils ne semblent pas non plus avoir fait l’objet de restaurations importantes, et tombent donc lentement en ruines. Les inscriptions mentionnent divers bâtiments caractéristiques de la civilisation hellénistique (gymnase, bouleutérion, temples), mais aucun n’a été mis au jour. Il reste néanmoins impossible de mesurer l’importance exacte de la communauté grecque dans la ville, dont la population était multiethnique (l’apport grec s’ajoutant à l’apport perse de la période précédente). Des monnaies retrouvées sur le site attestent en tout cas de l’insertion de Suse dans les circuits du commerce international de l’époque : ils montrent des contacts avec Séleucie du Tigre, la Péninsule Arabique, des régions riveraines du Golfe Persique, et aussi de Bactriane. Mais c’est l’activité agricole qui reste sans doute la base de la prospérité de Suse et de sa région. Un atelier de frappe de monnaie est établi à Suse, et on retrouve certaines de ses émissions dans les pays voisins. Les campagnes proches de la ville semblent se repeupler modérément, et voient peut-être la constitution de grands domaines. Cependant, la Susiane dans son ensemble reste peu peuplée.

Un quartier construit à cette époque a été fouillé par R. Ghirshmann, sur le site de la Ville Royale A. S’y trouvaient de grandes demeures, séparées par des rues perpendiculaires. Une de ces maisons disposait d’une façade à colonnes engagées, ouvrant sur une cour intérieures et des salles pavées. La décoration comportait notamment des frises grecques. Le mobilier de ce quartier présente à la fois des éléments locaux, et d’autres grecs. Il s’agit du lieu où l’hellénisation de la ville se voit le plus, même s’il ne s’agit pas forcément d’un quartier grec. Des demeures plus modestes ont été dégagées ailleurs sur le tell de la Ville royale. Sur le tell de la Ville des Artisans, on a mis au jour un cimetière, ainsi que des ateliers de potiers.

Époque parthe[modifier | modifier le code]

Inscription en grec, copie d'une lettre du roi Artaban III aux citoyens de Suse.

Suse passe sous la domination définitive des Parthes au Ier siècle av. J.-C. La ville connaît dès lors une phase d’expansion considérable[20]. De nouvelles constructions sont attestées en divers endroits de la Ville Royale, qui semble alors habitée dans son intégralité. Ces demeures semblent grandes, bien construites, avec des murs larges. Une nécropole à caveaux voûtés a été dégagée dans la Ville des Artisans, et a livré un matériel archéologique riche. D’autres sépultures, individuelles ont été retrouvées dans la ville et hors de celle-ci.

Après le milieu du Ier siècle de notre ère, Suse rentre dans une phase de récession. La domination parthe s’achève quand le royaume d’Élymaïde, dont le cœur se trouve à l’est de la Susiane, s’empare de Suse vers le milieu du Ier siècle, et en fait peut-être sa capitale[21]. L’atelier monétaire de la ville s’arrête en tout cas d’émettre des monnaies parthes, sans doute pour frapper des monnaies d’Élymaïde qui sont attestées en abondance sur le site. Mais les Parthes semblent vite reprendre le contrôle de la ville. Les traces d’activité commerciale diminuent à Suse, et la production artisanale ne produit plus que dans un style local. Cela est peut-être dû à une forte progression de l’agriculture, qui prend une part prépondérante dans l’économie régionale dans les derniers temps de la domination parthe. L’habitat rural se met à progresser rapidement, sans forcément que les surfaces mises en culture n’augmentent. Cela est peut-être à relier à l’extension d’une nouvelle culture, le riz, dont mention est faite dans les sources écrites de la période.

Époque sassanide[modifier | modifier le code]

Buste en pierre, période sassanide.

En 224 ap J.-C., Ardashir, le fondateur de la dynastie perse sassanide, prend Suse au gouverneur parthe de la cité, resté loyal à son maître Artaban IV. La cité entre donc brutalement sous la coupe du grand empire qui se constitue alors[22]. Elle sert apparemment de résidence impériale à certains moments. La Susiane est une région importante de l’Empire, et les rois sassanides y réalisent plusieurs grandes villes, qui viennent concurrencer Suse : Gundishapur, Iwan-i Karkheh, et Shushtar. Après la victoire de Shapur Ier contre l’empereur romain Valérien en 260, des prisonniers romains sont installés en Susiane, dont des chrétiens, qui constituent alors une communauté dans cette province. Quand le Christianisme commence à être persécuté au IVe siècle, certains chrétiens de Susiane deviennent des martyrs. Une révolte de la communauté chrétienne de Suse survient face à cela en 339, et Shapur II écrase la révolte, avec une armée forte de 300 éléphants selon la tradition, faisant subir de nombreuses destructions à la ville. Elle est restaurée une vingtaine d’années plus tard.

L’espace urbanisé de Suse connaît une rétraction continue durant la période sassanide. Les trouvailles archéologiques pour cette période sont rares. Un « palais » (plutôt une sorte de villa) de petite dimension a été mis au jour sur le tell de la Ville Royale par de Mecquenem. On a retrouvé une grande quantité de pièces de monnaie, mais avant tout dans deux trésors : un premier découvert en 1905, comportant 700 pièces datées du règne de Khosro II ; un second exhumé en 1976 au sud du tell de l’Apadana, comprenant 1171 pièces datant presque toutes du même règne, sauf une au nom de Khosro Ier et deux à celui de Hormizd IV[23]. Il y a donc eu une accumulation de richesses pour certains, mais cela n’enlève rien à l’impression d’appauvrissement qu’indiquent les fouilles des niveaux sassanides du site.

Époque islamique[modifier | modifier le code]

Fourchettes retrouvées à Suse, bronze moulé, VIIIe ‑ IXe siècles, musée du Louvre

La conquête arabe de Suse est rapportée dans un texte quasi contemporain (environ 660), dans une chronique sysriaque anonyme du Khûzistân, rassemblée dans Chronica minora, 1.2. On y relate la prise de la maison de Mar Daniel, d'où aurait été dérobé un cercueil en argent contenant un corps embaumé, peut-être de Daniel.

Sous la domination islamique, la ville continue à avoir une grande importance, comme le prouve la présence dans ses murs d'un hôtel de la monnaie[24]. Au Xe siècle, elle s'étend sur quatre kilomètres carrés, ce qui inclut quatre tells : celui de l’Acropole, celui de l'Apadana, celui de la Ville Royale et surtout celui de la Ville des Artisans, où se trouve la première mosquée élevée à Suse, sorte de ville nouvelle construite dès après la conquête. C’est ce dernier quartier qui tend à devenir le plus important de la ville. Y résident sans doute les élites, tandis que les anciens quartiers centraux de la Ville Royale deviennent populaires et artisanaux. La ville regroupe aussi bien des musulmans que des juifs ou des chrétiens. Selon le rabbin Benjamin de Tudèle, quatorze synagogues y existent encore au XIIe siècle, et un pèlerinage s'y déroule, autour de la tombe du prophète Daniel, « redécouverte » après la conquête islamique en contrebas du Tell principal au bord de la Chaour.

Plusieurs productions de luxe sont réalisées à Suse, notamment des tissus (soieries, feutre, coton) et du sucre de canne, la canne à sucre étant récoltée dans la campagne de Susiane selon les témoignages de l’époque, le raffinage ayant lieu en ville. On y a d'ailleurs retrouvé des moules servant à réaliser des pains de sucre. Le produit est ensuite exporté vers l'Iran, l'Irak et le Yémen. Suse constitue également un site de première importance pour l'étude de la céramique des débuts de l'Islam[25].

La ville connaît un déclin rapide après les invasions mongoles du XIIIe siècle, mais reste néanmoins toujours active jusqu'au milieu du XVe siècle. Elle ne se repeuple que dans le courant de la seconde moitié du XXe siècle, ayant conservé son ancien nom, Shush. Sa population dépasse aujourd’hui les 60 000 habitants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Perrot, « Un siècle de fouilles à Suse », dans Suse, dernières découvertes, Dossiers Histoire et Archéologie n°138, mai 1989, p. 12-15
  2. G. Dollfus, « La Susiane avant l'histoire », dans Suse, dernières découvertes, op. cit., p. 18-23
  3. a, b et c A. Le Brun, « Suse au IVe millénaire, à la frontière de deux mondes », dans Suse, dernières découvertes, op. cit., p. 28-35
  4. J. Perrot et D. Ladiray, « La haute terrasse et la nécropole du IVe millénaire », dans Suse, dernières découvertes, op. cit., p. 38-41
  5. A. Le Brun et F. Vallat, « Les débuts de l’écriture à Suse », dans Cahiers de la DAFI 8, p. 11-59, 1978 ; pour les recherches récentes sur les débuts de l'écriture, voir J.-J. Glassner, Écrire à Sumer : l'invention du cunéiforme, Seuil, 2001
  6. (en) J. R. Alden, « Trade an Politics in Proto-Elamite Iran », dans Current Anthropology 23/6, 1982, p. 620
  7. Publication de la plupart des tablettes proto-élamites de Suse dans MDP 6, 17, 26 et 31 ; A. Le Brun et F. Vallat, op. cit. ; voir plus récemment l’étude (en) J. Dahl, « Animal Husbandry in Susa during the Proto-Elamite Period », dans SMEA 47, 2005, p. 81-134 En ligne
  8. (en) B. Foster, « ‘International’ Trade at Sargonic Susa (Susa in the Sargonic Period III) », dans AOF 20/1, 1993, p. 59-68
  9. F. Joannès, « L'étain de l'Elam à Mari », dans Mésopotamie et Élam. Actes de la 36ème rencontre assyriologique internationale, Gand, 1991., p. 67-76
  10. H. Gasche, « Suse au IIe millénaire », dans Suse, dernières découvertes, op. cit., p. 50-51
  11. R. Labat, Textes littéraires de Suse, MMAP 27, Paris, 1974 ; E. Bruins et M. Rutten, Textes mathématiques de Suse, MMAI 34, Paris, 1961
  12. Édition des tablettes dans MMAP 22, 23, 24 et 28 ; on trouvera une synthèse commode sur cette documentation, malgré son ancienneté, dans (en) W. Hinz, « Persia c. 1800-1500 B.C. », dans Cambridge Ancient History II/1, 1973, p. 271-288
  13. (en) H. Koch, « Theology and Worship in Elam and Achaemenid Iran », dans J. M. Sasson (dir.), Civilizations of the Ancient Near East III, New York, 1995, p. 1050-69 ; (en) F. Vallat, « Elam, vi, Elamite religion », dans E. Yarshater (dir.), Encyclopaedia Iranica, 1998, p. 335-341
  14. P. de Miroschedji, « Suse à la période néo-élamite », dans Suse, dernières découvertes, op. cit., p. 52-55
  15. J. Perrot, « Suse à l’époque achéménide », dans Paléorient 11/2, 1985, p. 67-69 article en ligne sur Persée ; R. Boucharlat, « Suse, marché agricole ou relais du grand commerce. Suse et la Susiane à l’époque des grands empires », dans Paléorient 11/2, 1985, p. 72-74 et 78-79 article en ligne sur Persée. Des photographies des monuments achéménides de Suse sont disponibles sur Livius.org [1]
  16. J. Perrot et D. Ladiray, « Le palais de Suse », dans Les cités royales de la Bible, Dossiers d’archéologie n° 210, 1995, p. 84-95
  17. (en) Traduction sur Livius.org
  18. R. Boucharlat « Le palais d’Artaxerxès au bord du Chaour », dans Suse, dernières découvertes, op. cit., p. 68-70
  19. R. Boucharlat, « Suse, marché agricole ou relais du grand commerce. Suse et la Susiane à l’époque des grands empires », dans Paléorient 11/2, 1985, p. 74-76 et 78-79 article en ligne sur Persée
  20. Ibid., p. 76-79 ; G. Le Rider, Suse sous les Seleucides et les Parthes, MMAI 48, Paris, 1965
  21. (en) J. F. Hansman, « Elymais », dans Encyclopædia Iranica
  22. R. Boucharlat, op. cit., p. 77-79 ; (en) G. Gropp, « Sasanian Susa (Šuš) », dans Encyclopædia Iranica, 2005
  23. R. Gyselen, «  Le trésor monétaire sassanide de suse », dans Suse, dernières découvertes, op. cit., p. 71
  24. (en) D. Whitcomb, « Islamic archaeology at Susa », dans Paléorient 11/2, 1985, p. 85-90 article en ligne sur Persée ; M. Kervran, « Transformations de la ville de Suse et de son économie de l'époque sasanide à l'époque abbaside », dans Paléorient 11/2, 1985, p. 91 – 100 article en ligne sur Persée ; C. Hardy-Guilbert, « Contribution à l'analyse du tissu urbain de Suse à partir du IXe siècle », dans Paléorient 11/2, 1985, p. 101 – 113 article en ligne sur Persée
  25. S. Makariou (dir.), Suse, terres cuites islamiques, Paris et Gand, 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

  • Suse, dernières découvertes, Dossiers Histoire et Archéologie n°138, Faton, Dijon, mai 1989
  • P. Amiet, Suse : 6000 ans d'histoire, Réunion des musées nationaux, Paris, 1988
  • P. O. Harper, J. Aruz et F. Tallon (dir.), La Cité royale de Suse. Trésors du Proche-Orient ancien au Louvre (catalogue de l'exposition), Réunion des musées nationaux, Paris, 1994

Période protohistorique[modifier | modifier le code]

  • P. Amiet, L'âge des échanges inter-iraniens, 3500-1700 av. J.-C., Réunion des musées nationaux, Paris, 1986

Période élamite[modifier | modifier le code]

Période sassanide[modifier | modifier le code]

Période islamique[modifier | modifier le code]

  • Sophie Makariou (dir.), Suse, terres cuites islamiques, Snoeck, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :