Ecbatane

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Ecbatane
Vue du tell d'Ecbatane
Vue du tell d'Ecbatane
Localisation
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Province Hamedan
Coordonnées 34° 48′ 17″ N 48° 31′ 05″ E / 34.804598, 48.51800734° 48′ 17″ Nord 48° 31′ 05″ Est / 34.804598, 48.518007  
Altitude vers 1 800 m

Géolocalisation sur la carte : Iran

(Voir situation sur carte : Iran)
Ecbatane
Ecbatane

Ecbatane (ou Hangmatana / Hagmatāna, « La ville des rassemblements ») est une ville de l'Antiquité, identifiée sur le site de l'actuelle d'Hamadan (ou Hanadhân) au pied du mont Oronte (Elvend), au sud-ouest de la mer Caspienne et au nord-est de Babylone.

L'Iran ancien connaissait deux types de plan de ville murée, celles à plan rectangulaire, et celles à plan rond - comme Ecbatane - de type céleste et religieux. En effet, les mages y résidaient. Ces villes rondes étaient appelées « girdh »[1]. On compte ainsi parmi elles Firouzabad, Chiz (Takht-e Soleyman, ville partho-sassanide), etc., à l'inverse par exemple de Bichâpour, sans caractère zoroastrien[2].

Le nom[modifier | modifier le code]

Ecbatane serait mentionnée sous le nom de Amadana dans les annales de l'empereur d'Assyrie Téglath-Phalasar Ier (1116-1077), et ce sont les Grecs qui lui donnèrent son nom d'Ecbatane[3]. Le nom est écrit Agbatana dans Eschyle[4], Agámtanu par Nabonide. L'inscription de Darius Ier à Béhistoun (Behistun), le nom de la ville apparaît sous la forme Hamgmatāna en vieux-perse, Ag-ma-da-na en élamite et A-ga-ma-ta-nu en Akkadien. Cette inscription est habituellement interprétée comme désignant un lieu d'assemblée, il semble qu'avant même la formation de l'état mède, une sorte d'assemblée du peuple s'y réunissait[5]. Hérodote fait allusion à ce genre de rassemblement mais n'en précise pas le lieu[6],[5].

Il n'est pas du tout fait mention du nom Hagmatana dans les sources assyriennes. Par contre il y est souvent mentionné une ville du nom de Sagbita (ou Sagbat), ce qui fait suggérer à certains spécialistes que Sagbita a été une première forme de la Ecbatane / Hagmatana mentionnée par les Grecs et les sources achéménides. La Sagbita des sources assyriennes serait située à proximité des villes de Kishesim (Kar-Nergal) et Harhar (Kar-Sharrukin). Elle serait également mentionnée dans la Bible[7]. Sept villes ont eu pour nom Ecbatane, dont quatre en Perse, cela suggère que ce nom désigne simplement une capitale ou une ville royale[5]. Ecbatane / Hamadan (Iran), ne doit pas être confondue avec Ecbatane / Hamath (Syrie), où Cambyse II est censé être mort selon Hérodote.

Histoire[modifier | modifier le code]

Rython d'or achéménide trouvé à Ecbatane et conservé aujourd'hui au musée national d'Iran.

Ecbatane devient la capitale des Mèdes à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. sous le règne du fondateur de l'empire mède Déjocès (728-675)[6]. Elle le restera jusqu’à la prise de la ville, en 549, par le roi perse Cyrus II le Grand (558-528) qui mettait fin au règne du dernier roi mède, Astyage. Les souverains achéménides garderont la ville comme capitale d'été. En 330, le roi de Macédoine Alexandre le Grand s'en empare, ainsi que du trésor de Darius III qui y était gardé depuis la bataille de Gaugamèles. C'est lors de son séjour dans la cité qu'il fait exécuter Bessos et Parménion. En 324, c'est toujours à Ecbatane, au retour des campagnes en Inde, que meurt Héphaestion, vraisemblablement victime de la fièvre typhoïde. Après Alexandre le Grand, la ville perd toute importance politique et est réduite au rang d’une simple ville d’étape entre le plateau iranien et la Mésopotamie.

Par la suite elle est plusieurs fois pillée, puis devient sous la domination des Parthes la capitale de la satrapie de Médie. Selon Strabon et Tacite, les rois parthes en firent l’une de leurs résidences d’été. Au IIIe siècle, elle devient la capitale des Sassanides.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aly Mazahéri, Les Trésors de l'Iran, Genève, éd. Albert Skira, 1977, p. 281
  2. Aly Mazahéri, op. cité, p. 282
  3. En grec : Ἐκβάτανα ; voir Arrien, Anabase [lire en ligne], VII, 14 ; Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XV, 3, 9.
  4. En grec : Ἀγβατάνα ; voir Eschyle, Les Perses [détail des éditions] [lire en ligne], vers 16.
  5. a, b et c « Ecbatana » sur Encyclopedia Iranica par Stuart C. Brown (lien vérifié le 24/02/2011)
  6. a et b « Les Mèdes s'assemblèrent, et tinrent conseil sur leur état actuel. Les amis de Déjocès y parlèrent, comme je le pense, à peu près en ces termes : « Puisque la vie que nous menons ne nous permet plus d'habiter ce pays, choisissons un roi : la Médie étant alors gouvernée par de bonnes lois, nous pourrons cultiver en paix nos campagnes, sans craindre d'en être chassés par l'injustice et la violence. » Ce discours persuada les Mèdes de se donner un roi. » (Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], I, 97.)
  7. Esdras 6,2

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]