Yazdgard Ier

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Yazdgard Ier
Pièce du règne de Yazdgard Ier
Pièce du règne de Yazdgard Ier
Titre
Empereur sassanide
399420
Prédécesseur Vahram IV
Successeur Shapur IV
Biographie
Dynastie Sassanides
Date de décès 420
Père Shapur
Conjoint Sochandoukht
Enfant(s) Shapur IV, Vahram V, Narseh

Yazdgard Ier (Izdigerdes, « fait par Dieu »), surnommé Ulathim (« le pêcheur ») par le clergé mazdéen, est un roi sassanide de Perse. Il règne de 399 à 420.

Origine[modifier | modifier le code]

Agathias indique que Yazdgard est « le fils de Shapur »[1] mais il ne précise pas clairement s’il s'agit de Shapur II ou de Shapur III ou d’un autre Shapur (fils de Shapur III par exemple)[2]. Il est le fils de Vahram IV selon Touraj Daryaee[3].

Règne[modifier | modifier le code]

Relations avec Constantinople[modifier | modifier le code]

Yazdgard Ier ne cherche pas à tirer profit des multiples difficultés que rencontre Arcadius, le premier empereur romain d'Orient, avec les Visigoths qui pillent la Grèce, les Huns et la peste qui sévit autour de sa capitale. En 408, à la veille de sa mort à l'âge de 31 ans, Arcadius, dans son testament, confie formellement le sort de son fils et héritier Théodose II, âgé de 7 ans, à Yazdgard Ier[4].

Yazdgard et les chrétiens[modifier | modifier le code]

Sous son règne, les chrétiens accroissent leur influence en Perse, forment en 410 une Église semi-officielle à la suite d'un concile tenu à Séleucie-Ctésiphon, et adoptent le Symbole de Nicée[5]. Certaines cités comme Nisibis deviennent entièrement chrétiennes, sous l'influence de l'évêque Maruthas. En effet, Yazdgard souhaite s’émanciper des mages zoroastriens, des magnats nobles et de leur influence. Les Romains l’apprécient autant que les Perses le détestent[6].

Ancien ambassadeur de l'empereur Arcadius, Maruthas réussit grâce à ses talents de médecin à obtenir du roi au concile de Ctésiphon la confirmation de Mar Isaac comme Catholicos de Séleucie et Ctésiphon. L'évêque et le roi nomment ensuite d'un commun accord son successeur en la personne de Mar Ahhaï[7].

Mais lorsque Abdas de Suse se voit adjoindre à Maruthas, âgé, celui-ci ruine le crédit des chrétiens auprès de Yazdgard par la destruction d'un temple de Zoroastre. Le roi entre dans une colère violente lorsqu'il voit son autorité remise en cause par l'évêque Abdas qui refuse de rebâtir ce temple. Il décide de détruire toutes les églises de Perse, ce qui dégénère en persécutions durant les quatre dernières années de son règne. C'est à cette époque que débute la carrière de Mihr Narseh Sūren, issu de la grande maison des Souren et qui exercera la fonction de « hazarpat », c'est-à-dire vizir, jusque sous le règne de Yazdgard II[8].

Situation extérieure[modifier | modifier le code]

Aux frontières de l'empire à l'ouest, en 414, le roi d'Arménie Vram Châhpouh meurt en laissant le trône à un enfant de dix ans. Yazdgard relâche alors un dénommé Khosrov que son prédécesseur avait enfermé dans la forteresse d'Oblivion, afin de le placer sur le trône de ce pays. Mais ce dernier décède peu après et Yazdgard décide de placer alors son propre fils Shapour à la tête de l'Arménie. À la frontière est, à la fin de son règne, les Hephtalites, qui ont réussi à évincer les Kouchans, constituent désormais un royaume puissant qui s'étend sur les deux versants de l'Hindou Kouch, présageant des difficultés pour ses successeurs.

Succession[modifier | modifier le code]

Yazdgard Ier meurt peu après au Khorassan, dans les montagnes près de Nishapur, sans doute assassiné par des nobles persans[9].

Son fils aîné Shapour, qui régnait sur le royaume d'Arménie, accourt pour revendiquer l'héritage mais il est lui aussi mis à mort par les mêmes nobles qui appellent au trône un parent éloigné, Khosro l'Usurpateur. Ce dernier ne réussit pas à se maintenir car un autre fils de Yazdgard Ier, Vahram V, parvient à se rendre maître du royaume avec l'appui du roi arabe d'Al-Hira.

Postérité[modifier | modifier le code]

Yazdgard a épousé Sochandoukht, fille d’un exilarque juif vassal de la Perse, dont il a eu trois fils :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agathias, livre IV, chapitre 26, § 3.
  2. (en) Ivan Mladjov, « Persia (Īrān): Sāsānid Period » (consulté le 25 novembre 2013).
  3. (en) Touraj Daryaee, Sasanian Persia. The rise and fall of an empire, I. B. Tauris, Londres, 2013 (ISBN 9781780763781), « Sasanian Family Tree », p. XVI-XVII.
  4. Nahal Tajadod, Les porteurs de Lumière, Plon, Paris, 1993 (ISBN 2259026672), p. 146-147.
  5. Nahal Tajadod, op. cit., p. 152-154.
  6. Les sources byzantines comme Procope vantent sa magnanimité. Les chroniqueurs syriaques le nomment « le bon roi Yazdgard, le chrétien ».
  7. Éphrem-Isa Yousif, Les chroniqueurs syriaques, L'Harmattan, Paris, 2002 (ISBN 2-7475-2709-3),p. 295
  8. (en) Parvaneh Pourshariati, Decline and fall of the Sasanian Empire, I. B. Tauris & Co Ltd, New York, 2011 (ISBN 9781845116453), p. 60-65.
  9. Selon Clément Huart & Louis Delaporte, L'Iran antique : Élam et Perse et la civilisation iranienne, Albin Michel, coll. « L'Évolution de l'Humanité », Paris, 1943, p. 349, « une légende prétend qu'il fut tué par la ruade d'un cheval auquel il essayait de mettre la selle ; peut-être l'a-t-on inventée pour dissimuler un attentat ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Clément Huart & Louis Delaporte, L'Iran antique : Élam et Perse et la civilisation iranienne, coll. « L'Évolution de l'Humanité », Albin Michel, Paris, 1943, p. 349-350.
  • Éphrem-Isa Yousif, Les chroniqueurs syriaques, L'Harmattan, Paris, 2002 (ISBN 2-7475-2709-3).
  • (en) Touraj Daryaee, Sasanian Persia. The rise and fall of an empire, I. B. Tauris, Londres, 2013 (ISBN 9781780763781).
  • (en) A. Shapur Shahbazi, « Yazdgard Ier », dans Encyclopædia Iranica en ligne, 2003. Consulté le 8 janvier 2014.