Mithraeum

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Mithraeum d'Ostie.

Un mithraeum est un sanctuaire du culte de Mithra, un culte d'origine orientale qui connaît une grande diffusion dans l'Empire romain au IIe siècle, et voit se multiplier ce type d'édifices dans toutes les provinces, particulièrement sur les frontières en raison de sa popularité chez les soldats. Le mithraeum se caractérise par une forme architecturale particulière étroitement liée au mythe de cette divinité indo-iranienne : le symbolisme de la grotte y est déterminant, et contribue à l'atmosphère mystérieuse de ce culte initiatique aussi bien qu'à l'attente de surnaturel qui la caractérise.

Organisation générale[modifier | modifier le code]

La pièce principale du sanctuaire est une salle allongée, la « grotte » proprement dite (spelunca, spelaeum), pourvue d'un autel ou d'un simple relief cultuel à une extrémité, et de bancs surélevés (podia) tout le long des deux côtés. L'entrée se fait souvent par une antichambre (pronaos). La grande caractéristique de ce sanctuaire par rapport aux autres cultes païens est la localisation du sanctuaire (le naos) à l'intérieur même de la salle d'assemblée où avaient lieu les principales manifestations de la communauté cultuelle : l'initiation, les repas rituels, etc. La niche cultuelle avec son relief de la tauroctonie et ses objets cultuels constituaient le point focal d'attention de la communauté. La salle de culte est de dimensions modestes et correspond à une communauté de taille réduite.

Adaptation architecturale[modifier | modifier le code]

Malgré l'existence de caractéristiques communes, les mithraea montrent une grande variété d'aménagement et de décor dans l'Empire, résultat de l'adaptation locale du culte. Sur les 58 mithraea reconnus par l'archéologie, seulement 14 sont des constructions ad hoc, ex novo, pour les besoins du culte et la grande majorité sont donc des édifices préexistants convertis au culte mithraïque. Les nouvelles constructions sont presque toutes situées dans les provinces occidentales (Bretagne, Gaule, Germanie). En Italie, où on trouve la plus grande concentration de mithraea (25 sanctuaires), un seul est une construction ex novo[1].

Les bâtiments modifiés pour servir de mithraeum sont d'origine très variée : il peut s'agir d'entrepôts, de bains, de cryptoportiques, de chambres de stockage souterraines, d'anciennes tombes étrusques[2], mais aussi d'habitations privées. L'ampleur des modifications varie aussi considérablement d'un site à l'autre, depuis la simple démarcation de l'environnement architectural jusqu'à des réaménagements plus ambitieux. Le plan intérieur conserve les éléments de base indiqués, mais leur taille et leurs proportions peuvent être très différentes.

Liste de mithraea[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de mithraea.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. M. White, Building God's House in the Roman World : Architectural adaptation among Pagans, Jews and Christians (Valley Forge 1990), 46-59.