Thierry Sabine

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Thierry Sabine

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Thierry Sabine au port d'Alger dix jours avant son accident

Naissance 13 juin 1949
Drapeau : France Neuilly-sur-Seine (France)
Décès 14 janvier 1986 (à 36 ans)
Drapeau : Mali Gourma-Rharous (Mali)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Un des fondateurs du rallye Paris-Dakar

Thierry Sabine (13 juin 1949, Neuilly-sur-Seine - 14 janvier 1986 au Mali) est l'un des fondateurs du rallye Paris-Dakar.

Biographie[modifier | modifier le code]

1949 - 1986[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, il commença par être lui-même pilote de rallye: ainsi le retrouve-t-on par exemple à la 8e place du classement général du rallye de l'Ouest en mars 1970, à peine âgé de 21 ans, avec B. Surre sur Alpine A110 1296 du team Agaci[1]. Il termine cette saison deuxième du Critérium National des Rallyes (alors nom du championnat National D2), derrière Jean-Louis Clarr[2].

Il avait par la suite commencé par créer en 1975 l'Enduro du Touquet, compétition régionale qui, au fil des années avait pris un développement gigantesque. Puis il lança la Croisière Verte, un enduro qui allait du Touquet à Sète par les chemins. Thierry Sabine organisa ensuite le Paris-Dakar dont la renommée internationale n'est plus à faire.

Selon la version officielle, il est mort dans la soirée du 14 janvier 1986, avec le chanteur français Daniel Balavoine, la journaliste Nathalie Odent, le pilote de l'hélicoptère François-Xavier Bagnoud et le technicien radio Jean-Paul Le Fur (né en 1949), dans un accident d'hélicoptère près de Gourma-Rharous, au Mali. Une stèle a été érigée à sa mémoire dans le Ténéré et le lieu baptisé « Arbre de Thierry Sabine », en raison de l'acacia solitaire qui y pousse.

14 janvier 1986, scénario de l'accident mortel[modifier | modifier le code]

Sur le Dakar, l'étape Niamey-Gourma-Rharous, longue de 843 kilomètres, débute à 4 heures du matin. Directeur du rallye, Thierry Sabine en donne le départ. Le climat est capricieux, un vent de sable non négligeable se lève. Il décroîtra durant l'après-midi.

La matinée bien entamée, Thierry Sabine et Daniel Balavoine se rejoignent à l'aéroport de Niamey afin de partir pour Gao. Arrivés à 10 h 30, ils s'entretiennent avec le gouverneur malien au sujet des pompes à eau. L'ambiance est animée car beaucoup de problèmes subsistent dans le bon déroulement de l'action humanitaire : les autorités bloquent les camions des Paris du cœur, qui ne peuvent ainsi faire route vers le Mali. Les échanges se prolongeront jusqu'à 16 heures.

Peu après, Sabine propose à Balavoine de le suivre afin de donner le coup d'envoi d'un match de football opposant l'équipe de Gao à celle de Mopti, match organisé dans le cadre du Paris-Dakar. La cérémonie s'éternise ; d'autant plus que le gouverneur ayant fait le déplacement, le chanteur en profite pour poursuivre la discussion.

L'hélicoptère de Thierry Sabine, piloté par François-Xavier Bagnoud, est prêt et doit initialement embarquer 5 personnes, pilote compris : Thierry Sabine, Jean-Paul Le Fur, technicien radio, ainsi que Jean-Luc Roy et Yann-Arthus Bertrand. Ces deux derniers s'apprêtent à filmer et photographier comme tous les jours le secteur Gao-Gourma. Un avion en provenance de Bamako se pose entre-temps. Ils proposent alors de céder leurs places et préfèrent prendre l'avion pour rentrer. Il est 17 heures, le jour décline et la météo se dégrade progressivement, le vent se relève. Sabine, se souvenant que le chanteur lui réclamait inlassablement un baptême de l'air en hélicoptère, lui attribue au dernier moment le siège de Monsieur Gérard Mérigaud, directeur des sports de la chaîne Antenne 2 qui a fait retour sur Paris en raison du décès de sa mère. Daniel Balavoine, un peu anxieux hésite, puis finit par monter à bord pressé par le temps.

À 17 h 15, l'appareil décolle et doit rejoindre le bivouac de Gourma-Rharous, arrivée de l'étape. Il leur faut parcourir environ deux cents kilomètres depuis Gao dans des conditions délicates. Les passagers respectifs sont donc Thierry Sabine, Daniel Balavoine, François-Xavier Bagnoud et Jean-Paul Le Fur.

Vers 18 h 10, ils s'arrêtent une première fois à Gossi au départ de la deuxième épreuve chronométrée ; Thierry en profite pour discuter avec des concurrents. Le vent de sable se faisant de plus en plus fort, il leur faut repartir d'autant plus que leur hélicoptère n'est pas équipé pour voler de nuit. La jeune journaliste Nathalie Odent présente sur les lieux monte spontanément à bord, comme elle a l'habitude de le faire chaque jour avec n'importe quel appareil de la course. Elle occupe ainsi la dernière place vacante.

La nuit étant tombée, ils suivent le fleuve Niger (un repère plat et simple). À vingt-deux kilomètres de Gourma, ils n'ont d'autres choix que de se poser en urgence, toute progression étant désormais impossible. Il est 19 heures, Sabine sort et croise une voiture. D'un ton calme et rassurant, il demande aux pilotes de signaler leur position au bivouac afin de réquisitionner un véhicule et de les ramener.

Mais inexplicablement, alors que tout danger était désormais écarté, l'appareil va redécoller et progresser avec comme seul repère au sol les feux arrière d'un 4x4 ; les deux concurrents à l'intérieur seront témoins de la filature. Volant en rase-mottes et balayé par la tempête, l'engin tangue dangereusement. L'hélicoptère sévèrement désorienté passe sur l'avant droit du véhicule avec une vitesse horizontale très élevée.

Il heurte un arbre avec l'avant droit du patin et part en looping en se désintégrant sur plus de 150 mètres. Il est alors 19 h 20 ; le crash se produit à seulement huit kilomètres de Gourma-Rharous (approx. 16° 49′ 42″ N 1° 51′ 01″ O / 16.82833, -1.85028). Les cinq passagers sont tués sur le coup.

Malgré tout de nombreuses zones d'ombres demeurent. En effet, diverses polémiques ont fait leur apparition quelques jours seulement après le drame. Thierry Sabine a été accusé d'être en fait aux commandes ce jour-là, idée démentie relativement rapidement. Puis une possible bavure militaire est évoquée, car l'appareil survolait alors une zone de conflits. Des véhicules auraient même reçu des balles. Cette hypothèse est toujours discutée.

Enfin, certains se sont penchés sur l'objet de leur redécollage. La seule et unique cause qui ait été avancée fut la thèse de la blessure se fondant sur la découverte de gazes à l'endroit de leur arrêt. Morsure de serpent, piqûre de scorpion ou tout autre traumatisme suffisamment grave pour s'envoler en urgence et ainsi arriver le plus vite possible. Cependant aucune certitude n'existe et de nombreuses autres rumeurs circulent encore aujourd'hui sur Internet, la plupart étayant la thèse de l'attentat politique (à ce niveau là, Daniel Balavoine était coriace et avait une opinion bien différente et ses multiples coups de gueules agaçaient énormément les politiciens) et/ou du sabotage. D'ailleurs, l'enquête de l'aérospatiale n'aurait pas été rendue publique. Le Rapport d'accident a été établi par l'Aérospatiale, le BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) et la Direction du Contrôle de la Sécurité et de la Sûreté, ANAC Mali.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classement du rallye de l'Ouest en 1970.
  2. Mensuel Échappement n°123, janvier 1979, Spécial Rallyes, p.57