La Plume empoisonnée

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La Plume empoisonnée
Image illustrative de l'article La Plume empoisonnée
Plaque commémorative d'Agatha Christie

Auteur Agatha Christie
Genre Roman policier
Version originale
Titre original The Moving Finger
Éditeur original William Collins
Langue originale Anglais
Pays d'origine Royaume-Uni
Date de parution originale Juillet 1942
Version française
Traducteur Michel Le Houbie
Éditeur Librairie des Champs-Élysées
Collection Le Masque no 371
Date de parution 1949
Nombre de pages 255
Série Miss Marple
Chronologie
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La Plume empoisonnée (The Moving Finger dans les éditions originales américaine et britannique) est un roman policier d'Agatha Christie, publié en juillet 1942 aux États-Unis et en juin 1943 au Royaume-Uni, mettant en scène, mais de façon très marginale, Miss Marple.

Principaux personnages[modifier | modifier le code]

Les enquêteurs[modifier | modifier le code]

Les victimes[modifier | modifier le code]

  • Mme Mona Symmington, qui s'est suicidée à la suite de la réception d'une lettre anonyme ;
  • Agnes Woddell, jeune femme, femme de chambre chez les époux Symmington.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Joanna Burton, sœur du narrateur ;
  • Richard « Dick » Symmington, notaire du village ;
  • Megan Hunter, fille orpheline du capitaine Hunter, hébergée chez les époux Symmington ;
  • Elsie Holland, gouvernante des enfants Symmington ;
  • Mme Cleat, vieille veuve du village, soupçonnée par certains habitants d'être l'émettrice des lettres anonymes ;
  • M. Pye, amateur de meubles et bibelots de prix, « petit homme grassouillet » et efféminé ;
  • Owen Griffith, médecin du village ;
  • Aimée Griffith, sa sœur, vieille fille, habitante du village ;
  • Révérend Caleb Dane Calthrop, pasteur du village ;
  • Maud Dane Calthrop, son épouse ;
  • Emily Barton, habitante du village, bailleur de Jerry et Joanna ;
  • Colonel Appleton, habitant du village ;
  • Mme Baker, habitante du village ;
  • Beatrice Baker, sa fille ;
  • Partridge, domestique chez Jerry et Joanna.

Résumé[modifier | modifier le code]

Mise en place de l'intrigue (chapitres 1 à 4)[modifier | modifier le code]

Le narrateur est Jerry Burton, aviateur britannique blessé dans le crash de son avion, sans doute durant la bataille d'Angleterre durant l'été 1940. Pour sa convalescence, il part séjourner quelques mois avec sa sœur Joanna à Lymstock, village imaginaire de la campagne anglaise, où il loue la villa Little Furze.

Les deux jeunes gens ont à peine le temps de faire la connaissance de toute une kyrielle de personnages pittoresques, typiques d'une vision « agatha-christienne » de la vie sociale dans la campagne anglaise, lorsqu'éclate une affaire de lettres anonymes émises par un « corbeau », bien évidemment odieuses, qui commencent à jeter le trouble et la division au sein de la petite communauté, tout le monde se disant : « Il n'y a pas de fumée sans feu… ».

Le suicide de Mme Symmington (chapitres 5 à 7)[modifier | modifier le code]

Sans qu'on s'y soit attendu, l'épouse du notaire, Mme Symmington, se suicide après avoir reçu l'une de ces lettres.

Une enquête a lieu : elle s'est suicidée entre 15 h et 16 h, et a laissé un message manuscrit indiquant ces seuls mots : « Ça n'est plus possible… ».

C'est alors que la femme du pasteur, la très énergique et excentrique Mme Dane Calthrop, décide de faire appel à un « expert », en la personne de Miss Marple, qui vient discrètement séjourner chez elle et débrouiller les fils de l'écheveau.

On apprend les noms de certaines personnes ayant reçu des lettres anonymes : outre Mme Symmington, le Dr Griffith, Mme Ginch, Mme Mudge, Mme Clark, Emily Barton. Les courriers contiennent des pages sur lesquelles des phrases ont été confectionnées avec des coupures de lettres d'imprimerie, issues d'un vieil ouvrage du début du XIXe siècle. Les adresses sur les enveloppes ont été tapées à l'aide d'une machine à écrire de type Windsor-7, qui est en accès libre à la Maison des femmes. Les policiers pensent que les lettres ont été rédigées et envoyées par une femme dotée d'un bon niveau socio-culturel.

Le meurtre d'Agnes Woddell (chapitres 8 à 12)[modifier | modifier le code]

Une semaine après le suicide de Mme Symmington, la jeune Agnes Woddell, femme de chambre chez les Symmington, téléphone à Partridge, la femme de chambre chez Jerry et Joanna, pour lui indiquer qu'elle va venir lui rendre visite l'après-midi : elle a un conseil à lui demander.

Néanmoins, Agnes ne se rend pas chez Partridge : elle est retrouvée morte, dans un placard à balai, par Megan. La jeune femme a reçu un coup sur l’arrière du crâne qui l'a tuée net.

Les enquêteurs pensent qu'Agnes, qui était dans la demeure des Symmington lorsque la lettre anonyme a été déposée en main propre par le corbeau, a pu le voir par la fenêtre et découvrir son identité. Elle aurait été tuée car elle était devenue un témoin gênant, en quelque sorte.

Dénouement et révélations finales (chapitres 13 à 15)[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Tout en ne négligeant pas le côté criminel de l'affaire, Agatha Christie semble avoir voulu privilégier une sorte d'étude sociologique ou de peinture de mœurs, mâtinée de comédie sentimentale (avec les intrigues amoureuses respectives de Jerry Burton et de sa sœur Joanna). Le personnage de Miss Marple n'intervient que tardivement, et dans moins d'une douzaine de pages[1].

Le roman est dédié à « Sydney et Mary Smith ».

Titre du roman[modifier | modifier le code]

Origine du titre[modifier | modifier le code]

Le roman tire son titre anglais, The Moving Finger, du verset 51 d'un des quatrains (en persan : رباعیات عمر خیام, Rubaiyat) du poète persan Omar Khayyam, traduit par Edward FitzGerald :

The Moving Finger writes ; and, having writ,
Moves on : nor all thy Piety nor Wit
Shall lure it back to cancel half a Line,
Nor all thy Tears wash out a Word of it.

(Edward FitzGerald, The Rubáiyát of Omar Khayyám[2])

Le Doigt mouvant écrit et, ayant écrit,
Passe ; ni toute ta piété, ni tout ton esprit
Ne sauraient le tenter de revenir effacer la moitié d'une ligne,
Ni toutes tes Larmes n'en effaceraient pas un Mot.

(Traduction de Charles Grolleau, Les Rubáiyát d'Omar Khayyám, verset no 51, p. 69, 1917[3])

Ce titre fait référence aux lettres anonymes qui stigmatisent à tour de rôle certains habitants du village. Dans le roman il est fait état, en outre, que les adresses sur les enveloppes de ces lettres ont été tapées à la machine à écrire à l'aide d'un seul doigt, afin que leur auteur ne soit pas reconnu.

Traductions du titre dans différentes langues[modifier | modifier le code]

  • Anglais : The Moving Finger (« Le Doigt mouvant » / « Le Doigt qui bouge ») ;
  • Tchèque : Není kouře bez ohýnku (« Pas de fumée sans feu ») ;
  • Néerlandais : De giftige pen (« La Plume empoisonnée ») ;
  • Estonien : Nobe näpp (« Le Doigt agile ») ;
  • Allemand : Die Schattenhand (« La Main de l'ombre ») ;
  • Finnois : Syyttävä sormi (« Le Doigt qui accuse ») ;
  • Italien : Il terrore viene per posta (« La Terreur vient du courrier ») ;
  • Norvégien : Mord pr. korrespondanse (« Meurtre par courrier ») ;
  • Portugais : O Enigma das Cartas Anónimas (« L'Énigme des lettres anonymes ») ;
  • Polonais : Zatrute pióro (« La Plume empoisonnée ») ;
  • Slovaque : Hroziaci prst (« Le Doigt menaçant ») ;
  • Espagnol : El caso de los anónimos (« L'Affaire des lettres anonymes »).

Éditions[modifier | modifier le code]

  • 1942 : The Moving Finger, New York : Dodd Mead
  • 1943 : The Moving Finger, Londres : Collins
  • 1949 : La Plume empoisonnée, Paris : Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque », no 371, dans une traduction de Michel Le Houbie.
  • 1994 : La Plume empoisonnée, dans Agatha Christie. 7, Les années 1940-1944, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. « Intégrale », dans une nouvelle traduction d'Élise Champon.

Fait inhabituel, le roman a d'abord été publié aux États-Unis avant de l'être au Royaume-Uni. Plus étonnant encore, le contenu de ces deux éditions diffère notablement : la version américaine, plus courte, voit disparaître plusieurs scènes et plusieurs personnages secondaires auxquels il est pourtant fait allusion dans l'histoire publiée. Ce n'est qu'en 1953 que l'anomalie fut révélée, lors d'une réimpression du livre par Penguin Books à partir d'une édition américaine, la version anglaise ayant disparu pendant la guerre. L'explication admise est que « les éditeurs américains avaient travaillé à partir d'un exemplaire utilisé par Colliers Magazine, qui avait effectué des coupes dans le roman avant de le publier en feuilleton »[1].

Adaptations télévisées[modifier | modifier le code]

Si Agatha Christie a envisagé une adaptation de La Plume empoisonnée pour la scène, elle semble y avoir renoncé à cause de la nécessité de multiples décors[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c John Curran (trad. Gérard de Chergé), « Un cadavre dans la bibliothèque : Citations pour meurtres », dans Les Carnets secrets d'Agatha Christie : Cinquante ans de mystères en cours d'élaboration [« Agatha Christie's Secret Notebooks, Fifty Years of Mystery in the Making »], Paris, Éditions du Masque,‎ 2011, 541 p. (ISBN 2702435165 et 9782702435168, présentation en ligne), p. 414-419.
  2. (en) Omar Khayyam (trad. Edward FitzGerald), The Rubaiyat of Omar Khayyam, Digireads.com Publishing,‎ 2004 (ISBN 1596251549 et 9781596251540, présentation en ligne, lire en ligne).
  3. Omar Khayyam et Edward FitzGerald (trad. Charles Grolleau), Les Rubáiyát d'Omar Khayyám, Londres, Leopold B. Hill,‎ 1917, 32 p. (présentation en ligne, lire en ligne).