Destination inconnue (roman)

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Destination inconnue
Auteur Agatha Christie
Genre Roman d'espionnage
Titre original Destination Unknown
Pays d'origine Royaume-Uni
Éditeur Collins Crime Club
Date de parution 1954
Type de média livre
Nombre de pages 192

Destination inconnue est un roman d'espionnage d'Agatha Christie publié pour la première fois au Royaume-Uni dans la collection Collins Crime Club le 1er novembre 1954[1] et aux États-Unis chez Dodd, Mead and Company en 1955 sous le titre So Many Steps to Death (Tant de pas vers la mort)[2],[3].

Résumé[modifier | modifier le code]

Hilary Craven, abandonnée par son mari, se prépare au suicide dans un hôtel au Maroc lorsqu'elle se voit proposer une mission dangereuse comme alternative à la prise de somnifères. Elle accepte de se faire passer pour une femme décédée afin de retrouver le mari de celle-ci, spécialiste de physique nucléaire, qui a disparu et qui est soupçonné d'avoir rejoint l'Union Soviétique. Elle se retrouve bientôt en route pour la destination inconnue qui sert de titre au roman, en compagnie d'un groupe de voyageurs. Hilary reprend alors goût à la vie, mais n'est-il pas trop tard ?

Les thèmes du romans[modifier | modifier le code]

Le roman traite du problème de la défection vers le bloc communiste, préoccupation majeure des années cinquante, mais il montre également que l'échec de son premier mariage dans les années 1920 hantait encore Agatha Christie. À l'instar de l'héroïne du roman Unfinished Portrait, signé Mary Westmacott, l'héroïne est une jeune femme qui a été mariée, a eu une fille et dont le mari est parti avec une autre femme. Dans les deux romans apparait un personnage masculin qui avec beaucoup d'empathie comprend le désir de l'héroïne d'en finir avec la vie et défie les conventions pour la sauver, non seulement en abordant des problèmes très personnels avec quelqu'un qu'il ne connaît pas, mais encore en passant du temps dans sa chambre d'hôtel afin de la convaincre de renoncer au suicide. Dans Destination inconnue, il la persuade de participer à une opération de contre espionnage.

Réception[modifier | modifier le code]

Le supplément littéraire du Times publia une critique enthousiaste de Philip John Stead, le 19 novembre 1954 : « Où vont les savants lorsqu'ils disparaissent et échappent à la surveillance des services secrets ? Destination inconnue propose une réponse à ce problème fascinant. Même si la révélation finale relève plus des Mille et une nuits que de la compétition internationale pour recruter les meilleurs scientifiques, on ne peut en vouloir à Mme Agatha Christie qui offre à ses lecteurs des vacances loin des rigueurs des intrigues policières. Les lecteurs regretteront peut-être l'absence de ce moment stimulant où la machination criminelle est démontée dans ses moindres détails (même si les « indices » ne font pas défaut) car ce récit d'espionnage est avant tout un roman d'aventures, et il se consolera en partageant le plaisir évident qu'éprouve l'auteur à aborder les horizons plus vastes du genre romantique. » Et le journaliste de conclure : « Les puristes pourront déplorer l'absence de Miss Marple ou d'Hercule Poirot, mais ils ne pourront pas en vouloir à Mme Agatha Christie de s'aventurer ainsi allègrement, tambour battant, dans un domaine qui mêle actualité et fantaisie[4]. »

Maurice Richardson de The Observer écrivit quant à lui : « Le suspense n'est pas la spécialité d'Agatha Christie ; quand elle s'y aventure, cela donne quelque chose d'assez puéril et naïf [..] C'est le genre de roman qu'il faut lire avec indulgence, confortablement installé dans le train ; on sent qu'elle s'est fait plaisir en s'offrant des vacances[5]. »

Pour l'écrivain et critique Robert Barnard, c'est un « thriller un peu au-dessus de la moyenne, avec un excellent début (l'héroïne, abandonnée par son mari, ayant perdu sa petite fille, se prépare au suicide dans une chambre d'hôtel). La suite bascule dans le grand guignol, avec un dénouement tout à fait plat. Il s'agit principalement de la disparitions de scientifiques (le roman a été écrit à la suite des affaires Fuchs et Pontecorvo). Elle fait allusion à la commission des activités anti-américaines sans manifester beaucoup de réprobation[6]. »

Contexte[modifier | modifier le code]

Le roman se fait l'écho de l'actualité de son époque, citant l'affaire Bruno Pontecorvo et Klaus Emil Fuchs, deux physiciens qui étaient passés à l'est.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Chris Peers, Ralph Spurrier and Jamie Sturgeon. Collins Crime Club – A checklist of First Editions (Liste des premières éditions). Dragonby Press (2e édition, mars 1999 (p 15)
  2. (en) John Cooper and B.A. Pyke. Detective Fiction - the collector's guide (La Littérature policière, guide du collectionneur): 2e édition, p.82 et 87, Scholar Press. 1994. ISBN 0-85967-991-8
  3. (en) American Tribute to Agatha Christie
  4. (en) The Times Literary Supplement, 13/11/1954 p. 733
  5. (en) The Observer, 31/10/1954, p. 7
  6. (en) Barnard, Robert. A Talent to Deceive – an appreciation of Agatha Christie - Revised edition (Page 192). Fontana Books, 1990. ISBN 0006374743

Livres-audio[modifier | modifier le code]

  • Destination inconnue, lu par Jean-Baptiste Malartre, Éditions Thélème, Paris, 2005, 3 CD.

Liens externes[modifier | modifier le code]