Kalinka

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Plaque commémorative d'Ivan Larionov à Saratov.

Kalinka (Калинка en cyrillique, « Petite baie (d'obier) ») est un célèbre chant russe devenu traditionnel. Il a été écrit et composé en 1860 par Ivan Petrovitch Larionov (1830 – 1889). Il s'agit d'une chanson d'amour poétique, amusante et coquine, dont il est impossible de traduire toutes les nuances à cause des expressions typiques russes utilisées et des double-sens volontairement introduits.

Paroles[modifier | modifier le code]

Texte original Transcription Traduction

Калинка, калинка, калинка моя!
В саду ягода малинка, малинка моя!

Ах, под сосною, под зеленою,
Спать положите вы меня!
Ай-люли, люли, ай-люли, люли,
Спать положите вы меня.

Калинка, калинка, калинка моя!
В саду ягода малинка, малинка моя!

Ах, сосёнушка, ты зеленая,
Не шуми ты надо мной!
Ай-люли, люли, ай-люли, люли,
Не шуми ты надо мной!

Калинка, калинка, калинка моя!
В саду ягода малинка, малинка моя!

Ах, красавица, душа-девица,
Полюби же ты меня!
Ай-люли, люли, ай-люли, люли,
Полюби же ты меня!

Калинка, калинка, калинка моя!
В саду ягода, малинка малинка моя!

Kalinka, kalinka, kalinka maïa!
v sadou iagoda malinka, malinka moïa !

Akh, pod sosnoïou, pod zelionoïou,
Spať polojite vy menia !
Aï-liouli, liouli, aï-liouli liouli,
Spat' polojite vy menia.

Kalinka, kalinka, kalinka maïa!
v sadou iagoda malinka, malinka moïa !

Akh, sosienouchka ty zelionaïa,
Nie choumi je nado mnoï !
Aï-liouli, liouli, aï-liouli liouli,
Nie choumi je nado mnoï !

Kalinka, kalinka, kalinka maïa!
v sadou iagoda malinka, malinka moïa !

Akh, krasavitsa, doucha-dievitsa,
Polioubi je ty menia !
Aï-liouli, liouli, aï-liouli liouli,
Polioubi je ty menia !

Kalinka, kalinka, kalinka maïa!
v sadou iagoda malinka, malinka moïa !

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Sous le sapin, sous la verdure,
Je suis allongé pour dormir
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Je suis allongé pour dormir.

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Ah, petit sapin, toi qui es vert,
Ne fais donc pas de bruit au-dessus de moi
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Ne fais donc pas de bruit au-dessus de moi

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Ah, jolie fille, chère jeune fille,
Tombe donc amoureuse de moi !
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Tombe donc amoureuse de moi !

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

Baies d'obier.

En russe, калина, (prononcer : kalina, avec l'accent tonique sur la 2e syllabe) est un obier, sorte d’arbuste qui donne de petites baies rondes. Intercaler un « k » donne une nuance affectueuse (hypocoristique, équivalente au suffixe chen en allemand ou au suffixe ito en espagnol, comme dans Kindchen par exemple) en français on pourrait le traduire par le suffixe -ette (biche → bichette, etc.). Sur le même principe, малина (malina), la framboise, est transformée en malinka, « petite framboise ». Il est intéressant de savoir que ces sortes de baies étaient des offrandes traditionnelles à une ancienne déesse slave, nommée Liouli, déesse de la Terre, du Printemps, de l’Amour et de la Fertilité. Des séries de люли (liouli), mot qui n’a pas de sens réel, mais qui a visiblement la même racine que любить (lioubit’ = aimer) ou любовь (lioubov = amour), apparaissent fréquemment dans les chansons folkloriques qui traitent des ardeurs printanières de l’amour.

Le second vers du premier couplet (Спать положите вы меня!) devrait se traduire littéralement par : « Vous me mettez couché (pour) dormir », le verbe положйть (polojit’, mettre, poser) indiquant une mise en position allongée. Il y a une incertitude sur la personne représentée par le sujet « vous ». À ce stade de la chanson, on peut penser qu’il s’agit du sapin et de la verdure (vous pluriel) mais en russe la deuxième personne du pluriel est aussi employée (comme en français) comme marque de politesse envers une personne seule (vouvoiement).

Ce n’est qu’au troisième couplet que l’auteur parle clairement de « jolie fille » (‘красавица’, krassavitsa) et qu’il utilise le terme душа-девица (doucha-dievitsa, littéralement « âme-jeune fille », sachant que le mot « âme » est fréquemment utilisé pour désigner un être cher) qui est l’expression consacrée, notamment dans les contes, pour désigner une très belle jeune fille. Ce n’est donc qu’au troisième couplet (quand on ne connaît pas encore la chanson) qu’on comprend les doubles sens des deux premiers et du refrain ainsi que la métaphore filée entre les éléments végétaux et la demoiselle (en russe, le mot « sapin » (сосна, sosna) est du genre féminin).

Air[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]