Cours des 50-Otages
| Cours des 50-Otages | |||||
L'extrémité sud du cours des 50-Otages vers la tour Bretagne |
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| Situation | |||||
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| Coordonnées | |||||
| Pays | |||||
| Région | Pays de la Loire | ||||
| Ville | Nantes | ||||
| Tenant | Place du Pont-Morand | ||||
| Aboutissant | Cours Franklin-Roosevelt | ||||
| Histoire | |||||
| Création | Première moitié duXXe siècle | ||||
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Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique Géolocalisation sur la carte : France Géolocalisation sur la carte : Nantes |
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Le cours des 50-Otages est une des principales artères de la ville de Nantes (Loire-Atlantique), aménagée dans les années 1930 et 1940 sur l'ancien cours de l'Erdre et dont le nom évoque un moment important de l'histoire de la ville.
Sommaire |
Présentation [modifier]
Le cours des 50-Otages, d'une longueur d'environ 800 mètres et d'une largeur de 60 à 70 mètres, est d'abord orienté nord-est/sud-ouest puis après une vaste courbe, finit par suivre une direction nord-ouest/sud-est : il rejoint alors le cours Franklin Roosevelt, qui était autrefois un bras de la Loire (le bras de la Bourse). À l'extrémité nord se trouvent la place du Pont-Morand et l'esplanade des Cinq-villes-Compagnon-de-la-Libération (voir Qui sont les cinq villes Compagnons ?)[1], où s'élève le Monument aux Cinquante Otages, conçut par le sculpteur nantais Jean Mazuet et réalisé en 1950 par l'entreprise nantaise de chaudronnerie Coyac. À proximité se trouve une statue en bronze du général de Gaulle, œuvre de l'artiste nantaise Françoise Boudier, inaugurée le 18 juin 2010.
Le cours des 50-Otages est prolongé au nord par l'Erdre, avec sur la rive droite le quai de Versailles et sur la rive gauche le quai Ceineray et la préfecture. De la place du Pont-Morand, partent deux artères importantes, la rue de Strasbourg, percée haussmannienne à travers la vieille ville, et la rue Paul Bellamy qui est la plus longue artère nantaise, prolongement de la route de Rennes (RN 137).
Les anciens quais de l'Erdre, devenus contre-allées puis simples trottoirs portent les noms suivants : allée des Tanneurs, allée d'Orléans et allée Cassard en rive droite ; allée d'Erdre, allée Duquesne, allée Penthièvre et allée Jean-Bart en rive gauche.
Au no 9 de l'allée des Tanneurs se trouvent les bâtiments désaffectés du garage Demy qui ont servi de décor au film Jacquot de Nantes.
Des années 1960 jusqu'au années 1980, le no 5 allée Duquesne était en partie occupée par la gare centrale de la Compagnie de transport Drouin Frères (communément appelée « les cars Drouin ») et faisait office de « gare routière Nord » (la « gare routière Sud » étant celle de l'Allée Baco).
Le cours est jalonné par les places du Cirque (en bas de la rue de l'Hôtel-de-Ville) et de l'Écluse (en bas de la rue de Feltre, laquelle est prolongée par la rue du Calvaire, et de la rue de la Boucherie) ; le nom de la place de l'Écluse évoque son origine fluviale, de même que celui de la place du Pont-Morand et de la place du Port-Communeau qui la jouxte.
Le cours est suivi par les voies du tramway nantais avec un embranchement à la place de l'Écluse ; on y trouve 3 stations du sud au nord : Commerce (lignes 1, 2 et 3), Place du cirque et 50 Otages (ligne 2). La station Bretagne (ligne 3) se trouve en surplomb du cours, rue de la Boucherie, à proximité immédiate de celle de la Place du cirque (environ 80 m en passant par la rue Beaurepaire).
Située au pied de la place du Cirque, la Tour Bretagne domine le cours des 50-Otages depuis les années 1970.
Historique [modifier]
Le temps de l'Erdre [modifier]
Jusqu'au VIe siècle, se trouvaient à cet endroit des marais que saint Félix, 16e évêque de la ville fait noyer par la rivière, pour la rendre navigable sur la totalité de son cours, ainsi que pour protéger les remparts ouest de la cité, alors confinée sur la rive gauche dans l'actuel quartier du Bouffay.
Au XIIIe siècle, la ville s'étend à sur la rive droite avec la création du quartier Saint-Nicolas, nécessitant la construction de ponts et de quais. Ainsi, jusqu'à la première moitié du XXe siècle, on dénombre cinq ouvrages : du nord au sud, le pont Morand, le pont de l'Hôtel de Ville, le pont de l'Écluse, le pont d'Orléans et le pont d'Erdre. La rivière est alors bordée par les quais d'Erdre, Duquesne, Penthièvre et Jean-Bart sur la rive gauche, tandis que les quais des Tanneurs, d'Orléans et Cassard longent sa rive droite.
Tout près de là, à l'emplacement de de l'« École maternelle publique Molière », situé place des Petit-Murs, se trouvait naguère un jeu de paume, dans lequel Molière et sa troupe vinrent probablement jouer le 11 juin 1648 (une plaque commémorative scellée sur le mur de l'école, rue Saint-Léonard, célèbre cet événement) ; pendant son séjour, l'illustre auteur est également témoin d'un baptême dans la paroisse Saint-Clément[2].
Au XVIIIe siècle, les quais de rive droite sont en partie occupés par des tanneries, qui donnent plus tard naissance au quartier du Marchix, lequel accueille aussi, par la suite, des filatures de coton et de laine (on en compte 23 en 1853).
En 1834, un cirque est construit sur la place de l'Abreuvoir (l'actuelle place du Cirque), à l'angle de la rue de l'Arche-Sèche et de l'allée d'Orléans ; deux ans plus tard, il est pourvu d'une scène avec machines. Ce cirque est exploité à plusieurs reprises comme salle de variétés.
En juin 1837, la Compagnie européenne du gaz inaugure une usine destinée à l'éclairage des particuliers, sur le quai des Tanneurs. Trois ans plus tard, la compagnie s'engage auprès de la municipalité à fournir durant les 18 années suivantes, l'éclairage des rues, places et autres voies publiques de la ville. Suite à la nationalisation des compagnies de gaz et d'électricité, le site est occupé aujourd'hui par des locaux d'EDF et GDF.
Cependant, l'Erdre comme la Loire sont des cours d'eau capricieux : en l'espace de 60 ans, ils débordent 8 fois, causant d'importants dégâts, emportant notamment des ponts. La construction d'une écluse en 1828 sur l'Erdre (dont le souvenir est perpétué par l'actuelle « place de l'Écluse ») n'y change pas grand chose.
La création du cours (1929-1945) [modifier]
La municipalité décide alors de leurs comblements. Les travaux débutent en 1929, au titre des dommages de guerre. C'est donc une entreprise allemande qui en est chargée, sous la direction de l'ingénieur Karl Hotz. Un tunnel est percé sous les cours Saint-Pierre et Saint-André, permettant de dévier la rivière qui se jette désormais dans le canal Saint-Félix.
Les anciens quais sont alors transformés en allées permettant de desservir les habitations riveraines et sont séparés du futur cours par une rangée d'arbres. Ces allées servent toujours de nos jours de références aux adresses postales des immeubles longeant le cours.
En 1940, Karl Hotz revient à Nantes, en tant que feldkommandant des forces d'occupation. Son assassinat près de la cathédrale le 20 octobre 1941 par des résistants communistes, provoque en représailles l’exécution de 48 otages à Nantes, Paris et Châteaubriant.
Le nom actuel du cours, « Cours des 50-Otages » (en hommage aux 48 otages exécutés et aux deux autres acquittés), lui est attribué à la Libération, le 20 octobre 1944 par le conseil municipal dirigé par Clovis Constant, en souvenir de cet événement. Pour cet acte de résistance, la ville reçoit également la croix de l'Ordre de la Libération des mains du général de Gaulle, le 14 janvier 1945, conformément au décret du 11 novembre 1941 qui élevait Nantes au rang de Compagnon de la Libération.
Le réaménagement des années 1990 [modifier]
Le cours des 50-Otages joue un rôle important dans la vie de la cité peu après l'arrivée de Jean-Marc Ayrault à la tête de la municipalité en 1989. En effet, à l'occasion des travaux de prolongement de la deuxième ligne de tramway au début des années 1990, un réaménagement complet du cours paraît nécessaire, afin de lui donner un caractère plus urbain et piétonnier.
Ce réaménagement donne lieu à un travail préparatoire important[3] dans lequel s'impliquent des associations, notamment Nantes la Bleue[4] qui souhaite le retour de l'eau en centre ville. La mairie organise un concours d'urbanisme auquel participent une dizaine d'architectes français et étrangers. Le seul à proposer un recreusement du cours de l'Erdre est le Nantais Jean-François Salmon (soutenu, par exemple, par André Péron[5] et Gilles Servat), en fait seulement un allongement du bras mort de l'Erdre jusqu'à la place de l'Écluse. Le projet retenu est celui d'Italo Rota, qui met l'accent sur le rôle du végétal. Certains estiment que ce projet est assez banal, mais il est peu coûteux et le maire retire de ce choix une réputation de grande prudence gestionnaire. Elisabeth Hubert avait déclaré à ce propos que Jean-Marc Ayrault n'avait « pas le droit à l'erreur ! », étant donné l'importance réelle et symbolique de cet endroit[6].
En pratique, les allées latérales ont été supprimées (bien qu'elles apparaissent toujours sur les plans comme des voies séparées) et remplacées par de larges trottoirs pavés. D'ailleurs, celui situé à l'ouest est en partie occupé par les voies du tramway (notamment ligne 2). Dès le début de ces travaux, la réservation avait été faite pour la future ligne 3 grâce à l'installation d'un aiguillage au niveau de la place l'Écluse.
La circulation automobile a lieu sur deux chaussées seulement et est suspendue le samedi.
Le réaménagement de 2012 [modifier]
À l'automne 2012, après de nouveaux aménagements, la partie sud du cours à partir de la place de l'Écluse, ainsi que plusieurs rues adjacentes sont devenus « zone à trafic limité », où seul les cyclistes, les bus, les véhicules en intervention et ceux des riverains, commerçants, livreurs, etc. sont autorisés à circuler[7].
Sites, bâtiments et monuments remarquables [modifier]
- Hôtel La Pérouse
- La tour du Haut-Pas, vestige de la Porte Sauvetout. Le site fait actuellement l'objet de fouilles archéologiques avant la construction de l'immeuble Orléans. Bâtis sur un rocher, à proximité d'un fossé du XIIIe siècle, la tour et les remparts attenants datent du XVe siècle. Depuis le XIXe siècle, un immeuble lui est adossé.
Références [modifier]
- Avec Paris, Île-de-Sein, Grenoble et Vassieux-en-Vercors, Nantes est l'une de ces cinq villes.
- Article sur la page culturelle du site Conseil Général
- Alain Besson, Jean-Marc Ayrault, Éditions Coiffard, Nantes, 2004, page 318-324, pour toutes les informations de ce paragraphe.
- Cf page : Basse-Loire, estuaire et patrimoine industriel, de l'année 2007, qui cite encore cette association (paragraphe : « Le comité scientifique du projet » : André Péron, membre de l'association Nantes la Bleue.
- Professeur de philosophie et auteur de nombreux ouvrages sur la ville.
- Alain Besson, page 319.
- Nantes : Opération ZTL : zone à trafic limité sur le site de Nantes Métropole.