Lady Oscar (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lady Oscar.

Lady Oscar

Titre original Lady Oscar
Réalisation Jacques Demy
Scénario Film:
Jacques Demy
Patricia Louisianna Knop
Manga:
Riyoko Ikeda
Acteurs principaux

Catriona MacColl
Barry Stokes
Christine Bohm
Jonas Bergstrom

Pays d’origine Drapeau de la France France / Drapeau du Japon Japon
Sortie 1979
Durée 124 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Lady Oscar est un film franco-japonais réalisé en 1978 par Jacques Demy, et sorti en salles en 1979.

C'est l'adaptation au cinéma d'une bande dessinée japonaise à succès, la Rose de Versailles (Berusaiyu no Bara en japonais), publiée à partir de 1972.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Lady Oscar naît en 1755, la même année que l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche, future reine de France. Elle est la sixième et dernière fille du général de Jarjayes, qui désirait plus que tout au monde avoir un fils. La mère étant morte en la mettant au monde, le général décide d'en faire un garçon : il la prénomme Oscar François, lui donne des vêtements masculins, lui apprend le maniement des armes et lui adjoint un compagnon de jeu de son âge, le fils de sa nourrice, prénommé André.

Les années d'enfance passent dans l'insouciance, jusqu'à ce jour de 1775 où le général annonce à chacun des deux jeunes gens sa destinée selon son rang : Oscar, jeune aristocrate, est nommée officier dans la garde personnelle de la reine Marie-Antoinette, André, simple roturier, sera garçon d'écurie aux étables royales.

Oscar passe pour un homme aux yeux de la cour, mais pas pour André qui en est amoureux depuis toujours. Oscar va cependant peu à peu se révéler à elle-même en tant que femme le jour où elle est troublée par Axel de Fersen, l'amant de la reine. Sensibilisée peu à peu à la misère du peuple de Paris, elle est contrainte, poussée par les évènements de la Révolution française, à choisir son camp : elle finit par tourner le dos aux valeurs du passé, de l'ordre ancien et du monde de l'aristocratie auquel elle appartient. Elle se rebelle contre son père, embrasse les idéaux de liberté et d'égalité enseignés par André, dont elle finit par tomber amoureuse. Malheureusement, ce dernier est tué par balle au moment de la prise de la Bastille, jour de deuil pour Oscar et d'allégresse pour le peuple de Paris.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Le film a comme trame de fond les dernières années du règne de Louis XVI, période au cours de laquelle la reine Marie-Antoinette, qu'Oscar protège sans jamais la juger, perd son trône. Des évènements historiques sont relatés, comme l'affaire du collier de la reine, d'autres sont plus romancés.

Il ne faut cependant pas chercher en Lady Oscar une vérité historique. Certains personnages ont existé, d'autres, comme Oscar et André, sont fictifs. Des évènements sont réels, d'autres sont librement adaptés. Il faut plus voir une double quête de vérité du personnage d'Oscar, qui rompt peu à peu avec son éducation. Cette quête est d'ordre sexuel et sentimental d'un côté et social de l'autre.

Sur le plan sexuel, elle a, en raison de la volonté de son père d'en faire un homme, un problème d'identité. Sorte de chevalier d'Éon, elle est vêtue en homme, passe pour tel auprès d'une partie de la cour et mène une carrière militaire. Une première fêlure apparaît lorsqu'elle ressent un émoi pour le comte de Fersen. Elle va progresser dans cette voie, jusqu'à porter une robe pour se rendre au bal de la cour et danser avec celui qu'elle aime en secret. Puis, au fil des évènements, elle va s'assumer complètement en tant que femme et tomber ouvertement amoureuse d'André, son ami de toujours.

Sur le plan social, les valeurs enseignées par son père sont peu à peu mises à mal, et elle hésite entre loyauté et rébellion. Cela commence lorsqu'elle découvre, à l'occasion d'un accident, la misère du peuple de Paris. Elle prend alors la défense des miséreux en se battant en duel contre un autre aristocrate proférant à leur encontre un discours de haine. Elle reste cependant loyale aux valeurs de l'aristocratie : juste après le duel, elle rencontre Robespierre dans une taverne et découvre avec surprise la radicalisation de sa position politique et son raidissement face au pouvoir royal. Elle se bat dans la foulée avec un homme qui critique le pouvoir et l'obéissance aveugle des militaires. Dans un même temps, elle tient d'une certaine manière tête à son père en mettant de la mauvaise grâce à épouser celui qu'il lui destine, le riche et ambigu comte de Girodet. Elle finit par se disqualifier de manière irréversible le jour où elle désobéit à un ordre, en refusant de faire feu sur le peuple lors d'une émeute. Reniée par son père, pour qui le nom des Jarjayes a été déshonoré, elle se rebelle en le giflant et se battant contre lui. Elle doit quitter pour toujours en larmes le château de son enfance, et finit par participer à la prise de la Bastille, assumant pleinement ses nouveaux idéaux de liberté et d'égalité[1].

Le personnage de la bienveillante nourrice décrypte ces deux évolutions à travers ses commentaires. Le jour où Oscar essaie sa robe avant de se rendre au bal, elle dit à André qu'elle est en train de se trouver. Le jour où Oscar doit quitter à jamais le château, elle y voit un motif de se réjouir de l'arrivée d'une ère nouvelle.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Réalisation[modifier | modifier le code]

Ce film japonais a été réalisé par un Français avec des acteurs majoritairement britanniques. Il présente d'autres particuarités.

Il est d'abord un film de commande passé à Jacques Demy, ce qui est un fait rare pour le réalisateur. La commande provient d'un producteur japonais, Mataichiro Yamamoto, détenteur des droits d'un manga à succès, La Rose de Versailles.

Une autre particularité est que ce manga est l'œuvre d'une femme, Riyoko Ikeda, le domaine étant plus traditionnellement réservé aux hommes[2].

Enfin, une grande partie du film est tournée au château de Versailles, qui ouvre pour la première fois depuis le film de Sacha Guitry, Si Versailles m'était conté..., ses portes à la réalisation d'un film. On peut même y voir une scène tournée au petit théâtre de Marie-Antoinette, longtemps resté fermé à la visite.

Le producteur choisit ce réalisateur français car il est habitué à tourner en anglais mais aussi pour faciliter l'accès aux monuments historiques, sans quoi le film aurait été réalisé en studio en Angleterre. La scène de la prise de la Bastille est quant à elle tournée à Senlis[3].

Le film rencontre un beau succès au Japon, il est également vendu à une chaîne payante aux États-Unis, en Espagne et dans quelques autres pays. En France, les distributeurs ne l'achètent pas, les prétentions des Japonais étant trop élevées[4]. Il ne sera distribué que vingt ans après.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le film vu par Évelyne Lever, historienne, supplément du DVD Lady Oscar, éditions Ciné-Tamaris Vidéo et Arte Vidéo
  2. À propos du film, texte de Jean-Pierre Berthomé, supplément du DVD Lady Oscar, éditions Ciné-Tamaris Vidéo et Arte Vidéo
  3. Sur le tournage de Lady Oscar, supplément du DVD Lady Oscar, éditions Ciné-Tamaris Vidéo et Arte Vidéo
  4. Rencontre avec Jacques Demy, propos recueillis par Saïd Ould Khelifa en nomvembre 1986

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]