Batignolles-Châtillon

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47° 14′ 51″ N 1° 31′ 31″ O / 47.2476008, -1.525383

Compagnie générale de Construction de locomotives (Batignolles-Châtillon)

Création 1917
Dates clés 1951 : Prise de contrôle par SPIE
Fondateurs Gaston Goüin
Personnages clés Edouard Goüin, Henry Goüin, Ernest-Georges Goüin, Jean-Laurens Delpech, Jean Forgeot
Siège social Drapeau de France Nantes (France)
Activité Constructeur ferroviaire;
Industrie de l'armement
Société mère Société de construction des Batignolles
Filiales Ernault-Batignolles
Batignolles-Châtillon (Mécanique générale)
Locomotives et Locotracteurs Diesel S.A
Batiruhr

La Compagnie générale de Construction de locomotives (Batignolles-Châtillon) était une filiale nantaise de la Société de construction des Batignolles créée en 1917. Elle eut entre autres pour activité la construction ferroviaire et la production d'armement.

Historique de l'entreprise[modifier | modifier le code]

La Compagnie générale de construction de locomotives (Batignolles-Châtillon), qui s'installa à Nantes, dans le quartier de la Haluchère, a été constituée le 26 mai 1917 à la suite d'un accord entre la Société de construction des Batignolles et la Compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons dont les apports représentaient presque la moitié du capital social. Edouard Goüin en fut le premier président.

Celui-ci acquiert auprès de la ville en 1917, le domaine et le bois de Saint-Georges sur lequel l'usine sera construite, qui est à la fois mitoyen d'un tronçon de la route de Paris (actuel boulevard Jules-Verne) et de la ligne ferroviaire Nantes-Châteaubriant. Le château qui s'y trouvait avec ses dépendances (dont une chapelle) sont rasés, tandis que les maraîchers qui exploitaient les terres sont expropriés[1]. Durant les trois années qui suivent des vastes bâtiments en béton précontraint qui sont dus aux entrepreneurs François Mercier et Claude Limousin (selon le procédé Freyssinet) sortent de terres sur une surface de 200 000 m2 parcourue par 7 km de voies ferrées intérieures. L'usine d'une superficie de 16 500 m2 est inaugurée le 16 octobre 1920[2].

Rapidement, le site qui emploie plus de 3 500 ouvriers, doit loger ces derniers et leurs familles, non nantais dans une forte proportion (Bretons, Tourangeaux, Parisiens, mais aussi, Autrichiens, Italiens, Espagnols, Portugais, Tchécoslovaques, Polonais, etc…). À cet effet, l'entreprise crée en 1920, trois cités ouvrières : La Halvêque, La Baratte et Le Ranzay. Celles-ci étaient pourvues de rues numérotées, avec un certain nombre de services, notamment un dispensaire, une école primaire et une église (Saint-Georges des Batignolles), ainsi que des terrains de sport et un cinéma. Les cités, formées par 450 maisons en bois chacune dotée d'un jardin, sont construites par les Établissements Bessonneau, d'où le nom usuel de cités Bessonneau[3].

Ces logements (dont on peut voir une reconstitution au no 31 boulevard des Batignolles 47° 15′ 16″ N 1° 31′ 37″ O / 47.2544939, -1.5269705) comportaient trois ou quatre pièces. Les murs extérieurs étaient constituées de panneaux en bois peint, rouge-brun à double paroi. Les cloisons intérieures et les plafonds avaient un enduit en plâtre sur lattis ; un appentis, accolé à l’un des pignons, servait de débarras ; l’ensemble reposait sur un socle de béton ; la couverture était en ardoises d’Angers. Au début, les maisons n’ont pas l’eau courante : les cités étaient alimentées par des bornes-fontaines, plantées au coin des rues, qui distribuaient l’eau de la ville. Plus tard, les habitants eux-mêmes équiperont leurs maisons à l’aide de matériaux récupérés plus ou moins clandestinement à l’usine. Il n'y avait pas non plus de W.C. intérieurs ; des W.C. publics à 4 compartiments avec fosses étanches de 8 m3 étaient implantés aux points stratégiques des cités. L’assainissement était assuré par un réseau d’eaux usées[4].

Des trois cités, il ne reste désormais plus rien : Le Ranzay sera démoli en 1965 (le cinéma fermé en 1968, sera rasé en 1998), La Halvêque disparait en 1972 pour laisser la place à une cité HLM, tandis que La Baratte laissé à l'abandon dès 1974, est aujourd'hui remplacée par le stade de la Beaujoire[5].

En 1928, la Société de construction des Batignolles rompt définitivement avec son objet initial en fermant ses ateliers de l'avenue de Clichy, elle fait apport de sa clientèle, ses brevets, études et fabrications de locomotives à sa filiale, la « Compagnie générale de construction de locomotives Batignolles-Châtillon ».

En 1950, la société se lance dans la production de matériel pour l'industrie pétrolière et gazière.

En 1951, à la faveur d'une augmentation de capital, la SPIE, filiale du Groupe Empain, prend le contrôle de Batignolles-Châtillon.

En 1957, la société holding Batignolles-Châtillon est dissoute à la suite de l'apport fusion fait à la Société des Forges et Ateliers du Creusot.

En 1960 est constitué la société Batiruhr en association avec la société allemande Ruhrthaler Maschinenfabrik.

En 1985, faillite du groupe Creusot-Loire. L'usine des Batignolles couvrant désormais une superficie de 80 000 m2 est cédée à trois repreneurs[6] :

Filiales[modifier | modifier le code]

  • Ernault-Batignolles, pour le secteur de la machine-outil (constituée en 1934)
  • Locomotives et Locotracteurs Diesel S.A (absorbée en 1954)
  • Batignolles-Châtillon (Mécanique générale) (constituée en 1956)
  • Batiruhr (constituée en 1960)

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Batignolles, la mémoire sur les rails
  • Le pain noir et les roses rouges des Batignolles

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Grand Chemin de Carquefou » sur le site de ALPACNANTES
  2. Patrimoine des pays de la Loire - L'usine des Batignolles
  3. Bessonneau : les petites maisons en bois des Batignolles
  4. Les cités en bois des Batignolles sur Archives municipales de Nantes
  5. Article Ouest-France de 18 mars 2010
  6. « Historique », sur Comité d'entreprise de BTT (consulté le 22 novembre 2011)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacky Réault, « L'usine des Batignolles à Nantes », 1981
  • Joël Guibert, ” L’usine des Batignolles à Nantes », 1989
  • « Batignolles : Mémoires d’usine, mémoires des cités », 1991
  • Bruno Bellepomme, « Les Batignolles, trois cités, un quartier », 1994
  • Roger Peoc'h et Jean-Yves Le Guellaf, « Notre vie de métallos batignollais de 1918 à aujourd'hui »,
  • Anne Burnel, « La Société de construction des Batignolles de 1914-1939 : histoire d'un déclin », Librairie Droz, 1995
  • « Histoire, économie et société, Volume 14 », 1995
  • Joëlle Deniot, « Batignolles: mémoires d'usine, mémoires des cités », Centre de documentation du Mouvement ouvrier et du travail, 1991
  • Roger Priouret, « Origines du patronat français », Bernard Grasset, 1963

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]