Brest (Biélorussie)

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Brest
Брэст
Blason de Brest
Héraldique
Drapeau de Brest
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Biélorussie Biélorussie
Subdivision Voblast de Brest
Code postal BY
Indicatif téléphonique +375 162
Démographie
Population 326 428 hab. (01.01.2013)
Densité 2 247 hab./km2
Géographie
Coordonnées 52° 05′ N 23° 42′ E / 52.083, 23.7 ()52° 05′ Nord 23° 42′ Est / 52.083, 23.7 ()  
Altitude 141 m
Superficie 14 526 ha = 145,26 km2
Divers
Première mention 1019
Statut Ville
Ancien(s) nom(s) Brest-Litovsk, Brześć Litewski
Localisation

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Brest

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Brest
Liens
Site web www.brest.by
Sources
Liste des villes de Biélorussie

Brest (en biélorusse : Брэст, en russe : Брест), anciennement Brest-Litovsk (ou polonais : Brześć Litewski), est une ville de Biélorussie et la capitale administrative de la voblast de Brest. Sa population s'élevait à 326 428 habitants en 2013.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Moukhavets à Brest

Brest est située dans l'ouest de la Biélorussie, tout près de la frontière polonaise, au confluent du Boug et du Moukhavets.

Brest se trouve à 328 km — 353 km par la route — au sud-ouest de Minsk et à 184 km — 198 km par la route — à l'est de Varsovie.

Placée sur le principal axe routier reliant Berlin et Moscou, Brest était un important poste-frontière au temps de l'Union soviétique. C'est aujourd'hui un important carrefour de communications entre l'est et l'ouest, entre l'Union européenne et la Communauté des États indépendants.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de la ville n'est pas bien établie et trois sources sont possibles :

  • Tout d'abord, il pourrait venir du mot slave beresta, qui signifie « écorce de bouleau ».
  • Mais Brest pourrait aussi tirer son origine d'un autre mot slave, berest, qui veut dire « orme », bien que cet arbre soit inconnu dans la région[1].
  • Enfin, Brest pourrait descendre de brasta, mot lituanien signifiant « gué ».

Les épithètes Litewski et Litovskii qui lui sont associés, signifient « lituaniens », et devaient permettre de la différencier de localités homonymes.

La ville a été appelée de nombreuses façons depuis sa fondation, selon les langues et les époques :

  • Les Lituaniens la baptisèrent d'abord Lietuvos brąsta, puis Brestas.
  • Les Biélorusses Бе́расьце et Бярэ́сьце (Bieraście et Biareście) et finalement Брэст (Brèst).
  • Les Russes l'appelèrent Брест-Литовський (Brest-Litovskii) jusqu'à la Première Guerre mondiale, et aujourd'hui Брест (Brést).
  • Les Ukrainiens l'appellent indifféremment Брест ou Берестя (Brést ou Beréstya).
  • Les Polonais : Brześć Litewski puis Brześć et en yiddish בּריסק.

La ville était aussi parfois appelée Brest-sur-le-Boug (en polonais Brześć nad Bugiem, en biélorusse Брэст на Бугу).

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance et destructions[modifier | modifier le code]

Ancien blason de la ville

La ville fut fondée par les Slaves et citée la première fois en 1019, dans une chronique. Comme beaucoup de villes biélorusses, la première mention est souvent considérée comme la date de fondation, mais, Brest existait sans doute avant 1019.

À sa fondation, la ville faisait partie de la Rus' de Kiev, mais, elle fut ensuite conquise par le royaume de Pologne, puis, par le grand-duché de Lituanie. Brest fut envahie par les Mongols en 1241 et ne fut pas reconstruite avant 1275. Plus tard, la ville fut encore dévastée par les chevaliers teutoniques, qui la brûlèrent en 1379. Le khan de Crimée lui fit subir le même sort au XVe siècle.

La domination polonaise[modifier | modifier le code]

En 1569, Brest fut incluse dans la république des Deux Nations, qui regroupait la Pologne et la Lituanie. C'est à ce moment que la ville devint Brest-Litovsk, c'est-à-dire « Brest-en-Lituanie ». En 1594 et en 1596, Brest fut le théâtre de deux grands conseils entre les évêques catholiques et orthodoxes de la région ; ces conseils établirent l'Église grecque-catholique ukrainienne.

La forteresse

La ville fut prise par les Suédois en 1657 et en 1706, au cours de la Grande guerre du Nord. En 1794, Brest vit la victoire d'Alexandre Souvorov sur le général polonais Sierakowski. En 1795, après la troisième partition de la Pologne, Brest échut à la Russie, comme le reste de la Biélorussie. Les Russes y édifièrent alors la forteresse, afin de défendre la ville.

De 1795 à 1939[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe siècle, Brest connut la paix et se modernisa rapidement. En effet, sa situation aux confins de l'Empire russe en faisait un grand centre commercial.

Le traité de Brest-Litovsk.
Soldats allemands et soviétiques lors du transfert de la ville de Brest aux Soviétiques, après l’invasion et le partage de la Pologne par l’Allemagne nazie et l’URSS, en 1939.

Brest fut prise en 1915 par l'Empire allemand, au début de la Première Guerre mondiale. Le , fut signé le traité de Brest-Litovsk, qui conclut la paix entre l'Empire allemand et la Russie soviétique. La ville resta aux mains de l'Allemagne jusqu'en 1919, date à laquelle la Pologne en prit possession.

La ville changea ensuite deux fois de mains lors de la Guerre russo-polonaise de 1920 et redevint polonaise grâce au Traité de Riga, signé en 1921. Elle devint chef-lieu de la voïvodie de Polésie et la forteresse accueillit le commandement des troupes.

Brest depuis 1939[modifier | modifier le code]

Lors de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie, en , Brest était défendue par quatre bataillons polonais d'infanterie, dirigés par le général Konstanty Plisowski. La garnison dut plier face à l'attaque allemande dirigée par le général Heinz Guderian au bout de quatre jours de combats intenses, le 17 septembre.

Le Pacte germano-soviétique permit à l'Union soviétique d'occuper Brest peu de temps après. La ville et ses alentours furent incorporés à la république socialiste soviétique de Biélorussie.

Le , l'armée allemande attaqua Brest par surprise. La quasi-totalité des défenseurs ayant péri, la ville et sa forteresse cessèrent toute résistance organisée le , si l'on en croit le rapport du commandant de la 45e division d'infanterie allemande. Brest devint le symbole de la résistance du peuple soviétique contre l'occupation allemande. Les Juifs de la ville furent exterminés en 1942. Le camp d'extermination de Bronnaya Gora situé à une centaine de kilomètre au nord de la ville est un des emplacement choisi par les occupants pour accueillir les dizaines de trains chargés des victimes.


Brest fut reprise par l'Armée rouge le . Les accords de Yalta reconnurent Brest comme faisant partie de la république socialiste soviétique de Biélorussie et les Polonais, qui formaient la majorité de la population, furent expulsés en échange du retour des Biélorusses qui vivaient en Pologne.

Depuis la guerre, Brest est devenue une ville biélorusse à part entière et fait aujourd'hui partie de la Biélorussie indépendante.

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population [2] :

Évolution démographique
1825 1860 1880 1897* 1907 1921 1939*
11 200 19 343 33 607[3] 46 568 46 181[4] 29 500 41 000
1959* 1970* 1979* 1989* 1999* 2009* 2013
73 614 121 629 177 249 258 016 286 438 309 764 326 428


Transports[modifier | modifier le code]

En raison des voies larges de chemin de fer utilisées en ex-URSS, les trains traversant la frontière entre la Biélorussie et la Pologne doivent transborder leur chargement vers un autre véhicule, aux normes différentes.

Brest possède un aéroport (code AITA : BQT). Elle possède également un poste frontière avec la Pologne, sur le Bug et en face du village de Terespol.

Par le canal Dniepr-Bug qui relie Brest à la ville de Pinsk la ville est accessible à des barges qui peuvent circuler du Dniepr vers la Mer Noire et vers la Pologne jusqu'à la Vistule en passant par le Narew.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le mémorial de la bataille de 1941

Le monument le plus célèbre de Brest est le mémorial de la bataille de 1941, qui opposa l'armée allemande et l'Armée rouge. À proximité se trouve la forteresse, en partie reconstruite depuis la dernière guerre. Elle abrite plusieurs musées, dont le Musée de la Guerre et le Musée archéologique.

Les autres musées de la ville sont le Musée du Chemin de Fer et le Musée de l'Holocauste, sur l'emplacement de l'ancien ghetto.

La vieille synagogue était considérée au XVIe siècle comme la plus grande d'Europe, elle est aujourd'hui le siège des évêchés catholiques grec et arménien.

Depuis 2013 une des quatre dernières maisons de la Colonie Warburg a reçu le statut de patrimoine historique et a ainsi été sauvée de la destruction.

Le Parc national de la forêt de Białowieża se trouve à 70 km au nord de Brest, à cheval entre la Pologne et la Biélorussie. La forêt est une réserve naturelle exceptionnelle qui abrite notamment des bisons d'Europe.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Depuis 1995 l'Institut supérieur qui existait à Brest depuis 1945 a reçu le statut d'université sous la dénomination Université d'État à Brest (Biélorussie) ou Université A.S Pouchkine. Elle est au cœur de la vie culturelle de la région. Il existe également une Université d'État technique et de nombreux autres établissements d'enseignements supérieurs.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Paris, Le Robert, 1994 (ISBN 285036195X)
  2. (ru) Recensements de 1959, 1970 et 1979 sur www.webgeo.ru — City population depuis 1989 [1]
  3. Brześć Litewski, Słownik geograficzny Królestwa Polskiego i innych krajów słowiańskich, t. , Varsovie, 1880, p. 402.
  4. Napoleon Rouba, Przewodnik po Litwe i Białejrusi, Wilno, 1909.
  5. Fiche sur AlloCiné

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]