Royaume de Finlande (1918)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

60° 10′ N 24° 56′ E / 60.17, 24.933

La tentative d'établissement du Royaume de Finlande en 1918 correspond au deuxième essai infructueux d'établir un régime monarchique en Finlande, après la tentative de 1742. Cet essai fait immédiatement suite à la Déclaration d'indépendance finlandaise par rapport à l'Empire russe ; il constituait la tentative de mise en place d'un État-client, placé sous l'autorité suprême de l'Empire allemand, qui cherchait à établir sa domination sur toute la région de la Baltique en cette fin de Première Guerre mondiale.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La couronne créée pour le Roi de Finlande.
Drapeau du Royaume de Finlande en 1918.

Sous la pression de l'Empire allemand, la Finlande déclare le 6 décembre 1917 son indépendance vis-à-vis de ce qui était précédemment l'Empire russe, alors empêtré dans la Guerre civile. Cette déclaration d'indépendance, un peu précipitée, fut proclamée alors que le débat était vif pour savoir si le nouvel État indépendant devait être une république ou garder la forme d'une monarchie. Jusqu'alors et depuis fort longtemps, la Finlande se trouvait être un Duché, hissé au rang de Grand-Duché, mais dont la couronne était toujours vassale d'une autre couronne (Empire russe ou, auparavant, Royaume de Suède).

Lors de la déclaration d'indépendance, les monarchistes se trouvaient en minorité à l'Eduskunta (le Parlement finlandais) ; aussi, la république est proclamée. Mais cela signe également le début de la Guerre civile finlandaise, et les combats font rage entre les Gardes rouges et les Gardes blancs. Au Parlement, le Parti social-démocrate, pro-républicain, est exclu. Une fois les républicains chassés de l'Eduskunta, les monarchistes disposent alors de toute liberté pour mettre en place leur monarchie. Le 9 octobre 1918, Frédéric-Charles de Hesse-Cassel est élu et appelé à prendre le trône de Finlande. D'autres candidats, comme Oscar de Prusse ou Rüdiger von der Goltz, étaient également pressentis[1].

La Lituanie avait déjà suivi le même chemin quelque temps auparavant, élisant roi en juillet 1918 Guillaume Charles, duc d'Urach et comte de Wurtemberg, prenant le nom et le titre de Mindaugas II de Lithuanie. En Lettonie et en Estonie, l'Assemblée provinciale unie, composée principalement de Germano-Baltes, demande à l'empereur allemand Guillaume II de reconnaître les provinces baltes, auparavant Gouvernements de l'Empire russe, comme étant des monarchies en union avec la couronne allemande, devenant des protectorats allemands. Adolphe-Frédéric de Mecklembourg est nommé à la tête de cet État nouveau, devenant le duc souverain de ce Duché balte uni.

Tout comme ces nouveaux États baltes, la Finlande indépendante est initialement très intimement liée à l'Empire allemand ; on parle alors des « États clients » de l'Empire. L'Allemagne se trouve en effet être le seul pays étranger ayant contribué aux préparatifs de l'indépendance finlandaise, notamment en entraînant les volontaires des Jägers finlandais. L'Allemagne est également intervenue durant la Guerre civile finlandaise, malgré sa propre situation précaire. La position de la Finlande vis-à-vis de l'Allemagne avait déjà évolué auparavant, devenant protectorat allemand au printemps 1918 ; l'élection du prince Frédéric, beau-frère de l'empereur Guillaume ne venait que confirmer cet état de fait.

L'adoption de la nouvelle constitution monarchiste est toutefois retardée, et la légitimité de l'élection royale, basée sur la Constitution suédoise de 1772, est remise en question. La constitution justifiant cette élection avait été adoptée sous le règne du roi Gustave III de Suède, alors que la Finlande faisait partie de la Suède. Après la défaite suédoise lors de la guerre de 1808-1809 et le rattachement du Grand-Duché de Finlande à l'Empire russe, ce document était resté de mise pour asseoir le pouvoir des grands-ducs de Finlande pendant le XIXe siècle.

Les archives gouvernementales finlandaises révèlent que le Roi devait porter le nom de « Charles Ier, Roi de Finlande et de Carélie, Duc d'Åland, Grand-Duc de Laponie, Seigneur de Kaleva et de Pohjola » (finnois : Kaarle I, Suomen ja Karjalan kuningas, Ahvenanmaan herttua, Lapinmaan suuriruhtinas, Kalevan ja Pohjolan isäntä)[réf. nécessaire].

Dans le procès-verbal de l'élection, le prince est nommé Fredrik Kaarle, mais selon une opinion communément admise, son nom de roi aurait dû être Väinö Ier de Finlande. Bien que la correction du nom de règne « Väinö » ne soit pas véritablement incontestable, il est utilisé en de nombreux cadres officiels[2]. En réalité, le nom de Väinö Ier trouve son origine dans les colonnes satiriques d'un important journal finlandais, Uusi Päivä, au fil d'articles rédigés par Väinö Nuorteva sous le pseudonyme d'« Olli », célèbre chroniqueur de l'époque.

Le 9 novembre 1918, Guillaume II abdique du trône d'Allemagne qui proclame la république. Deux jours plus tard, l'armistice intervient entre les belligérants de la Première Guerre mondiale. On ne sait pas grand-chose sur l'avis des Alliés au sujet de la possible accession au trône de Finlande d'un prince d'origine allemande. Toutefois, Frederick renonce au trône le 14 décembre 1918, et la Finlande adopte peu après sa constitution républicaine, le 17 juillet 1919.

États similaires[modifier | modifier le code]

Des tentatives similaires de mise sur pied par l'Empire allemand d'États vassaux eurent lieu vers la fin de la Première Guerre mondiale. Qu'il s'agisse d'États fantoches, d'États satellites ou d'autres formes, ces tentatives concernent surtout les territoires dont l'Empire russe perd le contrôle au cours du conflit, et que la Russie soviétique va devoir lutter pour en reprendre le contrôle. Ces États demeuraient toutefois indépendants, quoique fortement liés à l'Allemagne. On citera parmi elles :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pertti Haapala (2009). Sisällissodan pikkujättiläinen. Helsinki : WSOY. (ISBN 978-951-0-35452-0). p.201.
  2. Comme par exemple le site internet du Parlement finlandais : Page d'historique sur le site de l'Eduskunta.