Gabriel Jean Joseph Molitor

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Gabriel Jean Joseph Molitor
Image illustrative de l'article Gabriel Jean Joseph Molitor

Naissance 7 mars 1770
Hayange
Décès 28 juillet 1849 (à 79 ans)
Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Arme Infanterie
Grade Maréchal de France
Années de service 17911849
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Expédition d'Espagne
Distinctions Légion d'honneur (grand-croix)
Ordre de la Réunion (grand-croix)
Ordre de la Couronne de fer
Ordre de Saint-Louis (commandeur)
Ordre du Saint-Esprit
Ordre de Saint-Vladimir
Hommages Arc de Triomphe de l'Etoile
Autres fonctions Pair de France
Gouverneur des Invalides
Grand chancelier de la Légion d'honneur

Gabriel Jean Joseph Molitor, né le 7 mars 1770 à Hayange (Moselle) et mort le 28 juillet 1849 à Paris, est un militaire français ayant débuté sa carrière en 1791, pendant la Révolution française. Élu capitaine, il sert à l'armée du Rhin et est promu colonel en 1795. Passé à l'armée du Danube, il se bat contre les Autrichiens au sein des divisions Lefebvre et Lecourbe et devient général de brigade en 1799. Au terme de la campagne de Suisse en 1800, il est fait général de division et après une autre campagne contre les troupes autrichiennes, il est nommé à la tête de la division militaire de Grenoble. Il conserve ce poste jusqu'en 1805, date à laquelle il est affecté à l'armée du maréchal Masséna pendant la campagne d'Autriche, et se distingue à la bataille de Caldiero. Le général Molitor est ensuite nommé gouverneur de la Dalmatie en 1806 et parvient à pacifier la région, avant d'être envoyé en Poméranie suédoise et d'être fait comte de l'Empire en 1808.

Il prend part à la campagne d'Autriche de 1809 aux côtés de Masséna et joue un rôle important dans les batailles d'Essling et de Wagram. Envoyé occuper divers postes administratifs en Hollande, il ne rejoint l'Empereur qu'en 1814, au début de la campagne de France à laquelle il participe au sein du corps d'armée du maréchal Macdonald. Inspecteur général de l'infanterie sous la Première Restauration, Molitor se rallie à Napoléon pendant les Cent-Jours et prend le commandement d'une division du 5e corps de Rapp. Disgracié un temps sous la Seconde Restauration, il participe à l'expédition d'Espagne en 1823 à l'issue de laquelle il est élevé à la dignité de maréchal de France. Devenu gouverneur des Invalides, il meurt le 28 juillet 1849, à l'âge de soixante-dix-neuf ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Gabriel Jean Joseph Molitor, capitaine au 4e bataillon de la Moselle en 1792, Adolphe Brune (Paris, 1802 ; Paris, 1880), 1834.

Son père était un ancien militaire qui s'occupa de l'éducation de son fils. Le jeune Molitor s'enrôla en 1791 dans le 4e bataillon de volontaires de son département ; élu capitaine à l'unanimité, il fit la campagne de 1792 à l'armée du Nord[1]. Adjudant-général l'année suivante à l'armée des Ardennes, il commandait une brigade, sous le général Hoche, à la bataille de Kaiserslautern. Il enleva avec trois bataillons la position importante d'Erlenbach défendue par la droite de l'armée prussienne. Dans la campagne de 1795, il commandait une des colonnes qui décidèrent le succès de la bataille de Geisberg près Wissembourg. Pendant les quatre campagnes suivantes, il assista comme chef d'état-major à toutes les opérations de Pichegru, Kléber, Moreau et Jourdan. Il fut grièvement blessé dans une attaque sur la forteresse Mayence[1].

Article détaillé : Blocus de Mayence.

Au siège de Kehl, il défendit avec intrépidité l'île d'Ehrlen-Bhein, et reçut le brevet de général de brigade le 30 juillet 1799.

Envoyé en Suisse sous Masséna, Molitor défit successivement les Autrichiens dans les combats de Schwytz, Mutten et Glaris. Menacé dans cette dernière ville par les deux corps austro-russes de Jellachich (en) et de Linken, il répondit à un parlementaire qui vint le sommer de se rendre : « Ce n'est pas moi qui me rendrai, ce sera vous ! ». Pendant huit jours de combats, il s'empara six fois du pont de Naefels, s'y maintint enfin et réussit à empêcher la jonction des deux corps ennemis. À la suite de cette campagne, le Directoire exécutif écrivit une lettre de félicitations à Molitor, et le gouvernement helvétique lui vota des actions de grâce.

Sous le Consulat[modifier | modifier le code]

En 1800, Molitor alla servir à l'armée du Rhin à la tête d'une brigade de la division Vandamme. Il dirigea le passage du fleuve et le traversa avec une compagnie de grenadiers. À la bataille de Stockach il battit la gauche des Autrichiens, et leur fit 4 000 prisonniers. Quelque temps plus tard, avec une division de 5 000 hommes, il parvint à contenir le corps autrichien du Tyrol qui comptait environ 25 000 combattants. Vainqueur dans de nombreux petits affrontements, notamment à Bregenz et à Nesselwangen, il couronna cette expédition par la prise de la position de Feldkirch et du pays des Grisons, ce qui ouvrit une communication pour les Français avec l'armée d'Italie. À la paix, Molitor est nommé général de division, le 26 octobre 1800 et inaugure son commandement en guerroyant contre les Autrichiens au Tyrol au sein du corps d'armée du général Lecourbe[2]. Revenu en France, il prit le commandement de la division militaire de Grenoble, qu'il conserva jusqu'en 1805[2].

Général d'Empire[modifier | modifier le code]

Le général Molitor (dessin d'Henri Félix Emmanuel Philippoteaux).

Opérations en Italie, en Dalmatie et en Prusse[modifier | modifier le code]

Sous le Premier Empire, il rejoignit Masséna en Italie qui lui fit les honneurs de la division d'avant-garde, avec laquelle, à Caldiero, il soutint seul l'attaque de l'aile droite autrichienne conduite par l'archiduc Charles. Après la paix de Presbourg, l'Empereur l'envoya prendre possession de la Dalmatie. Investi de tous les pouvoirs civils et militaires, il introduisit l'ordre dans l'administration et économisa la moitié du revenu public. Attaqué d'abord par mer, il repoussa l'escadre russe qui assiégeait Lézina, enleva 300 Russes débarqués dans cette île, et reconquit celle de Curzola. Cette campagne fut terminée par le déblocus de Raguse ; il y accourut avec 1 700 hommes, balaya les 10 000 Monténégrins et les 3 000 Russes qui menaçaient la ville. Les Ragusiens conçurent pour lui une telle reconnaissance que, dans les églises, au chant du Domine salvum, après le mot imperatorem, on ajoutait : et nostram Uberatorem Molitorem. L'Empereur le créa grand officier de la Légion d'honneur. En 1807, Molitor conduisit un corps d'armée sur la mer Baltique, poursuivit le roi de Suède jusqu'aux ports de Stralsund, et dirigea les opérations de l'aile gauche au siège de cette forteresse, où il entra le premier. Il resta en Poméranie avec le titre de gouverneur général civil et militaire, jusqu'à la fin de 1808.

Les campagnes de l'Empereur[modifier | modifier le code]

À l'ouverture de la nouvelle campagne d'Allemagne en 1809, il eut une division au corps de Masséna. Le 19 mai, à la tête d'une de ses brigades, il opéra le premier passage du Danube à Ebersdorf, et débusqua les Autrichiens de l'île de Lobau. Le surlendemain 21, il soutint seul avec sa division, pendant plusieurs heures, le premier choc de l'armée autrichienne à Aspern. Le 6 juillet, pendant la bataille de Wagram, il fut chargé de l'attaque du village d'Aderkla, où il arrêta, pendant une grande partie du jour, les efforts désespérés du centre de l'ennemi. Chargé, en 1810, du commandement des villes hanséatiques, et, en 1811, des départements de l'ancien royaume de Hollande, le général Molitor s'y trouvait encore en avril 1813, lorsque La Haye, Leyde et Zardam se mirent en insurrection. Il apaisa ce mouvement par la rapidité et l'énergie de ses mesures. En 1814, quand la défection des soldats étrangers eut livré cette partie du territoire à ses adversaires, Molitor rentra en France et participa aux combats de La Chaussée, Châlons et La Ferté-sous-Jouarre.

Les Cent-Jours et le retour du roi[modifier | modifier le code]

Le maréchal Molitor sur son lit de mort, Isidore Pils, 1849.

Napoléon Ier, au retour de l'île d'Elbe, trouva Molitor remplissant les fonctions d'inspecteur général, et lui confia la défense des frontières de l'Alsace, avec un corps de 20 000 gardes nationaux mobiles. À la seconde Restauration, Molitor cessa d'être employé, et fut même exilé de Paris ; mais le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, à son arrivée au ministère de la Guerre, lui fit rendre son inspection générale. En 1823, le général Molitor, appelé au commandement du deuxième corps de l'armée des Pyrénées, s'empara successivement du royaume d'Aragon, de Murcie, de Grenade, et se rendit maître des places de Malaga, de Carthagène et d'Alicante.

Ces succès le firent élever à la dignité de maréchal de France le 9 octobre 1823, et lui ouvrirent les portes de la Chambre des pairs. La monarchie de Juillet le nomma en 1831 au commandement supérieur des 7e et 8e divisions militaires. En 1840, le maréchal Molitor soutint à la Chambre des Pairs, avec toute l'autorité de l'expérience, le système des fortifications de Paris, « pour que cette capitale ne fût jamais attaquée et que la défense de la France fût nécessairement reportée sur son véritable terrain, c'est-à-dire à la frontière ». Appelé le 6 octobre 1847, au gouvernement des Invalides, le maréchal Molitor avait cédé cette place d'honneur à l'ancien roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte, pour occuper le poste de grand chancelier de la Légion d'honneur. Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Est.

Titres[modifier | modifier le code]

Maréchal, comte (lettres patentes du 19 mars 1808), baron (lettres patentes du 15 juin 1824) et pair de France. Maréchal de France en 1823 et chevalier d'Empire 31 janvier 1815 gouverneur civil et militaire de Dalmatie. Gouverneur de la Poméranie. Gouverneur des villes Hanséatiques et de la Hollande. Grand Chancelier et Grand Croix de la légion d'honneur 31 janvier 1815. Chevalier de l'ordre de saint Louis et du Saint-Esprit. Commandeur de Saint-Louis. Chevalier de la couronne de Fer d'Autriche. Commandeur du mérite militaire de Bade. Grand Croix du Mérite Militaire de Bade. Grand Croix de 1re classe de l'ordre de Saint Wladimir.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte de l'Empire GOLH.svg
Blason Gabriel Jean Joseph Molitor (1770-1849) (Empire).svg
Armes de Comte de l'Empire :

De gueules à un écusson en cœur d'argent à trois fasces d'azur flanqué des deux épées d'argent garnies d'or, celle en sénestre surmontée de cinq épis de blé cousus de sable, disposés en étoile et liés par la tige ; au canton des Comtes Militaires de l'Empire brochant.[3]

Orn ext maréchal-comte et pair OSE.svg
Blason Gabriel Jean Joseph Molitor (1770-1849) (Empire).svg
Le même, sous la Restauration française[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Capelle et Demory 2008, p. 159
  2. a et b Capelle et Demory 2008, p. 160
  3. a et b Source : www.heraldique-europeenne.org

Sources partielles[modifier | modifier le code]