Ordre de la Réunion

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Ordre de la Réunion
Image illustrative de l'article Ordre de la Réunion
Insigne de l'Ordre[1].

Type Distinction civile et militaire comportant 3 grades
Décerné pour Mérite dans la fonction publique, la magistrature et l'armée
Statut aboli en 1815
Description Étoile d'argent à 12 branches, sur un soleil d'or, surmontée d'une couronne royale, et suspendue à un ruban uni bleu de ciel.
Chiffres
Date de création 11 octobre 1811
Total de récompensés Le nombre maximum de récipiendaires est fixé à :
Chevaliers : 10 000
Commandeurs : 2 000
Grands-croix : 500
Grand maître : 1
Importance
Précédent Ordre de la Couronne de Fer
(Flag of the Napoleonic Kingdom of Italy.svg Royaume d'Italie)
Ordre de la Légion d'honneur Suivant

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Ordre de la Réunion, grade Chevalier

L’ordre de la Réunion est une distinction civile et militaire fondée par Napoléon en 1811.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est le 11 octobre 1811 (d'autres sources donnent le 18) que Napoléon fonda l’ordre impérial de la Réunion. Le 1er juillet 1810 il avait annexé le royaume de Hollande et fondé au cours de sa première visite à « son » Paleis op de Dam à Amsterdam un ordre du mérite destiné à remplacer l'Ordre de l'Union créé par « Louis Napoléon ». L'ordre comprenait trois grades et l'Empereur en était le Grand-maître.

Charles Lock Eastlake (en), « Napoleon on the Bellerophon », 1816.
Il s'agit d'une des rares représentation de l'Empereur où celui-ci porte les décorations des trois ordres dont il est le grand-maître : Légion d'honneur, Ordre de la Réunion et Ordre de la Couronne de fer.
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L'ordre ne devait pas compter moins de 10 000 chevaliers, 2 000 commandeurs et 500 grands-croix et il était le deuxième ordre de l'empire, après la Légion d'honneur mais avant l'Ordre de la Couronne de fer. Pour assurer une pension à ses membres (Napoléon concevait mal une noblesse impécunieuse), on prévit 500.000 francs par an. L'ordre appartient à ce genre d'ordres napoléoniens que les Bonaparte créèrent dans toute l'Europe.

Dans une lettre à Cambacérès l'empereur écrivait qu'un ordre avec la devise « Bien faire et laisser dire » (doe wel en zie niet om), la devise de l'Ordre de l'Union, ne convenait guère à un grand empire. Ses mots exacts sont : « Il faudrait chercher une devise qui fit sentir les avantages de l'union de la Baltique, de la Méditerranée, de l’Adriatique et de l’Océan. Ce grand événement qui caractérise vraiment l'Empire, pourrait s'appeler l’Ordre de l’Union ».

Napoléon venait d'occuper de larges territoires côtiers dans le Nord-Ouest de l'Allemagne et les provinces illyriennes sur la côte dalmate ; le nom de l'ordre qu'il avait fondé devait renvoyer au fait que, pour la première fois depuis l'Empire romain, le contrôle de l'accès aux mers se trouvait sous la même autorité.

Les chevaliers de l'Ordre de l'union eurent l'autorisation jusqu'au 1er avril de porter leurs anciennes décorations ou de les échanger contre d'autres du nouvel ordre. L'empereur se réservait le droit d'exclure tel ou tel de cette nomination. Aux yeux de l'empereur son frère, Louis roi de Hollande, avait fait preuve de trop de générosité dans ses distributions de médailles.

C'est un français, Jean-Baptiste Nompère de Champagny, duc de Cadore, et un Néerlandais, le baron Maarten van der Goes van Dirxland, qui furent placés à la tête de l'ordre comme Grand-Chancelier et Grand-Trésorier et ils obtinrent également une résidence représentative, l'Hôtel du Châtelet à Paris.

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Les chevaliers de l'Ordre de la Réunion avaient le droit de porter le titre de « Chevalier » et, quand ils jouissaient d'un revenu de 3 000 francs par an, ils pouvaient également recevoir des lettres de noblesse faisant d'eux et de leurs descendants des Chevaliers de l'Empire. Dans d'autres États annexés par la France comme le Palatinat, les États pontificaux, la Toscane et le Piémont, il existait des distinctions comme l'Ordre du Lion du Palatinat, l’ordre de l’Éperon d’or, la Croix de Saint-Jean de Latran, la Croix de Saint-Étienne, l'ordre suprême de la Très Sainte Annonciade et l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, lesquels furent aussi remplacés, du moins pendant la période napoléonienne, par l'ordre de la Réunion.

L'ordre était accordé à des Français et des étrangers pour récompenser des mérites dans la fonction publique, dans la magistrature et dans l'armée.

Charles-François Lebrun, duc de Plaisance qui représentait à Amsterdam Napoléon comme « Prins-stadhouder », a tenu le compte des nominations dans l'ancien Ordre de l'union. On trouve :

  • 64 Grands-Croix dont 29 à l'extérieur de la Hollande,
  • 90 commandeurs dont 21 à l'extérieur de la Hollande,
  • 527 chevaliers dont 59 à l'extérieur de la Hollande.

Il était décerné aux habitants des départements nouvellement réunis à la France.

Cet ordre fut aboli en 1815.

Attributions[modifier | modifier le code]

Répartitions suivants les grades[modifier | modifier le code]

Extrait des minutes (9 février 1813) de la Secrétairerie d'État portant nominations de chevaliers de l'Ordre.
Objectif fixé Effectif réel
Chevalier 10 000 527
Commandeur 2 000 90
Grand-croix 75 61
Grand maître 1 1

Il est à noter que l'ouvrage de Jean-Luc STALINS, Ordre impérial de la Réunion - Bloud et Gay, Paris, 1958 - donne des chiffres très différents. Par exemple, pour les Grand-croix, il cite 135 noms. idem pour les commandeurs.

Description[modifier | modifier le code]

La croix[modifier | modifier le code]

L'insigne était une étoile à double face en or, à douze branches émaillées de blanc et pommetées. Les intervalles entre branches étaient garnis par trente flèches d’or, réunies par groupe de cinq, dont les pointes dépassaient entre les six intervalles supérieurs et les extrémités entre les six intervalles inférieurs. Un ruban d’or passait sur ces flèches et portait sur sa partie supérieure, deux fois la devise : « A JAMAIS »

Sur l’avers 

Cet ensemble était entouré par l’inscription en lettres d’or sur fond d’émail bleu ciel « TOUT POUR L’EMPIRE ».

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Sur le revers 
  • Le médaillon central en or représentait le « N » de Napoléon encadré par une couronne de laurier.
  • Il était entouré par la devise en lettres d’or sur fond d’émail bleu ciel :

« A JAMAIS »

L’étoile était surmontée par une couronne impériale en or, portant un bandeau émaillé de bleu ciel, sur lequel était inscrit sur l’avers « NAPOLEON » et sur le revers « FONDATEUR ».

Les insignes avaient officiellement les dimensions suivantes :

  • 35 mm pour l’insigne de Chevalier ;
  • 52 mm pour l’insigne de Commandeur ;
  • 65 mm pour l’insigne de Grand-croix.

Le ruban[modifier | modifier le code]

Le ruban était moiré Bleu ciel. En cravate, il permettait le « port en sautoir » pour le grade de commandeur. Le « Grand cordon », constitué par un large ruban permettant le « port en écharpe », pour la dignité de Grand-croix.

Ruban
Ordre Imperial de la Reunion Chevalier ribbon.svg
Chevalier

Les plaques[modifier | modifier le code]

Les Grand-croix portaient sur l’habit une plaque brodée en argent, dont deux modèles existèrent :

  • le premier était de forme légèrement ovale ;
  • le second était rond et rappelait l’insigne.

On réalisa ensuite une plaque portative[Quoi ?] en argent, représentant l’avers de l’insigne, dont les branches étaient en écailles d’argent et la couronne impériale posée sur la branche supérieure de l’étoile.

Port de l'ordre[modifier | modifier le code]

Comme il l'est prévu par le décret impérial portant création de l'Ordre :

  • « Les grands-croix porteront la croix suspendue à un large ruban bleu-de-ciel, attaché en baudrier de droite à gauche ; ils auront aussi, sur la côté gauche de leur habit et manteau, le plaque en broderie d’argent. »
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  • « Les commandeurs porteront au cou une croix pareille, mais de moindre grandeur, suspendue à un ruban bleu-de-ciel. »
  • « Les chevaliers porteront la croix attachée à un ruban bleu-de-ciel, au côté gauche de la poitrine. »

Récipiendaires de l'Ordre de la Réunion[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Ordre de la Réunion.
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Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ordre de la Réunion », dans Aristide Michel Perrot, Collection historique des ordres de chevalerie civils et militaires, Paris, Chez Aimé André, n° 59 quai des Augustins,‎ 1820 [détail de l’édition]