Henri Navarre

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Henri Navarre
Naissance 1898
Décès 1983 (à 85 ans)
Origine Flag of France.svg Française
Allégeance Flag of France.svg Armée de Vichy
Flag of France.svg Armée française
Grade Général de corps d'armée
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Guerre d’Indochine
Distinctions Commandant en Chef du corps expéditionnaire en Indochine

Henri Eugène Navarre (31 juillet 1898, Villefranche-de-Rouergue - 26 septembre 1983, Paris) est un militaire français. Il combat pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale et commande le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient pendant la Guerre d'Indochine.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Henri Navarre est le fils d'Octave Navarre (1864-1938), professeur honoraire de grec à la faculté de Toulouse et de Marie Dupuy (1872-1947). Le frère de celle-ci, Charles Dupuy, polytechnicien, est officier d'artillerie. Son grand-père maternel, Henri Dupuy est un enseignant, devenu inspecteur d'académie à Toulouse

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1916, Henri Navarre entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr promotion 1916-1917 « Des drapeaux et de l’Amitié américaine ». Il est envoyé au front en mai 1917 au 2e régiment de hussards. Le 15 août 1917, l’aspirant Henri Navarre, rejoint le 4e escadron avant de prendre le commandement d’un peloton au 2e escadron le 1er novembre de la même année. Nommé sous-lieutenant à titre temporaire (21 avril 1918) au 2e escadron, il est cité à l’ordre de la 4e Brigade Légère pour son action entre le 28 septembre et le 4 octobre 1918 et reçoit la croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze. Détaché pour suivre les cours de la promotion 1916-1917 de St-Cyr dès le 21 février 1919, il est finalement rayé des contrôles du 2e régiment de hussards le 11 mars 1919.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

De 1919 à 1921, Navarre fait la campagne de Syrie dans un régiment de spahis. Il est affecté en Allemagne dans un régiment de chasseurs à cheval en 1922. En 1927, il rentre à l'École supérieure de guerre. Il participe à la pacification du Grand Atlas et du Sud marocain de 1930 à 1934. De 1934 à 1936, il est capitaine au 11e régiment de cuirassiers. Il rentre ensuite au Service de Renseignements de l'État-Major de l'Armée dont il dirige la section « allemande » de 1938 à 1940. En 1939, avant l'entrée en guerre, il élabore le projet « Desperado » d'élimination d'Adolf Hitler par un attentat suicide perpétré par un ancien des Brigades internationales[1]. Peu soutenu par son supérieur, le colonel Rivet, ce projet sera refusé par le président du conseil Édouard Daladier[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après l'Armistice, Navarre poursuit ses activités dans l'Armée d'armistice et est nommé chef du 2e bureau du général Weygand à Alger chargé à la fois du renseignement et du contre-espionnage. Rappelé en 1942 pour ses actions anti-allemandes, il entre alors dans la clandestinité et devient chef du SR de l'ORA. Il participe ensuite à la libération de la France à la tête d'un régiment blindé de la 1re Armée. Il est promu général de brigade en 1945.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Affecté en Allemagne dès 1945, il occupe différents postes et notamment ceux de commandant de la 5e division blindée et chef d'état-major du maréchal Juin.

Hormis un bref séjour en Algérie où il occupe de 1948 à 1949 le poste de commandant de la division de Constantine, il reste en Allemagne jusqu'en mai 1953.

Il est nommé général de corps d'armée en 1952.

Indochine[modifier | modifier le code]

En mai 1953, Navarre remplace le général Salan au poste de commandant en chef des forces françaises en Indochine. Général peu connu, proche du général Juin, Navarre est chargé de trouver une « sortie honorable » à la guerre. Après une tournée d'inspection sur le terrain, il retourne en juillet à Paris pour proposer un plan.
Après avoir évacué la base de Na San du 7 au 12 août 1953, Navarre a l'intention d'adopter une attitude défensive dans le Tonkin avec néanmoins des opérations ponctuelles (« Hirondelle », « Camargue » et « Mouette ») tout en continuant la pacification de la Cochinchine en attendant que l'Armée nationale vietnamienne prenne le relais.
Ses demandes de renforts restent vaines auprès du gouvernement. Pourtant, Navarre se décide à investir la plaine de Dien Bien Phu (opération Castor) et d'y installer un camp retranché destiné à prévenir les attaques du Viet-Minh contre le Laos. Cette décision de s'installer dans une plaine entourée de collines est un non-sens militaire. Cependant, ce choix est assumé par le général Navarre car ce positionnement dangereux fait partie de sa stratégie. Persuadé de sa supériorité militaire, le général pense qu'en se positionnant à Dien Bien Phu il attirera l'armée viet-minh qu'il pourra vaincre, malgré son positionnement désavantageux, grâce à la supériorité de ses troupes et une bonne préparation à subir un état de siège. L'idée stratégique est donc de tendre un piège à l'armée viet-minh en l'attirant vers une proie d'apparence facile afin briser son avancée vers le Laos. Bien que préparé et informé de la préparation de l'offensive viet-minh dans les collines encerclant la base française, le général Navarre ne prend pas en compte les renseignements dont il dispose. L'armée viet-minh, bien préparée (grâce notamment à du matériel chinois et russe) assiège violemment la base française pendant presque deux mois. Dien Bien Phu est un échec complet pour l'armée française, prise à son propre piège. En janvier 1954, il lance l'opération « Atlante » en Centre-Annam pour éliminer les unités militaires du Viêt-Minh et permettre aux forces du régime de l'empereur Bao-Daï de prendre le contrôle politique et administratif de cette zone.

Considéré comme le principal responsable de la chute de Dien Bien Phû, d'autant qu'il a maintenu l'opération « Atlante » pendant toute la bataille (13 mars-7 mai), Navarre est remplacé le 3 juin 1954 par le général Ely, nommé, avec Salan comme adjoint militaire, Haut Commissaire en Indochine, car il remplace aussi le Haut Commissaire Dejean.

En 1956, Navarre fait valoir ses droits à la retraite. La même année, il publie son livre Agonie de l'Indochine dans lequel il justifie son action en Indochine et rend la classe politique responsable de la défaite.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Commandeur ribbon.svg Croix de Guerre 1914-1918 ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Medaille de la Resistance avec rosette ribbon.svg

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Agonie de l'Indochine (1953-1954), édition Plon, 1956, 348 p. (ASIN B0014R8FRS)
  • Le Service de Renseignements (1871-1944), édition Plon, 1978 (ISBN 2-259-00416-4) (coécrit avec un groupe d'anciens membres du SR)
  • Le Temps des Vérités (1940-1954), édition Plon, 1979, 461 p. (ISBN 2-259-00442-3 et 978-2259004428)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b "Et si la France avait éliminé Adolf Hitler", Le Point no 2043 du 10 novembre 2011.