Pierre-Henri Simon

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Pierre-Henri Simon

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Portrait de Pierre-Henri Simon

Nom de naissance Henri Simon
Autres noms PHS
Activités Écrivain
Romancier
Essayiste
Poète
Dramaturge
Pamphlétaire
Critique littéraire
Naissance 16 janvier 1903
Saint-Fort-sur-Gironde (France)
Décès 20 septembre 1972 (à 69 ans)
Ville-d'Avray (France)
Langue d'écriture Français
Genres Roman
Essai
Poésie
Théâtre
Pamphlet
Critique littéraire
Jeunesse
Distinctions Élu à l'Académie française

Œuvres principales

  • Les Valentin (1931)
  • L'Affût (1946)
  • Les Raisins verts (1950)
  • Elsinfor (1956)
  • Contre la torture (1957)
  • Le Somnambule (1960)
  • Histoire d'un bonheur (1965)
  • La Sagesse du soir (1971)

Pierre-Henri Simon (né à Saint-Fort-sur-Gironde le 16 janvier 1903 - mort à Ville-d'Avray le 20 septembre 1972) fut un intellectuel engagé, historien de la littérature, essayiste, romancier, poète, critique littéraire. Élu à l'Académie française le 10 novembre 1966, il est reçu sous la Coupole le 9 novembre 1967.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de Henri Simon et Anne-Marie Guignot, Pierre-Henri Simon naquit en 1903 à Saint-Fort-sur-Gironde. Son père, bordelais, y fut quelque temps notaire. C'est auprès de lui que son fils Henri (qui ne s'appelait pas encore Pierre-Henri, nom de plume adopté plus tard) s'initia aux problèmes juridiques (son œuvre témoigne d'une connaissance certaine).

Sa mère était fort cultivée et donna au jeune Henri le goût de la lecture. L'ayant retiré de l'école primaire en 1912, l'instituteur ayant scandalisé l'enfant par certains propos anti-cléricaux, elle se chargea pendant près de 4 ans de son éducation, à laquelle contribua aussi largement son grand-père Celestin Guignot, pharmacien féru de culture classique. Ces années de formation sont très bien évoquées dans son autobiographie intellectuelle intitulée "Ce que je crois".

Brillant élève au collège de La Rochelle, après des études de lettres supérieures à Louis-le-Grand, Pierre-Henri Simon entra en excellent rang à l’École Normale Supérieure en 1923. Il y côtoya notamment Jean-Paul Sartre et Raymond Aron. Il obtint l'agrégation de Lettres.

Jeune écrivain[modifier | modifier le code]

À cette époque, le jeune homme professait les idées de la droite traditionaliste (il est catholique de père et de mère). Il adhéra un moment des Jeunesses Patriotes. Son premier roman "Les Valentin" (1931) témoigne de cette sensibilité.

Mais alors qu'il était encore professeur de lycée (Saint-Quentin, Chartres), il fait, en 1933, la connaissance du philosophe chrétien Emmanuel Mounier, qui exerça sur lui une forte influence. Devenu adepte du christianisme social, il se lia aux pères dominicains qui animaient les journaux "Sept", puis "Temps Présent". Devenu professeur à l'Institut catholique de Lille (nommé en 1928 à la chaire de littérature française), il dut quitter cet établissement à la suite d'une campagne menée contre lui par quelques donateurs importants, irrités par son pamphlet "Les Catholiques, la politique et l'argent" (1936).

En 1938, Pierre-Henri Simon fut nommé directeur de l'École des Hautes études de Gand (Belgique), où il enseigna jusqu'à la mobilisation.

La guerre[modifier | modifier le code]

Fait prisonnier en 1940, il fut successivement interné dans les oflags de Nuremberg, Mënster et Lëbeck. C'est à Mënster qu'il fonda avec ses camarades prisonniers une petite université dont il était le recteur. Ce furent des années fécondes intellectuellement et humainement. Il y prononça notamment une belle conférence (“Ma Saintonge“) et rédigea un roman d'analyse psychologique de très belle venue ("L'Affût") qui parut aux éditions du Seuil en 1946. Son esprit de résistance lui valut d'être interné au camps de représailles Oflag X-C de Lübeck.

Une fois libéré, Pierre-Henri Simon reprit la direction de l'institut français de Gand où il séjourna jusqu'en 1949. Sa renommée de critique littéraire ne faisait que croître. Dans une lettre de 1950, André Malraux lui écrivit pour lui dire toute l'estime qu'il avait pour l'ouvrage de critique "L'Homme en procès" (1948), "l'un des plus important de l'après-guerre".

Vers le succès littéraire[modifier | modifier le code]

En 1949, Pierre-Henri Simon fut nommé à la chaire de littérature française de l'Université internationale de Fribourg (Suisse), poste qu'il occupa jusqu'en 1963. Il y développa son œuvre de critique, de conférencier, de journaliste (son amitié avec Hubert Beuve-Méry lui devait de publier dans Le Monde, épisodiquement, des articles où il commentait l'actualité politique), mais aussi de romancier. En 1953, il manqua à une voix près le prix Femina pour sont roman "Les Hommes ne veulent pas mourir" (le prix fut attribué à Zoé Oldenbourg).

Pierre-Henri Simon ne pouvait rester indifférent aux évènements d'Algérie. Son pamphlet, solidement étayé, "Contre la torture" (1957) lui aurait valu des poursuites intentées par le gouvernement français de l'époque, s'il n'avait été défendu par François Mitterrand, qui était alors Garde des Sceaux. Son roman "Portrait d'un officier" revient sur le thème de l'honneur militaire et illustre un thème fondamental chez l'auteur : l'engagement des valeurs morales dans l'action.

Le Monde et l'Académie française[modifier | modifier le code]

À partir de 1961, Pierre-Henri Simon devient critique littéraire au Monde. Son feuilleton hebdomadaire (le fameux "rez de chaussée") confirme sa haute réputation de culture et d'honneteté intellectuelle. Il a également collaboré à La Revue de Paris, Esprit et au Journal de Genève.

Après avoir été membre fondateur puis directeur de l'Académie de Saintonge où il occupa le 6e siège dès 1957, il est élu à l'Académie française le 10 novembre 1966, où il est reçu l'année suivante par le philosophe Jean Guiton. Il y a occupé le fauteuil numéro 7 succédant à Daniel-Rops, précédant André Roussin[1].

Très absorbé par sa tâche de critique, de conférencier (il fut l'infatigable propagateur de la culture française moderne dans les pays d'anciennes francophonies. Belgique, Suisse et Québec, où il enseigna en 1953 et 1955) et aussi de romancier ("La Sagesse du soir", troisième volet de la trilogie "Figures à Cordouan", a paru en 1969 et constitue son véritable testament littéraire), Pierre-Henri Simon affaibli par une rude captivité, par une vie de labeur incessant et par un cancer opéré en 1953, succomba lors d'une opération, à Paris, le 20 septembre 1972.

En 1929, Pierre-Henri Simon avait épousé Geneviève Emery-Desbrousses (décédée en 1998), dont il eut quatre filles: Marie-Claude (décédée en 1982), Jacqueline dite "Jacotte", Brigitte et Florence.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les Valentin, La Vraie France, 1931[2]
  • L'Affût, Le Seuil, 1946
  • Les Raisins verts, Le Seuil, 1950[3]
  • Celle qui est née un dimanche, La Baconnière, 1952[4]
  • Les Hommes ne veulent pas mourir, Le Seuil, 1953
  • Elsinfor, Le Seuil, 1956[5]
  • Portrait d'un officier, Le Seuil, 1958 ; ce roman est qualifié de "récit" par l'auteur

Trilogie romanesque Figures à Cordouan[6][7]

  • Le Somnambule (Figures à Cordouan I), Le Seuil, 1960
  • Histoire d'un bonheur (Figures à Cordouan II), Le Seuil, 1965
  • La Sagesse du soir (Figures à Cordouan III), Le Seuil, 1971[8]

Essais[modifier | modifier le code]

  • L'École et la Nation. Aspects de l'Éducation nationale, Le Cerf, 1934
  • Destins de la personne, Bloud et Gay, collection "Cahiers de la nouvelle journée", 1935
  • Les Catholiques, la Politique et l'Argent, Montaigne, 1936
  • Discours sur la guerre possible, Le Cerf, 1937
  • L'Église et la Révolution sociale, Le Cerf, 1938
  • Préparer l'après guerre, Bloud et Gay, 1940
  • Une campagne de "Temps présent", la paix par le Christ (avec François Mauriac et Joseph Folliet), Le Temps présent, 1940
  • La femme et sa mission (avec Maurice Donnay et Pierre Merle), Plon, 1941
  • La France à la recherche d'une conscience, Plon, 1944
  • De la République. Essai sur la future constitution de la France, Plon, 1945
  • Définitions pour servir à l'amitié française, Le Temps présent, 1946
  • Le problème du Chef de l'État. Fonctions, responsabilité, système d'élection, L'Amitié française, 1946
  • Les conditions de la souveraineté populaire, L'Amitié française, 1946
  • Georges Duhamel ou le Bourgeois sauvé, Le Temps présent, 1947
  • L'homme en procès, Malraux, Sartre, Camus, Saint-Exupéry, La Baconnière, 1950
  • Procès du héros. Montherlant, Drieu La Rochelle, Jean Prévost, Le Seuil, 1950
  • Témoins de l'Homme. La condition humaine dans la littérature contemporaine, Armand Colin, 1951
  • L’Europe a-t-elle une conscience ?, Centre européen des civilisations, 1953
  • Entre confrères, Fayard, 1954
  • L'Esprit et l'Histoire. Essai sur la conscience historique dans la littérature du XXe siècle, Armand Colin, 1954
  • L'Athéisme contemporain (en collaboration), Librairie protestante (Labor et Fides), 1956
  • La Littérature du péché et de la grâce : Essai sur la constitution d'une littérature chrétienne depuis 1880, Fayard, 1957
  • Contre la torture, Le Seuil, 1957 (Pamphlet)
  • La France a la fièvre, Le Seuil, 1958
  • L'École entre l'Église et la République, Le Seuil, 1959
  • Le Jardin et la ville, Le Seuil, 1962
  • Qu'est-ce que la littérature ? Leçon d'adieu..., Dousse, 1963
  • Ce que je crois, Grasset, 1966
  • Pour un garçon de vingt ans, Le Seuil, 1967
  • Questions aux savants. Quel homme la science nous prépare-t-elle ?, Le Seuil, 1969

Critiques littéraires[modifier | modifier le code]

  • Mauriac par lui-même, Le Seuil, collection "Écrivains de toujours", 1953
  • Histoire de la Littérature française au XXe siècle (1900-1950), Armand Colin (2 volumes), 1956
  • La Littérature du Péché et de la Grâce, Fayard, 1957
  • Théâtre et Destin. La Signification de la Renaissance dramatique en France au XXe siècle, Armand Colin, 1959
  • Présence de Camus, La Renaissance du Livre (Bruxelles), collection “La Lettre et l'Esprit", 1961
  • Le Domaine héroïque des lettres françaises, X-XIXe siècle, Armand Colin, 1963
  • Diagnostic des lettres françaises contemporaines, La Renaissance du Livre (Bruxelles), 1967

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Le Ballet de Modène, Le Seuil, 1968 (radiodiffusé sur France III, 13 septembre 1962 - RTF)
  • Entre confrères, Le Seuil, 1968 (radiodiffusé sur France III, 12 novembre 1967 - ORTF)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Recours au poème, Chants du captif, La Baconnière-Seuil, collection "Les Poètes des Cahiers du Rhône", 1943
  • Les Regrets et les jours, Le Seuil, 1956

Jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Le Roi des Brises ou la rançon d'amour, Les Éditions claires, 1946

Autre[modifier | modifier le code]

  • La lecture des chrétiens... (en collaboration), Les Presses monastiques, 1955
  • Saint-Exupéry (en collaboration), Hachette, 1963
  • Camus (en collaboration), Hachette, 1964
  • L'Homme et sa Vérité, dialogue entre Pierre-Henri Simon et Albert Delaunay, Beauchesne, 1972
  • Parier pour l'homme, recueil posthume de textes, pour la plupart extraits du Monde, Le Seuil, 1973
  • Pierre-Henri Simon. Actes du colloque tenu à Rome le 12 décembre 1996 suivis de “Contre la torture", Textes réunis par Thérèse Bœspflug et Jacotte Lucet, Cerf (Paris), 1999. Le "prière d'insérer" signale que le but du colloque est de lutter contre "l'injuste oubli" de cet auteur[9]

Postérité[modifier | modifier le code]

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Le nom de Pierre-Henri Simon a été donné à de nombreuses rues et places de Charente-Maritime :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]