Michelle Perrot

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Michelle Perrot

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Biographie
Naissance
Paris
Nationalité Drapeau : France Français
Vie universitaire
Titres Professeure des universités
Approche disciplinaire Histoire sociale du XIXe siècle
Histoire des femmes

Principaux travaux

  • Thèse de doctorat, Les ouvriers en grève (1974)
  • Histoire des femmes en Occident, en 5 volumes, sous la direction de Michelle Perrot et Georges Duby (1991-1992)
  • Les femmes ou les silences de l'histoire (1998)
  • Les ombres de l’histoire. Crime et châtiment au XIXe siècle (2001)

Michelle Perrot, née à Paris le [1], est une historienne et féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études secondaires[modifier | modifier le code]

Le père de Michelle Perrot, ancien combattant de 14-18 était rentré de la guerre désabusé et non-conformiste. Il tenait un magasin de cuir en gros dans le quartier populaire du Sentier à Paris. Il incita sa fille à faire du sport, des études et à avoir une vie indépendante. Sa mère, fille de fonctionnaires laïques, ayant fait des études secondaires au lycée Fénelon, rentra un jour scandalisée d'une conférence du père de Gandmaison qui y avait prononcé ces paroles: "une femme doit être levée la première et couchée la dernière".

Michelle Perrot fit cependant ses études secondaires dans un établissement catholique, le Cours Bossuet, où l'on enseignait une morale traditionaliste. Elle y fit la connaissance de Benoîte Groult qui y enseignait l'anglais.

Études supérieures[modifier | modifier le code]

Elle poursuivit ses études à la Sorbonne de 1947 à 1951 où elle suivit l'enseignement d'Ernest Labrousse dont l'éloquence et la rigueur l’impressionnèrent. Elle soutint sous sa direction un mémoire de maîtrise sur les Coalitions ouvrières de la Monarchie de Juillet. Elle fut reçue à l'agrégation d'histoire et, toujours sous la direction de Labrousse, soutint, en 1971, une thèse de doctorat sur les grèves ouvrières du XIXe siècle.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Michelle Perrot fut l'assistante d'Ernest Labrousse à la Sorbonne. Nommé professeur à Caen, elle travailla avec des prêtres de la Mission de France. Avec Jean-Claude Perrot et, un moment, Jean Cuisenier, futur directeur du Musée des Arts et traditions populaires, elle mena des enquêtes sur les pratiques religieuses, démographiques et culturelles des ouvriers de La Société métallurgique de Normandie, à la manière de Gabriel Le Bras et Henri Lefebvre.

Elle organisa avec Jean Maitron, en 1960, un colloque sur "le militant ouvrier", qui aboutit - entre autres - à la création de la revue, Le Mouvement social, principale revue d’histoire ouvrière, élargie depuis à l’ensemble du mouvement social, aux femmes et, de nos jours, ouverte au genre "féminin et masculin".

Elle est aujourd'hui, professeure émérite de l’Université Paris VIIDenis Diderot, où elle a effectué une grande partie de sa carrière après avoir quitté la Sorbonne au début des années 1970.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Michelle Perrot milita dans un groupe de chrétiens progressistes, fondé par Jacques Chatagner, qui publiait un mensuel, La Quinzaine. En 1955, Rome suspendit l’expérience des prêtres-ouvriers, considérés comme des fouriers du communisme. La Quinzaine protesta et fut condamnée. De ce fait elle rompit avec l’Église et avec la foi de sa jeunesse.

Attirée par le communisme, elle adhéra au PCF, en 1955, au début de la Guerre d’Algérie, pensant que le Parti communiste serait la principale force d’opposition à cette guerre injuste. Dans le sillage de Pierre Vidal-Naquet, assistant à l’université de Caen, elle s'engagea dans le combat contre la torture et dans l’affaire Audin. Elle quitta le PCF en 1958, « sérieusement refroidie par le rapport Khrouchtchev et l’insurrection hongroise de 1956 » avoua-t-elle. Elle resta cependant « compagnon de route », à la manière de Sartre.

La cause des femmes[modifier | modifier le code]

Dans le sillage de Mai 1968, le mouvement féministe émergea. Michelle Perrot participa comme militante de base à la plupart des manifestations, pétitions, meetings. Avec Françoise Basch, Elle fonda à l’automne 1974, un "Groupe d’études féministes" (Gef), non mixte, très actif pendant quelques années, où l’on abordait des sujets comme : l'avortement, le viol, l'homosexualité, la prostitution, le travail domestique, la psychanalyse… et où des contacts avec les Women’s studies furent noués.

Au printemps 1973, avec Pauline Schmitt-Pantel et Fabienne Bock, Michelle Perrot créa un cours sur les femmes à l'université de Paris VII (Jussieu) : "Les femmes ont-elles une histoire ?".

Elle anima également des séminaires sur divers thèmes de l’histoire des femmes qui connurent un grand succès, y compris à l’étranger. Les demandes de maîtrises et de thèses affluèrent.

Carrière journalistique et audio-visuelle[modifier | modifier le code]

Michelle Perrot a longtemps collaboré au quotidien Libération; elle produit et présente l'émission, Les Lundis de l'Histoire, sur France Culture.

Fonctions de conseil[modifier | modifier le code]

Elle a été membre du Conseil national des programmes et du Conseil National du Sida[2].

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination pour l'éducation à la non-violence et à la paix.

Apport à l'histoire du mouvement ouvrier et des prisons[modifier | modifier le code]

Elle a notamment travaillé sur les mouvements ouvriers (Les ouvriers en grève, Mouton, 1974, sa thèse d'État dirigée par Ernest Labrousse), les enquêtes sociales, la délinquance et le système pénitentiaire (sur cette question, ses principaux articles ont été réunis dans Les ombres de l’histoire. Crime et châtiment au XIXe siècle, Flammarion, 2001), collaborant avec Michel Foucault et animant de 1986 à 1991 avec Robert Badinter un séminaire sur la prison sous la Troisième république à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales[3].

Apport à l'histoire des femmes et à l'histoire des genres[modifier | modifier le code]

Mais Michelle Perrot a surtout contribué à l’émergence de l’histoire des femmes et du genre, dont elle est l’une des pionnières en France. Elle a notamment dirigé, avec Georges Duby, l’Histoire des femmes en Occident (5 vol., Plon, 1991-1992) et a publié l’ensemble de ses articles sur la question dans Les femmes ou les silences de l’histoire, Flammarion, 2001.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF
  2. Voir la liste à jour des membres du CNS sur leur site : http://www.cns.sante.fr/spip.php?rubrique11
  3. « Michel Foucault : le malentendu. Entretien avec Michelle Perrot », dans Remi Lenoir (dir.), Michel Foucault. Surveiller et punir : la prison vingt ans après. CREDHESS, Paris, 1996, p. 154.
  4. « Le prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes attribué à Michelle Perrot », Le Monde, 24 décembre 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de chambres, Paris, Le Seuil, 2009 - Prix Femina Essai 2009.
  • Mon histoire des femmes, Éditions du Seuil, Paris, 2006, 251 p. (ISBN 978-2-7578-0797-2).
  • Les Ombres de l’Histoire. Crime et châtiment au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 2001.
  • Les femmes ou les silences de l'histoire, Paris, Flammarion, 1998.
  • Georges Duby et Michelle Perrot (dir.), Histoire des femmes en Occident, Plon, Paris, 1990-1991 (5 volumes).
  • Images de femmes, (coécrit avec) Georges Duby, Paris, Plon, 1992, 189 p.
  • Délinquance et système pénitentiaire en France au XIXe siècle, Annales Économies, Sociétés, Civilisations, 1975.
  • Mélancolie ouvrière, Paris, Grasset, 2012 (ISBN 978-2-246-79779-1).

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]