Littérature algérienne

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La littérature algérienne fait partie de la littérature maghrébine. Elle utilise plusieurs langues : le français, l'arabe et le berbère.

Histoire de la littérature algérienne[modifier | modifier le code]

Ahlem Mosteghanemi, la romancière la plus lue dans le monde arabe[1], ici en 2000.

L’Algérie recèle, au sein de son paysage littéraire, de grands noms ayant non seulement marqué la littérature algérienne mais également le patrimoine littéraire universel dans trois langues : l’arabe, le berbère et le français.

Dans un premier temps, la littérature algérienne est marquée par des ouvrages dont la préoccupation était l'affirmation de l'entité nationale algérienne par la description d'une réalité socioculturelle qui allait à l'encontre des clichés habituels de l'exotisme, c'est à ce titre qu'on assiste à la publication de romans tels que la trilogie de Mohammed Dib, avec ses trois volets que sont la Grande Maison, l'Incendie et le métier à tisser, ou encore le roman Nedjma de Kateb Yacine qui est souvent considéré comme une œuvre majeure. D'autres écrivains connus contribuent à l'émergence de la littérature algérienne parmi lesquels Mouloud Feraoun[2],[3], Moufdi Zakaria, Mouloud Mammeri, Mohamed Dib, (( Malek Haddad)),Jean Amrouche et Assia Djebar. Au lendemain de l'indépendance plusieurs nouveaux auteurs émergent sur la scène littéraire algérienne, ils s'imposeront notamment sur plusieurs registres comme la poésie, les essais ainsi que les nouvelles, ils tenteront par le biais de leurs œuvres de dénoncer un certain nombre de tabous sociaux et religieux, parmi eux il y a Rachid Boudjedra[4], Rachid Mimouni, Tahar Djaout, Leila Sebbar, Achour Fenni, Abdelhamid Benhadouga, Yamina Mecharka et Tahar Ouettar.

Actuellement, une partie des auteurs algériens a tendance à se définir dans une littérature d’expression bouleversante, en raison notamment du terrorisme qui a sévi durant les années 1990, l'autre partie se définit dans un autre style de littérature qui met en scène une conception individualiste de l'aventure humaine. Parmi les œuvres récentes les plus remarquées il y a l’Écrivain, Les hirondelles de Kaboul et L’attentat de Yasmina Khadra, Le serment des Barbares de Boualem Sansal, Mémoire de la chair de l'écrivain d'expression arabe Ahlam Mosteghanemi, Nulle part dans la maison de mon pèred'Assia Djebar et, enfin Ô Maria et Le Rapt d'Anouar Benmalek. Beaucoup d’auteurs vivent et publient à l’étranger, comme le romancier Abdelkader Djemaï, Mohamed Aknoun mais aussi des nouvelles venues comme Kaouthar Adimi, Fadéla Chaïm-Allami, Katia Hacène.

Genres[modifier | modifier le code]

Roman[modifier | modifier le code]

  • Mohammed Dib:
    • La Grande Maison, roman, Le Seuil, 1952 et Points Seuil. Prix Fénéon,1953.
    • L'Incendie, roman, Le Seuil, 1954 et Points Seuil.
    • Au café, nouvelles, Gallimard, 1955; Sindbad, 1984.
    • Le Métier à tisser , roman, Le Seuil, 1957 et Points Seuil.
    • Un Été africain, roman, Le Seuil, 1959.
    • Baba Fekrane, contes pour enfants, La Farandole, 1959.
    • Ombre gardienne, poèmes, Gallimard, 1960; Sindbad, 1981; La Différence, 2003.
    • Qui se souvient de la mer, roman, Le Seuil, 1962, Points Seuil, Paris, La Différence, coll. "Minos", 2007.
    • La Danse du roi, roman, Le Seuil, 1968.
    • Dieu en barbarie, roman, Le Seuil, 1970.
    • Formulaires, poèmes, Le Seuil, 1970.
    • Le Maître de chasse, roman, Le Seuil, 1973 et Points Seuil.
    • L'Histoire du chat qui boude, contes pour enfants, La Farandole, (1974, pour le texte) et Albin Michel Jeunesse, (2003, illustré par Christophe Merlin).
    • Omneros, poèmes, Le Seuil,1975.
    • Habel, roman, Le Seuil, 1977.
    • Feu beau feu, poèmes, Le Seuil, 1979.
    • Les Terrasses d'Orsol, roman, Sindbad, 1985; Paris, La Différence, coll. "Minos", 2002.
    • Le Sommeil d'Ève, roman, Sindbad, 1989; Paris, La Différence, coll. "Minos", 2003.
    • Neiges de marbre, roman, Sindbad, 1990; Paris, La Différence, coll. "Minos", 2003.
    • Le Désert sans détour, roman, Sindbad, 1992, Paris, La Différence, coll. "Minos", 2006.
    • L'Infante maure, roman, Albin Michel, 1994.
    • Tlemcen ou les lieux de l'écriture, textes et photos, La Revue noire, 1994.
    • La Nuit sauvage, roman, Albin Michel, 1995.
    • Si Diable veut, roman, Albin Michel, 1998.
    • L'Arbre à dires, nouvelles, essai, Albin Michel, 1998.
    • L'Enfant jazz, poèmes, La Différence, 1998.
    • Le Cœur insulaire, poèmes, La Différence, 2000.
    • Comme un bruit d'abeilles, Albin Michel, 2001.
    • L.A. Trip, roman, Paris, La Différence, 2003.
    • Simorgh, nouvelles, essai, Albin Michel, 2003.
    • Laëzza, nouvelles, essai, Albin Michel, 2006.
    • Poésies, Paris, "Œuvres complètes", La Différence, 2007.
  • Assia Djebar
    • La Soif, roman (1957)
    • Les Impatients, roman (1958)
    • Les Enfants du Nouveau Monde, (1962)
    • Les Alouettes naïves, (1967)
    • L'Amour, la fantasia, (1985)
    • Ombre sultane, (1987)
    • Loin de Médine, (1991)
    • Vaste est la prison, (1995)
    • Le Blanc de l'Algérie, (1996)
    • La Femme sans sépulture, (2002)
    • La Disparition de la langue française, (2003)
    • Nulle part dans la maison de mon père, (2007)
  • Malek Haddad
    • Le Malheur en danger, La Nef de Paris, 1956; Bouchène, 1988 (avec une illustration de Issiakhem).
    • La Dernière impression, Julliard, 1958
    • Je t’offrirai une gazelle, Julliard, 1959; réédition 10/18 no 1249, 1978 (ISBN 2264009047)
    • L’Élève et la leçon, Julliard, 1960; réédition 10/18
    • Le Quai aux Fleurs ne répond plus, Julliard 1961; réédition 10/18 no 769, 1973 (ISBN 2264009055)
  • Yasmina Khadra:
    • L'Olympe des infortunes, 2010, Julliard
    • Ce que le jour doit à la nuit, 2008, Julliard (Sedia, Alger, 2008), (Pocket 2009), (France Loisirs 2009),(Grand Livre du Mois, 2008); (Editions de la loupe -GROS CARACTERES- 2009); en Audio (CD) 2008.
    • Le Quatuor algérien : Morituri, Double blanc, L'Automne des chimères, La Part du mort (en 1 seul volume, Gallimard, Folio policier 2008).
    • Les sirènes de Bagdad, 2006, Julliard , (Sedia, Alger 2006); (Pocket 2007), (France Loisirs 2007)
    • L'Attentat, 2005, Julliard, (Pocket 2006), (Sedia,2006),(France Loisirs 2006)
    • La Rose de Blida, 2005, éd. Après la lune, Paris., (Sedia 2007)
    • La Part du mort, 2004, Julliard, (Gallimard, Folio policier 2005)
    • Cousine K, 2003, Julliard, (Pocket 2004)
    • Les Hirondelles de Kaboul, 2002, Julliard (Pocket 2004), (France Loisirs 2003).
    • L'Imposture des mots, 2002, Julliard (Pocket 2004)
    • L'Écrivain, 2001, Julliard (Pocket 2003)
    • À quoi rêvent les loups, 1999, Julliard (Pocket 2000)
    • Les Agneaux du Seigneur, 1998, Julliard (Pocket 1999), Paris
    • Double blanc, 1998, Baleine, (Gallimard, Folio policier 2000)
    • L'Automne des chimères, 1998, Baleine, (Folio policier 2001)
    • Morituri, 1997, Baleine, Paris, (Folio policier 2002)
    • La Foire des enfoirés, 1993, Laphomic
    • Le Dingue au bistouri, 1990, Laphomic, Alger et 1999, Flammarion (J'ai lu 2001), Paris
    • Le Privilège du phénix, 1989, ENAL
    • De l'autre côté de la ville, 1988, L'Harmattan, Paris
    • El Kahira - cellule de la mort, 1986, ENAL
    • La Fille du pont, 1985, ENAL
    • Houria, 1984, ENAL, Alger
    • Amen, 1984, à compte d'auteur, Paris
  • Ahlam Mosteghanemi:
    • Au havre des jours, Ala Marfa' Al Ayam, 1973.
    • Écriture dans un moment de nudité, Kitaba Fi Lahdat Ouray, 1976
    • Algérie, femmes et écriture, préface de Jacques Berque, 1985, réédition l'Harmattan, 2000 (ISBN 2858025061 et 978-2858025060)
    • Mémoires de la chair, traduction française de Mohammed Mokeddem, 332 p., Albin Michel, 2002, Prix Naguib Mahfouz et Prix Nour de la meilleure œuvre féminine en langue arabe (ISBN 2226133976 et 978-2226133977)
    • Le Chaos des sens, traduction française France Meyer, 323 p., Albin Michel, 2006 (ISBN 2-226-16817-6 et 978-2226168177)
    • Aber Sarir, (Passager du lit), Paris, Éditions Ahlam Mosteghanemi, Liban, Dar Al-Adab, 2003
  • Iris, pseudonyme de Mohand-Lyazid Chibout
    • Traduire un silence, Sefraber, 2010, Velle-le-Châtel (France)
    • Amoureux-nés, Edilivre, 2010, Paris (France)
    • La finitude (La haine de soi)", Edilivre, 2014, Paris (France)
  • Mohamed Aknoun
    • Un parfum de révolte.203 pages. Atelier de Presse 2007.Paris.(France)
    • Grand-père raconte moi l'Algérie.100 pages. Mon Petit Editeur 2013.Paris. (France)
    • Les frères Barberousse - Edilivre.Aparis. Mars 2014. PARIS (France)
    • La poisse - Edilivre Aparis 102 pages. Paris (France)
    • Du rêve au cauchemar - Edilivre Aparis.198 pages. Paris (France) 2014

Essai[modifier | modifier le code]

  • Saadane Benbabaali:
    • Nous sommes tous des idolâtres, avec P. Levy et B. Ginisty, Bayard, Paris, 1993.
    • La plume, la voix et le plectre, avec Beihdja Rahal, Barzakh, Alger, Déc. 2008.
    • La joie des âmes dans la splendeur des paradis andalous, Alger, ANEP, Déc. 2010.
  • Assia Djebar
    • Ces voix qui m'assiègent: En marge de ma francophonie, 1999.

Documentaire[modifier | modifier le code]

Presse[modifier | modifier le code]

  • Malek Haddad
    • Si Constantine m'était contée Série d'articles parus dans le journal An Nasr entre le 4 et le 14 janvier 1966.

Fiction[modifier | modifier le code]

Fantastique[modifier | modifier le code]

Littérature jeunesse[modifier | modifier le code]

Titre : Dakia, fille d'Alger Auteur : Dakia Collection : Castor Poche Flammarion Éditeur : Père Castor Flammarion C'est l'histoire de Dakia, une jeune algérienne, musulmane, vivant en Algérie entre 1994 et 1999. Un jour, elle trouve sur le bureau de sa sœur un tract du GIA (groupe islamique armé). Elle demande à ses parents si c'est vrai et ce qu'ils comptent faire. Ses parents lui répondent par la négative. Le lendemain elle se rend àl'évidence : Tout est vrai. Les femmes et les filles devaient se soumettre aux lois imposées par le GIA. Alors Dakia décida de partir.

Conte[modifier | modifier le code]

Taous Amrouche le grain magique. Mama BERRAHO a édité aux éditions Persée: -La chèvre et les deux orphelines. -Contes et fables pour adultes.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Saadane Benbabaali
    • " La joie des âmes dans la splendeur des paradis andalous", ANEP, Alger, 2010.
    • La plume, la voix et le plectre, avec Beihdja Rahal, Barzakh, Alger, Déc. 2008
  • Malek Haddad
    • Écoute et je t’appelle, Maspero 1961
    • Les Premiers froids
  • Moufdi Zakaria:
    • Le Feu sacré, recueil de poèmes sur la Révolution Algérienne
    • À l’ombre des oliviers, recueil de poèmes à la gloire de la Tunisie
    • L'Iliade de l'Algérie, poèmes chantant la beauté de l’Algérie
    • La Parole à nos gloires


Histoire de la poésie[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théâtre algérien.
Théâtre de la ville de Batna

Les origines du théâtre algérien remontent au début du XXe siècle. Selon Mahboub Stambouli, la première pièce fut jouée en 1910[5]. Les premières pièces algériennes, à cette époque étaient sans rayonnement important en raison de la censure qu’exerçait la tutelle coloniale, qui craignait notamment que les pièces ne dérivent vers des sujets d’ordre subversif, par conséquent les éternelles questions domestiques constituaient les thèmes principaux, mais qui étaient cependant loin de refléter la réalité socioculturelle des Algériens. À partir des années quarante, de grands noms du théâtre émergent tels que Mahiedine Bachtarzi, Rachid Ksentini[6], Bach Djarah, Mme Keltoum, ces figures allaient constituer le premier noyau de dramaturges algériens qui allaient accompagner de façon soutenue, le mouvement d’affranchissement qui s’est saisi du peuple algérien, puisque durant la Révolution algérienne, des troupes théâtrales faisaient des tournées à travers plusieurs pays du monde, dans le but de faire connaître le combat que menaient les Algériens contre la domination coloniale. Après l’indépendance, le théâtre va suivre la même trajectoire que le cinéma. Cependant, l’avantage du théâtre a été d’être plus critique à l’égard de certaines transformations sociales, politiques et culturelles que connaissait la société algérienne ; animées par des dramaturges de talent à l’image de Kateb Yacine, ces pièces avaient pour thèmes dominants les principales préoccupations des Algériens face au changement de statuts et de mœurs. Par la suite, une nouvelle vague de jeunes comédiens et de dramaturges font leur apparition sur la scène théâtrale, cette épopée fut menée par des figures telles que Abdelkader Alloula[7], Azeddine Madjoubi, Benguettaf et Slimane Benaïssa. Leurs créations ont été nombreuses et souvent de bonne qualité, parmi les pièces connues il y a Bab El-Foutouh brillamment interprétée par Madjoubi et Lejouad, écrite et interprétée par Alloula, . De nos jours, l’activité théâtrale est marquée par des programmes de création locale et d’adaptation de pièces de grande renommée, l’Algérie dispose à ce titre d’un théâtre national, de sept théâtres régionaux et de nombreuses troupes dites de « théâtre amateur ».

Critiques[modifier | modifier le code]

Maison d'édition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2511p088-090.xml0/realisateur-ecrivain-photographe-portraitfemmes-d-influence.html
  2. Mouloud Feraoun, Le fils du pauvre, Menrad instituteur kabyle, Le Puy, Cahiers du nouvel humanisme, 1950, p. 206
  3. Christiane Achour, Mouloud Feraoun, Une voix en contre point, Paris, Silex, 1986, P. 104
  4. Voir : Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990, (ISBN 2-253-05309-0)
  5. Ahmed Cheniki Université de Annaba
  6. voir : Eléments d'histoire culturelle algérienne. Par Abdelkader Djeghloul. Publié par ENAL, 1984
  7. En mémoire du futur : pour Abdelkader Alloula. Par Chowki Abdelamir, Abdelkader Alloula. Collaborateur Abdelkader Alloula Publié par Sindbad, 1997(ISBN 2-7427-1390-5)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean Déjeux, La Littérature algérienne contemporaine, PUF, Que Sais-Je ?, 1979 (2e éd.), 127 p. (ISBN 2-13-036006-8)
  • (fr) Lucette Heller-Goldenberg (dir.), Maghreb au féminin : Littérature algérienne de femmes, Université de Cologne, 1990, 144 p. (numéro spécial de Cahier d'études maghrébines, n°2, 1990)
  • (fr) Ahmed Lanasri, La littérature algérienne de l'entre-deux-guerres : genèse et fonctionnement, Publisud, Paris, 1990, 565 p. (ISBN 2-86600-747-6)
  • (fr) Ghani Merad, La littérature algérienne d'expression française : approches socio-culturelles, Pierre Jean Oswald, Paris, 1976, 202 p.
  • (fr) Kamel Bencheikh, "La jeune poésie algérienne d'expression française", Traces, Le Pallet,

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (ar)(fr) Vivre et écrire en Algérie, film réalisé par Dominique Rabourdin, avec la participation de Mohamed Kacimi, Boualem Sansal, El-Mahdi Acherchour, Mustapha Benfodil (et al.), Centre national de la cinématographie, Paris, 2008, 79' (DVD)

Liens externes[modifier | modifier le code]