Parti communiste de Grèce

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Parti communiste grec
Κομμουνιστικό Κομμα Ελλάδας
Image illustrative de l'article Parti communiste de Grèce
Logo officiel
Présentation
Secrétaire général Dimitris Koutsoumpas
Fondation 17 novembre 1918
Siège 145 Leof. Irakliou, Athènes, Grèce
Journal officiel Rizospastis
Organisation étudiante Front de la lutte étudiante
Organisation de jeunesse Jeunesse communiste de Grèce
Idéologie Communisme,
marxisme-léninisme,
collectivisme,
féminisme
Affiliation internationale Conférence internationale des partis communistes et ouvriers
Couleurs Rouge
Site web www.kke.gr
Représentation
Députés
12 / 300
Périphéries de la Grèce
42 / 725
Députés européens
2 / 21

Le Parti communiste de Grèce (en grec Κομμουνιστικό Κομμα Ελλάδας « Kommounistiko Komma Elladas », soit KKE, abréviation usuelle en français) est un parti politique grec fondé en 1918.

Jusqu'en 1974, le Parti communiste de Grèce a été, sauf durant de courtes périodes, un parti illégal. Néanmoins, à l'image du Parti communiste français, après la Deuxième Guerre mondiale, il a bénéficié de l'appui, en tant que militants communistes désintéressés, de certains des plus grands noms de l'intelligentsia grecque, tels l'homme de science Nicolas Kitsikis, les poètes Kostas Varnalis et Yannis Ritsos ou le compositeur Mikis Theodorakis[réf. nécessaire].


Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines (1918-1924)[modifier | modifier le code]

Le 4 novembre 1918, Abraham Benaroya fonde le Parti socialiste travailliste de Grèce, le SEKE (Σοσιαλιστικό Εργατικό Κόμμα Ελλάδας, « Sosialistiko Ergastiko Komma Elladas »). Le premier comité central est composé de N. Dimitratos, D. Ligdopoulos, M. Sideris, A. Arvanitis et S. Kokkinos.

Lors de son deuxième Congrès, le SEKE décide de rejoindre la Troisième Internationale et devint le SEKE-K. Son nouveau Comité Central est composé de N. et P. Dimitratos, Y. Kordatos, G. Doumas et M. Sideris. Lors du Troisième Congrès extraordinaire de 1924, le SEKE-K prend le nom de KKE et adopte le marxisme-léninisme ainsi que le centralisme démocratique comme éléments fondamentaux de sa doctrine.

Les débuts (1924-1941)[modifier | modifier le code]

La République (1924-1935)[modifier | modifier le code]

La monarchie est abolie en 1924, mais les partis libéraux ne parviennent pas à établir la stabilité. En 1935, ils font appel à Georges II.

Le retour de la monarchie et la dictature (1935-1941)[modifier | modifier le code]

Le retour du roi n'apporte pas non plus de solution. En août 1936, le gouvernement est confié à Ioannis Metaxas dont l'objectif est un régime totalitaire purement étatique (sans aucun parti), la « troisième civilisation grecque ». Tous les partis sont interdits, mais le KKE s'adapte à la vie clandestine malgré ses difficultés alors que les partis « bourgeois » sont totalement désorganisés. Le KKE est donc avantagé lorsque le pays est occupé en 1941.

Le régime de Metaxas se révèle cependant efficace lors de l'attaque italienne de 1940 : l'armée grecque repousse l'armée italienne et pénètre en Albanie italienne. En avril 1941, l'armée allemande envahit la Grèce et la Crète malgré l'aide apportée par la Grande-Bretagne. L'Italie et la Bulgarie annexent des portions du territoire. Le reste est occupé par les Allemands et les Italiens. Le roi et le gouvernement s'exilent principalement en Égypte au Caire.

La Seconde Guerre mondiale et ses suites (1941-1946)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Résistance grecque.

La résistance : l'EAM-ELAS[modifier | modifier le code]

La résistance intérieure s'organise rapidement en différents mouvements : l'EDES, l'EKKA, et surtout l'EAM (Front de libération nationale) qui est une émanation du KKE, ainsi que sa branche militaire, l'ELAS (Armée populaire de libération nationale). La résistance communiste se manifeste au bout de quelques jours d'occupation d'Athènes avec l'action de Manólis Glézos et Apostolos Santas sur l'Acropole.

L'auto-administration des régions libérées

À partir de 1943, de très vastes régions ne sont plus réellement contrôlées par les occupants, mais directement administrées par l'EAM. Dans ces régions, malgré l'importance des communistes dans le mouvement, les conceptions socialistes ne sont pas mises en pratique : pas de réforme agraire ni d'appropriation collective des moyens de production (une même circonspection quant à la socialisation des biens se retrouvera lors de la guerre civile). Est mise en place une forme d'auto-administration qui fait partie de la tradition grecque : d'abord au niveau communal, ultérieurement au niveau des provinces puis des préfectures. Les institutions sont l'assemblée générale (hommes et femmes de plus de 17 ans), les commissions populaires, le Tribunal populaire. Cette auto-administration est tout à fait adaptée dans le cadre du conflit, puisque le pouvoir central appartient à l'occupant, mais irait à l'encontre du principe communiste de la centralisation au cas où le KKE arriverait au pouvoir après la guerre. Le parti communiste est donc dans une situation ambiguë durant cette période[1].

L'EAM dans les villes

En ce qui concerne les villes, l'EAM intervient clandestinement, mais détient une influence énorme sur leur population et est en mesure de lancer des mouvements sociaux importants (grèves) ou des actions de sabotage perturbant gravement la machine militaire allemande. L'EAM lutte aussi efficacement contre la bulgarisation dans la zone attribuée à la Bulgarie (Thrace, Thasos, Samothrace).

La montée en puissance de l'EAM dans la résistance

Les relations avec les autres mouvements de résistance sont parfois tendues, voire conflictuelles. En septembre 1943, l'Italie de Badoglio signe un armistice avec les Alliés. En Grèce, cela aboutit à la livraison de l'armement italien à l'ELAS[2], dont la prédominance est ainsi accentuée. Rapidement, l'EKKA est neutralisée et l'EDES est cantonnée en Epire.

Un épisode extérieur essentiel est la Conférence de Téhéran (novembre 1943), au cours de laquelle Churchill et Staline auraient échangé la Pologne contre la Grèce : l'une destinée à passer dans la sphère d'influence soviétique, l'autre dans la sphère britannique.

La libération : le conflit avec les Britanniques (1944-1945)[modifier | modifier le code]

En 1944, les Britanniques et l'EAM préparent l'après-libération. En mars 1944, l'EAM crée le PEEA (Comité politique de libération nationale), une sorte de gouvernement provisoire, qui organise des élections pour un Conseil national (Parlement). Churchill décide de s'appuyer sur la royauté, bien qu'elle soit discréditée. L'armée grecque de l'étranger (40 000 hommes) est épurée à la suite de manifestations pro-EAM (20 000 déportations en Afrique du Nord[3]. Des négociations ont lieu, mais l'EAM n'exploite pas sa position de force à l'intérieur, consentant des concessions considérables (accord du Liban du 20 mai, accord de Caserte, septembre).

La libération de la Grèce à partir de l'automne 1944 s'accompagne effectivement de l'arrivée des troupes britanniques, en particulier le détachement qui débarque à Athènes au moment du départ des Allemands le 12 octobre.

En décembre 1944, un véritable conflit oppose les Britanniques et l'EAM-ELAS pour le contrôle d'Athènes et du port du Pirée. Mais, en l'absence d'une action massive de l'ELAS hors de la zone de la capitale, les Britanniques l'emportent assez facilement.

Cet épisode se solde par l'accord de Varkiza en février 1945, par lesquels l'ELAS est officiellement dissoute dans toute la Grèce.

La période d'après-guerre (1945-1946)[modifier | modifier le code]

Mais le rétablissement du gouvernement royal, sous la forme d'un régime autoritaire protégé par les Britanniques et, de plus en plus, par les Américains place les anciens résistants dans une situation difficile ; une répression anticommuniste frappe d'anciens résistants.

La guerre civile (1946-49) et ses suites[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile grecque.
Statue mémoriale EAM-ELAS à Ano Liosia.

Le KKE ne peut pas accepter une telle évolution. L'intensité de l'antagonisme débouche sur la guerre civile, qui dure de 1946 à 1949.

Pendant plus de deux ans la Grèce est coupée en deux : une partie est tenue par les milices de droite et surtout par l'armée gouvernementale, l'autre par l’Armée démocratique de Grèce, officiellement fondée en décembre 1947 (par exemple, Delphes est sous le contrôle des communistes[4]). Le KKE bénéficie dans un premier temps d'une aide venant des pays socialistes, notamment de la Yougoslavie. Mais cette aide disparaît du fait de la rupture entre Tito et Staline en 1948 ; du reste, Staline ne tient pas vraiment à la victoire des communistes en Grèce. Le gouvernement, dirigé à ce moment par les libéraux (Sophocle Vénizelos et Georges Papandréou), bénéficiant du soutien américain (doctrine Truman) l'emporte donc en 1949. Cette victoire s'accompagne de nouveau d'une intense répression contre les communistes, mais aussi contre la gauche en général.

De nombreux communistes se réfugient alors dans les « pays frères » du bloc de l'Est. Mais des milliers de ses membres et cadres, arrêtés, sont emprisonnés, déportés dans les îles (bagne de Makronissos), voire torturés ou tués, ainsi Níkos Beloyánnis, un de ses leaders arrêté et exécuté en 1952. Quelques-uns des prisonniers politiques sont relâchés au cours des années 1950 (Mikis Théodorakis), mais il y en a encore un grand nombre en 1964, date de la première amnistie (limitée) réalisée par Georges Papandréou.

La période de l'EDA (1951-1967)[modifier | modifier le code]

Tandis que la direction du parti est installée à l'étranger (URSS, Roumanie, Bulgarie), l'organisation clandestine en Grèce va se doter d'une façade légale sous la forme de l'EDA (Ενιαία Δημοκρατική Αριστερά, « Union Démocratique de la Gauche ») créée en 1951. Les élections de 1951 ne lui donnent aucun député et surtout permettent le retour au pouvoir de la droite avec le Rassemblement grec du général Papagos, parti qui devient ensuite l'ERE de Constantin Caramanlis. Le gouvernement de la droite est marqué par un anticommunisme encore plus systématique que celui des libéraux, désormais dans l'opposition, mais qui dans l'ensemble refusent de coopérer avec l'EDA.

L'histoire de l'EDA est marquée notamment par la personnalité de Grigoris Lambrakis, élu député en 1961 au Pirée et assassiné en mai 1963 à Thessalonique. Les autres personnalités connues de l'EDA sont Ilias Iliou, le poète Yannis Ritsos, le compositeur Mikis Théodorakis.

La dictature des colonels et la scission (1967-1974)[modifier | modifier le code]

Après l'instauration de la dictature des colonels le 21 avril 1967, le KKE se scinde en deux en 1968. Certains communistes jugent la répression du Printemps de Prague trop violente. Ils se rapprochèrent de la ligne Eurocommuniste préconisée par exemple par les communistes italiens. Ils prirent le nom de KKE de l'intérieur (« ΚΚΕ εσωτερικού ») et par dérision appelèrent ceux qui continuaient à obéir à Moscou le KKE de l'extérieur.

Le retour à la vie légale (depuis 1974)[modifier | modifier le code]

En 1974, Constantin Caramanlis légalise le Parti communiste grec. Il se joint alors à l'EDA. Le KKE obtient alors, et jusqu'en 1989 un score législatif tournant autour de 10 %. Après être tombé en 1993 à moins de 5 %, le KKE est remonté et ses scores (voir chapitre ci-après) évoluent entre 7 % et près de 10 % suivant les scrutins. Le KKE est le troisième parti au Parlement grec.

Le KKE actuellement[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de septembre 2007, le KKE a dépassé les 8 % de voix et compte actuellement 22 députés, confirmant ainsi sa place de troisième parti de Grèce.

Deux ans plus tard, il perd un siège aux élections anticipées mais reste la troisième force du pays.

Il dépasse les 8 % des suffrages aux élections législatives d'avril 2012, passant de 21 à 26 sièges, mais est désormais loin derrière la coalition de gauche radicale SYRIZA.


Idéologie[modifier | modifier le code]

Le KKE est contre l'appartenance de la Grèce à la Communauté européenne et a aussi appelé à voter contre le traité de Maastricht ou l'élargissement de l'Union européenne . "Le KKE est le seul parti en Grèce à avoir voté contre le traité de Maastricht et contre l’élargissement de l’"UE", qu’il considère n’être que l’union du capital européen sous la houlette de 3-4 grandes puissances, avec l’Allemagne jouant les premiers rôles." est-il écrit sur le site français de ce parti[5].

Dans le cadre des élections législatives anticipées de 2012, le KKE propose comme programme « la conquête du pouvoir ouvrier et de l’économie populaires, le désengagement de l'Union européenne et l'annulation unilatérale de la dette, la socialisation des moyens de production, les coopératives de production populaires, la planification nationale pour l'utilisation du potentiel de développement du pays, avec le contrôle ouvrier et populaire de bas en haut ».

Certains communistes anti-staliniens reprochent au KKE d'adhérer au concept du "socialisme dans un seul pays" développé par Staline. En effet, Aleka Papariga dit dans ses discours que la Grèce peut mettre en place le socialisme à l'échelle nationale, pour atteindre l'autosuffisance.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux (1926-2012)[modifier | modifier le code]

Élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Résultats depuis 1926
Année Type d'élection Voix % Sièges
1926
Parlement
41 982
4,37 %
10 / 2 986
1928
Parlement
1,4 %
0 / 250
1929
Sénat
Dans un front uni
1,7 %
0 / 92
1932
Parlement
58 223
4,97 %
10 / 254
1932
Sénat
Dans un front uni
3,91
0 / 30
1933
Parlement
4,5 %
0 / 248
1935
Parlement
9,59 %[6]
0 / 300
1936
Parlement
5,8 %[6]
15 / 300
1951
Parlement
EDA
vitrine légale du KKE
10,57 %
10 / 258
1952
Parlement
EDA
9,55 %
0 / 300
1958
Parlement
EDA
24,42 %
79 / 300
1974
Parlement
464 787[6]
9,47 %
8 / 300
1977
Parlement
480 272
9,36 %
11 / 300
1981
Parlement
620 302
10,93 %
12 / 300
1985
Parlement
629 525
9,1 %
12 / 300
Juin 1989
Parlement
855 944[6]
13,1 %
28 / 300
Novembre 1989
Parlement
734 611[6]
11,0 %
21 / 300
1990
Parlement
677 059[6]
10,3 %
19 / 300
1993
Parlement
313 087
4,5 %
9 / 300
1996
Parlement
380 167
5,61 %
11 / 300
2000
Parlement
379 517
5,53 %
11 / 300
2004
Parlement
436 573
5,9 %
12 / 300
2007
Parlement
583 815
8,15 %
22 / 300
2009
Parlement
517 154
7,54 %
21 / 300
Mai 2012
Parlement
531 195
8,5 %
26 / 300
Juin 2012
Parlement
277 122
4,50 %
12 / 300


Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix % Sièges
1981
729 052
12,84
3 / 24
1984
693 304
11,64
3 / 24
1989
936 175[6]
14,30 %
3 / 24
1994
410 741
6,29 %
2 / 25
1999
557 365
8,67 %
3 / 25
2004
580 396
9,48 %
3 / 25
2009
425 963
8,35 %
2 / 22
2014
349 255
6,11 %
2 / 21

Références[modifier | modifier le code]

  1. Contogeorgis, p. 409-410.
  2. Contogeorgis, p. 407.
  3. Contogeorgis, p. 412.
  4. Cf. le récit par Jacques Lacarrière de sa visite à Delphes en 1947 dans l'Eté grec.
  5. http://frold.kke.gr/aboutKKE.html
  6. a, b, c, d, e, f et g Coalition

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]