Macédoine grecque

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40° 45′ N 22° 54′ E / 40.75, 22.9

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Μακεδονία
Macédoine
Macédoine grecque
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Capitale Thessaloniki Municipal Flag.png Thessalonique
Nomes
(ISO 3166-2)
Macédoine de l'Ouest


Macédoine centrale


Macédoine de l'Est
(en partie seulement)


Démographie
Population 2 625 681 hab.
Densité 77 hab./km2
Géographie
Superficie 3 423 100 ha = 34 231 km2

La Macédoine (en grec Μακεδονία, Makedonía) est une région historique et géographique de Grèce qui correspond à la plus grande partie — centre, sud et est — de la Macédoine historique, comprise entre le Nestos à l'est, la chaîne du Pinde à l'ouest, et le mont Olympe au sud. Elle correspond aux quatre régions administratives grecques suivantes : Macédoine de l'Ouest, Macédoine centrale et Macédoine de l'Est et Thrace (en partie seulement) et à la République monastique du Mont Athos.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom Macédoine est la forme latine d'un toponyme grec ancien pour décrire cette partie de l'Europe. Trois théories existent sur l'origine de ce nom :

  • D'après la mythologie grecque, Makedon était le nom du chef de la tribu qui s'installa dans la région et qui fonda le Royaume de Macédoine. Selon Hérodote, les makednoí étaient une tribu dorienne[1].
  • Le nom pourrait aussi dériver de l'adjectif μακεδνός (makednós), qui signifie « haut », tel qu'utilisé par Homère pour désigner un arbre dans l'Odyssée[2] et qui serait selon Hésychios d'Alexandrie un mot dorien qui signifierait « grand » ou « lourd »[3]. On pense habituellement qu'aussi bien les Macédoniens que leurs prédécesseurs makednoí étaient considérés comme des personnes de grande taille[4].
La Macédoine à la mort de Philippe II
  • Une troisième hypothèse suggère que le nom Makedon signifie « les gens des hautes terres », selon un terme ancien de l'ancienne langue macédonienne, μακι-κεδόνες (maki-kedónes, des hautes terres)[5]. Le World Book Encyclopedia avance cette théorie, mais sur la base du terme grec makednós, portant sur les hautes montagnes de la région.Cette persistance a été largement due aux effets de la conquête turque. L'ignorance des langues des Balkans et le manque de relevés topographiques ont restreint l'utilisation de noms de lieux contemporains. Le XIXe siècle siècle comptait toujours des érudits d'Europe occidentale pensant la géographie des Balkans selon les conceptions de Ptolémée et Strabon. Réutilisé à cette époque, le terme de Macédoine renvoie au royaume de Philippe II et d'Alexandre (le Grand) dans l'Antiquité, mais n'avait plus été par la suite qu'un terme géographique pour désigner une région de l'Empire byzantin et l'Empire ottoman.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Macédoine, la plus grande des dix régions de la Grèce, avoisine au sud la mer Égée et la Thessalie, à l’est la Thrace occidentale, à l’ouest l’Epire et au nord la Bulgarie, l’Albanie et la République de Macédoine. Ancienne partie de la Macédoine Antique, cette province a été attribuée à la Grèce par les actes du Traité de Bucarest, le 10 août 1913 - décision ratifiée par le Traité de Versailles, le 28 juin 1919. C’est là que se trouvent la république théocratique du mont Athos et Thessalonique, capitale de la Grèce du nord. Le paysage est relativement varié en raison du caractère essentiellement montagneux de la Macédoine occidentale et orientale, à l’exception de quelques grandes vallées fertiles, tandis qu’en Macédoine centrale se trouve la plaine de Thessalonique – la deuxième du pays par son étendue. Une récente thèse de Doctorat[6] détaille l'évolution géomorphologique et paléoenvironnementales de ce complexe deltaïque de 2 200 km2 de superficie. Ce travail démontre que contrairement à une idée répandue, Pella n'était pas construite au bord de la mer, mais au bord d'une lagune communiquant avec la mer.

Villes de Macédoine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catégorie:Ville de Macédoine.
Carte de la Macédoine

Le réseau urbain de la Macédoine remonte à la colonisation grecque de l'époque archaïque puis classique, mais doit beaucoup aussi au royaume de Macédoine et à la colonisation romaine. Une partie de ce réseau a connu de profondes ruptures lors des invasions celtiques du Modèle:-IVe siècle, gothiques du IVe siècle et slaves des VIe siècle et VIIe siècle, de sorte que le renouveau urbain de l'époque mésobyzantine (Xe siècle-XIIe siècle) se fait, en partie, sur de nouveaux sites. La conquête turque a créé une nouvelle rupture dans l'organisation de ce réseau urbain en entraînant la disparition de nombreuses villes, dont certaines étaient déjà sur le déclin. Enfin, l'État grec moderne a créé un nombre de nouvelles villes dans sa politique d'accueil des réfugiés grecs d'Anatolie qui furent chassés par la Grande catastrophe de 1922.

Population[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2001[7], la population de la Macédoine s'élevait à 2 492 232 habitants et l’actuelle à 2 625 681 habitants[7] (évaluation 2006).

Histoire[modifier | modifier le code]

Macedonia greece overview.png

Le royaume de Macédoine antique est apparu au milieu du VIIe siècle av. J.-C. puis, en 168 avant notre ère, est devenu la province romaine de Macédoine s'étendant sur la Macédoine et l'Albanie actuelles, ainsi que sur le nord de la Grèce. Disputée entre l'Empire romain d'Orient (dit byzantin) qui en contrôle les côtes, et le premier royaume bulgare (suivi, plus tardivement, par le second), la Macédoine historique fut érigée en thème (province byzantine civile et militaire vers 790, mais ce thème de Macédoine ne correspond que partiellement à l'actuelle Macédoine grecque, qui fit aussi partie du despotat d'Épire par la suite, avant d'être conquise par l'Empire ottoman en 1396. Sous la domination ottomane, aux populations grecques (sur la côte et en Chalcidique), slaves (dans les vallées et les plaines de l'intérieur) et romanes (dans les massifs comme la Vlahina, le Moglen, le Pinde et en Macédoine occidentale) s'ajoutèrent des Turcs qui, par ailleurs, convertirent à l'islam une partie des slaves (les Torbèches et les Pomaques de langue bulgare) et des romans (les Moglénites).

La proportion de réfugiés en Macédoine grecque, suite aux échanges de populations imposés par le traité de Lausanne.

C'est à l'issue des Guerres balkaniques, en 1913, que cette région de la Macédoine historique est devenue grecque, tandis la Macédoine du nord était partagée entre la Serbie et la Bulgarie. Dans ces « nouveaux territoires » grecs, les Grecs n'étaient majoritaires que sur la côte et en Chalcidique ; dans l'intérieur des terres ils ne sont devenus majoritaires qu'à partir de 1923, après de multiples échanges de populations avec la Turquie, rendus obligatoires par le Traité de Lausanne. Les descendants de ces Grecs d'Anatolie, appelés « Micrasiates », sont très nombreux dans la population grecque macédonienne actuelle.

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de la Grèce.

La Macédoine ne constitue actuellement pas une division administrative à part entière, le territoire étant divisé en 13 « départements »(nomes) faisant partie de 3 périphéries: Macédoine-Orientale-et-Thrace, Macédoine-Centrale et Macédoine-Occidentale. Il existe en outre une région administrative autonome : le Mont Athos.

Ces régions étaient en outre administrées par le ministère du gouvernement national de Macédoine et de Thrace[8], jusqu'à la suppression de ce ministère en octobre 2009.

Carte de la Macédoine Nombre Périphérie Capitale Superficie Population
Macedonia greece prefectures.png
Macédoine-Occidentale
( comportant: )
Kozani 9,451 km² 303,857
1 Nome de Kastoria Kastoria 1,720 km² 53,584
2 Nome de Flórina Flórina 1,924 km² 55,210
3 Nome de Kozani Kozani 3,516 km² 156,807
4 Nome de Grevena Grevena 2,291 km² 38,256
Macédoine-Centrale
( comportant: )
Thessalonique 18,811 km² 1,931,870
5 Nome de Pella Édessa 2,506 km² 148,190
6 Nome d'Émathie Béroia 1,701 km² 144,835
7 Nome de Piérie Kateríni 1,516 km² 134,739
8 Nome de Kilkís Kilkís 2,519 km² 91,828
9 Nome de Thessalonique Thessalonique 3,683 km² 1,099,598
10 Nome de Chalcidique Polygyros 2,918 km² 109,587
11 Nome de Serrès Serrès 3.968 km² 203,093
Macédoine-Orientale
( en partie seulement, comportant: )
Kavala 5,579 km² 254,255
12 Nome de Dráma Dráma 3,468 km² 106,371
13 Nome de Kavala Kavala 2,111 km² 147,884
- Mont Athos (république autonome) Karyès 390 km² 2,250
Macédoine Thessalonique 34,231 km² 2,492,232[7]

Contentieux avec la République de Macédoine[modifier | modifier le code]

Le nom de la Macédoine et sa revendication par deux peuples différents, les Grecs et les Macédoniens slaves, est depuis la fin du XIXe siècle au cœur des contorverses nationalistes qui ont fait dire à Winston Churchill : « la région des Balkans a tendance à produire plus d'histoire qu'elle ne peut en consommer ».

La Grèce n’accepte pas, en effet, que la République de Macédoine, pays slave, se nomme « Macédoine » au motif qu'historiquement le seul État souverain à porter ce nom fut le royaume de Macédoine des Argéades et des Antigonides dont le caractère hellénique et la langue servent de base aux revendications d'exclusivité de l'État grec moderne sur ce toponyme. L'extension du royaume argéade à l'époque de son apogée, sous le règne de Philippe II et de son fils Alexandre le Grand est volontiers prise comme référence par les Grecs pour déterminer les territoires qui peuvent ou non, selon eux, être désignés sous le nom de Macédoine. Le thème de la Macédoine grecque joue ainsi un rôle capital dans la mythologie nationale grecque contemporaine, en grande partie fondée sur l'idée de continuité entre les États grecs antiques et la République hellénique contemporaine.

De leur côté, les Macédoniens slaves, dont la langue, proche du bulgare, est issue du slavon, ont progressivement construit leur propre identité nationale à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle autour de ce toponyme qui désignait à cette époque la majeure partie du territoire où ils résidaient, et n'entendent donc pas y renoncer. Toutes sortes de compromis ont été proposés, de « Macédoslavie » à « Vardarie » en passant par « République de Skopje », mais aucun n'a abouti, la Grèce refusant toute forme incluant le radical « Macédo », et la République de Macédoine toute forme n'incluant pas le mot « Macédoine ». De ce fait, l'appellation officielle internationale du pays est FYROM ou ARYM, en anglais « Former Yugoslav Republic Of Macedonia », en français « Ancienne République Yougoslave de Macédoine », ce qui en fait le dernier état où figure encore le mot « Yougoslave ».

Les symboles de la Macédoine[modifier | modifier le code]

Les symboles historiques de la Macédoine, à savoir :

...sont disputés entre d'une part la Grèce qui s'en sert pour réaffirmer la continuité entre la Macédoine antique et la Macédoine grecque actuelle (et elle seule), et d'autre part les nationalistes protochronistes macédoniens ou valaques, mais, du point de vue des historiens[9], tous s'approprient indument le passé : les Grecs modernes en raison des ruptures historiques, dues aux invasions barbares, au peuplement médiéval slave et au repeuplement grec moderne du pays (seule la Chalcidique restant grecque sans discontinuer), les autres en raison du caractère hellénique de la Macédoine antique, dont ni slaves ni latins ne peuvent se prévaloir.

Photos[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hérodote, Histoires 1.56, 8.43 ((es) texte sur Wikisource)
  2. Homère, Odyssée Chant VII, 106. (voir le texte sur Wikisource : Chant VII et Chant VII en édition bilingue)
  3. A Greek-English Lexicon
  4. N. G. L. Hammond, Macedonian Studies A. B. Daskalakis: Ὁ λληνισμς τς ρχαας Μακεδονις, The Classical Review (New Series), 12,‎ 1962 (lire en ligne), p. 270-271
  5. Borza Eugene N., Athéniens, macédoniens et origine de la Maison royale macédonienne, Hesperia Supplements,‎ 1982 (lire en ligne), p. 7-13
  6. Matthieu Ghilardi, Dynamiques spatiales et reconstitutions paléogéographiques de la plaine de Thessalonique (Grèce) à l'Holocène récent, 2007: thèse de Doctorat de l'Université de Paris 12 Val-de-Marne, 475 pp.
  7. a, b et c Voir site du recensement
  8. Υπουργείο Μακεδονίας και Θράκης
  9. Georges Castellan, Histoire des Balkans (14e-20e siècle), Paris, Fayard, 1991
  10. Source : Courrier des Balkans sur [1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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